Retraites: la réforme dans un faux plat, des séquelles sur tous les bancs

Un député demande à son groupe de voter pour un amendement lors de la deuxième session d'aujourd'hui pour discuter du plan de réforme des retraites du gouvernement à l'Assemblée nationale, Chambre basse du Parlement français, à Paris, le 17 février 2023. (Photo, AFP)
Un député demande à son groupe de voter pour un amendement lors de la deuxième session d'aujourd'hui pour discuter du plan de réforme des retraites du gouvernement à l'Assemblée nationale, Chambre basse du Parlement français, à Paris, le 17 février 2023. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Samedi 18 février 2023

Retraites: la réforme dans un faux plat, des séquelles sur tous les bancs

  • Le débat sur la réforme phare d'Emmanuel Macron s'est achevé à l'heure prévue par la Constituton, à minuit pile
  • Les débats ont aussi laissé quelques traces au sein de l'alliance de gauche, qui s'est divisée jusque dans la dernière ligne droite sur la stratégie à adopter

PARIS : Le tumulte va-t-il descendre d'un cran ? Au lendemain d'un passage électrique et confus à l'Assemblée, qui provoque encore samedi des répliques chez LR, la réforme des retraites rebondira dans 10 jours au Sénat, permettant à Emmanuel Macron de sortir du bois.

Après deux semaines d'enlisement au Palais-Bourbon, où seuls les deux premiers articles sur les 20 que compte le texte ont pu être entièrement examinés, la réforme attaque une sorte de faux plat qui épouse les vacances parlementaires et la pause, temporaire, dans la mobilisation sociale, avant la grande journée d'action du 7 mars.

Pas de trêve cependant chez Les Républicains, où la tension rampante depuis plusieurs semaines avec le N.2 Aurélien Pradié a trouvé un dénouement. Le patron de LR Eric Ciotti a prononcé l'éviction du député du Lot de son poste de vice-président, en jugeant que les "prises de positions répétées" de M. Pradié sur la réforme des retraites n'étaient "plus conformes avec les valeurs de cohérence, d'unité et de rassemblement qui doivent guider la droite républicaine".

Une façon d'officialiser la rupture avec la ligne intransigeante, notamment sur la prise en compte des carrières longues, portée par M. Pradié, qui menaçait de ne pas voter la réforme malgré l'accord conclu par son parti avec le gouvernement. M. Pradié, qui avait été applaudi vendredi dans l'hémicycle par des députés de la Nupes, a reçu samedi le soutien de plusieurs Insoumis, symbole d'une classe politique sens dessus dessous.

Les débats ont aussi laissé quelques traces au sein de l'alliance de gauche, qui s'est divisée jusque dans la dernière ligne droite sur la stratégie à adopter. Fallait-il retirer les milliers d'amendements, afin de pouvoir porter le fer sur l'article 7 qui acte le recul de l'âge de départ de 62 à 64, une option poussée par les syndicats et retenue notamment par les écologistes ? Ou s'y cramponner, quitte à ralentir les échanges, comme les Insoumis l'ont décidé.

"Nous avons eu des appréciations tactiques différentes. Mais nous avons été unis sur l'essentiel", a tenté de désamorcer sur Franceinfo la députée LFI Aurélie Trouvé, appelant à "resserrer les coudes dans les mobilisations à venir".

Samedi, chacun se rejetait aussi la faute du "fiasco" et de la "pagaille" des débats à l'Assemblée, achevés vendredi à minuit, avec en épilogue une motion de censure déposée par le Rassemblement national et rejetée à 3 heures du matin.

Macron remet le contact

"Ca jette un voile de mauvaise opinion sur l'Assemblée nationale", est convenu sur Franceinter le député Renaissance Eric Woerth, quand le RN Jean-Philippe Tanguy a déploré, sur France 2, que les Français n'aient "entendu que de la fureur, des insultes, de l'obstruction sans intérêt".

"En 9 jours c'est impossible d'examiner un tel texte", s'est pour sa part insurgée Aurélie Trouvé.

Faute de vote, la réforme est donc transmise en l'état au Sénat, modifiée par les quelques amendements votés ayant reçu un avis favorable du gouvernement. A la Chambre haute, dominée par une droite favorable au texte, les discussions devraient être plus policées.

"A partir du 2 mars, le Sénat devra donner une toute autre image de la démocratie parlementaire", a fait valoir le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau.

En attendant, la semaine qui vient, tous les regards seront tournés vers Emmanuel Macron, qui va sortir de sa posture de retrait pour retourner au contact des Français. En honorant, samedi prochain, le traditionnel rendez-vous du Salon de l'agriculture à Paris, il sera forcément interpellé au milieu des stands sur le projet phare de son second quinquennat.

Depuis le début de l'année, le chef de l'Etat ne s'est que peu exposé, hormis quelques déplacements à l'étranger ou réunions très cadrées à l'Elysée, répondant uniquement à une poignée de questions de la presse sur les retraites.

Plusieurs figures et communiquants de l'exécutif ont justifié, ces dernières semaines, cette diète par la nécessité de se préserver, d'une part, mais aussi de préserver une réforme par nature impopulaire: selon un conseiller ministériel, "Macron a une personnalité qui agace les Français" et les sorties parfois provocatrices dont il a pu être coutumier par le passé pourraient ajouter des étincelles à un terrain déjà bien inflammable.


Sécheresse en France: situation «exceptionnelle» et «très préoccupante», selon la ministre de la Transition écologique

La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. (AFP)
La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. (AFP)
Short Url
  • "C'est une situation inédite depuis la mise en place du suivi national en 2012", a déclaré Mme Barbut
  • Cette alerte intervient à la veille de l'examen en commission mixte paritaire (CMP) du projet de loi d'urgence agricole, un texte profondément remanié par le Sénat, qui "risque d'aboutir à un bouleversement profond de la politique de l'eau actuelle

PARIS: La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.

Actuellement, 99 départements connaissent pour tout ou partie des restrictions d'eau, "soit la totalité du territoire métropolitain", dont 43 sont au niveau de crise, où l'eau est réservée aux usages prioritaires. 206 arrêtés préfectoraux sont en vigueur, "il s'agit du niveau le plus élevé jamais observé depuis au moins 2013", a indiqué la ministre lors d'une réunion de la cellule de crise au ministère.

"Nous vivons une situation de sécheresse qui est exceptionnelle par sa précocité", avec "près d'un mois d'avance par rapport à ce que nous connaissions jusqu'à présent", tout "comme par son intensité", a déclaré Monique Barbut.

"Ce qui rend la situation très préoccupante, c'est qu'elle survient alors que les précipitations du printemps étaient globalement dans les normales", a souligné Mme Barbut, rappelant que le changement climatique entraine "un dérèglement profond du cycle de l'eau".

"Les sols sont les premiers touchés. (...), avec des niveaux d'humidité particulièrement bas" et "proches des records", a-t-elle expliqué.

La ministre a souligné que "les cours d'eau constituent aujourd'hui le point de vigilance principal: depuis le début du mois de juin, les débits mensuels diminuent rapidement sur l'ensemble du territoire, et près d'un tiers des points de mesure se situent à des niveaux inférieurs aux minimas observés ces 20 dernières années" alors qu'"un quart des petits cours d'eau sont désormais à sec".

"C'est une situation inédite depuis la mise en place du suivi national en 2012", a déclaré Mme Barbut.

Cette alerte intervient à la veille de l'examen en commission mixte paritaire (CMP) du projet de loi d'urgence agricole, un texte profondément remanié par le Sénat, qui "risque d'aboutir à un bouleversement profond de la politique de l'eau actuelle en France", selon une note de la ministre de la Transition écologique consacrée aux "principales alertes" sur ce texte publiée par le média Contexte.

Des élus locaux ont mis en garde contre un texte qui va démarrer "une guerre de l'eau", tandis que des scientifiques, des écologistes, d'anciens ministres de l'Agriculture et le 3e syndicat agricole, la Confédération paysanne, ont dénoncé le déséquilibre du texte sorti du Sénat. Cette version prévoit notamment de modifier la tutelle des agences de l'eau, de doubler la capacité de stockage et de nombreux assouplissements aux contraintes environnementales.


En forêt de Fontainebleau, les opérations se poursuivent pour contenir les reprises de feu

Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre. (AFP)
Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre. (AFP)
Short Url
  • Le Grand Parquet correspond à la zone où s'est déclaré le deuxième incendie, lundi après-midi, et qui a ravagé environ 450 hectares
  • L'incendie principal, démarré dimanche autour de l'autoroute A6, a lui parcouru quelque 1.600 hectares en deux jours

NOISY-SUR-ECOLE: Quelque 800 pompiers étaient encore à pied d'oeuvre mercredi matin en forêt de Fontainebleau pour contenir les reprises de feux, qui ont été fixés la veille après 48 heures de lutte intense.

"Trois reprises modérées de feu" ont été identifiées dans le secteur du Grand Parquet, à proximité de la ville de Fontainebleau, a déclaré à l'AFP Paul-Edouard Laurain, porte-parole du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de Seine-et-Marne.

Le Grand Parquet correspond à la zone où s'est déclaré le deuxième incendie, lundi après-midi, et qui a ravagé environ 450 hectares. L'incendie principal, démarré dimanche autour de l'autoroute A6, a lui parcouru quelque 1.600 hectares en deux jours.

Un peu plus tôt, M. Laurain expliquait que les opérations prévues allaient dorénavant être "principalement du +noyage+, c'est-à-dire s'assurer qu'on traite toutes les parties incandescentes qui restent dans la terre ou les souches ou les branches d'arbre qui sont tombées au sol, afin qu'on n'ait pas de reprise particulière".

"Ensuite, on va commencer à imaginer la façon dont on va pouvoir rouvrir les axes et désengager une partie des pompiers", a-t-il poursuivi, tandis que les deux feux ont été fixés mardi soir.

Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre.

Parmi les "bonnes nouvelles", la possibilité pour le Dash d'aller se ravitailler à Melun, à environ 15 minutes de trajet, là où il devait auparavant aller dans les Vosges ou le Maine-et-Loire, à environ 1H30.

En raison du sol tourbeux de la forêt, les pompiers vont devoir être mobilisés encore un moment afin d'éviter les feux zombies.

"Un feu de tourbe peut se propager (dans le sol) pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines et ressurgir parfois à plus d'une centaine de mètres du feu initial", a alerté mardi le préfet de Seine-et-Marne Pierre Ory.

Une portion de l'A6 était toujours fermée mercredi matin.

Quatre gardes à vue étaient encore en cours mardi soir, dont celle d'un pompier volontaire qui a reconnu avoir "mis le feu à des brindilles avec un briquet et de l'essence" à Arbonne-la-Forêt.

 


La France publie sa stratégie pour être neutre en carbone, en pleine vague de chaleur

De la vapeur s'élève des tours de refroidissement de la centrale nucléaire du Bugey, à Saint-Vulbas, dans le centre-est de la France, le 25 janvier 2022. (AFP)
De la vapeur s'élève des tours de refroidissement de la centrale nucléaire du Bugey, à Saint-Vulbas, dans le centre-est de la France, le 25 janvier 2022. (AFP)
Short Url
  • La France présente sa stratégie SNBC-3 visant la neutralité carbone d'ici 2050, avec une sortie progressive du charbon, du pétrole et du gaz fossile
  • Les émissions baissent, mais pas assez vite pour atteindre les objectifs, tandis que le financement de la transition reste un défi

PARIS: Après des mois de préparation, le gouvernement présente mercredi sa copie définitive pour une France "neutre en carbone" en 2050, qui se passerait du pétrole et du gaz, qui réchauffent l'atmosphère terrestre.

Cette troisième Stratégie nationale bas carbone (SNBC-3) doit être présentée dans la matinée au ministère de la Transition écologique à l'occasion d'une conférence, et être suivie par la publication d'un décret, attendu dans les prochains jours, selon le ministère.

Les "principales évolutions" du texte et son calendrier doivent notamment être présentés à la presse, indique le ministère, tout comme l'impact du plan d'électrification du gouvernement sur la trajectoire de décarbonation.

Le projet de feuille de route pour baisser les rejets de gaz à effet de serre de la France avait déjà été publié en décembre et devait ensuite faire l'objet d'une série de consultations par des instances diverses, avant celle du public.

Lors de la récente première conférence sur la sortie des énergies fossiles à Santa Marta (Colombie) fin avril, qui regroupait une cinquantaine de pays volontaires, les engagements français avaient été salués.

La France a présenté un document prévoyant notamment la fin de la consommation de charbon à horizon 2030, de pétrole d'ici à 2045 et de gaz fossile en 2050.

Depuis, l'ouest de l'Europe a connu trois épisodes de chaleurs intenses en moins de deux mois, témoins des effets dévastateurs du réchauffement climatique principalement causé par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz.

Le gouvernement a aussi annoncé en juin un gel de 163 millions d'euros sur le fonds vert, programme gouvernemental destiné à accélérer la transition écologique dans les collectivités locales, en dépit de l'urgence de la question climatique, venant poser avec insistance la question du financement par la France de son ambition en matière d'adaptation au changement climatique, à l'heure où les finances publiques sont exsangues.

La nouvelle stratégie climatique française ambitionne une baisse des émissions de gaz à effet de serre d'environ 4% par an pour la période 2024-2028, en vue d'atteindre la neutralité carbone en 2050.

Or la tendance actuelle (-1,5% en 2025) n'est pas alignée avec cette trajectoire, bien que le pays ait nettement fait baisser ses émissions au premier trimestre 2026 de 4,8% sur un an, à la faveur d'un recul des consommations de chauffage l'hiver dernier.

Pour accélérer, le gouvernement a lancé en avril un plan d'électrification de l'économie, de l'industrie aux transports en passant par le numérique.