Le Liban se dirige vers le néant, selon le président du Conseil économique et social

Un policier monte la garde devant une banque dont la fenêtre a été brisée par des déposants, à Beyrouth, Liban, 14 septembre 2022. (Photo AP)
Un policier monte la garde devant une banque dont la fenêtre a été brisée par des déposants, à Beyrouth, Liban, 14 septembre 2022. (Photo AP)
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Publié le Mardi 21 février 2023

Le Liban se dirige vers le néant, selon le président du Conseil économique et social

  • Au Liban, la grève des banques se poursuit et la banque Société Générale ainsi que son PDG sont poursuivis en justice, selon le groupe de réformateurs
  • «La Banque du Liban n'a aucun contrôle sur le marché noir et elle est désormais incapable de dénouer les crises que traverse le pays; toute solution requiert la mise en place d’un projet national concret»

BEYROUTH: Le Liban se dirige vers le néant, a averti lundi le président d'un organe consultatif indépendant du pays. 

Le chef du Conseil économique et social, Charles Arbid, a déclaré, lors d'une réunion d'urgence au siège de la Confédération générale des travailleurs du Liban, que la situation dans le pays risquait de dégénérer. 

M. Arbid s'est exprimé en ces termes: «Le Liban que nous connaissons est en train de profondément changer sous l'impulsion de dirigeants qui se soucient peu de son sort. 

Nombreux sont les pays qui sont tombés dans l'oubli et qui ont été livrés à leur sort. La pauvreté et la violence ont prévalu après que le monde a cessé de s'intéresser à eux.» 

Le Conseil a été créé dans le cadre des accords de Taëf et son rôle est de transmettre l'opinion des secteurs concernés par les politiques économiques et sociales au Liban. 

La réunion s'est tenue sous le slogan «Sauver la patrie». Elle s'est déroulée alors que les banques entament leur troisième semaine de grève en raison des poursuites judiciaires dont elles font l'objet et du rejet du projet de loi sur le contrôle des capitaux. 

Lundi, la livre libanaise a perdu davantage de valeur; elle est passée à 81 000 livres libanaises pour 1 dollar (1 dollar = 0,94 euro). Les activités de la Banque centrale ont chuté à 10 millions de dollars par jour, à mesure que la plate-forme perdait son influence sur le marché des devises, en particulier sur le marché noir. 

Une source au sein du bureau du Premier ministre libanais a indiqué à Arab News: «Il appartient au ministère de la Justice et au Conseil supérieur de la magistrature de prendre les mesures nécessaires pour sortir le pays de l'impasse dans laquelle il se trouve. Le Premier ministre est incapable d'intervenir, bien qu'il souhaiterait le faire, car ce problème compromet la stabilité du Liban.» 

De son côté, l'association des banques du Liban (ABL) a annoncé que sa grève se poursuivrait tant que les poursuites judiciaires engagées par la juge Ghada Aoun (procureure générale auprès de la Cour d'appel du mont Liban) ne cesseraient pas. L'ABL a également exhorté le Conseil judiciaire suprême à annuler les poursuites engagées par certains juges et à supprimer les actions en justice intentées contre les banques par les déposants. 

Dans ce contexte, l’ABL a refusé de porter l'entière responsabilité de la crise financière qui frappe le pays. 

Le gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé, a déclaré quant à lui à la chaîne égyptienne Al-Qahera News: «La Banque du Liban n'a aucun contrôle sur le marché noir et elle est désormais incapable de dénouer les crises que traverse le pays; toute solution requiert la mise en place d’un projet national concret.» 

Dans la foulée, l'association de lutte contre la corruption baptisée «Le peuple veut la réforme du régime» a annoncé que la juge Ghada Aoun avait engagé lundi des poursuites contre la Société Générale et son PDG, Antoun Sehnaoui, qu'elle accuse de blanchiment d'argent. Mme Aoun a également gelé les fonds de la banque. Sa décision s'appuie sur une plainte déposée par l'association. 

Selon l’association de lutte contre la corruption, la juge Aoun a transmis ce dossier au juge d’instruction auprès de la Cour d’appel du mont Liban, Nicolas Mansour. Elle a exhorté ce dernier à mener une enquête et à délivrer les mandats d'arrêt nécessaires. 

Lundi, le Bureau parlementaire a reporté à une date indéterminée la session législative qui devait examiner et approuver le projet de loi sur le contrôle des capitaux. 

Le vice-président du Parlement, Elias Bou Saab, a déclaré: «Nous reconnaissons le droit du Parlement à légiférer, comme c'était le cas les années précédentes. Cependant, les Commissions parlementaires mixtes sont convenues que le projet de loi sur le contrôle des capitaux devait être approuvé dans le cadre d’un plan global.» 

Par ailleurs, de nombreux députés se sont opposés à la tenue d'une session législative avant l'élection d'un nouveau président. 

Les députés Melhem Khalaf et Najat Saliba observent quant à eux un sit-in dans le Parlement depuis plus d'un mois pour protester contre le blocage des élections présidentielles. 

Ils se sont adressés à leurs homologues via l’application Zoom pour les exhorter à «faire face à ceux qui se disputent au sujet de l'élection présidentielle et la retardent parce qu'ils souhaitent élire un président qui réponde à leurs critères personnels». 

Selon eux, cette situation enfreint les dispositions de la Constitution. «Nous assistons à un suicide collectif, à l'assassinat et à la suppression délibérés de tout un peuple», affirment-ils. 

Dans le même temps, les tensions entre le Courant patriotique libre (CPL) et le Hezbollah se sont exacerbées: le chef du CPL, Gebran Bassil, a reproché dimanche au dirigeant du Hezbollah, Hassan Nasrallah, le soutien apporté par son parti au chef du mouvement Marada, Sleiman Frangié, dans la course à la présidence. 

M. Bassil a indiqué: «Nous choisirons le président par conviction. Personne ne pourra nous l'imposer et personne ne peut nous menacer de chaos.» 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com. 


La prix Nobel Narges Mohammadi libérée sous caution et soignée à Téhéran, selon ses soutiens

Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix 2023 emprisonnée en Iran depuis décembre, et dont la santé s'était gravement détériorée, a été libérée sous caution et transférée dimanche à Téhéran "pour être soignée par sa propre équipe médicale". (AP)
Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix 2023 emprisonnée en Iran depuis décembre, et dont la santé s'était gravement détériorée, a été libérée sous caution et transférée dimanche à Téhéran "pour être soignée par sa propre équipe médicale". (AP)
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  • Elle a été arrêtée le 12 décembre dernier à Mashhad (est) pour avoir à nouveau, lors d'une cérémonie funéraire, critiqué les autorités religieuses iraniennes, et depuis son emprisonnement à Zandjan (nord), son état de santé s'est gravement détérioré
  • Les autorités iraniennes l'ont finalement libérée et elle a été transférée à Téhéran pour recevoir un traitement médical, a annoncé sa fondation dimanche

PARIS: Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix 2023 emprisonnée en Iran depuis décembre, et dont la santé s'était gravement détériorée, a été libérée sous caution et transférée dimanche à Téhéran "pour être soignée par sa propre équipe médicale".

Militante des droits humains âgé de 54 ans, Mme Mohammadi se bat depuis plus de vingt ans contre la peine de mort et le port obligatoire du voile pour les femmes, en critiquant régulièrement le régime qui gouverne l'Iran depuis la révolution islamique de 1979.

Elle a été arrêtée le 12 décembre dernier à Mashhad (est) pour avoir à nouveau, lors d'une cérémonie funéraire, critiqué les autorités religieuses iraniennes, et depuis son emprisonnement à Zandjan (nord), son état de santé s'est gravement détérioré.

Les autorités iraniennes l'ont finalement libérée et elle a été transférée à Téhéran pour recevoir un traitement médical, a annoncé sa fondation dimanche.

Mme Mohammadi "a bénéficié d'une suspension de peine contre une caution importante", a-t-elle ajouté dans un communiqué, sans en dévoiler le montant.

La prix Nobel a été transférée en ambulance vers un hôpital de Téhéran "pour être soignée par sa propre équipe médicale", a encore précisé la fondation.

Son avocat iranien, Mostafa Nili, a confirmé sur X qu'elle avait été transférée à Téhéran dimanche matin "à la suite d'une ordonnance suspendant son exécution de peine pour raisons médicales".

"La vie de Narges Mohammadi ne tient qu'à un fil", a déclaré son époux, Taghi Rahmani, qui réside à Paris, dans un communiqué.

"Bien qu'elle soit actuellement hospitalisée suite à une grave défaillance de son état de santé, un transfert temporaire est insuffisant. Narges ne doit en aucun cas être renvoyée dans les conditions qui ont altéré sa santé", a-t-il ajouté.

"Le monde est témoin" 

Sa fondation a déclaré qu'elle avait besoin de soins spécialisés et qu'il fallait "s'assurer qu'elle ne retourne jamais en prison pour purger les 18 années restantes de sa peine".

Narges Mohammadi a subi deux crises cardiaques présumées en prison, le 24 mars puis le 1er mai. Après la dernière, elle a été transportée d'urgence à l'hôpital de Zandjan pour y être soignée.

Son comité de soutien à Paris a alors assuré qu'elle risquait de mourir. Elle a perdu 20 kg en prison, a des difficultés à s'exprimer et est devenue "méconnaissable" par rapport à son état avant sa dernière arrestation, a affirmé mardi son avocate parisienne, Chirinne Ardakani.

L'avocate a évoqué à ce sujet le sort du dissident chinois et prix Nobel de la paix Liu Xiaobo, mort en détention médicale en 2017, et celui de l'opposant russe Alexeï Navalny, mort dans une prison russe en 2024.

Jeudi, les Etats-Unis avaient exhorté l'Iran à la libérer, pour "lui fournir les soins dont elle a besoin. Le monde est témoin", avait écrit sur les réseaux sociaux Riley Barnes, le secrétaire d'Etat adjoint américain chargé des droits humains.

Ces 25 dernières années, Mme Mohammadi a été à plusieurs reprises condamnée et emprisonnée pour son engagement contre la peine de mort et le code vestimentaire strict imposé aux Iraniennes.

Sa dernière arrestation remonte à avant le déclenchement d'un vaste mouvement de contestation contre le pouvoir, auquel celui-ci aurait répondu en faisant des milliers de morts.

En février, elle a été condamnée à six ans de prison de plus pour atteinte à la sécurité nationale et un an et demi pour propagande contre le système islamique de l'Iran. Elle avait alors mené une grève de la faim d'une semaine pour réclamer le droit de téléphoner.

Les deux jumeaux de Mme Mohammadi, Ali et Kiana Rahmani, qui vivent et étudient à Paris, n'ont pas vu leur mère depuis plus de dix ans et ont reçu le prix Nobel en son nom alors qu'elle était en prison.

 


Netanyahu: la guerre n'est «pas finie», il faut «retirer» l'uranium iranien

La guerre en Iran n'est "pas finie" car il faut encore "retirer d'Iran" les stocks d'uranium enrichi, a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la chaîne américaine CBS, lors d'une interview diffusée dimanche. (AFP)
La guerre en Iran n'est "pas finie" car il faut encore "retirer d'Iran" les stocks d'uranium enrichi, a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la chaîne américaine CBS, lors d'une interview diffusée dimanche. (AFP)
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  • M. Netanyahu a évalué à 3,8 milliards de dollars (3,2 milliards d'euros) l'aide que son pays reçoit chaque année de Washington et dit vouloir réduire ce montant "à zéro", au moment où des voix s'élèvent aux Etats-Unis pour dénoncer le soutien à Israël
  • "Je crois qu'il est temps que nous apprenions à nous passer de ce soutien militaire", a-t-il estimé. "Commençons dès maintenant et avançons sur 10 ans"

WASHINGTON: La guerre en Iran n'est "pas finie" car il faut encore "retirer d'Iran" les stocks d'uranium enrichi, a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la chaîne américaine CBS, lors d'une interview diffusée dimanche.

La guerre "a permis d'accomplir beaucoup de choses, mais elle n'est pas finie, car il reste encore des matières nucléaires – de l'uranium enrichi – qui doivent être retirées d'Iran", a-t-il dit, ajoutant qu'il restait également "des sites d'enrichissement à démanteler".

Interrogé pour savoir comment il comptait "sortir" l'uranium d'Iran, il a déclaré: "On y va et on le sort."

"Ce que le président Trump m'a dit, c'est: +Je veux y aller." Et je pense que c'est physiquement possible. Ce n'est pas là le problème. Si on a un accord, qu'on y va et qu'on le sort, pourquoi pas? C'est la meilleure solution", a-t-il ajouté.

"On finira par le récupérer (...) on le surveille de près", a déclaré le président américain dans une interview séparée diffusée dimanche, enregistrée plus tôt dans la semaine.

"Si quelqu'un s'approche de l'endroit, on le saura, et on le fera sauter", a-t-il ajouté auprès de la journaliste indépendante Sharyl Attkisson.

441 kilos 

Le sort de l'uranium enrichi détenu par l'Iran est l'un des enjeux au coeur des discussions entre Téhéran et Washington en vue d'une paix durable.

Les dernières données publiques disponibles remontent à juste avant la guerre des Douze jours de juin 2025.

Selon les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'Iran disposait alors de 441 kilos d'uranium enrichi à 60%, proche du seuil des 90% permettant de fabriquer la bombe nucléaire, de 180 kilos enrichis à 20% et de plus de 6 tonnes à 5%.

Le stock de 60% était réparti sur trois sites: Fordo, Natanz et Ispahan.

Depuis les frappes israélo-américaines de juin 2025 puis celles de cette année, le sort de ce stock reste incertain en l'absence d'inspections de l'AIEA: est-il enfoui comme l'affirme Téhéran? Une partie a-t-elle été déplacée, détruite?

"Si c'est l'Agence internationale de l'énergie atomique qui se charge (de récupérer l'uranium, NDLR), ça nous va aussi", a dit le ministre américain de l'Energie Chris Wright dans une autre interview à CBS dimanche.

"Comme un échafaudage"

Benjamin Netanyahu a dit espérer la fin du pouvoir iranien, qui signifierait la chute, "comme un échafaudage", des supplétifs de l'Iran au Yémen (Houthis), à Gaza (Hamas) et au Liban (Hezbollah).

"Est-ce possible? Oui. Est-ce certain? Non", a-t-il répondu.

"L'Iran continue à soutenir ces supplétifs, qui cherchent à produire des missiles balistiques. Nous les avons beaucoup réduits mais ils sont toujours là et il reste du travail à faire", a observé le chef du gouvernement israélien.

Alors que le président Trump se rend cette semaine en Chine, il a dit savoir que Pékin soutenait l'arsenal militaire de Téhéran.

"La Chine donne un certain soutien, en particulier des composants de fabrication de missiles", a-t-il déclaré, refusant d'en dire plus.

M. Netanyahu a évalué à 3,8 milliards de dollars (3,2 milliards d'euros) l'aide que son pays reçoit chaque année de Washington et dit vouloir réduire ce montant "à zéro", au moment où des voix s'élèvent aux Etats-Unis pour dénoncer le soutien à Israël.

"Je crois qu'il est temps que nous apprenions à nous passer de ce soutien militaire", a-t-il estimé. "Commençons dès maintenant et avançons sur 10 ans".

 


L'Arabie Saoudite remporte un siège au Comité exécutif de la Fédération internationale des journalistes

L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
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  • L’Arabie Saoudite a obtenu pour la première fois un siège au Comité exécutif de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), via l’élection d’Adhwan Al-Ahmari, président de l’Association des journalistes saoudiens
  • Cette élection, dans un contexte très compétitif (148 pays en lice pour seulement 16 sièges), reflète une reconnaissance internationale accrue de la position du Royaume dans le secteur des médias

PARIS: L'Arabie Saoudite a réalisé un nouvel exploit en remportant un siège au Comité exécutif de la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Cette étape est une première du genre dans l'histoire de la présence du Royaume au sein de cette entité médiatique internationale, grâce à l'élection du président de l'Association des journalistes saoudiens, Adhwan Al-Ahmari, en tant que représentant du Royaume au sein du Comité.

Cette victoire intervient dans un contexte de forte compétition internationale au sein de la fédération, à laquelle ont participé plus de 148 pays pour les sièges proposés. Seuls 16 pays ont réussi à remporter l'adhésion au Comité exécutif, ce qui reflète l'ampleur de la confiance internationale dont jouit l'Arabie Saoudite et sa position croissante dans le secteur des médias et de la presse.

Cette réalisation renforce la présence saoudienne dans les institutions médiatiques internationales et ouvre la voie à une plus grande participation à la prise de décision concernant la profession de journaliste à l'échelle mondiale, tout en transmettant l'expérience médiatique saoudienne sur les plateformes internationales.