Des pourparlers israélo-palestiniens en Jordanie pour mettre fin à la violence

Cette photo datant du 24 février 2023 montre des travaux de construction en cours dans la colonie juive de Givat Zeev, entre Jérusalem et Ramallah (Photo, AFP).
Cette photo datant du 24 février 2023 montre des travaux de construction en cours dans la colonie juive de Givat Zeev, entre Jérusalem et Ramallah (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 27 février 2023

Des pourparlers israélo-palestiniens en Jordanie pour mettre fin à la violence

  • Ces pourparlers surviennent sur fond de craintes d'une escalade de la violence à l'approche du mois sacré du Ramadan, qui commence fin mars
  • Le roi Abdallah a appelé à des efforts supplémentaires pour apaiser les tensions dans les territoires occupés

AMMAN: Les responsables israéliens et palestiniens se sont engagés, lors d'une réunion en Jordanie dimanche, à œuvrer en vue d'une désescalade de la violence.
Cette rencontre, qui a rassemblé les principaux chefs de la sécurité israélienne et palestinienne pour la première fois depuis des années, visait à parvenir à des mesures d'accalmie en Israël, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Ces pourparlers surviennent sur fond de craintes d'une escalade de la violence à l'approche du mois sacré du Ramadan, qui commence fin mars.
Au cours de la réunion, Israël s'est engagé à ne pas légaliser les colonies sauvages en Cisjordanie pendant six mois.
Dans un communiqué conjoint à l'issue de la réunion, les responsables israéliens et palestiniens ont annoncé leur volonté de «prévenir toute nouvelle violence» et ont «réaffirmé la nécessité de s'engager dans la désescalade sur le terrain».
La Jordanie, pays hôte, ainsi que l'Égypte et les États-Unis, ont considéré «ces accords comme un progrès majeur vers le rétablissement et le renforcement des relations entre les deux parties», selon le communiqué.

Les cinq parties ont convenu de se réunir à nouveau dans la ville de Charm el-Cheikh en Égypte le mois prochain pour poursuivre les objectifs discutés dimanche.
Reuters a rapporté dimanche que le coordinateur du Conseil national de sécurité américain pour le Moyen-Orient, Brett McGurk, serait également présent lors des discussions.
Dimanche, le roi Abdallah de Jordanie a rencontré M. McGurk et a souligné la nécessité d'intensifier les efforts en faveur du calme et de la désescalade dans les territoires palestiniens, et de cesser toute mesure unilatérale susceptible d'entraîner l'instabilité et de compromettre les perspectives de paix.
Selon un communiqué de la cour royale jordanienne, le roi a appelé à la relance des négociations entre les Palestiniens et les Israéliens afin de parvenir à une paix juste et globale fondée sur la solution des deux États, garantissant la création d'un État palestinien indépendant, viable et souverain sur les lignes du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale.
Le roi a rappelé l'engagement de la Jordanie à sauvegarder les lieux saints de Jérusalem, sous la tutelle hachémite, selon le communiqué.
En février, le roi Abdallah a rencontré M. Biden à Washington, où il a appelé à la reprise des négociations de paix israélo-palestiniennes. En janvier dernier, il a rencontré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou à Amman, où, selon la cour royale, il avait souligné la nécessité de maintenir le calme et de mettre fin à la violence.
Les factions palestiniennes, dont le groupe Hamas, qui gouverne la bande de Gaza, ont condamné la participation de l'Autorité palestinienne à cette rencontre.
Dans un communiqué conjoint, plusieurs factions palestiniennes anonymes de la bande de Gaza auraient dénoncé la participation de l'Autorité palestinienne à la réunion d'Aqaba, la qualifiant de «crime et violation du consensus national», ajoutant que les pourparlers ont été «rejetés par toutes les factions et tout le peuple palestinien».
Selon le même communiqué, la réunion d'Aqaba cherchait à discuter des «plans de sécurité visant à supprimer la résistance palestinienne».
«La situation risque de devenir incontrôlable en Cisjordanie, ce qui donnera le feu vert au gouvernement israélien pour adopter d'autres mesures d'escalade dans les territoires occupés», a averti l'analyste politique Amer Sabaileh.
«L'escalade la plus dangereuse serait d'isoler l'Autorité palestinienne et de l'exclure de toute formule politique (pour résoudre le conflit) afin qu'Israël puisse annexer davantage de terres palestiniennes», a-t-il ajouté.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le CCG déclare que les hostilités iraniennes compromettent le dialogue et les relations régionales

Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
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  • Le communiqué indique que la poursuite de l'agression iranienne ne fera qu'accentuer l'isolement de l'Iran
  • Affirmation du droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international

LONDRES : Un communiqué du Conseil de coopération du Golfe a déclaré mercredi que les hostilités iraniennes sapaient la confiance et fermaient la porte au dialogue.

Le communiqué souligne que "l'agression ne permet pas d'établir des relations ni de favoriser la compréhension ou le rapprochement".

La déclaration ajoute que la poursuite de l'approche agressive de l'Iran ne fera qu'accentuer son isolement, avertissant que de telles politiques affaiblissent la stabilité régionale.

Elle précise également que la porte de la compréhension reste ouverte à ceux "qui choisissent le langage de la sagesse et du bon voisinage".

Le Conseil a réaffirmé son entière solidarité avec le Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, soulignant que la sécurité des États du Golfe est indivisible et que toute attaque contre un membre constitue une attaque contre tous.

Le Conseil a condamné les actions de l'Iran, a tenu Téhéran pour responsable de leurs conséquences sur la sécurité régionale, la navigation internationale et l'approvisionnement en énergie, et a appelé la communauté internationale à demander des comptes aux responsables.

Il a également affirmé le droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international et à la charte des Nations unies.

Cette déclaration a été faite alors que les ministres des affaires étrangères du CCG participaient à la 167e session du conseil ministériel du CCG à Bahreïn.

La réunion du CCG pour les États arabes du Golfe s'est tenue à Manama sous la présidence du ministre des affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani.


Liban: au moins 12 morts dans des frappes israéliennes dans le sud

Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
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  • Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud
  • "Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël"

BEYROUTH: Israël a poursuivi mercredi ses frappes au Liban, faisant au moins 12 morts, selon une source médicale à l'AFP, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, appelant les Libanais à "rejoindre" la lutte de son pays contre le Hezbollah pro-iranien.

L'armée israélienne a en outre arrêté et enlevé en Israël, pour interrogatoire, deux habitants d'un village frontalier du sud, avant leur remise en liberté dans la soirée.

Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud.

"Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël", a déclaré M. Netanyahu dans un message en anglais adressé au peuple libanais.

Dans le même temps, Donald Trump a douché mercredi les espoirs d'un accord avec Téhéran pour mettre fin à la guerre régionale. Il a affirmé que son armée allait "attaquer" l'Iran dès mercredi, l'accusant de duplicité.

Dans le sud, près de Tyr, huit personnes ont été tuées dans des frappes sur le village de Tayr Debba et quatre autres dans la localité de Deir Qanoun an-Nahr, a indiqué une source médicale à l'AFP.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a aussi rapporté d'autres bombardements sur une trentaine de localités dans le sud et l'est du Liban, dont trois villages méridionaux dont Israël avait ordonné plus tôt l'évacuation.

La veille, de violents raids sur la ville de Tyr avaient fait 11 morts et Israël avait ordonné à l'ensemble des habitants de la ville millénaire et de ses environs d'évacuer, provoquant un exode précipité.

Plus au nord, une frappe israélienne a visé une voiture dans le centre de la grande ville côtière de Saïda, porte du sud du Liban, a indiqué l'Ani.

Un correspondant de l'AFP y a vu des secours retirer deux personnes d'un véhicule en feu.

Villages chrétiens isolés 

De son côté, le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des troupes israéliennes dans des localités qu'elles occupent dans le sud.

Dans la zone frontalière, une patrouille israélienne a enlevé "un membre du conseil municipal de Kfar Chouba et un employé de la municipalité alors qu'ils effectuaient des travaux de pompage d'eau", selon l'Ani.

L'armée israélienne a indiqué pour sa part avoir interpellé et "transféré sur le territoire israélien pour y être interrogés", deux "suspects" qui "s'étaient approchés de la zone où les soldats israéliens mènent des opérations".

La municipalité de Kfar Chouba a annoncé qu'ils étaient revenus libres au village dans la soirée. Affirmant qu'ils "n'avaient aucune intention de s’approcher des forces israéliennes", elle a condamné un "acte hostile envers deux innocents qui accomplissaient une mission humanitaire".

Kfar Chouba est l'un des rares villages frontaliers dont les habitants sont restés malgré les ordres d'évacuation de l'armée israélienne, qui occupe désormais une partie du sud du pays.

Parmi ces villages figure une poignée de localités chrétiennes, dont les représentants ont appelé mardi soir l'État libanais à "ouvrir des couloirs humanitaires".

Le communiqué du "Rassemblement des villages chrétiens frontaliers" souligne que les routes les desservant sont désormais "coupées ou extrêmement dangereuses".

Depuis le début, le 2 mars, de la nouvelle guerre au Liban entre le Hezbollah et Israël, les frappes israéliennes ont fait 3.696 morts, selon le dernier bilan des autorités.

Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans cette guerre régionale pour soutenir l'Iran, qui exige que tout accord de paix avec Washington inclut la fin des hostilités sur le front libanais.


Liban: les «négociations directes» avec Israël, seule voie pour sortir de la guerre 

Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
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  • "La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban"
  • "Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)"

PARIS: Les "négociations directes" entre le gouvernement libanais et Israël sont "la seule voie" pour rétablir la paix au Liban, a estimé mercredi le ministre libanais des Affaires étrangères lors d'une audition devant l'Assemblée nationale française.

"Le Hezbollah fait tout ce qu'il peut pour empêcher ces négociations directes", a déploré Youssef Raggi, entendu par la Commission des Affaires étrangères. "Mais pour l'Etat libanais, pour le gouvernement, c'est la seule voie pour essayer de voir comment régler le problème dans sa globalité", a-t-il ajouté, appelant au pragmatisme et soulignant que l'option militaire avait "prouvé son inefficacité".

"La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban", a également affirmé le ministre libanais, violemment hostile au Hezbollah et à son parrain iranien.

"Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)".

Il a en outre jugé "absurde" l'argumentaire du Hezbollah qui dit défendre "le pays contre l'invasion et contre l'occupation israélienne" puisque Israël a assuré n'avoir "aucune ambition territoriale sur le Liban".

Israël occupe une partie du sud du Liban le long de sa frontière, et a avancé en profondeur dans le Liban comme jamais en près de 30 ans depuis le début de cette nouvelle guerre.

Le ministre a enfin avancé qu'il ne s'agissait pas de désarmer le Hezbollah "pour faire plaisir aux Etats-Unis, ni aux Arabes, ni à la communauté internationale". C'est une demande, c'est une exigence purement libanaise" - également réclamée avec force par Israël.

"Nous voulons que le Hezbollah, comme toutes les autres petites organisations qui lui sont alliées (...) soient désarmées pour que nous puissions enfin vivre dans un pays normal".

Le Hezbollah a entraîné le 2 mars le Liban dans la guerre pour soutenir l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.

Les frappes israéliennes ont depuis fait 3.666 morts, selon le dernier bilan des autorités libanaises.