La chef saoudienne végétalienne Ola Kayal veut lancer une révolution alimentaire

Ola Kayal, fondatrice de la glace végétalienne «Nabati» (Photo, AN par Ali Khamaj).
Ola Kayal, fondatrice de la glace végétalienne «Nabati» (Photo, AN par Ali Khamaj).
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Publié le Mardi 02 mai 2023

La chef saoudienne végétalienne Ola Kayal veut lancer une révolution alimentaire

  • Nabati, le pop-up de crèmes glacées de la chef végétalienne saoudienne Ola Kayal à Djeddah, encourage une alimentation saine et entièrement naturelle
  • Kayal a ouvert son premier magasin, Nabati, à Miami, en Floride, six mois avant le début de la pandémie, et a réussi à rester en activité malgré les restrictions

DJEDDAH: Ola Kayal, chef végétalienne de nationalité saoudienne, trilingue et titulaire de deux diplômes, a été formée dans un restaurant trois étoiles Michelin en Europe et a lancé avec succès une entreprise de crèmes glacées végétaliennes aux États-Unis, le tout avant l’âge de 30 ans.

Aujourd’hui, elle apporte ses connaissances et sa passion pour la durabilité à Djeddah, sa ville natale, et rêve de lancer une révolution alimentaire et de créer un havre d’alimentation saine.

Mme Kayal a ouvert son premier magasin, Nabati, à Miami, en Floride, six mois avant le début de la pandémie, et a réussi à rester en activité malgré les restrictions. Elle lance aujourd’hui son deuxième magasin à Djeddah.

«J’ai choisi le nom Nabati parce que je voulais qu’il représente vraiment mes racines. J’ai décidé de lancer cette marque en dehors de l’Arabie saoudite. C’est pourquoi je voulais vraiment un lien avec l’arabe et un nom qui représenterait mes origines et ce que j’apporte au monde», explique-t-elle à Arab News.

Depuis son retour à plein temps dans le Royaume il y a quelques mois, elle a ouvert un pop-up dans un espace local très prisé.

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De la confection de gâteaux dans son enfance à sa formation dans un restaurant étoilé Michelin en Europe, le parcours culinaire d’Ola Kayal a abouti à la création de Nabati, une marque de crèmes glacées végétaliennes qui diffuse le message d’une alimentation durable à base de plantes (Photo, AN par Ali Khamaj).

«Homegrown à Hayy Jameel, m’a semblé être le bon endroit pour commencer puisque je revenais dans ma ville natale. Je voulais que ce soit un lieu qui représente les artistes saoudiens. Homegrown un centre où des personnes partageant les mêmes idées peuvent apprendre les unes des autres et travailler ensemble», ajoute-t-elle.

Sa crème glacée est à base de noix de cajou et de noix de coco, sucrée avec du sirop d’érable et du sucre de coco, et est à savourer sans culpabilité. Elle ne contient ni sucre raffiné, ni gluten, ni soja, de sorte que ces friandises entièrement naturelles sont à la fois nutritives et délicieuses. Comme elle évite d’utiliser des amidons et des émulsifiants, sa crème glacée est un peu sensible à la température.

«Les bonnes choses de la vie valent la peine d’être attendues. L’avantage, c’est qu’on peut voyager sur de longues distances sans qu’elle ne fonde, mais l’inconvénient, c’est qu’il faut attendre un peu avant de la consommer à sa sortie du congélateur», indique-t-elle à Arab News. «Cela vous apprend la patience.»

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De la confection de gâteaux dans son enfance à sa formation dans un restaurant étoilé Michelin en Europe, le parcours culinaire d’Ola Kayal a abouti à la création de Nabati, une marque de crèmes glacées végétaliennes qui diffuse le message d’une alimentation durable à base de plantes (Photo, AN par Ali Khamaj).

Recalibrer les habitudes alimentaires malsaines n’est qu’une partie de sa mission, mais il y a aussi un autre avantage à faire les choses à sa manière.

«Certaines personnes m’ont confié qu’elles souffraient de diabète de type II et m’ont dit : “Vous savez, j’ai mangé une portion entière de votre glace et je n’ai pas eu besoin d’ajuster mon taux de sucre”», raconte-t-elle. «Ma glace est adaptée aux diabétiques, mais cela ne signifie pas qu’on peut en consommer de grandes quantités — la clé de la vie, c’est l’équilibre.» 

Bien qu’elle soit aujourd’hui la nouvelle venue sur le marché du végétalisme à Djeddah, son histoire a commencé il y a plusieurs dizaines d’années.

En bref

• Ola Kayal a ouvert son premier magasin, Nabati, à Miami, en Floride, six mois avant le début de la pandémie, et a réussi à rester en activité malgré les restrictions. Elle lance aujourd’hui son deuxième magasin à Djeddah. Le pop-up de Nabati se trouve à Homegrown, à Hayy Jameel.

• Les emballages de Nabati ne contiennent pas de plastique, sont fabriqués à partir de matériaux recyclables et sont entièrement biodégradables. De même, le logo est gravé sur l’emballage, ce qui évite l’utilisation d’encre ou de tout autre type d’impression. Les pintes ne contiennent aucun plastique, pas même dans les parois. Si un client apporte un récipient de chez lui, il bénéficie d’une réduction de 5%.

Le premier dessert qu’Ola Kayal a préparé était un gâteau en boîte lorsqu’elle avait environ 8 ans. Quand son père a pris la première bouchée, il s’est exclamé : «C’est terrible.»

Elle a accepté les critiques sans se laisser démonter et s’en est servi comme d’un carburant pour approfondir ses connaissances dans le domaine de la pâtisserie. Elle a commencé à étudier les recettes de sa famille — sa tante était connue pour ses talents de pâtissière — et s’est constitué une base de données de desserts. Très vite, elle est parvenue à maîtriser son art sans jamais perdre de vue ses objectifs.

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La crème glacée Nabati, entièrement naturelle, est à base de noix de cajou et de noix de coco, et est sucrée avec du sirop d’érable et du sucre de coco (Photo, Instagram: nabatiicecream).

La jeune femme savait depuis le début qu’elle communiquait par la gastronomie ; c’était tout simplement sa manière de s’exprimer.

«Mon moment préféré, c’est quand le repas est sur la table et que tout le monde est silencieux pendant les 10 à 15 premières minutes parce qu’ils se régalent», précise-t-elle. 

Ses habitudes alimentaires se sont peut-être affinées depuis l’enfance, mais déjà dans sa jeunesse, elle consommait peu de produits d’origine animale.

Je crois vraiment que l’avenir de l’alimentation est végétalien. Je ne dis pas que la consommation de produits d’origine animale est nécessairement mauvaise pour la santé, mais le fait de les consommer aussi rapidement que nous le faisons et avec la qualité actuelle, c’est là que réside le principal problème.

Ola Kayal, chef saoudienne

«J’étais une mangeuse très difficile. Très jeune, j’ai été allergique aux œufs, si bien que je ne pouvais pas manger — pas un gâteau contenant un ou deux œufs, cela ne posait pas de problème — mais je ne pouvais pas digérer un plat entier d’œufs ; c’était trop lourd pour moi», se souvient-elle.

Cela signifie également que la mayonnaise et de nombreux plats à base d’œufs étaient automatiquement exclus de son assiette.

Malgré cela, Ola Kayal savait qu’elle voulait faire carrière dans le monde culinaire. Cependant, son grand-père aimant a essayé de l’en dissuader. Il tenait absolument à ce que l’excellente élève qu’était sa petite-fille chérie poursuive des études plus pratiques. Il avait de grands espoirs pour elle et pensait qu’elle voudrait peut-être travailler dans une banque.

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La crème glacée Nabati, entièrement naturelle, est à base de noix de cajou et de noix de coco, et est sucrée avec du sirop d’érable et du sucre de coco (Photo, Instagram: nabatiicecream).

Elle a quitté l’Arabie saoudite à l’âge de 16 ans pour fréquenter un internat pour filles en Suisse. Après avoir obtenu son diplôme, elle a suivi les conseils de son grand-père et s’est inscrite dans une école de commerce locale.

En deux ans, elle a suivi un cursus intensif et obtenu son diplôme. C’est grâce à cette formation qu’elle a appris à analyser les entreprises et à comprendre ce qu’implique la durabilité d’une activité principale. Dans le cadre des cours, les étudiants devaient créer un projet d’entreprise et le mener à bien.

Elle a choisi de créer un restaurant.

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La crème glacée Nabati, entièrement naturelle, est à base de noix de cajou et de noix de coco, et est sucrée avec du sirop d’érable et du sucre de coco (Photo, Instagram: nabatiicecream).

«J’ai obtenu mon diplôme avec mention. J’ai obtenu le diplôme que mon grand-père souhaitait et je me suis dit : «Voilà, c’est le diplôme que tu voulais. Je vais aller à l’école culinaire maintenant.»

L’école culinaire qu’elle a fréquentée, la Culinary Arts Academy Switzerland, exigeait des étudiants qu’ils acquièrent une expérience pratique sous la forme de stages de plusieurs mois.

Le premier stage de la jeune femme s’est déroulé dans un centre de rééducation en Suisse. Gardant à l’esprit le dicton «une pomme par jour éloigne le médecin pour toujours», elle a commencé à utiliser la nourriture comme source de guérison.

Pendant les trois mois qu’elle a passés là-bas, le chef pâtissier, l’un des meilleurs du pays, l’a prise sous son aile. Cependant, elle a ensuite travaillé avec un nouveau chef qui semblait tout droit sorti d'un épisode de Cauchemar en cuisine. Bien que l’expérience ait été difficile, elle lui a donné l’endurance nécessaire pour supporter la chaleur de la cuisine avant de retourner à l’école.

Pour son prochain stage, elle voulait essayer un endroit «un peu plus chic». Elle a donc décidé d’explorer la Scandinavie et s’est installée en Suède, où elle a travaillé dans un restaurant trois étoiles Michelin.

«À l’époque, c’était la décision la plus difficile à prendre et l’expérience professionnelle la plus ardue que j’aie vécue», affirme-t-elle.

Elle travaillait en moyenne de 5 h à 19 h, et parfois jusqu’à minuit.

«Les deux premiers mois, le travail était très, très intensif et chaque jour, je me disais : “OK, je vais présenter ma démission demain, je vais prendre mon courage à deux mains et présenter ma démission”. Mais, vous savez, je n’avais jamais rien abandonné de ma vie — à ce stade — et je ne savais donc pas vraiment ce que cela signifiait d’abandonner quoi que ce soit. J’ai toujours été perfectionniste et ambitieuse, alors je trouvais qu’il n’était pas normal que j’abandonne parce que c’était difficile. J’ai finalement décidé de rester», confie-t-elle.

Sa détermination a porté ses fruits. Au bout du troisième mois, elle a gravi les échelons pour devenir la meilleure stagiaire. Alors que les stagiaires restent généralement deux ou trois mois, elle est restée huit mois. À mi-parcours, elle a changé de poste. À son ancien poste en pâtisserie, elle a été remplacée par trois stagiaires, ce qui témoigne de son talent et de ses capacités.

«J’ai décidé, après avoir travaillé chez Michelin, que la façon de travailler, l’organisation, la discipline et le niveau élevé de stress étaient des éléments qui me permettaient de m'épanouir», poursuit-elle. «À un moment donné, ma mère m’a dit : “Je suis si heureuse que tu aies trouvé cette carrière parce que, lorsque tu étais plus jeune, je me demandais toujours quel travail correspondrait à ta personnalité.»

Après avoir obtenu son diplôme, elle a été recrutée pour un poste à Farmacy, fondé par Camilla Fayed, l’un des premiers restaurants végétaliens de Londres. Les chefs qui avaient ouvert le restaurant étaient tous partis lorsqu’elle est arrivée, ce qui lui a donné l’occasion unique de créer les changements alimentaires qu’elle souhaitait voir se produire. Après avoir suivi les recettes qui lui étaient proposées, elle s’est dit : «Attendez une minute, je peux faire quelque chose de mieux que cela. Commençons.»

Après Londres, Ola Kayal s’est installée à Miami, en Floride, où elle a lancé sa première entreprise, Nabati. Elle a continué à travailler pendant la pandémie — un autre obstacle sans précédent, mais qui lui a permis de tirer des leçons inestimables.

«Nabati est en fait la combinaison parfaite entre mes deux diplômes, me permettant d’utiliser toutes les choses que j’ai apprises et de les mettre en pratique», souligne-t-elle.

Après avoir exercé ses activités pendant quelques années en Floride, elle a décidé de fermer son magasin là-bas et de retourner en Arabie saoudite, dans sa ville natale ensoleillée de Djeddah.

«Beaucoup de gens me demandent si j’ai toujours aimé faire des glaces, mais en fait, non, c’est arrivé comme ça», dit-elle.

«Tout a commencé parce que je n’avais jamais entendu parler de glaces saines. Je pense que c’est ce qui m’a vraiment interpellée. J’aime les défis — avez-vous remarqué que j’aime les défis dans tout ce que je fais ?», lance-t-elle malicieusement. 

Ce qu’elle tente de faire à Djeddah, c’est de modifier notre goût et d’encourager la communauté à faire plus attention à ce qu’elle ingère

«Je crois vraiment que l’avenir de l’alimentation est végétalien. Je ne dis pas que la consommation de produits d’origine animale est nécessairement mauvaise pour la santé, mais le fait de les consommer aussi rapidement que nous le faisons et avec la qualité actuelle, c’est là que réside le principal problème», estime-t-elle.

Alors que de nombreux habitants de Djeddah sont devenus friands de fast-food, elle adopte l’approche inverse, en préparant ses glaces tout lentement, à partir de matières premières et en petites quantités. 

«C’est certainement un défi et ce n’est pas nécessairement la façon la plus économique de faire des affaires, mais je n’essaie pas de vendre des glaces pour gagner de l’argent. J’essaie de provoquer un changement de perspective», déclare-t-elle. 

Par ailleurs, les emballages de Nabati ne contiennent pas de plastique, sont fabriqués à partir de matériaux recyclables et sont entièrement biodégradables. Le logo est gravé sur l’emballage, ce qui évite l’utilisation d’encre ou de tout autre type d’impression. Les pintes ne contiennent aucun plastique, pas même dans les parois. Si un client apporte un récipient de chez lui, il bénéficie d’une réduction de 5%.

Mme Kayal espère également collaborer avec d’autres restaurateurs du Royaume. La Vision 2030 étant en première ligne de l’innovation et de l’adaptation, elle est impatiente de participer à l’évolution rapide de la scène culinaire.

Étant donné que son processus «propre» est si nouveau pour le Royaume, elle doit rester sur le terrain.

«C’est très technique. Une fois que vous avez éliminé les conservateurs et les stabilisateurs de gommes, cela devient très technique ; il ne s’agit pas seulement des ingrédients, mais de la méthode de mélange. Si vous mélangez un ingrédient avant l’autre, cela fera une différence», explique-t-elle.

En la voyant gérer son pop-up, son éthique de travail est évidente, et elle cherche déjà à inclure la prochaine génération, en commençant par sa propre famille. Son objectif est de créer non seulement une marque de crème glacée, mais aussi un havre d’alimentation saine.

Walid, son cousin de 12 ans, partage sa vision. Il a fait part de son désir de travailler avec elle et elle a immédiatement accepté. Lors de son premier jour de travail, il est arrivé enthousiaste, mais un peu nerveux.

«La plupart des glaces sont artificielles, on peut le sentir ; elles ont un goût vraiment bizarre. Mais ici, c’est du vrai, c’est frais», affirme-t-il à Arab News.

Walid observait attentivement alors qu’elle demandait à ses autres cousines — deux adolescentes — de l’aider à le former. Tous les stagiaires ont pris les commandes de la petite file de clients qui attendaient pour acheter une glace fraîche. Les jeunes écoutaient les choix des clients et servaient les boules de glace, les parsemant ou les arrosant des garnitures choisies, puis calculaient et encaissaient l’argent.

Lorsque le jeune Kayal s’est adapté au rythme, son visage, visiblement anxieux au début, s’est détendu.

«Pour l’instant, ce n’est qu’un magasin de glaces, mais plus tard, ce sera un vrai restaurant. Quand il sera construit, je veux y aller tous les jours et je veux servir tout le monde», dit-il avec un sourire radieux, sous le regard d’Ola qui se tenait fièrement derrière lui. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un nouveau festival de cinéma à Londres pour «revendiquer et célébrer l'identité musulmane»

Inshallah a Boy du réalisateur jordanien Amjad al-Rachid sera projeté au Festival international du film musulman de Londres (Photo, Fournie).
Inshallah a Boy du réalisateur jordanien Amjad al-Rachid sera projeté au Festival international du film musulman de Londres (Photo, Fournie).
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  • L'événement présente des récits de cinéastes musulmans ainsi que des productions inspirées par la culture et la foi musulmanes
  • «Nous avons veillé à ce que les films correspondent à notre foi et à notre éthique, en évitant la violence gratuite, la nudité et les sujets sexuels explicites»

LONDRES: Un nouveau festival de cinéma au Royaume-Uni se donne pour mission d'explorer les expériences musulmanes à travers le cinéma.

La 1re édition du Festival international du film musulman commencera le 30 mai à Leicester Square, à Londres.

L'événement de quatre jours met en avant des récits de cinéastes musulmans internationaux ainsi que des productions inspirées par la culture et la foi musulmanes.

«L’idée du festival est de revendiquer et de célébrer notre identité. Pendant très longtemps, être musulman n’était pas quelque chose dont nous pouvions nous enorgueillir», déclare Sajid Varda, directeur du festival, à Arab News.

«Nous avons dû dissimuler notre identité et le récit entourant notre foi et nos identités a souvent été contrôlé par d'autres», ajoute-t-il.

«Une frustration persistante a toujours prévalu quant à la manière de changer ces perceptions et de renouer avec des publics et des communautés plus larges. Nous voulons leur donner un aperçu de nos vies et de nos expériences, tout en valorisant le talent cinématographique de notre communauté créative et ses contributions au monde du cinéma.»

L'événement commencera avec la première londonienne de Hounds (Les Meutes) du réalisateur marocain Kamal Lazraq. Le film raconte l'histoire d'un père et de son fils dans la banlieue de Casablanca, qui tentent de joindre les deux bouts en commettant de petits délits pour le compte d'un gang local, jusqu'à ce qu'un enlèvement tourne au cauchemar.

D'autres films salués par la critique se déroulent au Royaume-Uni, en France, en Turquie, en Tunisie, en Jordanie, en Iran et au Soudan.

Le festival comprendra également des séances de questions-réponses et des événements de réseautage en partenariat avec la British Film Commission, Netflix et la BBC.

Les organisateurs ont fait en sorte que le festival soit aussi accessible que possible à un public plus large, déclare M. Varda.

«Nous avons veillé à ce que les films correspondent à notre foi et à notre éthique, en évitant la violence gratuite, la nudité et les sujets sexuels explicites. Ainsi, le contenu demeure accessible à tous, non seulement aux musulmans, mais aussi aux personnes d’autres confessions et croyances susceptibles d’être sensibles à ces questions.»

«Les prix de nos billets sont nettement plus abordables que ceux d'autres festivals. Nous avons également offert de nombreux billets à diverses organisations et accordé des réductions aux étudiants ainsi qu’aux personnes faisant face à des difficultés financières», ajoute-t-il.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Vanity Fair France s’excuse d’avoir retiré l’épinglette palestinienne de Guy Pearce à Cannes

Une image remaniée de l’acteur australien Guy Pearce sans son épinglette du drapeau palestinien publiée par Vanity Fair France (à droite) et la version originale de la photo (à gauche). (Vanity Fair)
Une image remaniée de l’acteur australien Guy Pearce sans son épinglette du drapeau palestinien publiée par Vanity Fair France (à droite) et la version originale de la photo (à gauche). (Vanity Fair)
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  • Pearce faisait partie des nombreuses célébrités présentes à ce prestigieux festival qui ont exprimé leur solidarité envers la Palestine
  • Parmi les autres personnalités célèbres figurent les actrices Cate Blanchett et Pascale Kann, le mannequin Bella Hadid et la comédienne française Leïla Bekhti

​​​​​​LONDRES: Le magazine Vanity Fair France a été contraint de présenter ses excuses pour avoir retiré une épinglette palestinienne portée par l’acteur Guy Pearce au Festival de Cannes.

Le 21 mai, Vanity Fair a publié un article qui présentait plusieurs photographies de célébrités participant au festival, parmi lesquelles figure Pearce en smoking noir Yves Saint Laurent.

Les utilisateurs des réseaux sociaux ont rapidement remarqué qu’une épinglette du drapeau palestinien visible sur son revers gauche sur d’autres images avait été supprimée.

Le journaliste Ahmed Hathout a été l’un des premiers à remarquer ce remaniement de photo. Il écrit sur X: «Guy Pearce montre sa solidarité envers la Palestine à Cannes en portant une épinglette et Vanity Fair décide de la photoshoper. Ils ne savaient pas que le bracelet était également aux couleurs du drapeau palestinien.»

La filiale française du magazine américain a fait l’objet de nombreuses réactions négatives sur les réseaux sociaux pour ce qui semble être une tentative de censure de la solidarité propalestinienne.

Une utilisatrice, @DarkSkyLady, écrit sur X: «Pouvons-nous enfin admettre que nombre de ces médias sont des outils de propagande du colonialisme et de la suprématie blanche?»

Un autre utilisateur, @Joey_Oey89, a commenté: «Rappel: se désabonner de Vanity Fair. Ils diffament les célébrités qui prennent position contre le génocide et ont clairement exprimé leur position.»

Répondant aux critiques, Vanity Fair France a publié des excuses sous le Tweet de Hathout: «Bonsoir. Nous avons publié par erreur une version modifiée de cette photo sur le site Internet. La version originale a été publiée sur Instagram le même jour. Nous avons rectifié notre erreur et nous nous en excusons.»

L’article publié sur le site Internet du magazine affiche désormais l’image inchangée.

Pearce faisait partie des nombreuses célébrités présentes à ce prestigieux festival qui ont exprimé leur solidarité envers la Palestine à la lumière de l’attaque brutale et du siège imposé par Israël à Gaza.

Parmi les autres personnalités figurent les actrices Cate Blanchett et Pascale Kann, le mannequin Bella Hadid, l’actrice indienne Kani Kusruti, la comédienne française Leïla Bekhti et la cinéaste marocaine Asmae el-Moudir.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Chaque printemps, Lisbonne se pare de bleu et mauve à la floraison des jacarandas

Sur la place du Rossio, centre névralgique du vieux Lisbonne avec ses pavés noir et blancs, ou encore dans les rues donnant sur le rond-point du Marquis de Pombal, la grande place centrale de la capitale, on trouve des jacarandas dans les quartiers les plus touristiques. (AFP).
Sur la place du Rossio, centre névralgique du vieux Lisbonne avec ses pavés noir et blancs, ou encore dans les rues donnant sur le rond-point du Marquis de Pombal, la grande place centrale de la capitale, on trouve des jacarandas dans les quartiers les plus touristiques. (AFP).
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  • Les jacarandas ont été introduits au Portugal au début du XIXe siècle, alors que la famille royale s'était exilée au Brésil pour fuir les invasions françaises
  • Pendant l'absence du roi, la couleur bleu de cet arbre, associée à la monarchie, en a fait un moyen d'"afficher le pouvoir royal", note l'Office du tourisme de Lisbonne sur son site internet

LISBONNE: A chaque printemps, les rues de Lisbonne se couvrent de tonalités éclatantes de bleu et mauve. L'image des jacarandas en fleur, un arbre exotique introduit au XIXe siècle, s'est ainsi imposée comme l'une des cartes postales de la capitale portugaise.

"On trouve des jacarandas dans tout le pays, mais c'est à Lisbonne qu'ils se sont le mieux adaptés" au climat local, explique à l'AFP Ana Luisa Soares, la directrice du jardin botanique d'Ajuda, où ont été plantés les premiers arbres importés du Brésil, une des anciennes colonies portugaises.

Les jacarandas ont été introduits au Portugal au début du XIXe siècle, alors que la famille royale s'était exilée au Brésil pour fuir les invasions françaises.

Pendant l'absence du roi, la couleur bleu de cet arbre, associée à la monarchie, en a fait un moyen d'"afficher le pouvoir royal", note l'Office du tourisme de Lisbonne sur son site internet.

Les jacarandas se sont répandus grâce à Félix Avelar Botero, considéré comme le père de la botanique au Portugal, qui "a alors commencé à offrir des graines de cet arbre" un peu partout dans la ville, précise Mme Soares.

Cette architecte paysagiste est à la tête d'un jardin botanique fondé au XVIIIe siècle qui rassemble de nombreuses espèces provenant des anciennes colonies portugaises en Afrique, en Amérique du sud et en Asie.

Depuis leur introduction, le nombre de jacarandas n'a cessé de croître dans la capitale.

"C'est un arbre qui ne présente pas beaucoup de problèmes. Il a une grande longévité, il fleurit presque toujours. C'est une espèce qui s'est exceptionnellement bien adaptée", explique l'une des responsables de la direction de l'Environnement à la mairie de Lisbonne, Ana Julia Francisco.

« Féérique »

Aujourd'hui encore, la municipalité continue de planter des jacarandas en évitant les endroits venteux, où ils ont plus de mal à se développer.

Sur la place du Rossio, centre névralgique du vieux Lisbonne avec ses pavés noir et blancs, ou encore dans les rues donnant sur le rond-point du Marquis de Pombal, la grande place centrale de la capitale, on trouve des jacarandas dans les quartiers les plus touristiques.

A l'heure d'Instagram et des réseaux sociaux, les touristes, qui aiment se prendre en photo devant les arbres en fleur et les tapis de pétales violets recouvrant les trottoirs de la capitale lorsqu'ils commencent à tomber, contribuent à leur popularité.

"C'est magnifique!", s'exclame Cheryl Mitchel, une retraitée de 76 ans originaire d'Atlanta, aux Etats-Unis, qui se plaît à les prendre en photo.

"C'est très printanier. C'est féérique. Je trouve que cela représente bien Lisbonne", estime pour sa part Magali Cirillo, une assistante sociale française de 34 ans, en vacances à Lisbonne.

Egalement très appréciés des Lisboètes, les jacarandas suscitent parfois quelques critiques en raison des inconvénients provoqués par les fleurs qui tombent au sol et se décomposent en recouvrant les trottoirs d’une substance poisseuse.

Lorsqu'elle plante de nouveaux arbres, la municipalité tente d'éviter au maximum les endroits qui pourraient créer des inconvénients pour les riverains.

"Mais leur beauté vaut bien quelques désagréments!", assure Mme Francisco avec un sourire.