Bill Gates reçu en Chine par le président Xi Jinping

Le cofondateur de Microsoft, Bill Gates, a été reçu vendredi à Pékin par le président chinois Xi Jinping, à l'occasion d'une visite destinée à soutenir les efforts de la Chine dans la recherche médicale. (AFP)
Le cofondateur de Microsoft, Bill Gates, a été reçu vendredi à Pékin par le président chinois Xi Jinping, à l'occasion d'une visite destinée à soutenir les efforts de la Chine dans la recherche médicale. (AFP)
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Publié le Vendredi 16 juin 2023

Bill Gates reçu en Chine par le président Xi Jinping

  • Cet entretien intervient deux jours avant une visite très attendue du secrétaire d'Etat américain, dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre Pékin et Washington
  • Cette rencontre, annoncée par la télévision publique chinoise, est très rare pour un homme d'affaires américain

PEKIN: Le cofondateur de Microsoft, Bill Gates, a été reçu vendredi à Pékin par le président chinois Xi Jinping, à l'occasion d'une visite destinée à soutenir les efforts de la Chine dans la recherche médicale.

Cette rencontre, annoncée par la télévision publique chinoise, est très rare pour un homme d'affaires américain: ces dernières années, seule une poignée ont été reçus individuellement par M. Xi, notamment le patron d'Apple Tim Cook et celui d'Amazon Jeff Bezos.

La chaîne n'avait dans l'immédiat pas diffusé d'images de la rencontre.

Cet entretien intervient deux jours avant une visite très attendue du secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre Pékin et Washington.

"Vous êtes le premier ami américain que je rencontre cette année". "Nous avons toujours placé nos espoirs dans le peuple américain et espérons que l'amitié entre les deux peuples se poursuivra", a dit Xi Jinping, cité par le Quotidien du Peuple.

La fondation Bill et Melinda Gates

Bill Gates est reçu en qualité de co-président de la Fondation Bill et Melinda Gates, a-t-elle toutefois précisé.

Arrivé mercredi soir en Chine, le milliardaire et philanthrope avait expliqué venir pour y rencontrer des partenaires sur les sujets de la santé et du développement.

Sa fondation a annoncé jeudi qu'elle donnerait 50 millions de dollars (45,7 millions d'euros) pour soutenir les efforts chinois dans la lutte contre le paludisme et la tuberculose.

Cette somme est destinée à appuyer "les efforts pour améliorer les résultats en matière de santé dans le monde entier grâce à des thérapies vitales pour les maladies infectieuses telles que la tuberculose et le paludisme", a précisé la Fondation Bill et Melinda Gates.

Ces maladies "affectent de manière disproportionnée les pays les plus pauvres de la planète", a-t-elle insisté.

«Progrès considérables»

Avec ce voyage, son premier en Chine depuis 2019, le cofondateur de Microsoft emboîte le pas à plusieurs autres mastodontes de l'économie américaine, dont le patron de Tesla, Twitter et SpaceX, Elon Musk, venu en mai.

Quasiment fermé au monde pendant près de trois ans en raison du Covid, le pays n'a rouvert ses portes qu'il y a six mois.

La fondation va aussi renouveler sa coopération avec l'Institut de découverte de médicaments pour la santé mondiale (GHDDI) - fondé à Pékin par Bill Gates -, les autorités municipales de Pékin et les responsables de la prestigieuse université Tsinghua.

"La Chine a réalisé des progrès considérables en matière de réduction de la pauvreté et d'amélioration de la santé dans le pays", a estimé M. Gates jeudi lors d'un discours au GHDDI.

"J'espère que la Chine pourra jouer un rôle encore plus important pour relever les défis actuels, en particulier ceux auxquels sont confrontés les pays africains", a-t-il ajouté.

La dernière venue en Chine de Bill Gates remonte à 2019, quand il avait rencontré la Première dame, Peng Liyuan, pour évoquer le travail de sa fondation dans la prévention contre le sida.

Pot rempli d'excréments 

Durant un précédent voyage en 2018, il avait posé à Pékin à côté d'un pot rempli d'excréments pour attirer l'attention sur le manque de toilettes dans les pays en développement.

Lors de sa visite en mai, Elon Musk avait été reçu par plusieurs ministres chinois et avait visité l'immense usine de sa marque de voitures électriques à Shanghai, où il a pu échanger avec le personnel.

Le PDG de la banque JPMorgan Chase, Jamie Dimon, autre acteur majeur, s'est rendu dans le pays au début du mois, tandis que celui d'Apple, Tim Cook, était à Pékin en mars. Il y avait salué la relation "symbiotique" de son entreprise avec la Chine.

D'autres grands patrons américains comme celui de Starbucks ou General Motors sont aussi allés en Chine ces dernières semaines pour y rencontrer des représentants du gouvernement chinois.

Les voyages d'affaires ont repris depuis que la Chine a abandonné sa politique sanitaire dite du "zéro Covid" et rouvert ses frontières cette année.


Carburant: le gouvernement ne doit pas céder au «chantage» de TotalEnergies, dit Olivier Faure

TotalEnergies "profite de la crise" et "le gouvernement ne doit pas céder au chantage" du géant pétrolier, a déclaré mercredi le patron du Parti socialiste Olivier Faure sur BFMTV.
TotalEnergies "profite de la crise" et "le gouvernement ne doit pas céder au chantage" du géant pétrolier, a déclaré mercredi le patron du Parti socialiste Olivier Faure sur BFMTV.
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  • "Je ne dis pas que Total ne paie pas d'impôts, je ne dis pas que Total est un groupe qui mérite d'être mis d'être mis au ban de la société française", a-t-il poursuivi
  • "Ce que je dis simplement au gouvernement, c'est qu'il ne peut pas céder au chantage. On ne peut pas avoir un chef d'entreprise qui dit au gouvernement ce qu'il doit faire et ce qu'il ne peut pas faire, ce n'est pas admissible"

PARIS: TotalEnergies "profite de la crise" et "le gouvernement ne doit pas céder au chantage" du géant pétrolier, a déclaré mercredi le patron du Parti socialiste Olivier Faure sur BFMTV.

Alors que le PDG du groupe TotalEnergies Patrick Pouyanné a menacé mardi d'arrêter son plafonnement du prix des carburants dans ses stations-service françaises en cas de taxe sur les "superprofits", le patron du PS Olivier Faure a jugé que TotalEnergies était "un profiteur de crise comme d'autres".

Un profiteur de guerre? "Bien sûr", mais "à l'insu de son plein gré. Je ne dis pas que c'est lui qui est à l'origine de cette guerre illégale", a poursuivi le patron du PS, qui a déposé la semaine dernière une proposition de loi pour taxer ce type de superprofits, visant les entreprises réalisant plus de 750 millions (d'euros) de chiffre d'affaires.

"Je ne dis pas que Total ne paie pas d'impôts, je ne dis pas que Total est un groupe qui mérite d'être mis d'être mis au ban de la société française", a-t-il poursuivi.

"Ce que je dis simplement au gouvernement, c'est qu'il ne peut pas céder au chantage. On ne peut pas avoir un chef d'entreprise qui dit au gouvernement ce qu'il doit faire et ce qu'il ne peut pas faire, ce n'est pas admissible", a martelé le chef des socialistes.

"Total dit qu'il plafonne les prix, ce qui est vrai", a reconnu M. Faure, mais le groupe "vient de faire 6 milliards de dollars de bénéfices supplémentaires" et "a augmenté son profit de 51%". "Ce n'est pas normal", a-t-il insisté.

Quand Total et d'autres font des superprofits, "ils ne font pas des profits parce qu'ils ont un génie particulier", a-t-il ajouté, jugeant "normal que celles et ceux qui font des profits qui sont des profits indus soient amenés aussi à contribuer".

Olivier Faure a dit maintenir sa proposition de loi. "Le patriotisme, c'est ça".

Pour sa part, David Lisnard, candidat libéral à la présidentielle, a jugé sur FranceInfo que les marges de Total semblaient être "tout à fait dans la norme", c'est-à-dire "celle du marché".

Le président de l’Association des maires de France (AMF) a réitéré sa proposition de "suspension provisoire des certificats d'économie d'énergie" qui à ses yeux constitue "la seule mesure générale qui est possible sans dégrader les comptes publics".


Le fonds de garantie des dépôts français quasi stable, à 7,7 milliards d'euros

Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) disposait fin 2025 de 7,745 milliards d'euros en réserve en cas de défaillance d'un établissement bancaire, selon un communiqué publié mardi en marge de la publication de son rapport annuel. (AFP)
Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) disposait fin 2025 de 7,745 milliards d'euros en réserve en cas de défaillance d'un établissement bancaire, selon un communiqué publié mardi en marge de la publication de son rapport annuel. (AFP)
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  • Cette couverture est largement théorique puisque le FGDR n'a en banque que 0,5% du montant couvert, estimé à près de 1.500 milliards d'euros
  • Les ressources du FGDR "sont proportionnées au risque réel d’intervention", rappelle-t-il sur son site internet

PARIS: Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) disposait fin 2025 de 7,745 milliards d'euros en réserve en cas de défaillance d'un établissement bancaire, selon un communiqué publié mardi en marge de la publication de son rapport annuel.

"Nous consolidons ces réserves financières", s'est félicité le président du directoire du FGDR Anthony Requin lors d'un entretien avec l'AFP.

Le FGDR est chargé d'intervenir en cas de défaillance d'un établissement financier: chaque Français est couvert à hauteur de 100.000 euros par ce fonds.

Sont éligibles les comptes courants, comptes à terme, livrets jeunes, comptes épargne logement, plan d'épargne logement ou encore les comptes espèces attachés à un compte titres ou à un plan épargne en actions (PEA).

Cette couverture est largement théorique puisque le FGDR n'a en banque que 0,5% du montant couvert, estimé à près de 1.500 milliards d'euros.

Les ressources du FGDR "sont proportionnées au risque réel d’intervention", rappelle-t-il sur son site internet.

La concentration du système bancaire, autour de six grands établissements (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, BPCE, Crédit Mutuel et la Banque postale) confère à la France ce ratio si faible.

D'autres digues, positionnées en amont, sont là pour éviter les faillites bancaires: un contrôle régulier et poussé par le superviseur, des exigences réglementaires fortes en matière de fonds propres notamment, un mécanisme de résolution et un fonds européen de près de 80 milliards d'euros.

Au sein de chaque banque existent "des réserves qui sont là pour absorber des chocs", souligne M. Requin.

Le FGDR, créé en 1999, disposait fin 2024 d'un montant à peine plus faible, de 7,732 milliards d'euros.

La différence s'explique notamment par de nouvelles contributions au titre de la garantie des services de gestion ainsi que le produit d'amendes prononcées par l'Autorité des marchés financiers (AMF).

Le FGDR compte 1.134 établissements adhérents, au titre de sa garantie des dépôts, mais aussi des titres ou des cautions.


Airbus pénalisé par ses faibles livraisons d'avions

Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
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  • Airbus voit ses résultats baisser au T1 2026 (bénéfice -26%, CA -7%) à cause de livraisons d’avions retardées et de problèmes de moteurs
  • Le groupe maintient ses objectifs annuels et s’appuie sur la défense, tandis que Boeing prend l’avantage sur les livraisons

PARIS: L'avionneur européen Airbus est pénalisé au premier trimestre par de faibles livraisons d'avions commerciaux, qui pèsent sur ses comptes, tandis que son concurrent américain Boeing, en phase de redressement, signe des livraisons record.

En dépit de cette déconvenue due principalement à la pénurie des moteurs de l'américain Pratt & Whitney et la situation volatile au Moyen-Orient qui n'a pour l'instant "pas d'impact" sur ses activités, Airbus maintient ses objectifs pour l'année.

Il compte toujours livrer un nombre record de 870 avions commerciaux en 2026, soit plus que la meilleure année, en 2019, avant la pandémie du Covid (863 appareils).

Les livraisons d'avions commerciaux qui patinent ont fait chuter le bénéfice net de l'avionneur européen de 26% à 586 millions d'euros au premier trimestres.

Le chiffre d'affaires s'est établi à 12,65 milliards d'euros, en recul de 7% par rapport à la même période de l'année dernière.

Ces résultats "reflètent un niveau plus faible de livraisons d'avions commerciaux et une solide performance de notre division Defense and Space", a déclaré le patron d'Airbus Guillaume Faury.

- "Impact" de Pratt jusqu'en 2028  -

Depuis le début de l'année, Airbus n'a livré que 114 avions commerciaux contre 143 pour Boeing. L'an dernier l'écart s'est resserré au sein du duopole sur le terrain des livraisons, mais l'américain a pris l'avantage sur les commandes.

Pratt & Whitney "reste le principal facteur limitant de notre trajectoire de montée en cadence sur l’A320", la famille la mieux vendue d'Airbus, "avec un impact sur 2026 et 2027", a déclaré Guillaume Faury au cours d'une conférence téléphonique.

En conséquence, l’entreprise maintient sa prévision d'un rythme de production de cette famille d'avions compris entre 70 et 75 avions par mois d’ici la fin 2027, objectif revu à la baisse en février contre 75 auparavant.

Le carnet de commandes d'Airbus affiche 9.037 appareils, soit plus de dix ans de production au rythme actuel.

Airbus a également été confronté en début de l'année "à un retard administratif qui a affecté la livraison de près de 20 avions à des clients chinois", mais ce problème a été résolu.

Le problème de qualité des panneaux de l'A320 découvert en décembre aura "un impact résiduel" sur les livraisons sur le premier semestre, selon Guillaume Faury.

Le bilan des livraisons des avionneurs est toujours scruté, car il préfigure les résultats financiers, les compagnies aériennes acquittant la majorité du prix d'achat lorsqu'elles reçoivent leurs appareils.

Le "cash flow" d'Airbus qui emploie près de 170.000 personnes dans le monde s'est également nettement dégradé.

La trésorerie disponible consolidée avant financement des clients s’est ainsi établie à -2,485 milliards d’euros contre -310 millions d’euros il y a un an.

- Désaccords non résolus sur le Scaf -

Les mauvaises performances côté avions commerciaux sont toutefois contrebalancées par le succès de la branche défense.

Le chiffre d'affaires dans ce domaine a progressé de 7% à 2,8 milliards d'euros.

Interrogé sur le programme européen d'avion de combat Scaf mené par Airbus qui représente l'Allemagne et l'Espagne et Dassault Aviation pour la France, Guillaume Faury a indiqué que les discussions étaient "en cours" dans le cadre d'une mission demandée par le président français Emmanuel Macron pour réconcilier les industriels.

"Je ne dis pas que les désaccords sont résolus, mais qu’un travail est en cours entre les différents acteurs pour tenter d’identifier la meilleure voie à suivre", a-t-il poursuivi.

"La France, l'Allemagne et l'Espagne ont chacune leurs attentes et travaillent actuellement à résoudre ces divergences", a-t-il conclu.