Irak: La justice enquête sur des policiers accusés de torture

Un juge d'instruction à Bagdad «a reçu le dossier de l'enquête administrative (...) concernant les violations des droits humains imputées au comité 29» (Photo, AFP).
Un juge d'instruction à Bagdad «a reçu le dossier de l'enquête administrative (...) concernant les violations des droits humains imputées au comité 29» (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 22 juin 2023

Irak: La justice enquête sur des policiers accusés de torture

  • La justice en Irak a annoncé mercredi ouvrir une enquête au sujet de policiers et de fonctionnaires accusés d'avoir torturé des détenus
  • Les 14 fonctionnaires incriminés, parmi lesquels neuf officiers de police, faisaient partie d'une cellule baptisée «comité 29»

BAGDAD: La justice en Irak a annoncé mercredi ouvrir une enquête au sujet de policiers et de fonctionnaires accusés d'avoir torturé des détenus interpellés dans le cadre d'une campagne anticorruption très médiatisée, lancée par la précédente administration.

Les 14 fonctionnaires incriminés, parmi lesquels neuf officiers de police, faisaient partie d'une cellule baptisée "comité 29", à laquelle l'ex-Premier ministre Moustafa al-Kazimi avait donné, à l'été 2020, les coudées franches pour traquer les hauts responsables soupçonnés de corruption, un mal endémique en Irak.

Le "comité 29", aujourd'hui dissous, était dirigé par l'influent général de police Ahmed Taha Hashem Abou Ragheef.

Un juge d'instruction à Bagdad "a reçu le dossier de l'enquête administrative (...) concernant les violations des droits humains imputées au comité 29", a annoncé le site Internet du Conseil suprême de la magistrature.

"Une enquête judiciaire sera menée à la suite de plaintes déposées, conformément à la loi", selon la même source.

L'annonce fait suite à une demande du gouvernement, dévoilée mercredi matin, de traduire en justice les ex-responsables incriminés.

En décembre 2022, le gouvernement de l'actuel Premier ministre Mohamed Chia al-Soudani avait instauré une première commission d'enquête à la suite de "plaintes de citoyens victimes de violations des droits de l'homme", rappelant à l'époque que la Constitution irakienne "interdit tout type de tortures psychologiques et physiques ainsi que les traitements inhumains".

Cette commission a recommandé de porter l'affaire devant la justice "en raison des manquements avérés de la part" des fonctionnaires incriminés, ont assuré mercredi matin dans un communiqué les services du Premier ministre.

Le ministre de l'Intérieur a mis à la retraite le général Abou Ragheef, "ainsi que huit officiers et un policier pour avoir enfreint les dispositions de la loi", d'après la même source.

«Torture» et «d'extorsion»

L'affaire avait été médiatisée après un article du Washington Post publié en décembre qui accusait le "comité 29" d'avoir recours à la torture pour soutirer des aveux.

L'enquête du gouvernement incrimine le général Abou Ragheef, actuellement détenu, huit officiers - dont un en fuite -, un sergent et quatre fonctionnaires, selon le rapport de la commission d'enquête que l'AFP a pu consulter. Ils sont notamment accusés de "torture" et "d'extorsion".

L'autorité anticorruption doit par ailleurs se pencher sur "les cas d'enrichissement" parmi les accusés ou leurs proches, selon le communiqué du gouvernement.

En septembre 2020, le "comité 29" avait notamment interpellé l'ex-directeur du Fonds de pension irakien, l'ancien président de la Commission d'investissements de Bagdad, mais aussi l'ancien directeur de l'entreprise de paiement électronique Qi Card.

Pays riche en hydrocarbures, l'Irak est gangréné par une corruption qui s'est infiltrée dans tous les rouages de l'Etat. Si les condamnations existent, elles visent souvent les échelons intermédiaires ou de simples exécutants, rarement le sommet de la pyramide.

Le gouvernement de Mohamed Chia al-Soudani martèle que la lutte contre la corruption et la protection de l'argent public sont ses priorités, multipliant les annonces et les initiatives en ce sens.


Liban: les explosions israéliennes près d'un château menacent l'accord-cadre bilatéral, dit le président

De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Liban accuse Israël de menacer l'accord-cadre bilatéral après de puissantes explosions près du château de Beaufort, attribuées à la destruction de tunnels du Hezbollah
  • Israël affirme avoir ciblé des infrastructures du Hezbollah après une violation du cessez-le-feu, tandis que de nouveaux pourparlers sont prévus à Rome

BEYROUTH: Le Liban a jugé vendredi que les explosions massives provoquées par l'armée israélienne, pour selon elle détruire des tunnels du Hezbollah, près du château de Beaufort, dans le sud, menaçaient l'application de l'accord-cadre bilatéral conclu récemment.

"Les forces israéliennes ont provoqué de très puissantes explosions vers minuit", notamment "dans le secteur de la forteresse de Beaufort", classée par l'Unesco, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Le président libanais, Joseph Aoun, a dénoncé "une escalade extrêmement dangereuse (...) et une menace directe" pour la mise en oeuvre de l'accord-cadre conclu en juin entre le Liban et Israël sous égide américaine.

Cet accord prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe toujours une partie du sud du pays - sous réserve d'un désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Les Etats-Unis ont confirmé lundi la tenue de nouveaux pourparlers entre Israël et le Liban, à Rome du 4 au 6 août, en vue notamment d'étendre ce processus.

"Le timing de ces agressions (...) envoie des messages négatifs et sape les efforts internationaux visant à consolider la stabilité", à quelques jours de ces nouveaux pourparlers, a déploré la présidence dans un communiqué.

Les explosions ont "provoqué des ondes équivalant à celles d'un séisme", a-t-elle pointé.

L'Ani a fait ensuite état dans la soirée de trois nouveaux dynamitages israéliens "violents" dans la région méridionale de Marjeyoun.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a condamné "les agressions israéliennes continues dans le sud, sous forme d'explosions, bombardements et destructions méthodiques", y compris "les atteintes aux sites archéologiques".

Le château de Beaufort datant de l'époque des Croisés, situé dans la zone du sud occupée par Israël, a été inscrit la semaine dernière sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco.

Selon le ministère libanais de la Culture, les explosions "pourraient avoir causé des dégâts aux abords de la forteresse", dont l'ampleur "ne pourra être évaluée qu'à l'issue d'une inspection sur le terrain", actuellement impossible.

Un correspondant de l'AFP dans un village proche a entendu d'énormes déflagrations et vu la poussière recouvrir de larges zones boisées de la région. Des fenêtres ont été brisées dans des maisons de villages alentour, selon l'Ani.

Dans un communiqué commun, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit "les tunnels terroristes dans la région", utilisant quelque 700 tonnes d'explosifs.

Ils ont affirmé que l'opération faisait suite à une  "violation flagrante du cessez-le-feu par le Hezbollah" mercredi.

L'armée israélienne avait accusé le mouvement chiite pro-iranien d'avoir lancé un drone explosif contre un de ses véhicules dans le sud du pays.

Le Hezbollah n'a pas revendiqué d'attaque contre Israël depuis le 20 juin.

Mais il a appelé vendredi le pouvoir libanais à agir "à tous les niveaux politiques et diplomatiques pour la cessation des crimes de destruction commis par l'ennemi".

Le mouvement avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, et son armée continue d'occuper des zones du sud du Liban.


Frappe contre un pétrolier au large des côtes d'Oman, selon l'agence maritime britannique

Des navires naviguent dans le détroit d'Ormuz, vus depuis la péninsule de Musandam, à Oman, le 31 juillet 2026. (REUTERS/Stringer)
Des navires naviguent dans le détroit d'Ormuz, vus depuis la péninsule de Musandam, à Oman, le 31 juillet 2026. (REUTERS/Stringer)
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  • Un pétrolier a été touché par un projectile non identifié au large de Limah (Oman), près du détroit d'Ormuz, causant des dégâts à la salle des machines, sans faire de victimes
  • Le trafic dans le détroit a chuté de 77 % sur fond de tensions entre l'Iran et les États-Unis

DUBAI: Un pétrolier a été frappé par un "projectile non-identifié" samedi au large de la ville côtière de Limah à Oman, à l'entrée du détroit d'Ormuz, a annoncé l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Selon le rapport de l'UKMTO, le "projectile non-identifié" a causé "des dommages dans la salle des machines". Aucune victime n'a été recensée indique l'agence britannique, qui précise que le navire a été touché à 11 miles nautiques (environ 20 kilomètres) de Limah.

Après la reprise des hostilités avec Washington le 7 juillet, l'Iran a de nouveau verrouillé le détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial des hydrocarbures, revendiquant d'imposer des droits de passage sur les bateaux et autorisant uniquement la route longeant ses côtes.

La plateforme Kpler, a confirmé vendredi sur X que le trafic dans le détroit d'Ormuz a fortement chuté. "Les traversées du détroit d'Ormuz ont diminué de 77% en un jour pour tomber à seulement cinq navires, toutes concentrées dans le cadre du dispositif unilatéral iranien", indique Kpler.

"Les positions publiques des Etats-Unis et de l'Iran demeurant inconciliables, les opérateurs surveillent de près les volumes de trafic, les comportements de routage et toute évolution diplomatique susceptible de remodeler le risque sur les routes maritimes régionales dans les prochains jours", ajoute encore Kpler.


L'Iran dit avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït

L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
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  • Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat
  • L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué, l'armée a indiqué avoir visé "des abris d'avions de combat, des systèmes de communication par satellite et des installations de stockage d'équipement sur la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït".

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm".

Selon des médias iraniens jeudi, trois membres d'une même famille ont été tués dans des frappes contre cette île située dans le détroit d'Ormuz.

La revendication de l'armée iranienne intervient alors que selon le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, les belligérants négocient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements réciproques mercredi et jeudi.

La diplomatie pakistanaise a affirmé faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient, dont le Koweït.