Un ministre israélien incite aux assassinats ciblés et à la destruction de bâtiments en Cisjordanie

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, arrive sur les lieux d’une fusillade palestinienne qui aurait tué quatre personnes près de la colonie juive d’Eli, en Cisjordanie occupée par Israël, le 20 juin 2023. (Reuters)
Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, arrive sur les lieux d’une fusillade palestinienne qui aurait tué quatre personnes près de la colonie juive d’Eli, en Cisjordanie occupée par Israël, le 20 juin 2023. (Reuters)
Des adolescentes palestiniennes pleurent pendant les funérailles de leur camarade de classe, Sadil Naghniyeh, tuée le 21 juin 2023, lors d’un raid militaire israélien lundi dans le camp de réfugiés de Jénine en Cisjordanie. (AP)
Des adolescentes palestiniennes pleurent pendant les funérailles de leur camarade de classe, Sadil Naghniyeh, tuée le 21 juin 2023, lors d’un raid militaire israélien lundi dans le camp de réfugiés de Jénine en Cisjordanie. (AP)
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Publié le Jeudi 22 juin 2023

Un ministre israélien incite aux assassinats ciblés et à la destruction de bâtiments en Cisjordanie

  • Mercredi, des ministres de haut rang du gouvernement de Benjamin Netanyahou ont également appelé à une opération militaire à grande échelle à travers la Cisjordanie
  • La violence s’est intensifiée en Cisjordanie après que le gouvernement de Benjamin Netanyahou a augmenté les projets de construction de nouveaux logements pour les colons dans les territoires palestiniens

RAMALLAH, Cisjordanie: Alors que les appels pour mettre fin à la montée de la violence en Cisjordanie se multiplient, le ministre israélien de la Sécurité nationale, figure de l’extrême droite, a appelé mercredi à une action plus dure contre la résistance palestinienne, y compris la destruction de Palestiniens.

«Nous avons besoin d’une opération militaire, de détruire des bâtiments et de mener des assassinats ciblés», a déclaré Itamar Ben-Gvir devant le Parlement mercredi. «C’est comme ça qu’on combat le terrorisme», a ajouté Itamar Ben-Gvir, membre de l’un des partis d’extrême droite de la coalition nationaliste religieuse de Benjamin Netanyahou.

Mercredi, des ministres de haut rang du gouvernement de Benjamin Netanyahou ont également appelé à une opération militaire à grande échelle à travers la Cisjordanie.

D’autres ministres ont minimisé la demande de mesures supplémentaires. «Pas besoin d’appliquer de nouvelles décisions, il suffit d’adapter celles déjà existantes», a assuré le ministre de l’Énergie Israël Katz, membre du cabinet de sécurité du gouvernement, à la radio Tsahal.

Les appels à une action plus dure sont intervenus après que des colons israéliens ont attaqué des villages palestiniens, incendiant des voitures et des bâtiments en représailles à une attaque menée par des hommes armés du Hamas la veille. Quatre Israéliens ont été tués mardi par des hommes armés du Hamas qui ont ouvert le feu sur un restaurant en bordure de route près de la colonie d’Eli.

Un Palestinien a été abattu lors de l’attaque tandis qu’un autre au moins a été grièvement blessé, ont déclaré des responsables de la santé palestiniens.

Les habitants d’un certain nombre d’autres villages palestiniens ont signalé des attaques de colons après les meurtres et des ministres de haut rang du gouvernement de Benjamin Netanyahou ont appelé à une opération militaire à grande échelle dans toute la Cisjordanie.

Yaqoub Oweis, président du conseil du village d’Al-Laban al-Sharkiyeh près de Ramallah, soutient que des soldats et des policiers israéliens n’ont pas bougé alors qu’un grand groupe de colons incendiait une station-service, des vergers, une cimenterie et des dizaines de voitures.

«L’attaque est sans précédent et perfide», raconte-il. «Il y avait des tirs nourris, mais nous ne pouvions pas distinguer s’ils provenaient des colons ou des soldats à cause de l’obscurité.»

Des soldats israéliens montent la garde à l’entrée de la ville cisjordanienne de Turmus Ayya, le 21 juin 2023. (AP)
Des soldats israéliens montent la garde à l’entrée de la ville cisjordanienne de Turmus Ayya, le 21 juin 2023. (AP)

Condamnations

Les États-Unis ont condamné la violence des colons et ont appelé «les autorités israéliennes à arrêter immédiatement la violence, à protéger les civils américains et palestiniens et à poursuivre les responsables en justice».

L’Égypte et la Jordanie, qui entretiennent des relations diplomatiques avec Israël, ont condamné les attaques contre les Palestiniens en Cisjordanie.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a condamné tous les actes de violence contre les civils, «y compris les actes de terreur», a affirmé le porte-parole adjoint de l’ONU, Farhan Haq, dans un communiqué.

«Il est crucial de réduire les tensions et d’empêcher une nouvelle escalade. Israël, en tant que puissance occupante, doit veiller à ce que la population civile soit protégée contre tous les actes de violence et que les auteurs soient tenus responsables», a affirmé M. Haq.

La violence s’est intensifiée après que le gouvernement de Benjamin Netanyahou a augmenté les projets de construction de nouveaux logements pour les colons dans les territoires palestiniens.

Selon le bureau de Benjamin Netanyahou, Israël prévoirait d’ajouter 1 000 nouveaux logements à la colonie d’Eli, défiant les appels internationaux à l’arrêt des nouveaux projets de colonisation.

Les Palestiniens se sont plaints à plusieurs reprises des attaques des colons en Cisjordanie, une question qui suscite une préoccupation internationale croissante.

Le Premier ministre palestinien, Mohammed Shtayyeh, a dénoncé «des attaques barbares menées par les colons contre des citoyens pacifiques, ainsi que la destruction de leurs maisons et de leurs biens, qui reflètent la mentalité meurtrière d’Israël».

Il a ajouté qu’ouvrir la voie aux émeutes des colons sous la protection de l’armée israélienne «mène à la destruction, qui sera nuisible pour tous».

Cependant, il n’existe aucun signe d’un nouvel effort pour trouver une solution politique. Les pourparlers de paix négociés par les États-Unis entre Israël et les Palestiniens, et visant à établir un État palestinien en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem-Est, ont échoué en 2014.

Le gouvernement de Netanyahou comprend des membres qui excluent la possibilité d’ériger un État palestinien tandis que le Hamas, qui prône la résistance armée contre Israël, n’a cessé d’élargir ses opérations en Cisjordanie.

Le raid d’arrestations militaires de lundi à Jénine, en réponse au meurtre de quatre Israéliens, a conduit à des heures de combats avec des militants palestiniens lourdement armés. Sept Palestiniens ont été tués et plus de 90 autres ont été blessés. Du côté israélien, sept personnes ont été blessées.

Depuis le début de l’année, 174 Palestiniens – pour la plupart des militants, mais aussi plusieurs civils – ont été tués par les forces israéliennes. Par ailleurs, 24 Israéliens et un étranger ont été tués dans des attaques menées par des Palestiniens en Cisjordanie, autour de Jérusalem et dans certaines villes israéliennes.

 

(Avec Reuters)

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Un hôpital endommagé par des frappes israéliennes dans le sud du Liban

De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne ayant ciblé la périphérie est de la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne ayant ciblé la périphérie est de la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Des frappes aériennes israéliennes près de Tyr (sud du Liban) ont endommagé un hôpital, faisant 11 blessés, tout en laissant l’établissement opérationnel malgré d’importants dégâts
  • Les attaques ont également touché des zones civiles (port, habitations), dans un contexte de conflit élargi ayant causé plus de 1.300 morts et environ un million de déplacés

BEYROUTH: Un hôpital de Tyr, importante ville côtière du sud du Liban, a été endommagé par deux frappes aériennes israéliennes qui ont visé des bâtiments à proximité, faisant 11 blessés, dont trois secouristes, a annoncé samedi le ministère de la Santé.

Une série de frappes israéliennes a visé la région samedi. A Al-Houch, une localité de Tyr, deux frappes ont détruit deux bâtiments situés à proximité de l'hôpital italo-libanais, selon un correspondant de l'AFP.

Des vitres ont été brisées et des faux plafonds se sont effondrés alors que des médecins dispensaient des soins, a indiqué la direction de l'hôpital.

Elle a ajouté que l'établissement continuait de fonctionner malgré les dégâts.

L'hôpital "restera ouvert pour assurer les soins médicaux nécessaires", a souligné son directeur, Youssef Jaafar, auprès de l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Un correspondant de l'AFP a vu des débris jonchant les rues, une voiture calcinée et de la fumée s'élever de bâtiments en partie détruits.

Le port de Tyr a lui aussi été ciblé. Une frappe a touché un bateau de tourisme dans lequel une personne dormait, selon le correspondant de l'AFP. Des bateaux de pêche à quai ont également été endommagés, a-t-il constaté.

Quelque 20.000 personnes, dont environ 15.000 déplacés venus des villages voisins, se trouvent encore à Tyr, malgré les ordres d'expulsion israéliens qui ont forcé des dizaines de milliers de personnes à fuir la région, où Israël poursuit ses bombardements et son invasion terrestre.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël, en représailles aux frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien, Ali Khamenei.

La guerre a déjà fait plus de 1.300 morts et un million de déplacés, selon les chiffres officiels.


Le prince héritier saoudien rencontre le président de la FIFA pour renforcer la coopération sportive

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lors de sa rencontre avec le président de la FIFA Gianni Infantino à Djeddah, samedi. (Photo SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lors de sa rencontre avec le président de la FIFA Gianni Infantino à Djeddah, samedi. (Photo SPA)
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  • Les discussions portent sur le développement du football et les partenariats internationaux
  • Le Royaume renforce ses liens avec la FIFA dans le cadre d’investissements sportifs majeurs

RIYAD : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a rencontré le président de la FIFA Gianni Infantino à Djeddah samedi, des discussions axées sur le renforcement de la coopération et l’élargissement des opportunités dans le développement du football.

La réunion a permis de passer en revue la collaboration en cours entre le Royaume et la FIFA, ainsi que les perspectives de croissance du sport, tant au niveau de la base que du football professionnel, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Ces dernières années, l’Arabie saoudite a intensifié son engagement avec la FIFA dans le cadre d’une stratégie plus large visant à se positionner comme un pôle sportif mondial, avec d’importants investissements dans les infrastructures, la formation des talents et l’organisation de grands événements internationaux dans le cadre de la Vision 2030.

Le Royaume a accueilli une série de tournois régionaux et internationaux et a travaillé étroitement avec la FIFA sur des initiatives visant à élargir la pratique du football et sa croissance commerciale au Moyen-Orient. Riyad est également perçue comme cherchant à jouer un rôle accru dans le football mondial, notamment avec des ambitions potentielles d’accueil de grandes compétitions.

La réunion s’est tenue en présence du ministre des Sports Abdulaziz ben Turki Al-Faisal et du président de la Fédération saoudienne de football, Yasser Al-Misehal. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: nouvelles frappes israéliennes sur Beyrouth après la destruction d'un pont

Une photographie montre un immeuble effondré sur le site d’une frappe aérienne israélienne nocturne dans le quartier de Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 3 avril 2026. L’armée israélienne a déclaré, le 3 avril, avoir frappé plus de 3 500 cibles à travers le Liban au cours du mois écoulé depuis le début des combats avec le Hezbollah soutenu par l’Iran. (AFP)
Une photographie montre un immeuble effondré sur le site d’une frappe aérienne israélienne nocturne dans le quartier de Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 3 avril 2026. L’armée israélienne a déclaré, le 3 avril, avoir frappé plus de 3 500 cibles à travers le Liban au cours du mois écoulé depuis le début des combats avec le Hezbollah soutenu par l’Iran. (AFP)
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  • L’armée israélienne a bombardé la banlieue sud de Beyrouth et détruit des ponts stratégiques au Liban, visant à affaiblir le Hezbollah et isoler le sud du pays
  • Le conflit s’intensifie : des Casques bleus ont été blessés, le bilan humain s’alourdit et les frappes provoquent destructions massives et déplacements de population

BEYROUTH: L'armée israélienne a de nouveau bombardé la banlieue sud de Beyrouth samedi à l'aube, affirmant frapper des infrastructures du Hezbollah après avoir détruit un pont sur le fleuve Litani dans l'est du Liban.

Trois Casques bleus ont par ailleurs été blessés vendredi dans une explosion à l'intérieur d'une installation de l'ONU près d'El Adeisse (sud), la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) précisant que ces soldats, dont deux ont été grièvement blessés, sont de nationalité indonésienne.

Quelques jours plus tôt, trois autres Casques bleus indonésiens avaient perdu la vie, également dans le sud du pays, où Israël et le Hezbollah s'affrontent depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Le Liban a été entraîné dans le conflit le 2 mars lorsque le Hezbollah, soutenu par Téhéran, a tiré des roquettes sur Israël pour venger l'attaque américano-israélienne qui a tué le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

Israël pilonne depuis le pays, disant viser le mouvement islamiste, et a entamé une invasion terrestre dans le sud. Ces opérations ont tué 1.368 personnes, dont 125 enfants, selon le dernier bilan officiel, et fait plus d'un million de déplacés.

Tôt samedi, l'armée israélienne a annoncé sur les réseaux sociaux avoir "commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah à Beyrouth", une journaliste de l'AFP ayant fait état d'au moins deux bombardements dans la banlieue sud de la ville, avec de puissantes explosions et des panaches de fumée.

- Ponts ciblés -

Dans ce conflit, l'armée israélienne vise aussi les ponts enjambant le fleuve Litani, afin de couper une partie du sud du Liban du reste du pays, selon des experts militaires.

Dernière attaque de ce type en date, "des avions de guerre israéliens ont visé vendredi le pont qui relie Sohmor à Machghara, entraînant sa destruction", a indiqué l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

L'armée israélienne avait auparavant averti que "pour empêcher le transfert de renforts et d'équipements militaires" du mouvement pro-iranien, elle allait cibler deux ponts. Le second a aussi été touché, d'après les médias libanais.

Israël a déjà détruit cinq ponts sur le Litani, situé à 30 km au nord de la frontière, région où il veut instaurer ce qu'il présente comme une "zone de sécurité".

Egalement à Sohmor, deux personnes ont été tuées et 15 autres blessées dans une frappe israélienne survenue "alors que des fidèles quittaient la mosquée de la ville" après la prière du vendredi, selon le ministère libanais de la Santé.

Concernant les trois Casques bleus indonésiens blessés, l'origine de l'explosion dont ils ont été victimes est inconnue.

L'armée israélienne a accusé le Hezbollah d'avoir tiré une roquette.

Quant à leurs trois compatriotes tués quelques jours plus tôt, l'un a été victime dimanche d'un tir d'un char israélien, et deux autres d'une explosion le lendemain qui pourrait être due à une mine, selon une source sécuritaire de l'ONU.

Israël a nié toute responsabilité dans les faits de lundi, assurant qu'aucune de ses troupes n'était présente dans la zone.

- "Pas notre guerre" -

Vendredi après-midi, des frappes avaient déjà visé la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, l'armée israélienne disant cibler "des infrastructures terroristes".

Non loin des ces zones, des Libanais chrétiens ont assisté à l'office du Vendredi saint. Dans l'église Saint-Maron de Chiyah, un quartier de la banlieue sud, Hala Farah, 62 ans, raconte n'avoir jamais manqué aucune fête religieuse.

"Depuis que j'ai 15 ans, il y a la guerre" au Liban, "on est toujours là", dit-elle à l'AFP avant de rentrer dans une église comble.

Patricia Haddad, 32 ans, confie être "habituée, malheureusement". "Nous sommes contre la guerre: ce n'est pas notre guerre, c'est une guerre contre le Hezbollah, pas contre les chrétiens ni le pays", dit la jeune femme.

Alors que l'ONU et les autorités libanaises ont mis en garde contre une nouvelle occupation du sud du Liban, plusieurs frappes ont visé vendredi la région de Tyr, selon l'agence Ani.

Les troupes israéliennes ont également "détruit", ajoute l'agence, les dernières habitations restantes dans plusieurs villages frontaliers, déjà largement rasés lors de la précédente guerre en 2024.

En parallèle, le Hezbollah a annoncé une série d'attaques contre des cibles israéliennes sur le sol libanais et de l'autre côté de la frontière.

L'Iran et ses groupes affiliés "pourraient avoir l'intention de cibler des universités" au Liban, a averti l'ambassade américaine à Beyrouth, quelques jours après des menaces des Gardiens de la Révolution iraniens contre les établissements américains au Moyen-Orient.