Emeutes: Le gouvernement accroît sa pression sur les réseaux sociaux

Le gouvernement pourrait envisager de «suspendre des fonctionnalités» sur les réseaux sociaux en cas de nouvelles émeutes, a expliqué Olivier Véran (Photo, AFP).
Le gouvernement pourrait envisager de «suspendre des fonctionnalités» sur les réseaux sociaux en cas de nouvelles émeutes, a expliqué Olivier Véran (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 06 juillet 2023

Emeutes: Le gouvernement accroît sa pression sur les réseaux sociaux

  • Le gouvernement pourrait envisager de «suspendre des fonctionnalités» sur les réseaux sociaux en cas de nouvelles émeutes, a expliqué Olivier Véran
  • Les représentants de TikTok, Snapchat et Meta ont tous indiqué à l'AFP qu'ils effectuaient une modération proactive

PARIS: Après les émeutes provoquées par la mort de Nahel, le gouvernement a accru la pression sur les réseaux sociaux, accusés de relayer les violences, en faisant retirer des milliers de messages illicites et en suggérant même de restreindre leur fonctionnement, une démarche juridiquement compliquée.

Le gouvernement pourrait envisager de "suspendre des fonctionnalités" sur les réseaux sociaux en cas de nouvelles émeutes, a expliqué mercredi son porte-parole Olivier Véran, alors qu'Emmanuel Macron a même évoqué mardi soir la possibilité de les "couper", déclenchant un feu de critiques.

"Vous avez par exemple des fonctions de géolocalisation, sur certaines plateformes, qui permettent à des jeunes de se retrouver à tel endroit, en montrant des scènes, comment mettre le feu etc... C'est des appels à l'organisation de la haine dans l'espace public et là vous avez autorité pour pouvoir suspendre", a expliqué Olivier Véran.

La veille, devant quelque 300 maires de communes victimes de violences, Emmanuel Macron avait souhaité "une réflexion sur l'usage de ces réseaux chez les plus jeunes, dans les familles, à l'école, les interdictions qu'on doit mettre" et jugé que "quand les choses s'emballent pour un moment, (on peut) se dire: on se met peut-être en situation de les réguler ou de les couper", selon des propos rapportés par la presse et confirmés par l'Elysée.

Il n'a "à aucun moment dit qu'il envisageait de couper les réseaux dans le sens d’un black-out généralisé", il s'agit de "pouvoir ponctuellement et temporairement suspendre des réseaux sociaux", a précisé son entourage.

Les réactions n'ont pas tardé. "Couper les réseaux sociaux ? Comme la Chine, l’Iran, la Corée du Nord ?", a ironisé le président du groupe LR à l'Assemblée nationale, Olivier Marleix, sur Twitter.

"Ce serait renoncer à l’idée que la démocratie soit plus forte que les outils qu’on détourne contre elle. Ce serait une erreur", a aussi estimé le député du parti présidentiel Renaissance Eric Bothorel.

Milliers de messages retirés
Durant les émeutes, les ministères de l'Intérieur et de la Justice ont multiplié les réquisitions de retrait de contenus illicites auprès des grandes plateformes  - Twitter, TikTok, Meta (Facebook et Instagram) et Snapchat -, dont les représentants avaient été convoqués vendredi par les ministres de l'Intérieur Gérald Darmanin et du Numérique Jean-Noël Barrot.

Les quatre réseaux sociaux ont très rapidement répondu à leurs demandes, parfois en moins d'une heure, et "retiré des milliers de contenus illicites et suspendu des centaines de comptes", s'est félicité le ministère délégué au Numérique mercredi. Dans le viseur, les appels à la violence et les divulgations de données personnelles (de policiers, par exemple).

Les représentants de TikTok, Snapchat et Meta ont tous indiqué à l'AFP qu'ils effectuaient une modération proactive des contenus illicites et répondaient aux demandes de l'Etat.

Sur une régulation accrue des réseaux, cibles des critiques du gouvernement depuis une semaine, pour éviter "de réagir sous le coup de l'émotion", Jean-Noël Barrot a proposé mardi soir au Sénat la mise en place d'un groupe de travail sur les mesures à prendre en cas d'émeutes.

De nouvelles mesures pourraient donc cet été compléter le projet de loi visant à sécuriser le numérique, actuellement en discussion au Sénat.

Au nom de la liberté d'expression, la balance des droits reste cependant très favorable aux réseaux sociaux, qui ne font guère d'efforts de modération sauf dans les crimes et délits graves, a réagi Me Amélie Tripet, avocate du cabinet August Debouzy, interrogée par l'AFP.

"Suspendre les réseaux sociaux semble juridiquement impossible dans notre démocratie car même pour prévenir un risque avéré, une interdiction peut s'appliquer à un contenu mais pas au moyen de communication", selon elle.

Quant à suspendre le partage, "cela provoquerait sans doute un débat houleux, car cela pourrait signifier qu'il faudrait repérer et marquer un contenu pour limiter sa propagation".

Pour elle, "il faut voir les appels du gouvernement comme une pression toujours plus forte pour provoquer la collaboration active des plateformes", qui n'ont pas l'obligation de rechercher des contenus similaires à ceux qui leur ont été signalés, estime Me Tripet.


Macron appelle Abbas à «réformer» l'Autorité palestinienne dans «la perspective de reconnaissance de l'Etat de Palestine»

Cette photo prise le 24 octobre 2023 montre le président français Emmanuel Macron (à gauche) rencontrant le président palestinien Mahmoud Abbas à Ramallah, en Cisjordanie. (Pool/AFP/File)
Cette photo prise le 24 octobre 2023 montre le président français Emmanuel Macron (à gauche) rencontrant le président palestinien Mahmoud Abbas à Ramallah, en Cisjordanie. (Pool/AFP/File)
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  • Le président français «a rappelé le soutien de la France à une Autorité palestinienne réformée et renforcée, en capacité d'exercer ses responsabilités sur l'ensemble des Territoires palestiniens»
  • Lors de cet entretien Mahmoud Abbas a fait état de «l'engagement» du gouvernement palestinien «en faveur de réforme» et appelé les «pays européens qui n'ont pas reconnu l'Etat de Palestine à le faire»

PARIS: Emmanuel Macron a appelé mercredi le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à "mettre en œuvre les réformes indispensables" dans "la perspective de reconnaissance de l'Etat de Palestine", a rapporté la présidence française dans un communiqué.

Au cours d'un appel téléphonique, le président français "a marqué l'engagement de la France à travailler à bâtir avec ses partenaires européens et arabes une vision commune de paix qui offre des garanties de sécurité pour les Palestiniens et les Israéliens" et à "inscrire la perspective de reconnaissance de l'Etat de Palestine dans une dynamique utile".

"Dans cette perspective", le président français "a rappelé le soutien de la France à une Autorité palestinienne réformée et renforcée, en capacité d'exercer ses responsabilités sur l'ensemble des Territoires palestiniens, y compris dans la bande de Gaza, au bénéfice des Palestiniens".

Le chef de l'Etat a aussi "souligné la détermination de la France à travailler avec l'Algérie et ses partenaires au Conseil de sécurité" de l'ONU "pour que celui-ci s'exprime fortement sur Rafah ainsi qu'à poursuivre les efforts autour du projet de résolution français".

Le bombardement israélien de Rafah est "une nouvelle tragédie", a-t-il estimé, adressant "ses sincères condoléances au peuple palestinien pour le bilan humain intolérable de l'opération à Gaza".

Alger a distribué mardi aux autres membres du Conseil de sécurité un projet de résolution disant "qu'Israël, puissance occupante, doit arrêter immédiatement son offensive militaire et toute autre action à Rafah", selon le texte vu par l'AFP.

Paris a pour sa part mis sur la table, fin mars, un autre texte visant notamment à préparer l'après-guerre à Gaza, mais qui fait toujours l'objet de négociations.

"Face aux propagateurs de haine et aux mouvements terroristes, il était d'autant plus urgent de relancer les efforts de paix et de mettre fin à l'ajournement systématique de la mise en œuvre de la solution des deux Etats et de l'établissement d'un Etat palestinien", affirme la présidence française.

Trois pays européens, l'Espagne, l'Irlande et la Norvège, ont officiellement reconnu mardi un Etat de Palestine dans le but affiché de faire avancer la paix, une démarche qui a provoqué la colère d'Israël. Emmanuel Macron s'est lui dit "prêt à reconnaître" un tel Etat mais "à un moment utile", pas sous le coup de l'"émotion".

Lors de cet entretien Mahmoud Abbas a fait état de "l'engagement" du gouvernement palestinien "en faveur de réforme" et appelé les "pays européens qui n'ont pas reconnu l'Etat de Palestine à le faire", ont indiqué ses services dans un communiqué.


Avant les JO, la région parisienne fourbit ses armes face au moustique-tigre

Dans la région parisienne, la campagne de surveillance renforcée du moustique-tigre bat son plein, à quelques semaines de l'ouverture des Jeux olympiques. (AFP).
Dans la région parisienne, la campagne de surveillance renforcée du moustique-tigre bat son plein, à quelques semaines de l'ouverture des Jeux olympiques. (AFP).
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  • Aux abords du Stade de France, situé au nord de la capitale française et où se dérouleront différentes épreuves olympiques comme celles d'athlétisme, l'une des disciplines reines, Kevin Meignan vient faire le relevé d'un piège pondoir
  • Ce seau - potentiel site de ponte - contient de l'eau et un carré de polystyrène, qui sera le support de la ponte

PARIS: Dans la région parisienne, la campagne de surveillance renforcée du moustique-tigre bat son plein, à quelques semaines de l'ouverture des Jeux olympiques, un événement qui, en favorisant le brassage de populations, pourrait contribuer à une recrudescence de maladies comme la dengue.

Aux abords du Stade de France, situé au nord de la capitale française et où se dérouleront différentes épreuves olympiques comme celles d'athlétisme, l'une des disciplines reines, Kevin Meignan vient faire le relevé d'un piège pondoir installé il y a quelques semaines dans une allée bordée d'herbe.

Ce seau - potentiel site de ponte - contient de l'eau et un carré de polystyrène, qui sera le support de la ponte. Il est recouvert d'une grille métallique pour éviter que le polystyrène ne s'échappe hors du piège.

"L'objectif est de surveiller la présence du moustique-tigre", explique à l'AFP le responsable de lutte anti-vectorielle pour l'Agence régionale de démoustication (ARD), opérateur de l'Agence régionale de santé (ARS) en région parisienne.

Depuis le 1er mai et jusqu'au 30 novembre, principale période d'activité de ce moustique vecteur de maladies, les autorités sanitaires vont en effet scruter la présence de l'Aedes albopictus - son nom scientifique -, multiplier les messages de sensibilisation et déclencher d'éventuelles opérations de démoustication.

"Dans ce laps de temps, on viendra tous les mois relever le polystyrène contenu dans le piège pour l'étudier en laboratoire afin de savoir s'il y a des œufs de moustique-tigre et, s'il y en a, combien", poursuit Kevin Meignan.

Eviter les larves 

En relevant le piège, il déverse un produit biologique dans l'eau "pour éviter tout développement potentiel de larves".

Arrivé dans l'Hexagone français en 2004, le moustique-tigre s'est progressivement implanté sur une grande partie du territoire métropolitain. Au 1er janvier, il était présent dans 78 départements sur 96.

Potentiellement vecteur de virus tels que la dengue, le chikungunya et le Zika, il est notamment installé dans l'ensemble de la région parisienne.

Mi-avril, les autorités sanitaires ont alerté sur une situation inédite: un record de cas importés de dengue - près de 1.700 - recensés en France métropolitaine depuis début 2024. Depuis, le record atteint sur toute l'année 2023 (2.019) a été battu.

Ces cas importés concernent des personnes ayant voyagé dans les régions du monde où circule ce virus de manière endémique: les Antilles françaises et plus largement cette année l'Amérique latine et les Caraïbes.

Comme "le nombre significatif de cas importés pourrait entraîner la mise en place dans l'Hexagone de chaînes de transmission autochtones", le directeur général de la Santé Grégory Emery a appelé à la plus grande vigilance.

Un "cas autochtone" signifie que la personne n'a pas voyagé dans des zones où le virus circule largement mais a été piquée par un moustique s'étant infecté au contact d'un voyageur contaminé.

Plus de 500 pièges 

Les messages de prévention seront "d'autant plus importants que dans les toutes prochaines semaines la France accueillera" les Jeux olympiques et paralympiques, lors desquels "beaucoup de voyageurs vont venir sur le territoire métropolitain", a rappelé le directeur général de la Santé.

En prévision, le dispositif de surveillance est, cette année, "renforcé", assure l'Agence régionale de santé de la région parisienne.

Des informations de sensibilisation et de prévention à destination des voyageurs au départ ou à l'arrivée de zones d'endémie seront notamment diffusées dans les aéroports.

Plus de 500 pièges pondoirs seront positionnés dans toute la région. "Cette année, on a privilégié des lieux de grands rassemblements", souligne Cécile Somarriba, directrice de la veille et de la sécurité sanitaire à l'ARS.

Ces pièges seront déployés autour du Stade de France, du village olympique, ou encore de certaines "fan zones".

"Ces dernières années, la population de moustiques-tigres a complètement explosé, partout en Ile-de-France (la région parisienne, ndlr). Donc forcément, le risque sanitaire augmente", prévient Kevin Meignan.

L'ARS incite aussi les particuliers à supprimer les eaux stagnantes, gîtes potentiels de reproduction, à l'intérieur et autour de leurs habitations.

"Il y a des gestes simples qui permettent de réduire l'implantation du moustique-tigre", assure Cécile Somarriba, tout en reconnaissant qu'il s'agit d'un "enjeu majeur" pour la région Ile-de-France.


Européennes: Glucksmann c'est «  évidemment  » la Nupes, estime Attal

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  • Au Parlement européen, "la Nupes, c'est-à-dire la France insoumise, les Verts et Raphaël Glucksmann pour le Parti socialiste ont voté contre" la question de "l'intégration du nucléaire en Europe"
  • La Nupes, "y compris Raphaël Glucksmann", qui tient son plus gros meeting ce jeudi soir au Zénith à Paris et dont la liste PS/Place publique talonne celle du camp présidentiel

PARIS: Voter pour la tête de liste socialiste Raphaël Glucksmann aux européennes revient "évidemment" à voter pour la Nupes, l'alliance de gauche conclue avec la France insoumise en 2022 et qui a rompu à l'automne, a estimé Gabriel Attal jeudi sur RTL.

"Ce qui différencie les listes de la Nupes (...) c'est la couleur du bulletin de vote", a relevé le Premier ministre.

Au Parlement européen, "la Nupes, c'est-à-dire la France insoumise, les Verts et Raphaël Glucksmann pour le Parti socialiste ont voté contre" la question de "l'intégration du nucléaire en Europe" et "n'a pas voté" en faveur du plan de relance européen de la crise Covid, a-t-il justifié.

La Nupes, "y compris Raphaël Glucksmann", qui tient son plus gros meeting ce jeudi soir au Zénith à Paris et dont la liste PS/Place publique talonne celle du camp présidentiel, a également voté "contre" le Pacte européen sur la migration et l'asile "qui permet de mieux sécuriser la frontière extérieure de l'Europe pour éviter l'immigration illégale et d'organiser l'accueil au sein de l'Union européenne", a encore ajouté le chef du gouvernement.

Interrogé pour savoir si Raphaël Glucksmann c'est la Nupes, Gabriel Attal a répondu "évidemment".

Il a aussi déploré que les élus de la Nupes, "dont les députés socialistes, se soient levés comme un seul homme pour soutenir" le député LFI Sébastien Delogu quand il a agité mardi un drapeau palestinien dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale.

Pour Gabriel Attal, "quand la France insoumise siffle, la Nupes accourt".

Interrogé pour savoir s'il restera à Matignon en cas d'échec à ce scrutin de la majorité, nettement distancée dans les sondages par le Rassemblement national, Gabriel Attal a répondu que "la question de ces élections européennes, c'est plutôt ce que sera l'Europe après le 9 juin".

"Est-ce que la France sera le pays qui envoie le plus gros bataillon de députés d'extrême droite au Parlement européen ?", a demandé le chef du gouvernement. Si l'extrême droite arrivait en force au Parlement européen, elle "pourrait avoir une capacité de blocage des institutions européennes, ce qui entraînerait des conséquences très dangereuses pour notre pays", a-t-il averti.

Interrogé sur les différents scénarios politiques pour l'après 9 juin, dont celui d'une coalition avec la droite, il a rappelé qu'Emmanuel Macron avait dit début mai que "c'était une élection européenne aux conséquences européennes". "C'est l'élection des députés européens. La conclusion sera donc d'abord européenne", avait dit M. Macron dans la Tribune du dimanche.