L’horizon créatif de l’Arabie saoudite stimulé par ses partenariats avec de prestigieux musées

AlUla, en Arabie saoudite, est en passe de devenir une capitale régionale des arts et de la culture, accueillant des événements majeurs tels que le festival des arts de la scène (Photo fournie).
AlUla, en Arabie saoudite, est en passe de devenir une capitale régionale des arts et de la culture, accueillant des événements majeurs tels que le festival des arts de la scène (Photo fournie).
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Publié le Mercredi 26 juillet 2023

L’horizon créatif de l’Arabie saoudite stimulé par ses partenariats avec de prestigieux musées

  • Le futur musée d'art contemporain de l’Arabie saoudite à AlUla présentera des œuvres d'art prêtées par le Centre Pompidou à Paris
  • Le nouveau musée s'inscrit dans le cadre du plan directeur «Voyage à travers le temps» d'AlUla et de la Vision 2030, qui vise à investir dans l'art et la culture

ROME: L'Arabie saoudite élargit ses horizons culturels et encourage sa propre renaissance artistique en ouvrant de nouveaux espaces d'exposition et en établissant des partenariats avec quelques galeries et musées les plus prestigieux du monde.

Le futur Musée d'art contemporain du Royaume à AlUla, par exemple, a signé un accord avec le Centre Pompidou à Paris, dans le cadre duquel le musée français prêtera des œuvres d'art internationales à l’Arabie Saoudite.

Conçu par l'architecte libanaise Lina Ghotmeh, basée à Paris, le nouveau musée rassemble une collection permanente d'œuvres d'artistes saoudiens et internationaux.

Parmi les artistes dont les œuvres ont déjà été ajoutées à la collection figurent Yayoi Kusama, Etel Adnan, Ibrahim el-Salahi et l'artiste saoudienne Manal al-Dowayan.

Lina Ghotmeh et Asif Khan (Photo, Luke Walker).

La collection principale du musée se concentrera sur les œuvres d'artistes des régions de la mer Rouge, de la mer d'Arabie et de la Méditerranée orientale.

L'accord avec le Centre Pompidou n'est que l'un des nombreux nouveaux partenariats entre l’Arabie saoudite et des institutions créatives internationales.

«Le Musée d'art contemporain d'AlUla développera ses futurs programmes en dialogue avec plusieurs musées et institutions à travers le monde», a déclaré à Arab News Nora Aldabal, directrice de la planification artistique et créative à la Commission royale d'AlUla.

«Nous sommes ravis que le Centre Pompidou soit l'un de nos premiers partenaires», a-t-elle ajouté.

Le centre d'art parisien devrait fermer ses portes entre 2025 et 2030 pour des rénovations majeures. Aldabal a toutefois précisé que le nouveau musée d'AlUla «ne sera pas un satellite du Centre Pompidou», mais un espace d'exposition totalement indépendant.

Nora Aldabal, directrice de la planification artistique et créative à la Commission royale d'AlUla (Photo fournie).

Conformément à la stratégie de réforme sociale et de diversification économique, la Vision 2030, l’Arabie saoudite vise à fonder une économie créative qui encourage les hommes, les femmes et les jeunes du pays à poursuivre leurs talents dans les arts.

Des accords tels que celui conclu avec le Centre Pompidou visent à renforcer le dialogue entre l'Arabie saoudite et d'autres pays par le biais de l'art et de la culture, tout en développant la scène artistique saoudienne.

«Les musées en général sont essentiels au développement et à la croissance de la pensée critique», a indiqué Candida Pestana, directrice du Musée d'art contemporain d'AlUla, à Arab News. Elle était auparavant conservatrice en chef de l'art contemporain à Ithra, le Centre du roi Abdelaziz pour la culture mondiale, à Dhahran.

«L'investissement culturel est essentiel pour ouvrir des discussions intéressantes aux nouvelles générations et constitue une manière de marquer l'histoire de cette époque.

«La scène artistique accompagne ces changements en créant des plates-formes de production créatives et un espace de dialogue novateur, alimentant ainsi un public jeune désireux d'apprendre et de contribuer.

«Les musées sont essentiels à la création de discours culturels et à la mise en œuvre de contenus avancés et originaux dans un pays qui connaît des transformations rapides», a ajouté Pestana.

Candida Pestana, directrice du Musée d'art contemporain d'AlUla (Photo fournie).

En mai, lors de l'ouverture de la Biennale d'architecture de Venise, la conservatrice britannique Iwona Blazwick a déclaré que le partenariat entre le Musée d'art contemporain et le Centre Pompidou offrirait des possibilités de formation aux futurs conservateurs saoudiens.

Blazwick, ancienne directrice de la Whitechapel Gallery de Londres et actuelle présidente du groupe d'experts en art public de la Commission royale pour AlUla, a déclaré que l'accord prévoirait également des échanges de prêts entre les collections respectives des deux institutions.

Blazwick a indiqué que la collection du Musée d'art contemporain mettra en lumière les œuvres du Sud, notamment les régions souvent sous-représentées d'Afrique, d'Asie, d'Amérique latine et des Caraïbes.

Le Musée de la route de l'encens, conçu par l'architecte britannique Asif Khan, basé à Londres, est une autre institution culturelle qui s'installe à AlUla et dont la création a été annoncée en mai. Ce musée et le Musée d'art contemporain sont les premiers des 15 institutions culturelles prévues dans le cadre du «Plan directeur du voyage à travers le temps» d'AlUla.

EN BREF

  • Le Musée d'art contemporain d'AlUla présentera des œuvres saoudiennes et internationales.

 

  • Les conservateurs affirment que sa collection mettra principalement l'accent sur les œuvres sous-représentées du Sud.

 

  • Il fait partie des 15 institutions culturelles qui constitueront le «Plan directeur du voyage à travers le temps» d'AlUla.

L'expansion de la scène culturelle saoudienne, tant au niveau national qu'international, et la régénération culturelle d'AlUla contribuent à renforcer le sens unique de l'identité saoudienne et à célébrer son patrimoine, a expliqué Aldabal.

Parallèlement, cela offre «des opportunités inégalées aux communautés locales de vivre l'art comme une source d'éducation et d'enrichissement, tout en créant une plate-forme dans le but de célébrer les artistes établis et les étoiles montantes d'Arabie saoudite et de toute la région», a-t-elle souligné.

Elle a poursuivi : «AlUla vise à développer une économie créative florissante qui sert de source de dynamisation économique et physique.»

Rien de tout cela n'est imposé à la population locale d'AlUla contre son gré. La Commission royale s'est engagée auprès des communautés à chaque étape du processus, créant des opportunités d'affaires et d'emploi tout en veillant à ne pas perturber les traditions et les pratiques établies.

«La participation des communautés locales est un élément clé de la réalisation du mandat de l'UCR», a souligné Aldabal.

«Cet objectif est atteint grâce à plusieurs projets, en particulier les ateliers de conception participative en collaboration avec Madrasat Addeera et l'école d'artisanat dans le quartier culturel d'Al-Jadidah, qui maintient des compétences artisanales précieuses telles que le tissage de palmiers, la bijouterie, les textiles, la poterie et la géométrie, avec une filière vers l'économie de détail.»

La Madrasat Addeera, située dans le quartier artistique animé d'Al-Jadidah et premier centre d'art et de design d'Al-Ula, propose des ateliers hebdomadaires à la communauté locale et aux visiteurs.

Le quartier des arts d'Al-Jadidah (Photo, Commission royale pour AlUla).

Si la mission principale de ce projet communautaire est d'enseigner aux femmes locales une série de compétences et d'objets artisanaux traditionnels, il organise également des ateliers pour que tout le monde puisse les apprendre. Ils couvrent tous les types d'artisanat traditionnel, tels que la fabrication de bijoux, la broderie et la céramique, surtout ceux qui font historiquement partie des traditions d'AlUla.

Les ateliers sont gérés par la Turquoise Mountain Foundation, une organisation fondée par le roi Charles III de Grande-Bretagne en 2006, alors qu'il était prince de Galles, dans le but de faire renaitre l'artisanat traditionnel dans le monde entier afin de soutenir les économies locales durables.

L'objectif est de faire d'AlUla «un lieu créé par et pour les artistes», comme le souligne le mandat de la Commission royale, a soutenu Aldabal.

Atelier de conception de la géométrie des étoiles en 2022 (Photo fournie).

Les expositions et les projets en cours avec la participation directe d'artistes comprennent un programme annuel de résidence d'artistes, fondé en 2021, qui a déjà accueilli 26 artistes pluridisciplinaires.

Parmi eux figurent les artistes saoudiens Muhannad Shono, Rached al-Chachai et Ayman Zedani, le collectif d'architectes saoudiens Bricklab, ainsi que des œuvres d'artistes internationaux tels que Monira al-Qadiri, une citoyenne koweïtienne basée à Berlin, et Ben Elliot, de France, entre autres.

«Ils poursuivent leurs efforts artistiques en expérimentant dans le cadre unique et riche d'AlUla», a révélé Aldabal.

Les artistes contemporains saoudiens jouent déjà un rôle important dans les projets culturels d'AlUla. Un exemple en est Desert X AlUla, dont l'événement inaugural a eu lieu en janvier 2020.

Un autre projet est Wadi AlFann, ou «Vallée des arts», dont Blazwick est l'une des conservatrices. Le projet vise à devenir une nouvelle destination mondiale pour l'art contemporain, où des œuvres marquantes de certains des artistes les plus fascinants du monde entier seront installées de façon permanente dans le paysage époustouflant d'AlUla. Les artistes saoudiens participant au projet sont Ahmed Mater et Al-Dowayan.

L'angle de pose de Jim Denevan au Desert X AlUla 2022 (Photo fournie).

Parmi les nouvelles œuvres créées spécialement pour Wadi AlFann figure l'installation labyrinthique d'AlDowayan, «Oasis of Stories» («Oasis d'histoires»), qui s'inspire des murs en terre de la vieille ville d'AlUla. Les murs de son œuvre d'art seront inscrits avec des histoires personnelles et du folklore qu'elle a recueillis auprès des communautés d'AlUla.

Mater a déclaré que sa nouvelle œuvre, «Achab al-Lal», explorera l'espace mythique entre l'imagination subjective et la réalité objective en générant un mirage parmi les dunes de sable.

De tels projets, combinés au développement de nouveaux musées, visent à contribuer à l'émergence d'AlUla en tant que centre culturel national, régional et mondial, créé par et pour les artistes.

«Le Musée d'art contemporain d'AlUla a mis en œuvre des recherches essentielles pour comprendre les besoins de sa communauté, non seulement dans son contenu, mais aussi dans sa conception et sa planification», a précisé Pestana.

«Les musées sont créés en tenant compte des lacunes, de l'intérêt et du rôle fondamental d'une institution culturelle à AlUla et dans la région. Ce musée a pour objectif d'être performant, de défendre les intérêts de son peuple, de contribuer aux plans et à la vision du Royaume et de s'y aligner», a-t-elle ajouté.

L'architecture du Musée d'art contemporain et du Musée de la route de l'encens sera en harmonie avec l'environnement naturel et le patrimoine d'AlUla, et plus largement de l'Arabie saoudite, offrant un moyen de célébrer le patrimoine naturel du pays tout en donnant l'impulsion à un dialogue créatif international.

Paysage de l'oasis d'AlUla (Photo, Commission royale pour AlUla).

En mai, Ghotmeh, l'architecte qui a conçu le Musée d'art contemporain, a déclaré qu'il «plongerait les visiteurs dans un voyage créatif de l'étendue désertique à l'oasis culturelle luxuriante d'AlUla, entremêlant l'environnement naturel, l'agriculture et l'art pour révéler le cœur de la culture contemporaine».

On y parviendra grâce à une série de pavillons de jardins qui présenteront une interaction constante entre l'art et la nature, conçue pour capturer «l'essence de ce lieu unique», a-t-elle expliqué.

AlUla n'est pas la seule région d'Arabie saoudite à bénéficier d'une série d'investissements culturels. Le Musée de la mer Rouge à Djeddah, par exemple, doit ouvrir prochainement.

L'exposition permanente «Black Gold» («Or noir»), qui se tiendra à Riyad et sera consacrée aux interprétations de l'histoire du pétrole par les artistes, devrait être achevée d'ici à 2024. Elle proposera un récit de l'histoire du pétrole, de la préhistoire à nos jours, à travers plus de 200 œuvres d'art contemporain.

Il sera inauguré en partenariat avec le Centre d'études et de recherche sur le pétrole roi Abdallah, dont le siège social se trouve à Riyad.

En développant et en promouvant des expositions locales telles que celles-ci, et en plaçant les espaces artistiques au cœur de ses plans de transformation, l’Arabie saoudite semble bien placée pour devenir un centre régional pour l'art et les industries créatives.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un nouveau chapitre culturel franco-saoudien : le cinéma s’invite à Villa Hegra

Une photo montre le musée Maraya (« miroirs » en arabe), situé près du site archéologique d’Al-Hijr (Hégra), à proximité de la ville saoudienne d’AlUla, dans le nord-ouest du pays, le 4 décembre 2024. (AFP)
Une photo montre le musée Maraya (« miroirs » en arabe), situé près du site archéologique d’Al-Hijr (Hégra), à proximité de la ville saoudienne d’AlUla, dans le nord-ouest du pays, le 4 décembre 2024. (AFP)
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  • Villa Hegra lance un programme international d’écriture de scénarios à AlUla, renforçant la coopération culturelle franco-saoudienne autour du cinéma
  • Cette initiative s’inscrit dans la Vision 2030 de l’Arabie saoudite, qui ambitionne de faire d’AlUla un nouveau pôle régional de création cinématographique

Paris : À AlUla, oasis minérale nichée dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite, le temps semble suspendu entre vestiges antiques et ambitions futuristes, et c’est ici que Villa Hegra, résidence d’artistes inaugurée en 2025, ouvre aujourd’hui un nouveau chapitre de son histoire en accueillant une nouvelle activité : le cinéma.

À l’occasion du Festival de Cannes 2026, la résidence annonce le lancement d’un programme international d’écriture de scénarios, en partenariat avec Film AlUla et l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA), une initiative qui marque l’entrée officielle du septième art dans l’ADN d’AlUla et, plus largement, dans la stratégie d’influence du royaume.

Depuis sa création, Villa Hegra s’est imposée comme un symbole du dialogue culturel entre la France et l’Arabie saoudite, dans des domaines tels que les arts visuels, la recherche et le spectacle vivant.

L’arrivée du cinéma constitue donc une extension presque naturelle, car, plus que tout autre art, le cinéma est un carrefour entre l’écriture, l’image, la musique, la mémoire et le regard sur le monde.

En lançant la résidence “The Art of Shaping Film Ideas”, Villa Hegra ne se contente pas d’ajouter une corde à son arc, mais se positionne comme un lieu où se fabriquent les récits de demain.

Le choix de s’appuyer sur des partenaires comme le Groupe Ouest et le programme (LIM) Less is More fait écho à l’expertise de ce groupe dans l’accompagnement des auteurs et traduit une ambition claire : privilégier la qualité des histoires avant même leur mise en production.

Ce qui frappe dans cette résidence, c’est aussi sa géographie, puisque le programme se déploie entre la Bretagne, au nord de la France, et AlUla, deux territoires que le cinéma tente de rapprocher.

Ce dialogue entre deux lieux marqués par des paysages rocheux puissants définit l’ambition du projet, qui est de faire se rencontrer des imaginaires, croiser des sensibilités et créer des ponts là où il n’y en avait pas.

Pour comprendre pleinement la portée de cette initiative, il faut la replacer dans le cadre plus large de la transformation que vit l’Arabie saoudite depuis quelques années, dans laquelle le cinéma s’impose comme l’un des piliers de la Vision 2030 portée par le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Dans le cadre de cette stratégie, la réouverture des salles de cinéma en 2018, après plus de trois décennies d’interdiction, a constitué un tournant qui a enclenché des investissements dans des studios de tournage, des festivals internationaux et la formation des talents.

Longtemps perçue comme un décor spectaculaire capable d’accueillir des tournages internationaux grâce à ses paysages uniques, AlUla se dote donc d’une nouvelle ambition : transformer ce décor en laboratoire.

Avec Villa Hegra, les studios de production et désormais cette résidence d’écriture, AlUla cherche à devenir un lieu où l’on pense le cinéma. En accompagnant les cinéastes dès la genèse de leurs projets, la résidence entend faire émerger des histoires capables de circuler, de toucher et de faire rêver.

Depuis l’accord intergouvernemental de 2018 ayant conduit à la création d’AFALULA, les collaborations se sont multipliées dans les domaines de la culture, du patrimoine et du tourisme. Le cinéma apparaît aujourd’hui comme un prolongement naturel de cette coopération.

Il offre un terrain d’échange où l’expertise française, notamment en matière d’écriture et de formation, rencontre les ambitions saoudiennes, qui ne pourront s’accomplir que sur le long terme, car la construction d’une identité cinématographique nécessite un temps de maturité.


Em Sherif Monte-Carlo, une escale libanaise incontournable sur la Côte d’Azur

 Sur les hauteurs de Monaco, face à la Méditerranée, Em Sherif Monte-Carlo rouvre ses portes pour une cinquième saison au sein du prestigieux Hôtel de Paris Monte-Carlo. L’établissement, devenu au fil des années une adresse prisée des amateurs de gastronomie levantine. (AFP)
Sur les hauteurs de Monaco, face à la Méditerranée, Em Sherif Monte-Carlo rouvre ses portes pour une cinquième saison au sein du prestigieux Hôtel de Paris Monte-Carlo. L’établissement, devenu au fil des années une adresse prisée des amateurs de gastronomie levantine. (AFP)
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  • Au-delà de la cuisine, Em Sherif Monte-Carlo mise sur une véritable expérience sensorielle
  • Les clients peuvent profiter d’une terrasse offrant une vue imprenable sur la Méditerranée, dans une ambiance animée par des concerts live et des DJ sets organisés du vendredi au dimanche, ainsi que chaque soir durant les mois de juillet et août

MONACO: Sur les hauteurs de Monaco, face à la Méditerranée, Em Sherif Monte-Carlo rouvre ses portes pour une cinquième saison au sein du prestigieux Hôtel de Paris Monte-Carlo. L’établissement, devenu au fil des années une adresse prisée des amateurs de gastronomie levantine, poursuit son hommage à la cuisine libanaise avec une carte enrichie de nouvelles créations et une expérience immersive mêlant saveurs, musique et art de vivre oriental.

Fondé en 2011 par Mireille Hayek, le groupe Em Sherif s’est imposé comme l’un des ambassadeurs de la gastronomie libanaise à travers le monde, avec des établissements à Beyrouth, Londres et Doha. Depuis l’ouverture monégasque en 2022, la table est dirigée par Yasmina Hayek, fille de la fondatrice et diplômée de l’Institut Paul Bocuse.

Sous sa direction, le restaurant continue de faire évoluer sa carte tout en préservant l’ADN culinaire de la maison : une cuisine généreuse, raffinée et profondément ancrée dans les traditions libanaises.

Parmi les nouveautés de cette saison figure « The Lobster », des brochettes de queue de homard bleu mariné accompagnées d’un condiment au fenouil, mais aussi « Le Lahmeh Black Angus », des brochettes de bœuf Black Angus relevées d’un chimichurri au zaatar. Le « Shawarma Lahmeh », un jarret d’agneau confit servi avec des artichauts et de la coriandre, revisite quant à lui un classique du Levant dans une version gastronomique.

La carte fait également la part belle aux mezzés, incontournables de la table libanaise. Houmous, moutabal d’aubergines grillées, Batata Harra épicées ou encore halloumi grillé aux tomates rôties composent une sélection pensée pour le partage et la convivialité.

Les desserts prolongent ce voyage culinaire avec le célèbre « Baklawa Em Sherif », croustillant et généreusement garni de pistaches, mais aussi le Meghli, pudding épicé à base de farine de riz et de fruits secs. Plus contemporain, le « Coconut Riz bi Halib » associe riz au lait à la noix de coco, mangue, fruit de la passion et sorbet à la cardamome.

Au-delà de la cuisine, Em Sherif Monte-Carlo mise sur une véritable expérience sensorielle. Les clients peuvent profiter d’une terrasse offrant une vue imprenable sur la Méditerranée, dans une ambiance animée par des concerts live et des DJ sets organisés du vendredi au dimanche, ainsi que chaque soir durant les mois de juillet et août.

Le Chicha Lounge Bar complète cette immersion orientale avec une sélection de saveurs et de cocktails signatures, proposés avec ou sans alcool. Parmi eux, le « Beirut Mule », mêlant rhum, arak et agrumes, « Oasis on the Rock » à base de gin, thé vert, gingembre et verveine, ou encore le « Rose Royale », associant Champagne, Saint-Germain, citron vert et rose.

Cette saison, le restaurant entend également séduire les amateurs de sport : certains matchs de la FIFA World Cup 2026 seront retransmis dans l’espace lounge.


France: entre nécessité et impuissance, des auteurs libanais au défi de raconter la guerre

L'écrivain Charif Majdalani cherche à saisir les banalités du quotidien que l'actualité ignore.  "Je raconte des petites choses, des anecdotes du quotidien de la guerre qui peuvent paraître très banales mais qui, dans le contexte, sont incroyables", explique ce dernier. (Photo d'archivesAFP)
L'écrivain Charif Majdalani cherche à saisir les banalités du quotidien que l'actualité ignore. "Je raconte des petites choses, des anecdotes du quotidien de la guerre qui peuvent paraître très banales mais qui, dans le contexte, sont incroyables", explique ce dernier. (Photo d'archivesAFP)
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  • "Dans l'absolu, l'art ne sert à rien". Pour Hala Moughanie, invitée ce week-end au festival littéraire de Saint-Malo (nord-ouest), le constat est sans appel: "il ne permet pas de changer les situations, ni de modifier le tracé politique"
  • En revanche, "il a le devoir de témoigner et de dénoncer en posant les formes, qu'elles soient écrites ou artistiques et qui ne [prendront] sens que dans des dizaines d'années"

RENNES: Entre une vie quotidienne en apparence normale à Beyrouth et le bourdonnement des drones, des auteurs libanais, mis à l'honneur au festival français Etonnants voyageurs, racontent leur difficulté à écrire, tiraillés entre le besoin de témoigner et l'impuissance face à une guerre insaisissable.

"Dans l'absolu, l'art ne sert à rien". Pour Hala Moughanie, invitée ce week-end au festival littéraire de Saint-Malo (nord-ouest), le constat est sans appel: "il ne permet pas de changer les situations, ni de modifier le tracé politique de décisions déjà prises".

En revanche, "il a le devoir de témoigner et de dénoncer en posant les formes, qu'elles soient écrites ou artistiques et qui ne [prendront] sens que dans des dizaines d'années", tempère l'autrice à l'AFP.

Comme elle, d'autres auteurs peinent à mettre en récit l'"imprévisible" conflit qui oppose aujourd'hui Israël au Hezbollah libanais.

Si l'illustratrice Michèle Standjofski revendique une démarche  consistant à " raconter ce que l'on voit et ce que l'on vit " dans sa BD "Et toi, comment ça va ?", qui met en dessin ses correspondances avec le dessinateur Charles Berberian, l'écrivain Charif Majdalani cherche à en saisir les banalités du quotidien  que l'actualité ignore.

"Je raconte des petites choses, des anecdotes du quotidien de la guerre qui peuvent paraître très banales mais qui, dans le contexte, sont incroyables", explique ce dernier.

"Car de cette guerre-là, poursuit-il, personne n'en sait absolument rien, ni ce qui se trame, ni ce qu'il y a dessous, ni ce qu'il y a derrière..., on n'en sait rien, ce n'est donc pas la peine de gloser sans arrêt".

Prendre du recul 

Ecrire ou dessiner devient également une manière de prendre du recul face à une réalité écrasante. Michèle Standjofski voit dans le dessin un processus lent et apaisant, qui permet à la fois d'exprimer la colère et de retrouver une forme de calme.

"C'est ce qui manque malheureusement aujourd'hui quand on parle de ce qui se passe dans cette région du monde", déplore-t-elle.

" Pour l'instant, ce n'est pas possible de poser des mots" sur ce qui se passe , estime Hala Moughanie, qui dit observer et "absorber " la situation - "mais je sais que cela va m'amener à écrire".

Au Liban, cette difficulté à dire s'inscrit aussi dans une histoire plus longue . "On n'est pratiquement jamais sortis de la guerre ", rappelle Michèle Standjofski, évoquant la succession de conflits et de crises qui ont jalonné l'histoire du pays et nourrissent un sentiment permanent d'instabilité.

Face à cette complexité, les auteurs interrogés par l'AFP revendiquent avant tout une posture modeste. "Si vous avez compris quelque chose au Liban, c'est qu'on vous l'a mal expliqué ", résume Mme Standjofski, consciente des limites de toute tentative de synthèse.

Une difficulté d'autant plus grande que la guerre se mêle au quotidien  puisque dans la capitale Beyrouth, raconte Charif Majdalani, si la vie est "actuellement tout à fait normale", l'auteur explique être sous le bourdonnement permanent de drones au-dessus des têtes.

Dans ce contexte, et sans prétendre dire la vérité d'un pays fragmenté, Michèle Standjofski s'attache à témoigner " à [sa] petite hauteur ", avec son regard et sa sensibilité, ce qu'il se passe dans son pays.

Une approche que partage Hala Moughanie, qui cherche à englober " autant que possible toutes les nuances " d'un Liban éclaté, composé d'une multitude de réalités sociales et de communautés, sans le réduire à un récit unique.