Au Yémen, les cafés gourmands se multiplient dans la capitale meurtrie

Un employé d'un café tient des grains de café fraîchement torréfiés à Sanaa, capitale du Yémen tenue par les Houthis, le 18 juillet 2023. (AFP)
Un employé d'un café tient des grains de café fraîchement torréfiés à Sanaa, capitale du Yémen tenue par les Houthis, le 18 juillet 2023. (AFP)
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Publié le Jeudi 27 juillet 2023

Au Yémen, les cafés gourmands se multiplient dans la capitale meurtrie

  • La légende raconte que les mystiques soufis de la côte ouest du Yémen ont été les premiers à moudre des grains de café au XVe siècle
  • Pourtant, les entrepreneurs yéménites avaient jusqu'à présent misé sur l'exportation de leur produit phare vers les riches marchés étrangers

SANAA: Dans les rues de Sanaa, au milieu des bâtiments criblés d'obus, des cafés gourmets nés des restrictions du conflit, fleurissent à travers la capitale yéménite meurtrie par plus de huit ans de guerre.

Le pays, ravagé par une guerre entre le gouvernement et les rebelles houthis, soutenus par l'Iran, entretient une relation particulière avec le café.

La légende raconte que les mystiques soufis de la côte ouest du Yémen ont été les premiers à moudre des grains de café au XVe siècle.

Pourtant, les entrepreneurs yéménites avaient jusqu'à présent misé sur l'exportation de leur produit phare vers les riches marchés étrangers.

Avec le blocage des ports et autres restrictions liées à la guerre, des commerçants se sont repliés sur le marché local, ouvrant des cafés sur un air de Paris ou de Brooklyn, dans la capitale yéménite meurtrie par le conflit.

"Les gens ont commencé à considérer que le café yéménite coûtait cher et ont perdu tout intérêt" à l'importer, déclare Rashed Ahmed Chagea de Durar Coffee, en référence au coup dur qu'a connu le marché des exportations lorsque les combats ont éclaté en 2015.

Dans son café clinquant neuf situé dans le centre de Sanaa, les clients peuvent confortablement déguster ces grains du terroir, au milieu d'un décor alliant modernité et art yéménite.

"On a dû réfléchir à une autre façon de soutenir nos agriculteurs", dit M. Chagea.

"Tout le monde disait qu'il était impossible de travailler au Yémen, que les gens n'avaient pas de pouvoir d'achat... Mais on a insisté", ajoute-t-il.

Depuis 2015, la population, largement coupée du monde, est prise au piège d'un conflit interne, qui a pris une tournure régionale.

La guerre a plongé le pays déjà le plus pauvre de la péninsule arabique, dans l'une des pires crises humanitaires au monde et divisé son PIB de moitié, selon la Banque mondiale.

«Une boisson magique»

Dans le quartier aisé de Hadda, Hussein Ahmed a fait un pari similaire en 2018, ouvrant son café, Mocha Hunters, dans une rue jonchée de villas cossues.

C'était l'aboutissement d'un long voyage personnel, débutant lorsqu'il a ouvert avec son ex-femme japonaise, un café à Tokyo il y a plus de dix ans.

M. Ahmed s'est ensuite tourné vers l'exportation, mais les obstacles liés au conflit l'ont poussé à se lancer dans son pays d'origine.

Les clients du café pouvaient être comptés sur les doigts d'une main à son lancement, avance-t-il.

A présent, le patio est rempli. La plupart des après-midis, Yéménites comme étrangers venant savourer le qishr, une boisson traditionnelle à base de cosses de café ou une infusion froide pour un prix ne dépassant pas les 2 dollars.

"C'est comme une vague", s'enthousiasme M. Ahmed, jugeant l'engouement naturel pour un pays qui a transformé "des grains en une boisson magique".

Les boissons qu'il propose sont bien loin du café commercial, souvent mélangé à du lait et du sucre, que de nombreux Yéménites ont l'habitude de consommer, déclare M. Ahmed.

"Ce mouvement réintroduit ce qui est de bon goût", juge-t-il avec assurance.

"On dit aux clients : 'Vos goûts ou préférences n'ont pas d'importance pour nous. Nous buvons ce que nous pensons être bon'.", affirme-t-il.

Emotions 

Durar et Mocha Hunters dépendent fortement de leurs exportations, rendues possibles par l'annonce d'une trêve en avril 2022.

Les ventes à l'étranger ont été stimulées davantage par la diaspora yéménite nostalgique du pays en guerre, déclare M. Ahmed.

"Je pense que nos ressortissants vivant à l'étranger, à cause de la dureté de l'exil, deviennent plus émotifs (...) et achètent des produits locaux", dit-il.

"C'est une tendance mondiale, le café gourmet, mais au Yémen, c'est plus émotionnel", lâche-t-il.

Les entrepreneurs sont optimistes quant à la consommation locale, surtout si un cessez-le-feu durable devait s'installer, avec un impact positif sur l'économie.

"Cet endroit va devenir à l'avenir le plus grand centre de café du Moyen-Orient", prédit Ghaleb Yahya Alharazi, directeur de Haraz, un café qui a ouvert l'an dernier, pouvant accueillir jusqu'à 1.000 personnes.

"Nous avons un objectif, revenir à la gloire, la culture et l'authenticité du café yéménite", s’enthousiasme-t-il.


Le président libanais se déchaîne contre le Hezbollah, veut des négociations avec Israël

Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
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  • Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël
  • "Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du Hezbollah

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre.

Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël.

"Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du groupe pro-iranien.

Il a tenu ces propos lors d'une rencontre par visioconférence avec les chefs des institutions européennes Ursula von der Leyen et Antonio Costa.

Joseph Aoun a qualifié le Hezbollah "de faction armée échappant à l'autorité de l'Etat au Liban, qui n'accorde aucun poids aux intérêts du Liban, ni à la vie de son peuple".

Il a assuré que la décision, lundi, du gouvernement d'interdire toute activité militaire ou sécuritaire du Hezbollah était "claire et irrévocable". "C'est ce que nous voulons mettre en oeuvre avec fermeté et clarté", a déclaré Joseph Aoun.

Le chef de l'Etat a proposé, pour mettre un terme à la guerre, "une trêve" avec Israël, suivie par une aide logistique à l'armée libanaise pour qu'elle puisse se déployer dans les zones de conflit et "désarmer le Hezbollah".

Dans le même temps, il s'est déclaré pour "que le Liban et Israël entament des négociations directes sous parrainage international" entre les deux pays toujours en état de guerre.

Les frappes israéliennes ont fait depuis le 2 mars près de 400 morts et un demi-million de déplacés.

 


Liban: un prêtre tué par des tirs israéliens dans un village du sud

Liban: un prêtre tué par des tirs israéliens dans un village du sud
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  • Une maison du village a été visée lundi par "deux tirs d'artillerie successifs provenant d'un char ennemi de type Merkava", selon l'Ani
  • Le premier tir a blessé le propriétaire de la maison et son épouse, a précisé le média

BEYROUTH: Un prêtre a été tué lundi par des tirs d'artillerie de l'armée israélienne dans un village du sud du Liban, particulièrement touché par la reprise du conflit entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), des habitants et une source médicale à l'AFP.

La victime, Pierre Raï, était le curé de la paroisse de Qlayaa, qui fait partie des villages chrétiens frontaliers du sud du Liban ayant décidé de se tenir à l'écart du conflit et de ne pas suivre les ordres d'évacuation israéliens.

Une maison du village a été visée lundi par "deux tirs d'artillerie successifs provenant d'un char ennemi de type Merkava", selon l'Ani.

Le premier tir a blessé le propriétaire de la maison et son épouse, a précisé le média.

Un second tir sur la maison a blessé le prêtre et trois autres habitants, selon des résidents du village, qui ont raconté à l'AFP être accourus sur place avec des secouristes de la Croix rouge libanaise.

Le prêtre a plus tard succombé à ses blessures, a affirmé une source médicale.

Les motivations de l'attaque israélienne contre cette maison située en bordure du village restent pour l'instant inconnues.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël qui mène depuis des représailles massives.

L'armée israélienne a ordonné à plusieurs reprises aux habitants d'une vaste partie du sud du Liban de partir, provoquant un exode massif.

Le curé avait pris part vendredi à un rassemblement devant une église de Marjeyoun, localité avoisinante, où plusieurs dizaines d'habitants se sont dit résolus à rester sur leurs terres.

"Lorsque nous défendons nos terres, nous le faisons en tant que pacifistes qui ne portent que des armes de paix", avait alors déclaré Pierre Raï.

Il avait appelé à considérer Marjeyoun comme "une zone rouge", c'est-à-dire qui ne devrait pas abriter des déplacés de la zone partisans du Hezbollah.

 


Liban: nouvelle frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth

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  • L'aviation israélienne a mené une nouvelle frappe lundi matin sur la banlieue sud de Beyrouth
  • Un porte-parole arabophone de l'armée israélienne avait averti qu'elle allait frapper les succursales de la société financière Al-Qard Al-Hassan

BEYROUTH: L'aviation israélienne a mené une nouvelle frappe lundi matin sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle) et les images de l'AFPTV.

Un porte-parole arabophone de l'armée israélienne avait averti qu'elle allait frapper les succursales de la société financière Al-Qard Al-Hassan, liée au Hezbollah, implantée notamment dans les fiefs de la formation.