Nuit de terreur au Maroc: témoignages poignants et élan de solidarité

Les régions rurales montagneuses du Haut-Atlas semblent être les plus touchées, soulignant ainsi les défis qui attendent les équipes de secours. (Photo, AFP)
Les régions rurales montagneuses du Haut-Atlas semblent être les plus touchées, soulignant ainsi les défis qui attendent les équipes de secours. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 13 septembre 2023

Nuit de terreur au Maroc: témoignages poignants et élan de solidarité

  • Près de 24 heures après le terrible tremblement de terre, des milliers de personnes ont dormi dans la rue, notamment dans la ville de Marrakech
  • Le dernier bilan officiel rapporte 2 681 morts et 2 501 blessés, dont 1404 dans un état très grave

CASABLANCA: Le sol du Maroc n’a jamais tremblé aussi fort. Le pays a été frappé par un séisme d’une magnitude de 7 le 8 septembre, laissant derrière lui un bilan humain dévastateur et un traumatisme indélébile. Les rues des villes et les collines des campagnes sont marquées par la souffrance et le chagrin, mais aussi par des actes de solidarité et de courage exceptionnels. Ce sont ces voix, souvent étouffées par la magnitude du désastre, que nous avons décidé de mettre en lumière aujourd'hui.

L'étendue des dégâts est vertigineuse (photo Sabrina M, Arab News en français)
L'étendue des dégâts est vertigineuse (photo Sabrina M, Arab News en français)

Après une catastrophe de cette envergure, le royaume se trouve dans un état de choc collectif. Des sensations de vertiges aux angoisses, en passant par la lourdeur de la tête, les symptômes psychologiques se multiplient aussi rapidement que les témoignages sur les réseaux sociaux.

L'étendue des dégâts est vertigineuse (photo Sabrina M, Arab News en français)
L'étendue des dégâts est vertigineuse (photo Sabrina M, Arab News en français)
L'étendue des dégâts est vertigineuse (photo Sabrina M, Arab News en français)
L'étendue des dégâts est vertigineuse (photo Sabrina M, Arab News en français)

A la belle étoile

Près de 24 heures après le terrible tremblement de terre, des milliers de personnes ont dormi dans la rue, notamment dans la ville de Marrakech. Les répliques continuent de hanter la population, forçant plusieurs à abandonner leurs maisons paralysées par la peur. Pour certains, ce n’est même pas un choix : leurs logements ont été réduits en ruines, ne laissant d'autre alternative que la rue comme dernier refuge.

Des vies brisées

Chahrazad était à M'zouda, dans la province de Chichaoua, ce soir là, à quelques Km de l'épicentre du séisme qui a violemment secoué le Maroc dans la nuit du 8 septembre. La jeune enseignante de 25 ans décrit à Arab News en français la scène avec un réalisme qui donne froid dans le dos. "Je me suis vu mourir ce jour-là," commence-t-elle, son regard perdu dans le vide. Elle évoque la nuit qu’elle a passée à l’extérieur avec ses voisins, l'unité qui s'est spontanément créée entre les survivants, et l'horrible constat du matin: un collègue enseignant et sa famille enterrés sous les décombres.

L'étendue des dégâts est vertigineuse (photo Sabrina M, Arab News en français)
L'étendue des dégâts est vertigineuse (photo Sabrina M, Arab News en français)

Guillaume Adam, un Français propriétaire d'un restaurant à Gueliz, partage également son expérience. "On était tétanisé à ce moment-là… une employée s’est évanouie… une personne à l'étage juste en haut du restaurant s'est défenestrée." Le courant s'est coupé, plongeant le quartier dans un noir total, accentuant ainsi l'horreur vécue lors de ces longues "40 secondes d'enfer".

Hamada, serveur et racoleur à la place Jemaa El Fna de Marrakech, évoque la panique mais aussi la solidarité. Les commerçants et les passants se sont mobilisés pour offrir des couvertures et de la nourriture aux personnes effrayées. "C'était effrayant, mais nous sommes solidaires et nous allons passer cette épreuve ensemble grâce à Dieu," affirme-t-il.

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Opérations de sauvetage en cours, le pays est en état d'urgence (Photo, Fournie).

Ouarzazate, du studio à l'effroi 


L’acteur Brice Bexter est à Ouarzazate pour le tournage d'une série dont le tournage a été mis en suspens au lendemain de la catastrophe. Il décrit ce soir là une scène presque surréaliste. Il exprime son espoir de voir naître des initiatives en solidarité avec les personnes sinistrées, surtout dans les villages et les régions auxquelles l'acteur se sent profondément lié. 

L'étendue des dégâts est vertigineuse (photo Sabrina M, Arab News en français)
L'étendue des dégâts est vertigineuse (photo Sabrina M, Arab News en français)

"J'ai senti le séisme alors que je me trouvais à l'aéroport de Casablanca... Avec la production du film, nous avons quand même décollé pour Ouarzazate. A mon arrivée, j'ai vu au moins 150 personnes allongées sur le gazon en face de l’hôtel... il y avait des personnes de toutes les nationalités." confie-t-il à Arab News en français.

Un bilan qui ne cesse de s'alourdir

Le Maroc pleure ses morts mais se tient debout. Entre la douleur et la résilience, chaque témoignage est une parcelle d'humanité qui se dessine dans ce tableau sombre: le dernier bilan officiel rapporte 2.012 morts et 2.059 blessés, dont 1.404 sont dans un état très grave. Deuil national, opérations de sauvetage en cours, le pays est en état d'urgence. Les régions rurales montagneuses du Haut-Atlas semblent être les plus touchées, soulignant ainsi les défis qui attendent les équipes de secours.

L'étendue des dégâts est vertigineuse (photo Sabrina M, Arab News en français)
L'étendue des dégâts est vertigineuse (photo Sabrina M, Arab News en français)


Liban: une frappe israélienne sur la Békaa fait un mort et deux blessés malgré la trêve

Un membre de la défense civile inspecte des véhicules détruits ainsi que des gravats et débris après un bombardement israélien sur le village de Shmistar, au centre de la vallée orientale de la Békaa au Liban, le 8 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
Un membre de la défense civile inspecte des véhicules détruits ainsi que des gravats et débris après un bombardement israélien sur le village de Shmistar, au centre de la vallée orientale de la Békaa au Liban, le 8 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
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  • Une frappe de drone israélienne dans l’ouest de la Békaa (Liban) a fait 1 mort et 2 blessés, malgré un cessez-le-feu fragile en cours entre Israël et le Hezbollah
  • Les tensions persistent avec des échanges de tirs : roquettes et drones du Hezbollah en riposte, frappes israéliennes en retour, sur fond d’escalade régionale récente

BEYROUTH: Une frappe israélienne dans l'ouest de la région de la Békaa (est du Liban) a fait un mort et deux blessés mercredi, ont rapporté des médias d'Etat libanais, malgré la trêve en vigueur entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.

"Une personne a été tuée et deux autres blessées à la suite d'une attaque menée par un drone ennemi à l'aube, à la périphérie d'Al-Jabour, dans l'ouest de la Békaa", a rapporté mercredi l'Agence nationale d'information (Ani).

L'agence fait en outre état de tirs d'artillerie israéliens et de démolitions dans les villes du sud actuellement occupées par Israël.

Le mouvement libanais Hezbollah avait dit mardi que ses combattants avaient tiré des roquettes et envoyé des drones d'attaque contre un site militaire israélien "en représailles aux flagrantes" violations du cessez-le-feu, invoquant notamment "les attaques contre des civils et la destruction de maisons et villages".

L'armée israélienne avait indiqué mardi que le Hezbollah avait "tiré plusieurs roquettes" en direction de soldats stationnés dans le sud du Liban et que l'armée avait frappé le lance-roquettes en retour.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale déclenchée par le 28 février par l'attaque américano-israélienne sur l'Iran, en tirant le 2 mars des roquettes sur Israël.

Depuis, Israël a pris le contrôle d'une bande de territoire libanais d'une profondeur d'une dizaine de kilomètres courant le long de la frontière israélo-libanaise.

Un fragile cessez-le-feu de 10 jours est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.


Le prince héritier saoudien discute de l'évolution de la situation au Liban avec le président

Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Fichier/SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Fichier/SPA)
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  • M. Aoun a exprimé sa reconnaissance au prince héritier pour le soutien saoudien au Liban et l'assistance continue du Royaume en toutes circonstances
  • Le prince héritier a affirmé le soutien du Royaume au Liban dans le maintien de sa souveraineté et de ses efforts pour préserver ses ressources, son intégrité territoriale et son unité

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu un appel téléphonique du président libanais Joseph Aoun, a rapporté mardi l'Agence de presse saoudienne.

Au cours de cet appel, ils ont discuté des derniers développements au Liban et dans la région, ainsi que des efforts déployés pour parvenir à la sécurité et à la stabilité.

M. Aoun a remercié le prince héritier pour le soutien saoudien au Liban et l'assistance continue du Royaume en toutes circonstances.

Le prince héritier a affirmé le soutien du Royaume au Liban dans le maintien de sa souveraineté et de ses efforts pour préserver ses ressources, son intégrité territoriale et son unité.

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Hezbollah, négocié par Washington, est entré en vigueur jeudi dernier, mais les forces israéliennes restent déployées dans une bande de terre libanaise de 5 à 10 km de profondeur tout au long de la frontière.

De nouveaux entretiens entre les ambassadeurs américains du Liban et d'Israël auront lieu jeudi à Washington, selon un responsable du département d'État américain, après les premiers entretiens directs entre les deux pays depuis des décennies, qui ont eu lieu le 14 avril.


Liban: premières funérailles collectives de combattants du Hezbollah dans le sud

Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud. (AFP)
Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud. (AFP)
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  • Trois combattants du groupe armé avaient eux été enterrés lundi dans trois localités de la Békaa, dans l'est du pays, selon la chaîne al-Manar affiliée au Hezbollah
  • Certains de ces combattants tués pendant la guerre avaient d'abord été inhumés temporairement hors du sud, un rite musulman chiite autorisé en cas de circonstances exceptionnelles

BEYROUTH: Le Hezbollah pro-iranien organise mardi des funérailles collectives de 44 combattants, les premières dans le sud du Liban depuis le début de sa guerre avec Israël le 2 mars, après l'entrée en vigueur d'une trêve vendredi.

Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud.

Un cortège funèbre doit traverser plusieurs villages avant l'inhumation, qui permettra, selon le Hezbollah, "le retour d'âmes bénies vers le sol du sud".

Dans la banlieue sud de Beyrouth, quatre combattants du Hezbollah avaient déjà été enterrés lundi, selon un photographe de l'AFP, en présence de dizaines de proches et partisans, y compris des femmes et des enfants, portant les portraits des défunts.

Trois combattants du groupe armé avaient eux été enterrés lundi dans trois localités de la Békaa, dans l'est du pays, selon la chaîne al-Manar affiliée au Hezbollah.

Certains de ces combattants tués pendant la guerre avaient d'abord été inhumés temporairement hors du sud, un rite musulman chiite autorisé en cas de circonstances exceptionnelles.

Les frappes israéliennes et les combats ont fait 2.387 morts et un million de déplacés dans le pays depuis début mars, d'après un bilan officiel, qui ne précise pas s'il s'agit de civils ou de combattants.

Ce bilan inclut au moins 274 femmes et 177 enfants, selon le ministère de la Santé libanais.

Un cessez-le-feu de 10 jours émaillé de nombreux incidents est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah, et de nouvelles discussions "directes" entre le Liban et Israël auront lieu jeudi à Washington, une dizaine de jours après une première session, a indiqué lundi à l'AFP un responsable de la diplomatie américaine.

Israël avait annoncé mi-avril avoir tué "plus de 1.700" combattants du Hezbollah, des chiffres que l'AFP n'a pas pu vérifier.