«C'est la meilleure occasion pour la paix au Yémen», déclare Tim Lenderking

Tim Lenderking, l'envoyé spécial des États-Unis pour le Yémen (Capture d’écran).
Tim Lenderking, l'envoyé spécial des États-Unis pour le Yémen (Capture d’écran).
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Publié le Dimanche 24 septembre 2023

«C'est la meilleure occasion pour la paix au Yémen», déclare Tim Lenderking

  • En marge de l'Assemblée générale des Nations unies, Tim Lenderking examine comment la trêve pourrait ouvrir la voie à la fin du conflit
  • Il a déclaré: «Le Yémen est mon objectif 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. C'est la mission de mon cœur. C'est la mission de mon équipe»

NEW YORK: Lors d’une première visite officielle en Arabie saoudite depuis le début de la guerre au Yémen en 2014, une délégation de rebelles houthis s'est rendue à Riyad la semaine dernière pour cinq jours de discussions sur un accord potentiel qui pourrait accélérer la fin des hostilités.

Des progrès ont été signalés sur un grand nombre des principaux points de blocage, notamment un calendrier pour le départ des troupes étrangères du Yémen et un mécanisme de paiement des salaires des fonctionnaires publiques. La réouverture complète des ports contrôlés par les Houthis et de l'aéroport de Sanaa, ainsi que les efforts de reconstruction, ont également fait partie des questions discutées.

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Des soldats houthis défilent lors d'une parade militaire officielle dans la capitale yéménite, Sanaa, le 21 septembre 2023 (Photo, Mohammed Huwais/AFP).

Antony Blinken, secrétaire d'État américain, a fait l'éloge de ces réunions qui constituent les négociations publiques de plus haut niveau avec les Houthis en Arabie saoudite au cours des neuf dernières années, en les qualifiant d’«occasion unique». Le gouvernement saoudien «s'est félicité des résultats positifs de ces discussions sérieuses.»

Toutefois, malgré la baisse générale de la violence au Yémen, les responsables de l'ONU ont averti que la situation sur le terrain reste «fragile et difficile» et que «les lignes de front ne sont pas silencieuses».

Selon Timothy Lenderking, envoyé spécial des États-Unis pour le Yémen depuis février 2021, Washington travaille sans relâche pour mettre fin au conflit qui a tué et mutilé des centaines de milliers de personnes et rendu 80% de la population du Yémen dépendante de l'aide humanitaire.

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Tim Lenderking, l'envoyé spécial des États-Unis pour le Yémen (Photo fournie).

«Le Yémen est mon objectif 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. C'est la mission de mon cœur. C'est la mission de mon équipe», a déclaré Lenderking lors d'un entretien accordé à Arab News à New York, en marge de la 78e session de l'Assemblée générale des Nations unies.

«L'administration Biden a pour mission de veiller à ce que cette terrible guerre, qui a déplacé et tué tant de personnes et perturbé la région, puisse prendre fin d'une manière juste et globale», a-t-il ajouté.

Bien que l'année passée ait été marquée à la fois par des problèmes humanitaires et par une désescalade au Yémen, Lenderking, diplomate de carrière dont le titre officiel est celui de secrétaire adjoint aux affaires du Golfe, a généralement fait part de son optimisme depuis que le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale et les rebelles houthis soutenus par l'Iran ont conclu un accord de trêve en avril 2022.

En bref

• Tim Lenderking a déclaré que les réunions tenues par le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, sur le Yémen montrent la détermination de la communauté internationale à faire avancer le processus de paix.

• Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khaled ben Salmane, a réaffirmé «l'engagement de Riyad à promouvoir le dialogue entre toutes les parties» lorsqu'il a rencontré les négociateurs houthis lors de leur récente visite de cinq jours à Riyad.

L'année dernière, en marge de la 77e Assemblée générale de l’ONU, quelques mois après l'entrée en vigueur de la trêve, Lenderking a déclaré à Arab News que les avantages dont bénéficiait le peuple yéménite avaient ouvert la voie à un cessez-le-feu durable qui devait être conclu dans les mois suivants.

«Mon optimisme de l'année dernière n'était pas déplacé car, après la trêve, nous sommes restés dans une période de désescalade qui dure depuis 18 mois, sans aucune attaque transfrontalière», a déclaré Lenderking.

«Rappelons le rythme et la fureur de ces attaques dans les premiers jours de la guerre, dont plus de 400 attaques en provenance du Yémen en 2020. L'aéroport de la capitale commerciale, Sanaa, a été ouvert aux vols commerciaux. Ceux-ci sont passés de trois à six par semaine», a-t-il précisé.

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De la fumée s'échappe d'une installation de stockage de pétrole d’Aramco après une attaque Houthie à Djeddah, le 26 mars 2022 (Photo, Reuters/Archives).

Lenderking a qualifié ce développement de «goutte d'eau dans l'océan», mais a ajouté qu'il représentait «des progrès notables et des avantages tangibles» pour la population yéménite.

«Après tout, il s'agit de deux parties qui s'affrontent intensément depuis plusieurs années. Le fait qu'elles se parlent, se rendent visite et passent des jours dans leurs capitales respectives est une évolution très importante», a-t-il estimé.

Lenderking a ajouté: «Personne ne dit qu'il y a une percée, mais il semble que ces contacts aient été suffisamment positifs pour qu'ils se poursuivent. Nous souhaitons vivement qu'ils aboutissent à des résultats positifs et qu'ils commencent à démêler la méfiance qui a prévalu. Ils vont devoir vivre ensemble un jour ou l’autre.»

Il a indiqué: «Les efforts considérables qui ont été déployés de manière très positive entre l'Arabie saoudite et les Houthis doivent être transférés au processus dirigé par les Nations unies. Nous voulons aller au-delà de la trêve actuelle, qui est très positive mais insuffisante, et passer à un cessez-le-feu durable et à des pourparlers politiques entre Yéménites et Yéménites.»

«C’est ainsi que l'avenir du Yémen sera décidé. Pas par les puissances extérieures. Ce n'est pas une partie du Yémen qui dicte à une autre. Il doit s'agir d'un processus yéménite inclusif. Et il y a un consensus international qui soutient ce processus», a-t-il expliqué.

Lenderking a signalé que la présence de Rachad al-Alimi, président du Conseil présidentiel yéménite, à plusieurs réunions incluant les États-Unis et le P3 (les trois membres permanents du Conseil de sécurité: les États-Unis, le Royaume-Uni et la France) soulignait les signaux forts du soutien international à son leadership.

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Des navires sont amarrés pour le déchargement dans le port yéménite d’Al-Hodeïda, le 5 mars 2023 (Photo, AFP).

Tous ces facteurs permettent de croire qu'avec le soutien de la communauté internationale, il est possible de progresser vers une initiative dirigée par les Nations unies et un dialogue entre les Yéménites dans un avenir proche, a-t-il jugé.

Lors du débat général de l'Assemblée générale des Nations unies, jeudi, Al-Alimi a exhorté la communauté internationale à redoubler d'efforts pour arrêter le flux d'armes et de ressources vers les Houthis, et a averti que «les institutions du Yémen ne disposeront pas des ressources nécessaires pour faire face à ces défis transfrontaliers», si les fonds ne sont pas dirigés vers des institutions financières gouvernementales reconnues.

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Rachad Mohammed al-Alimi, président du Conseil présidentiel du Yémen, s'adresse à la 78e Assemblée générale des Nations Unies au siège de l'ONU à New York, le 21 septembre 2023. (Photo, AFP)

Interrogé sur le fait de savoir si le rapprochement entre l'Iran et l'Arabie saoudite a joué un rôle dans l'évolution actuelle des parties belligérants yéménites, Lenderking a déclaré qu'une grande partie du travail préparatoire à l'instauration et au maintien de la trêve était déjà en cours avant même l'annonce, le 10 mars dernier, de l'accord conclu sous l'égide de la Chine entre les deux puissances du Moyen-Orient.

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Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khaled ben Salmane (à droite), rencontre une délégation des Houthis du Yémen à Riyad la semaine dernière. (Photo, SPA)

«Ce que nous attendons de l'accord entre l'Iran et l'Arabie saoudite, c'est de voir si la position de Téhéran à l'égard du Yémen a changé. S'éloigne-t-il de la contrebande d'armes létales et de l'aide aux Houthis qui ont alimenté l'effort de guerre, violant ainsi les résolutions du Conseil de sécurité? L'Iran va-t-il soutenir une solution politique?» s’est interrogé Lenderking.

«Nous entendons dire qu'ils vont dans cette direction. Nous avons vu des déclarations publiques positives de la part de l'Iran. Une nouvelle position de l'Iran à l'égard du Yémen qui soutiendrait cette trajectoire positive serait bien accueillie par les États-Unis», a-t-il mentionné.

Le fait que les Houthis aient choisi de ne pas reprendre les hostilités malgré l'expiration de la trêve est très important, a affirmé Lenderking, ajoutant que cela pourrait indiquer un changement dans l'état d'esprit des Houthis alors que la phase prolongée de désescalade se poursuit.

Il estime que le groupe a fait preuve d'une nouvelle volonté de libérer les détenus et d'engager des discussions avec la partie adverse dans le cadre des comités militaires.

Ce niveau d'engagement «ne s'est pas produit à ce rythme pendant toute la durée de la guerre; c'est la meilleure occasion de paix que le Yémen ait eue depuis que la guerre a éclaté il y a près de dix ans. C'est pourquoi les efforts de Washington sont si énergiques et si vigoureux à ce stade», a-t-il souligné.

«Ici, à New York, le secrétaire d'État Blinken a eu au moins trois réunions consacrées au Yémen. N'oublions pas la longue liste de sujets à l'ordre du jour international à New York: climat, Russie-Ukraine, autres considérations humanitaires. Le Yémen se voit donc accorder un peu de temps parmi les dirigeants du monde entier, ce qui nous semble très positif.»

Bien que les canaux diplomatiques entre les États-Unis et la Russie soient pratiquement coupés depuis l'invasion de l'Ukraine en février 202https://www.arabnews.fr/node/426431/international2, il n'y a pas de désaccord entre les cinq membres permanents du conseil de sécurité des Nations unies (P5) sur la marche à suivre au Yémen.

Le P5 est uni sur la nécessité d'une solution politique, et cette unité est un «grand atout pour nous», a déclaré Lenderking.

«Le Conseil de sécurité a fait preuve d'une grande unité, d'un soutien fort aux efforts de l'envoyé spécial du secrétaire général pour le Yémen, Hans Grunberg, et d'un soutien à la crise humanitaire. C'est une chance. Nous devons vraiment profiter du fait qu'il y a cette position unie entre les acteurs clés», a-t-il insisté.

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Des Yéménites déplacés reçoivent des sacs d'aide alimentaire dans un camp du district de Hays, dans la province occidentale d’Al-Hodeïda ravagée par la guerre, le 20 avril 2023 (Photo, AFP).

«Nous ne considérons rien comme acquis lorsqu'il s'agit de soutenir la paix au Yémen. Nous devons travailler afin de trouver des solutions. Nous devons être très, très vigoureux pour maintenir les progrès réalisés», a-t-il souligné.

L'une des réussites les plus remarquables du système multilatéral cette année concerne également le Yémen. La menace d'une marée noire massive en mer Rouge a été écartée, après que plus d'un million de barils de pétrole ont été transférés sur un navire de sauvetage à partir du Safer, un navire de stockage en détérioration qui était amarré au large des côtes yéménites depuis des années et qui était décrit comme une «bombe à retardement».

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Des techniciens travaillent sur le pont du navire de remplacement alors que le transfert du pétrole du pétrolier FSO Safer en état de détérioration a commencé au large du Yémen, le 25 juillet 2023 (Photo, Reuters/Archives).

«Je crois qu'il s'agit d'une histoire incroyable due à une coalition improbable du secteur privé, notamment des compagnies pétrolières, des gouvernements nationaux et d'un effort de financement collectif qui a fait appel à des individus du monde entier. Des écoliers de Bethesda, dans le Maryland, ont vendu de la limonade parce qu'ils se sont sentis concernés par les conséquences environnementales de cette marée noire si elle s'était produite», a indiqué Lenderking.

Il a poursuivi: «C'est en quelque sorte un modèle de coopération, car nous avons travaillé ensemble pour éviter un problème avant qu'il ne devienne une crise. Cela n'arrive pas souvent sur la scène internationale. Ici, à New York, presque toutes les conversations portent sur quelque chose qui s'est déjà produit et qui doit être maîtrisé. Il s'agit donc d'un effort formidable.»

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Des Yéménites déplacés par le conflit reçoivent de l'aide alimentaire et des fournitures pour répondre à leurs besoins de base dans un camp du district de Hays dans la province occidentale d’Al- Hodeïda ravagée par la guerre, le 31 août 2022. (Photo, AFP)

En revanche, le Yémen reste l'une des plus grandes crises humanitaires au monde. En 2023, 21,6 millions de Yéménites avaient besoin d'une aide humanitaire sous une forme ou une autre, car 80% de la population a du mal à se nourrir et à accéder aux services de base. Les Nations unies ont lancé un appel au financement, mais seulement 30% de l'objectif a été atteint jusqu'à présent.

«L'économie du Yémen est en ruine. La capacité économique du pays doit être redynamisée», a déclaré Lenderking. «Je pense qu'il y a une volonté de le faire. Nous sommes en contact régulier avec les institutions financières internationales comme le FMI et la Banque mondiale. Et puis il y a la méfiance qui doit être corrigée par le type d'engagement personnel que nous observons entre les parties qui, jusqu'à présent, se tiraient dessus. Maintenant, ils se parlent.»

«Actuellement, le résultat et l'objectif communs doivent être la paix: un accord de paix, reliant ces différents éléments positifs et les poussant avec un soutien international sous l'égide des Nations Unies. Il incombe en fin de compte à l'ONU d'établir une feuille de route, de capitaliser sur tous ces mouvements positifs et de les orienter vers des négociations entre les Yéménites», a soutenu Lenderking.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Liban et Israël retentent un rapprochement à Washington

Une personne est visible à l’intérieur d’un véhicule en flammes tandis que des hommes tentent d’éteindre l’incendie après une frappe aérienne israélienne ayant touché une voiture dans la ville côtière de Barja, au sud de Beyrouth, au Liban, mercredi 13 mai 2026. (Photo AP/Mustafa Jamalddine)
Une personne est visible à l’intérieur d’un véhicule en flammes tandis que des hommes tentent d’éteindre l’incendie après une frappe aérienne israélienne ayant touché une voiture dans la ville côtière de Barja, au sud de Beyrouth, au Liban, mercredi 13 mai 2026. (Photo AP/Mustafa Jamalddine)
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  • Des négociateurs israéliens et libanais se retrouvent à Washington pour tenter de consolider le cessez-le-feu avant son expiration le 17 mai, malgré la poursuite des frappes israéliennes au Liban
  • Le Liban réclame l’arrêt des attaques israéliennes, tandis qu’Israël maintient sa pression contre le Hezbollah, dans un contexte de fortes tensions régionales impliquant aussi l’Iran

WASHINGTON: Négociateurs israéliens et libanais se retrouvent à partir de jeudi à Washington, à quelques jours de l'expiration d'un cessez-le-feu qui n'a pas empêché des centaines de morts supplémentaires lors de frappes israéliennes contre le Hezbollah.

Cette rencontre, la troisième de ce type, intervient au lendemain d'une série de frappes israéliennes sur une trentaine de lieux au Liban qui a fait au moins 22 morts, selon le ministère libanais de la Santé.

Les représentants des deux pays s'étaient déjà rencontrés le 23 avril dans la capitale américaine. Le président Donald Trump avait annoncé à cette occasion une prolongation de trois semaines de la trêve, et exprimé l'espoir d'un rapprochement historique entre les deux voisins du Proche-Orient qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Le président des Etats-Unis avait conjecturé qu'il accueillerait dans l'intervalle à la Maison Blanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun. Mais cet espoir ne s'est pas concrétisé, le chef d'Etat libanais exigeant au préalable un accord sur les questions de sécurité et la fin des attaques israéliennes.

La trêve a été prolongée jusqu'au dimanche 17 mai. Depuis son entrée en vigueur le 17 avril, plus de 400 personnes ont péri dans des frappes israéliennes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

Israël s'est réservé le droit de continuer à viser le Hezbollah, le mouvement chiite pro-iranien qui a entraîné le Liban dans la guerre à la suite du déclenchement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

"Quiconque menace l'Etat d'Israël mourra en raison de sa faute", a encore averti la semaine dernière Benjamin Netanyahu après l'assassinat d'un important chef militaire du Hezbollah en plein cœur de Beyrouth.

Dans ses propres tractations indirectes avec Washington, l'Iran exige que toute trêve concerne aussi le Liban -- à savoir qu'Israël cesse de frapper son allié du Hezbollah.

- "Consolidation" -

A Washington, le Liban vient chercher "une consolidation du cessez-le-feu", a déclaré à l'AFP un haut responsable ayant requis l'anonymat. "La priorité est de mettre un terme aux morts et aux destructions".

Plus de 2.800 personnes ont péri au Liban depuis le début du conflit début mars, dont au moins 200 enfants, d'après Beyrouth.

Israël vise des secteurs à forte population chiite, dont la banlieue sud de Beyrouth, et s'est emparé d'une bande frontalière qu'il occupait déjà entre 1982 et 2000.

Washington dit défendre la souveraineté du Liban sur tout son territoire mais appelle aussi le pays à s'en prendre au Hezbollah.

Pour le département d'Etat, "ces pourparlers doivent permettre de rompre catégoriquement avec l'approche ratée des deux dernières décennies qui autorisait des mouvements terroristes à s'enraciner et à s'enrichir, tout en sapant l'autorité de l'Etat libanais et en menaçant la frontière septentrionale d'Israël".

A la différence de la précédente session de négociations, ni le secrétaire d'Etat Marco Rubio ni Donald Trump lui-même n'y participeront. Tous deux sont en visite officielle en Chine.

Pour ces deux journées d'entretiens au département d'Etat, l'équipe de médiateurs américains comprend les ambassadeurs des Etats-Unis en Israël et au Liban, respectivement Mike Huckabee, un pasteur évangélique, et Michel Issa, un partenaire de golf de Donald Trump qui est né au pays du Cèdre.

Le Liban est représenté par Simon Karam, un avocat et diplomate de 76 ans, et Israël par son ambassadeur Yechiel Leiter, 67 ans, allié de longue date de Benjamin Netanyahu.


L'ONU contrainte de réduire "considérablement" son aide alimentaire en Syrie

Des employés du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies distribuent des colis d’aide aux Syriens déplacés avant l’arrêt des livraisons d’assistance, dans le camp d’Atmé, en périphérie d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, le 6 décembre 2023. (Archive/AFP)
Des employés du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies distribuent des colis d’aide aux Syriens déplacés avant l’arrêt des livraisons d’assistance, dans le camp d’Atmé, en périphérie d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, le 6 décembre 2023. (Archive/AFP)
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  • Le PAM réduit fortement son aide alimentaire en Syrie et dans les pays voisins à cause d’un manque critique de financement, touchant des millions de personnes vulnérables
  • L’assistance passe de 1,3 million à 650 000 bénéficiaires, avec une baisse de couverture de 14 à 7 gouvernorats, alors que 7,2 millions de Syriens restent en insécurité alimentaire aiguë

ROME: Le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU a annoncé mercredi avoir dû "réduire considérablement" ses opérations d'aide en Syrie et auprès des réfugiés syriens dans les pays voisins en raison de "pénuries critiques de financement".

"Le PAM a réduit de 50% son assistance alimentaire d’urgence, passant de 1,3 million de personnes à 650.000 en mai, et a mis fin à un programme national de subvention du pain qui soutenait quotidiennement des millions de personnes", souligne l'agence de l'ONU, basée à Rome, dans un communiqué.

"La réduction de l’assistance du PAM est uniquement dictée par les contraintes de financement, et non par une diminution des besoins", a déclaré Marianne Ward, directrice du Programme alimentaire mondial pour la Syrie, citée dans le communiqué.

L'agence de l'ONU rappelle que même s'il y a "des signes de stabilisation dans certaines parties du pays, 7,2 millions de personnes en Syrie restent en insécurité alimentaire aiguë, dont 1,6 million confrontées à des conditions sévères".

Alors qu'en 2025, le PAM a pu aider 5,8 millions de personnes dans les 14 gouvernorats de Syrie via différents programmes, "les contraintes de financement persistantes obligent désormais à réduire davantage la couverture, qui passe de quatorze à seulement sept gouvernorats", ajoute le communiqué.

Les pénuries de financement touchent également les réfugiés syriens se trouvant dans les pays voisins tels que le Liban, la Jordanie ou encore l'Egypte, "où la hausse des coûts, l’instabilité persistante et le manque d’opportunités de revenus accentuent la vulnérabilité", note le PAM.

L'agence de l'ONU dit avoir besoin de "189 millions de dollars pour les six prochains mois (juin–novembre 2026) afin de maintenir et de rétablir une assistance vitale à l’intérieur de la Syrie".

"Un financement rapide permettra au PAM d’atteindre 1,6 million des personnes les plus vulnérables, de maintenir un soutien nutritionnel essentiel, de garantir l’accès à du pain abordable pour des millions d’autres et de contribuer à prévenir une nouvelle détérioration à un moment qui demeure déterminant pour le relèvement de la Syrie", souligne le communiqué. 


Le Koweït dit avoir déjoué une tentative d'«infiltration» de Gardiens de la Révolution iraniens

Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran. (AFP)
Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran. (AFP)
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  • Les quatre hommes, deux colonels de la marine, un capitaine et un lieutenant de vaisseau, ont avoué avoir été chargés par l'armée idéologique de la République islamique d'Iran "d'infiltrer l'île de Bubiyan"
  • Lors d'échanges de tirs avec les forces armées koweïtiennes stationnées sur l'île, un militaire koweïtien "a été blessé" et deux membres du groupe des Gardiens de la Révolution sont parvenus à "prendre la fuite", selon la même source

KOWEIT: Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran.

Les quatre hommes, deux colonels de la marine, un capitaine et un lieutenant de vaisseau, ont avoué avoir été chargés par l'armée idéologique de la République islamique d'Iran "d'infiltrer l'île de Bubiyan", a indiqué le ministère de l'Intérieur du Koweït dans un communiqué publié par l'agence nationale Kuna.

Ils ont tenté d'atteindre cette île, la plus grande du Koweït, proche des côtes iraniennes, "le vendredi 1er mai à bord d'un bateau de pêche spécialement affrété pour mener des actions hostiles contre le Koweït", précise le communiqué.

Lors d'échanges de tirs avec les forces armées koweïtiennes stationnées sur l'île, un militaire koweïtien "a été blessé" et deux membres du groupe des Gardiens de la Révolution sont parvenus à "prendre la fuite", selon la même source.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a jugé de son côté "absolument infondées" les "allégations formulées par le Koweït, selon lesquelles l'Iran planifierait de mener des actions hostiles contre le Koweït". Et il a demandé dans un communiqué à pouvoir s'entretenir avec ses ressortissants détenus ainsi que "leur libération immédiate".

Le ministère des Affaires étrangères du Koweït a annoncé de son côté avoir convoqué l'ambassadeur iranien dans le pays, Mohammad Toutounji, "à qui une lettre de protestation a été remise à la suite de l'infiltration sur l'île de Bubiyan d'un groupe armé appartenant aux Gardiens de la Révolution et de son engagement dans des affrontements avec les forces armées koweïtiennes".

Le ministère, qui dénonce un "acte hostile" iranien et une "atteinte flagrante" à sa souveraineté, affirme que le Koweït se réserve pleinement "le droit de se défendre".

Il s'agit de la quatrième convocation de M. Toutounji depuis que l'Iran a commencé à viser les pétromonarchies du Golfe alliées des Etats-Unis en représailles à l'attaque israélo-américaine déclenchée le 28 février.

Le 3 mai, le ministère de la Défense du Koweït avait indiqué avoir appréhendé quatre personnes tentant de rejoindre le Koweït par la mer.

Depuis le début de la guerre, les autorités du Koweït ont multiplié les opérations contre des personnes ou organisations soupçonnées d'être liées à la République islamique ou de la soutenir.

Mi-avril, 24 personnes ont été arrêtées au Koweït pour financement d'entités "terroristes", selon le ministère de l'Intérieur de cette monarchie du Golfe, une source de sécurité précisant que cinq anciens parlementaires faisaient partie des mis en cause.

En mars, le Koweït avait arrêté six personnes soupçonnées de liens avec le Hezbollah libanais, dans le cadre d'une enquête sur des projets "d'assassinats" dans le pays.

Le mouvement islamiste pro-iranien a déjà démenti plusieurs fois toute présence au Koweït.