«C'est la meilleure occasion pour la paix au Yémen», déclare Tim Lenderking

Tim Lenderking, l'envoyé spécial des États-Unis pour le Yémen (Capture d’écran).
Tim Lenderking, l'envoyé spécial des États-Unis pour le Yémen (Capture d’écran).
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Publié le Dimanche 24 septembre 2023

«C'est la meilleure occasion pour la paix au Yémen», déclare Tim Lenderking

  • En marge de l'Assemblée générale des Nations unies, Tim Lenderking examine comment la trêve pourrait ouvrir la voie à la fin du conflit
  • Il a déclaré: «Le Yémen est mon objectif 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. C'est la mission de mon cœur. C'est la mission de mon équipe»

NEW YORK: Lors d’une première visite officielle en Arabie saoudite depuis le début de la guerre au Yémen en 2014, une délégation de rebelles houthis s'est rendue à Riyad la semaine dernière pour cinq jours de discussions sur un accord potentiel qui pourrait accélérer la fin des hostilités.

Des progrès ont été signalés sur un grand nombre des principaux points de blocage, notamment un calendrier pour le départ des troupes étrangères du Yémen et un mécanisme de paiement des salaires des fonctionnaires publiques. La réouverture complète des ports contrôlés par les Houthis et de l'aéroport de Sanaa, ainsi que les efforts de reconstruction, ont également fait partie des questions discutées.

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Des soldats houthis défilent lors d'une parade militaire officielle dans la capitale yéménite, Sanaa, le 21 septembre 2023 (Photo, Mohammed Huwais/AFP).

Antony Blinken, secrétaire d'État américain, a fait l'éloge de ces réunions qui constituent les négociations publiques de plus haut niveau avec les Houthis en Arabie saoudite au cours des neuf dernières années, en les qualifiant d’«occasion unique». Le gouvernement saoudien «s'est félicité des résultats positifs de ces discussions sérieuses.»

Toutefois, malgré la baisse générale de la violence au Yémen, les responsables de l'ONU ont averti que la situation sur le terrain reste «fragile et difficile» et que «les lignes de front ne sont pas silencieuses».

Selon Timothy Lenderking, envoyé spécial des États-Unis pour le Yémen depuis février 2021, Washington travaille sans relâche pour mettre fin au conflit qui a tué et mutilé des centaines de milliers de personnes et rendu 80% de la population du Yémen dépendante de l'aide humanitaire.

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Tim Lenderking, l'envoyé spécial des États-Unis pour le Yémen (Photo fournie).

«Le Yémen est mon objectif 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. C'est la mission de mon cœur. C'est la mission de mon équipe», a déclaré Lenderking lors d'un entretien accordé à Arab News à New York, en marge de la 78e session de l'Assemblée générale des Nations unies.

«L'administration Biden a pour mission de veiller à ce que cette terrible guerre, qui a déplacé et tué tant de personnes et perturbé la région, puisse prendre fin d'une manière juste et globale», a-t-il ajouté.

Bien que l'année passée ait été marquée à la fois par des problèmes humanitaires et par une désescalade au Yémen, Lenderking, diplomate de carrière dont le titre officiel est celui de secrétaire adjoint aux affaires du Golfe, a généralement fait part de son optimisme depuis que le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale et les rebelles houthis soutenus par l'Iran ont conclu un accord de trêve en avril 2022.

En bref

• Tim Lenderking a déclaré que les réunions tenues par le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, sur le Yémen montrent la détermination de la communauté internationale à faire avancer le processus de paix.

• Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khaled ben Salmane, a réaffirmé «l'engagement de Riyad à promouvoir le dialogue entre toutes les parties» lorsqu'il a rencontré les négociateurs houthis lors de leur récente visite de cinq jours à Riyad.

L'année dernière, en marge de la 77e Assemblée générale de l’ONU, quelques mois après l'entrée en vigueur de la trêve, Lenderking a déclaré à Arab News que les avantages dont bénéficiait le peuple yéménite avaient ouvert la voie à un cessez-le-feu durable qui devait être conclu dans les mois suivants.

«Mon optimisme de l'année dernière n'était pas déplacé car, après la trêve, nous sommes restés dans une période de désescalade qui dure depuis 18 mois, sans aucune attaque transfrontalière», a déclaré Lenderking.

«Rappelons le rythme et la fureur de ces attaques dans les premiers jours de la guerre, dont plus de 400 attaques en provenance du Yémen en 2020. L'aéroport de la capitale commerciale, Sanaa, a été ouvert aux vols commerciaux. Ceux-ci sont passés de trois à six par semaine», a-t-il précisé.

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De la fumée s'échappe d'une installation de stockage de pétrole d’Aramco après une attaque Houthie à Djeddah, le 26 mars 2022 (Photo, Reuters/Archives).

Lenderking a qualifié ce développement de «goutte d'eau dans l'océan», mais a ajouté qu'il représentait «des progrès notables et des avantages tangibles» pour la population yéménite.

«Après tout, il s'agit de deux parties qui s'affrontent intensément depuis plusieurs années. Le fait qu'elles se parlent, se rendent visite et passent des jours dans leurs capitales respectives est une évolution très importante», a-t-il estimé.

Lenderking a ajouté: «Personne ne dit qu'il y a une percée, mais il semble que ces contacts aient été suffisamment positifs pour qu'ils se poursuivent. Nous souhaitons vivement qu'ils aboutissent à des résultats positifs et qu'ils commencent à démêler la méfiance qui a prévalu. Ils vont devoir vivre ensemble un jour ou l’autre.»

Il a indiqué: «Les efforts considérables qui ont été déployés de manière très positive entre l'Arabie saoudite et les Houthis doivent être transférés au processus dirigé par les Nations unies. Nous voulons aller au-delà de la trêve actuelle, qui est très positive mais insuffisante, et passer à un cessez-le-feu durable et à des pourparlers politiques entre Yéménites et Yéménites.»

«C’est ainsi que l'avenir du Yémen sera décidé. Pas par les puissances extérieures. Ce n'est pas une partie du Yémen qui dicte à une autre. Il doit s'agir d'un processus yéménite inclusif. Et il y a un consensus international qui soutient ce processus», a-t-il expliqué.

Lenderking a signalé que la présence de Rachad al-Alimi, président du Conseil présidentiel yéménite, à plusieurs réunions incluant les États-Unis et le P3 (les trois membres permanents du Conseil de sécurité: les États-Unis, le Royaume-Uni et la France) soulignait les signaux forts du soutien international à son leadership.

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Des navires sont amarrés pour le déchargement dans le port yéménite d’Al-Hodeïda, le 5 mars 2023 (Photo, AFP).

Tous ces facteurs permettent de croire qu'avec le soutien de la communauté internationale, il est possible de progresser vers une initiative dirigée par les Nations unies et un dialogue entre les Yéménites dans un avenir proche, a-t-il jugé.

Lors du débat général de l'Assemblée générale des Nations unies, jeudi, Al-Alimi a exhorté la communauté internationale à redoubler d'efforts pour arrêter le flux d'armes et de ressources vers les Houthis, et a averti que «les institutions du Yémen ne disposeront pas des ressources nécessaires pour faire face à ces défis transfrontaliers», si les fonds ne sont pas dirigés vers des institutions financières gouvernementales reconnues.

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Rachad Mohammed al-Alimi, président du Conseil présidentiel du Yémen, s'adresse à la 78e Assemblée générale des Nations Unies au siège de l'ONU à New York, le 21 septembre 2023. (Photo, AFP)

Interrogé sur le fait de savoir si le rapprochement entre l'Iran et l'Arabie saoudite a joué un rôle dans l'évolution actuelle des parties belligérants yéménites, Lenderking a déclaré qu'une grande partie du travail préparatoire à l'instauration et au maintien de la trêve était déjà en cours avant même l'annonce, le 10 mars dernier, de l'accord conclu sous l'égide de la Chine entre les deux puissances du Moyen-Orient.

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Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khaled ben Salmane (à droite), rencontre une délégation des Houthis du Yémen à Riyad la semaine dernière. (Photo, SPA)

«Ce que nous attendons de l'accord entre l'Iran et l'Arabie saoudite, c'est de voir si la position de Téhéran à l'égard du Yémen a changé. S'éloigne-t-il de la contrebande d'armes létales et de l'aide aux Houthis qui ont alimenté l'effort de guerre, violant ainsi les résolutions du Conseil de sécurité? L'Iran va-t-il soutenir une solution politique?» s’est interrogé Lenderking.

«Nous entendons dire qu'ils vont dans cette direction. Nous avons vu des déclarations publiques positives de la part de l'Iran. Une nouvelle position de l'Iran à l'égard du Yémen qui soutiendrait cette trajectoire positive serait bien accueillie par les États-Unis», a-t-il mentionné.

Le fait que les Houthis aient choisi de ne pas reprendre les hostilités malgré l'expiration de la trêve est très important, a affirmé Lenderking, ajoutant que cela pourrait indiquer un changement dans l'état d'esprit des Houthis alors que la phase prolongée de désescalade se poursuit.

Il estime que le groupe a fait preuve d'une nouvelle volonté de libérer les détenus et d'engager des discussions avec la partie adverse dans le cadre des comités militaires.

Ce niveau d'engagement «ne s'est pas produit à ce rythme pendant toute la durée de la guerre; c'est la meilleure occasion de paix que le Yémen ait eue depuis que la guerre a éclaté il y a près de dix ans. C'est pourquoi les efforts de Washington sont si énergiques et si vigoureux à ce stade», a-t-il souligné.

«Ici, à New York, le secrétaire d'État Blinken a eu au moins trois réunions consacrées au Yémen. N'oublions pas la longue liste de sujets à l'ordre du jour international à New York: climat, Russie-Ukraine, autres considérations humanitaires. Le Yémen se voit donc accorder un peu de temps parmi les dirigeants du monde entier, ce qui nous semble très positif.»

Bien que les canaux diplomatiques entre les États-Unis et la Russie soient pratiquement coupés depuis l'invasion de l'Ukraine en février 202https://www.arabnews.fr/node/426431/international2, il n'y a pas de désaccord entre les cinq membres permanents du conseil de sécurité des Nations unies (P5) sur la marche à suivre au Yémen.

Le P5 est uni sur la nécessité d'une solution politique, et cette unité est un «grand atout pour nous», a déclaré Lenderking.

«Le Conseil de sécurité a fait preuve d'une grande unité, d'un soutien fort aux efforts de l'envoyé spécial du secrétaire général pour le Yémen, Hans Grunberg, et d'un soutien à la crise humanitaire. C'est une chance. Nous devons vraiment profiter du fait qu'il y a cette position unie entre les acteurs clés», a-t-il insisté.

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Des Yéménites déplacés reçoivent des sacs d'aide alimentaire dans un camp du district de Hays, dans la province occidentale d’Al-Hodeïda ravagée par la guerre, le 20 avril 2023 (Photo, AFP).

«Nous ne considérons rien comme acquis lorsqu'il s'agit de soutenir la paix au Yémen. Nous devons travailler afin de trouver des solutions. Nous devons être très, très vigoureux pour maintenir les progrès réalisés», a-t-il souligné.

L'une des réussites les plus remarquables du système multilatéral cette année concerne également le Yémen. La menace d'une marée noire massive en mer Rouge a été écartée, après que plus d'un million de barils de pétrole ont été transférés sur un navire de sauvetage à partir du Safer, un navire de stockage en détérioration qui était amarré au large des côtes yéménites depuis des années et qui était décrit comme une «bombe à retardement».

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Des techniciens travaillent sur le pont du navire de remplacement alors que le transfert du pétrole du pétrolier FSO Safer en état de détérioration a commencé au large du Yémen, le 25 juillet 2023 (Photo, Reuters/Archives).

«Je crois qu'il s'agit d'une histoire incroyable due à une coalition improbable du secteur privé, notamment des compagnies pétrolières, des gouvernements nationaux et d'un effort de financement collectif qui a fait appel à des individus du monde entier. Des écoliers de Bethesda, dans le Maryland, ont vendu de la limonade parce qu'ils se sont sentis concernés par les conséquences environnementales de cette marée noire si elle s'était produite», a indiqué Lenderking.

Il a poursuivi: «C'est en quelque sorte un modèle de coopération, car nous avons travaillé ensemble pour éviter un problème avant qu'il ne devienne une crise. Cela n'arrive pas souvent sur la scène internationale. Ici, à New York, presque toutes les conversations portent sur quelque chose qui s'est déjà produit et qui doit être maîtrisé. Il s'agit donc d'un effort formidable.»

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Des Yéménites déplacés par le conflit reçoivent de l'aide alimentaire et des fournitures pour répondre à leurs besoins de base dans un camp du district de Hays dans la province occidentale d’Al- Hodeïda ravagée par la guerre, le 31 août 2022. (Photo, AFP)

En revanche, le Yémen reste l'une des plus grandes crises humanitaires au monde. En 2023, 21,6 millions de Yéménites avaient besoin d'une aide humanitaire sous une forme ou une autre, car 80% de la population a du mal à se nourrir et à accéder aux services de base. Les Nations unies ont lancé un appel au financement, mais seulement 30% de l'objectif a été atteint jusqu'à présent.

«L'économie du Yémen est en ruine. La capacité économique du pays doit être redynamisée», a déclaré Lenderking. «Je pense qu'il y a une volonté de le faire. Nous sommes en contact régulier avec les institutions financières internationales comme le FMI et la Banque mondiale. Et puis il y a la méfiance qui doit être corrigée par le type d'engagement personnel que nous observons entre les parties qui, jusqu'à présent, se tiraient dessus. Maintenant, ils se parlent.»

«Actuellement, le résultat et l'objectif communs doivent être la paix: un accord de paix, reliant ces différents éléments positifs et les poussant avec un soutien international sous l'égide des Nations Unies. Il incombe en fin de compte à l'ONU d'établir une feuille de route, de capitaliser sur tous ces mouvements positifs et de les orienter vers des négociations entre les Yéménites», a soutenu Lenderking.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Les forces israéliennes tuent 13 personnes lors d'une opération dans le sud de la Syrie

Un homme assis sur des décombres dans un site endommagé à la suite d'un raid israélien vendredi à Beit Jinn, en Syrie. (Reuters)
Un homme assis sur des décombres dans un site endommagé à la suite d'un raid israélien vendredi à Beit Jinn, en Syrie. (Reuters)
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  • Des troupes israéliennes ont arrêté des membres présumés de ce que l’armée a appelé l’organisation Jemaah islamique lors d’une opération nocturne dans le village syrien de Beit Jinn
  • Au moins 10 personnes auraient été tuées lors du raid, selon la télévision d’État syrienne.

DUBAÏ : Au moins 13 personnes ont été tuées et 24 blessées par les forces israéliennes lors d’un raid nocturne sur le village de Beit Jinn, dans le sud de la Syrie, selon l’agence syrienne SANA.

Le ministère syrien des Affaires étrangères a condamné l’opération comme un « crime de guerre » et accusé Israël de vouloir « enflammer la région ».

« Nous dormions quand nous avons été réveillés à trois heures du matin par des tirs », a raconté le blessé Iyad Taher à l’AFP depuis l’hôpital Al-Mouwassat à Damas.

« Nous sommes sortis pour voir ce qui se passait et nous avons vu l’armée israélienne dans le village, des soldats et des chars. Puis ils se sont retirés, l’aviation est arrivée et les obus ont commencé à tomber. J’ai été touché au cou par des éclats. »

Un responsable local a indiqué à l’AFP que les forces israéliennes avaient fait irruption dans le village pour capturer trois hommes, déclenchant des affrontements.

« Après les affrontements, les forces d’occupation israéliennes ont bombardé la zone à l’artillerie et aux drones », a déclaré le responsable du village, Abdul Rahman Al-Hamrawi.

À l’hôpital, Ahmad Kamal a raconté à l’AFP que lui et d’autres « avaient ouvert le feu sur la patrouille israélienne pour se défendre et les empêcher de nous emmener. Mon frère a été tué et j’ai été blessé. »

Les troupes israéliennes affirment avoir arrêté des membres présumés de la Jamaa Islamiya, groupe basé au Liban et allié au Hamas palestinien, lors de l’opération nocturne.

Selon l’armée israélienne, les soldats ont essuyé des tirs et ont riposté avec un soutien aérien, faisant six blessés dans leurs rangs.

L’armée affirme que toutes les cibles recherchées ont été arrêtées et que plusieurs combattants ont été tués, ajoutant que des troupes restent déployées dans la zone.

Israël a mené de nombreuses frappes en Syrie en 2025, visant des secteurs autour de Damas et dans le sud du pays, affirmant vouloir contrer des menaces et protéger la communauté druze proche de la frontière.

Israël dit agir contre des groupes qu’il considère comme hostiles, tandis que les autorités syriennes affirment que les frappes ont tué des soldats.

Depuis la chute du président syrien Bachar Al-Assad en décembre 2024 et l’arrivée d’un nouveau leadership à Damas, Israël a mené des centaines de frappes en Syrie.

Israël a également envoyé des troupes dans la zone tampon patrouillée par l’ONU, qui sépare les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan depuis 1974.

Israël occupe le Golan syrien depuis 1967 et l’a annexé en 1981, une décision non reconnue par la communauté internationale.

Dans une résolution adoptée le 6 novembre, le Conseil de sécurité de l’ONU a réaffirmé son ferme soutien à la « souveraineté, l’indépendance, l’intégrité territoriale et l’unité nationale » de la Syrie.

Au cours de l’été, des contacts de haut niveau ont eu lieu entre responsables israéliens et syriens, avec l’aide de Paris et Washington.

L'envoyée spéciale adjointe de l’ONU pour la Syrie, Najat Rochdi, a condamné l’attaque israélienne, la qualifiant de « violation grave et inacceptable de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Syrie ».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le métro de Riyad bat le record Guinness du plus long réseau sans conducteur

Un métro arrive à la station King Saud University à Riyad, le 27 avril 2025. (AFP)
Un métro arrive à la station King Saud University à Riyad, le 27 avril 2025. (AFP)
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  • Le métro de Riyad comprend six lignes intégrées et 85 stations, et intègre des technologies de pointe
  • Le système de transports publics de Riyad, incluant le métro et les bus, soutient le trafic, l’économie, le développement urbain et la vie sociale de la ville

LONDRES : Le Guinness World Records a officiellement certifié le métro de Riyad comme le plus long réseau de métro sans conducteur au monde, avec 176 kilomètres, mettant en lumière les avancées rapides de l’Arabie saoudite dans le domaine des transports modernes.

Le métro de Riyad constitue un élément essentiel de l’initiative de transport public dans la capitale saoudienne. Il comporte six lignes intégrées, 85 stations, et fait appel à des technologies de pointe.

Le système fonctionne selon un modèle automatisé sans conducteur, géré par des salles de contrôle avancées garantissant des niveaux élevés de précision, de sécurité et de qualité, selon l’agence de presse saoudienne (SPA).

L'ouvrage de référence annuel indique que le métro de Riyad a été « conçu pour améliorer la mobilité urbaine, réduire les embouteillages et promouvoir la durabilité grâce à des solutions de transport respectueuses de l'environnement ».

Le réseau de transports publics de Riyad, incluant métro et bus, soutient le trafic de la ville, son économie, son développement urbain et sa vie sociale.

Cette réalisation met en avant les efforts de la Commission royale pour la ville de Riyad visant à adopter des concepts de transport urbain innovants et durables, démontrant son engagement en faveur d’infrastructures modernes qui améliorent la qualité de vie et soutiennent la Vision 2030 de l’Arabie saoudite, ajoute la SPA.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Cisjordanie: des soldats israéliens tuent deux Palestiniens apparement en train de se rendre

Un homme marche dans la rue, devant un appartement détruit au lendemain d'une opération militaire israélienne au cours de laquelle un tireur palestinien a été tué, dans la ville de Naplouse, occupée par Israël, dans le nord de la Cisjordanie, le 25 novembre 2025. (AFP)
Un homme marche dans la rue, devant un appartement détruit au lendemain d'une opération militaire israélienne au cours de laquelle un tireur palestinien a été tué, dans la ville de Naplouse, occupée par Israël, dans le nord de la Cisjordanie, le 25 novembre 2025. (AFP)
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  • Deux Palestiniens ont été tués lors d’une opération israélienne à Jénine, une scène filmée sous plusieurs angles: l’Autorité palestinienne parle d’« exécution sommaire », tandis qu’Israël affirme que les forces ont agi face à une menace

Jénine, Territoires palestiniens: L'armée et la police israéliennes ont annoncé jeudi examiner les circonstances dans lesquelles deux Palestiniens ont été abattus lors d'une opération conjointe de leurs forces alors qu'ils étaient apparemment en train de se rendre à Jénine, dans le nord de la Cisjordanie occupée.

La scène a été filmée sous plusieurs angles, notamment par un journaliste de l'AFP, dans cette ville bastion de groupes armés palestiniens.

L'Autorité palestinienne a identifié les Palestiniens tués comme Montasser Billah Mahmoud Abdullah, 26 ans, et Youssef Ali Assassa, 37 ans, dénoncé les faits comme une "exécution sommaire" et accusé les forces israéliennes de "crime de guerre documenté et complet".

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, a dit apporter son "soutien total aux gardes-frontières et aux soldats de l'armée qui ont ouvert le feu sur des terroristes recherchés sortis d'un bâtiment à Jénine".

Des vidéos ayant largement circulé sur les médias sociaux montrent deux hommes sortir d'un bâtiment cerné par des soldats israéliens, les bras en l'air. On les voit ensuite se coucher à terre devant les soldats avant d'être redirigés vers l'intérieur du bâtiment. Des coups de feu retentissent. Les deux hommes gisent au sol.

Les images tournées par le JRI de l'AFP montrent les deux hommes sortir du bâtiment puis y rentrer avant les coups de feu. Un immeuble placé entre le journaliste et la scène obstrue une partie de l'image. On voit ensuite des soldats évacuer un cadavre.

- "Les terroristes doivent mourir !" -

Une fois la nuit tombée, un photographe de l'AFP a vu des Palestiniens nettoyer les lieux. Des flaques de sang maculaient encore le sol.

Dans un communiqué commun, l'armée et la police (dont dépend l'unité des gardes-frontières) indiquent que leurs forces ont procédé dans la soirée "à l'arrestation de deux individus recherchés pour des actes terroristes, notamment des jets d'explosifs et des tirs sur les forces de sécurité".

"Après leur sortie [du bâtiment où ils étaient cernés], des tirs ont été dirigés vers les suspects", ajoute l'armée, précisant que "l'incident est en cours d'examen".

Le mouvement islamiste palestinien Hamas a dénoncé dans un communiqué une "exécution de sang-froid".

"Les soldats ont agi exactement comme on l'attend", a estimé de son côté M. Ben Gvir. "Les terroristes doivent mourir!" a-t-il écrit sur son compte X.

Citant une source au sein des gardes-frontières, le journal de gauche Haaretz a indiqué qu'une enquête préliminaire mentionnait d'ores et déjà qu'un des deux hommes tués avait tenté de se relever après avoir été au sol et fait un "mouvement suspect", qui a décidé les policiers et les soldats à tirer.

- "Déshumanisation" -

"L'exécution documentée aujourd'hui est le résultat d'un processus accéléré de déshumanisation des Palestiniens et de l'abandon total de leurs droits par le régime israélien", a estimé B'Tselem, organisation israélienne de défense des droits de l'Homme dans les Territoires palestiniens occupés.

"Il est du devoir de la communauté internationale de mettre fin à l'impunité d'Israël et de traduire en justice les responsables de la planification et de l'exécution de sa politique criminelle contre le peuple palestinien", ajoute l'ONG.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis le début de la guerre de Gaza, déclenchée le 7 octobre 2023 par une attaque sans précédent du Hamas sur le sud d'Israël.

Elles n'ont pas cessé avec la trêve fragile en vigueur à Gaza depuis le 10 octobre. Mercredi, l'armée israélienne a annoncé le lancement d'une nouvelle opération contre les groupes armés palestinien dans le nord de la Cisjordanie.

Depuis le 7-Octobre, plus d'un millier de Palestiniens, parmi lesquels de nombreux combattants, mais aussi beaucoup de civils, ont été tués en Cisjordanie par des soldats ou des colons israéliens, selon un décompte de l'AFP à partir de données de l'Autorité palestinienne.

Dans le même temps, selon des données officielles israéliennes, au moins 44 Israéliens, parmi lesquels des civils et des soldats, y ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors de raids militaires israéliens.