«C'est la meilleure occasion pour la paix au Yémen», déclare Tim Lenderking

Tim Lenderking, l'envoyé spécial des États-Unis pour le Yémen (Capture d’écran).
Tim Lenderking, l'envoyé spécial des États-Unis pour le Yémen (Capture d’écran).
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Publié le Dimanche 24 septembre 2023

«C'est la meilleure occasion pour la paix au Yémen», déclare Tim Lenderking

  • En marge de l'Assemblée générale des Nations unies, Tim Lenderking examine comment la trêve pourrait ouvrir la voie à la fin du conflit
  • Il a déclaré: «Le Yémen est mon objectif 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. C'est la mission de mon cœur. C'est la mission de mon équipe»

NEW YORK: Lors d’une première visite officielle en Arabie saoudite depuis le début de la guerre au Yémen en 2014, une délégation de rebelles houthis s'est rendue à Riyad la semaine dernière pour cinq jours de discussions sur un accord potentiel qui pourrait accélérer la fin des hostilités.

Des progrès ont été signalés sur un grand nombre des principaux points de blocage, notamment un calendrier pour le départ des troupes étrangères du Yémen et un mécanisme de paiement des salaires des fonctionnaires publiques. La réouverture complète des ports contrôlés par les Houthis et de l'aéroport de Sanaa, ainsi que les efforts de reconstruction, ont également fait partie des questions discutées.

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Des soldats houthis défilent lors d'une parade militaire officielle dans la capitale yéménite, Sanaa, le 21 septembre 2023 (Photo, Mohammed Huwais/AFP).

Antony Blinken, secrétaire d'État américain, a fait l'éloge de ces réunions qui constituent les négociations publiques de plus haut niveau avec les Houthis en Arabie saoudite au cours des neuf dernières années, en les qualifiant d’«occasion unique». Le gouvernement saoudien «s'est félicité des résultats positifs de ces discussions sérieuses.»

Toutefois, malgré la baisse générale de la violence au Yémen, les responsables de l'ONU ont averti que la situation sur le terrain reste «fragile et difficile» et que «les lignes de front ne sont pas silencieuses».

Selon Timothy Lenderking, envoyé spécial des États-Unis pour le Yémen depuis février 2021, Washington travaille sans relâche pour mettre fin au conflit qui a tué et mutilé des centaines de milliers de personnes et rendu 80% de la population du Yémen dépendante de l'aide humanitaire.

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Tim Lenderking, l'envoyé spécial des États-Unis pour le Yémen (Photo fournie).

«Le Yémen est mon objectif 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. C'est la mission de mon cœur. C'est la mission de mon équipe», a déclaré Lenderking lors d'un entretien accordé à Arab News à New York, en marge de la 78e session de l'Assemblée générale des Nations unies.

«L'administration Biden a pour mission de veiller à ce que cette terrible guerre, qui a déplacé et tué tant de personnes et perturbé la région, puisse prendre fin d'une manière juste et globale», a-t-il ajouté.

Bien que l'année passée ait été marquée à la fois par des problèmes humanitaires et par une désescalade au Yémen, Lenderking, diplomate de carrière dont le titre officiel est celui de secrétaire adjoint aux affaires du Golfe, a généralement fait part de son optimisme depuis que le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale et les rebelles houthis soutenus par l'Iran ont conclu un accord de trêve en avril 2022.

En bref

• Tim Lenderking a déclaré que les réunions tenues par le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, sur le Yémen montrent la détermination de la communauté internationale à faire avancer le processus de paix.

• Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khaled ben Salmane, a réaffirmé «l'engagement de Riyad à promouvoir le dialogue entre toutes les parties» lorsqu'il a rencontré les négociateurs houthis lors de leur récente visite de cinq jours à Riyad.

L'année dernière, en marge de la 77e Assemblée générale de l’ONU, quelques mois après l'entrée en vigueur de la trêve, Lenderking a déclaré à Arab News que les avantages dont bénéficiait le peuple yéménite avaient ouvert la voie à un cessez-le-feu durable qui devait être conclu dans les mois suivants.

«Mon optimisme de l'année dernière n'était pas déplacé car, après la trêve, nous sommes restés dans une période de désescalade qui dure depuis 18 mois, sans aucune attaque transfrontalière», a déclaré Lenderking.

«Rappelons le rythme et la fureur de ces attaques dans les premiers jours de la guerre, dont plus de 400 attaques en provenance du Yémen en 2020. L'aéroport de la capitale commerciale, Sanaa, a été ouvert aux vols commerciaux. Ceux-ci sont passés de trois à six par semaine», a-t-il précisé.

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De la fumée s'échappe d'une installation de stockage de pétrole d’Aramco après une attaque Houthie à Djeddah, le 26 mars 2022 (Photo, Reuters/Archives).

Lenderking a qualifié ce développement de «goutte d'eau dans l'océan», mais a ajouté qu'il représentait «des progrès notables et des avantages tangibles» pour la population yéménite.

«Après tout, il s'agit de deux parties qui s'affrontent intensément depuis plusieurs années. Le fait qu'elles se parlent, se rendent visite et passent des jours dans leurs capitales respectives est une évolution très importante», a-t-il estimé.

Lenderking a ajouté: «Personne ne dit qu'il y a une percée, mais il semble que ces contacts aient été suffisamment positifs pour qu'ils se poursuivent. Nous souhaitons vivement qu'ils aboutissent à des résultats positifs et qu'ils commencent à démêler la méfiance qui a prévalu. Ils vont devoir vivre ensemble un jour ou l’autre.»

Il a indiqué: «Les efforts considérables qui ont été déployés de manière très positive entre l'Arabie saoudite et les Houthis doivent être transférés au processus dirigé par les Nations unies. Nous voulons aller au-delà de la trêve actuelle, qui est très positive mais insuffisante, et passer à un cessez-le-feu durable et à des pourparlers politiques entre Yéménites et Yéménites.»

«C’est ainsi que l'avenir du Yémen sera décidé. Pas par les puissances extérieures. Ce n'est pas une partie du Yémen qui dicte à une autre. Il doit s'agir d'un processus yéménite inclusif. Et il y a un consensus international qui soutient ce processus», a-t-il expliqué.

Lenderking a signalé que la présence de Rachad al-Alimi, président du Conseil présidentiel yéménite, à plusieurs réunions incluant les États-Unis et le P3 (les trois membres permanents du Conseil de sécurité: les États-Unis, le Royaume-Uni et la France) soulignait les signaux forts du soutien international à son leadership.

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Des navires sont amarrés pour le déchargement dans le port yéménite d’Al-Hodeïda, le 5 mars 2023 (Photo, AFP).

Tous ces facteurs permettent de croire qu'avec le soutien de la communauté internationale, il est possible de progresser vers une initiative dirigée par les Nations unies et un dialogue entre les Yéménites dans un avenir proche, a-t-il jugé.

Lors du débat général de l'Assemblée générale des Nations unies, jeudi, Al-Alimi a exhorté la communauté internationale à redoubler d'efforts pour arrêter le flux d'armes et de ressources vers les Houthis, et a averti que «les institutions du Yémen ne disposeront pas des ressources nécessaires pour faire face à ces défis transfrontaliers», si les fonds ne sont pas dirigés vers des institutions financières gouvernementales reconnues.

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Rachad Mohammed al-Alimi, président du Conseil présidentiel du Yémen, s'adresse à la 78e Assemblée générale des Nations Unies au siège de l'ONU à New York, le 21 septembre 2023. (Photo, AFP)

Interrogé sur le fait de savoir si le rapprochement entre l'Iran et l'Arabie saoudite a joué un rôle dans l'évolution actuelle des parties belligérants yéménites, Lenderking a déclaré qu'une grande partie du travail préparatoire à l'instauration et au maintien de la trêve était déjà en cours avant même l'annonce, le 10 mars dernier, de l'accord conclu sous l'égide de la Chine entre les deux puissances du Moyen-Orient.

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Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khaled ben Salmane (à droite), rencontre une délégation des Houthis du Yémen à Riyad la semaine dernière. (Photo, SPA)

«Ce que nous attendons de l'accord entre l'Iran et l'Arabie saoudite, c'est de voir si la position de Téhéran à l'égard du Yémen a changé. S'éloigne-t-il de la contrebande d'armes létales et de l'aide aux Houthis qui ont alimenté l'effort de guerre, violant ainsi les résolutions du Conseil de sécurité? L'Iran va-t-il soutenir une solution politique?» s’est interrogé Lenderking.

«Nous entendons dire qu'ils vont dans cette direction. Nous avons vu des déclarations publiques positives de la part de l'Iran. Une nouvelle position de l'Iran à l'égard du Yémen qui soutiendrait cette trajectoire positive serait bien accueillie par les États-Unis», a-t-il mentionné.

Le fait que les Houthis aient choisi de ne pas reprendre les hostilités malgré l'expiration de la trêve est très important, a affirmé Lenderking, ajoutant que cela pourrait indiquer un changement dans l'état d'esprit des Houthis alors que la phase prolongée de désescalade se poursuit.

Il estime que le groupe a fait preuve d'une nouvelle volonté de libérer les détenus et d'engager des discussions avec la partie adverse dans le cadre des comités militaires.

Ce niveau d'engagement «ne s'est pas produit à ce rythme pendant toute la durée de la guerre; c'est la meilleure occasion de paix que le Yémen ait eue depuis que la guerre a éclaté il y a près de dix ans. C'est pourquoi les efforts de Washington sont si énergiques et si vigoureux à ce stade», a-t-il souligné.

«Ici, à New York, le secrétaire d'État Blinken a eu au moins trois réunions consacrées au Yémen. N'oublions pas la longue liste de sujets à l'ordre du jour international à New York: climat, Russie-Ukraine, autres considérations humanitaires. Le Yémen se voit donc accorder un peu de temps parmi les dirigeants du monde entier, ce qui nous semble très positif.»

Bien que les canaux diplomatiques entre les États-Unis et la Russie soient pratiquement coupés depuis l'invasion de l'Ukraine en février 202https://www.arabnews.fr/node/426431/international2, il n'y a pas de désaccord entre les cinq membres permanents du conseil de sécurité des Nations unies (P5) sur la marche à suivre au Yémen.

Le P5 est uni sur la nécessité d'une solution politique, et cette unité est un «grand atout pour nous», a déclaré Lenderking.

«Le Conseil de sécurité a fait preuve d'une grande unité, d'un soutien fort aux efforts de l'envoyé spécial du secrétaire général pour le Yémen, Hans Grunberg, et d'un soutien à la crise humanitaire. C'est une chance. Nous devons vraiment profiter du fait qu'il y a cette position unie entre les acteurs clés», a-t-il insisté.

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Des Yéménites déplacés reçoivent des sacs d'aide alimentaire dans un camp du district de Hays, dans la province occidentale d’Al-Hodeïda ravagée par la guerre, le 20 avril 2023 (Photo, AFP).

«Nous ne considérons rien comme acquis lorsqu'il s'agit de soutenir la paix au Yémen. Nous devons travailler afin de trouver des solutions. Nous devons être très, très vigoureux pour maintenir les progrès réalisés», a-t-il souligné.

L'une des réussites les plus remarquables du système multilatéral cette année concerne également le Yémen. La menace d'une marée noire massive en mer Rouge a été écartée, après que plus d'un million de barils de pétrole ont été transférés sur un navire de sauvetage à partir du Safer, un navire de stockage en détérioration qui était amarré au large des côtes yéménites depuis des années et qui était décrit comme une «bombe à retardement».

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Des techniciens travaillent sur le pont du navire de remplacement alors que le transfert du pétrole du pétrolier FSO Safer en état de détérioration a commencé au large du Yémen, le 25 juillet 2023 (Photo, Reuters/Archives).

«Je crois qu'il s'agit d'une histoire incroyable due à une coalition improbable du secteur privé, notamment des compagnies pétrolières, des gouvernements nationaux et d'un effort de financement collectif qui a fait appel à des individus du monde entier. Des écoliers de Bethesda, dans le Maryland, ont vendu de la limonade parce qu'ils se sont sentis concernés par les conséquences environnementales de cette marée noire si elle s'était produite», a indiqué Lenderking.

Il a poursuivi: «C'est en quelque sorte un modèle de coopération, car nous avons travaillé ensemble pour éviter un problème avant qu'il ne devienne une crise. Cela n'arrive pas souvent sur la scène internationale. Ici, à New York, presque toutes les conversations portent sur quelque chose qui s'est déjà produit et qui doit être maîtrisé. Il s'agit donc d'un effort formidable.»

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Des Yéménites déplacés par le conflit reçoivent de l'aide alimentaire et des fournitures pour répondre à leurs besoins de base dans un camp du district de Hays dans la province occidentale d’Al- Hodeïda ravagée par la guerre, le 31 août 2022. (Photo, AFP)

En revanche, le Yémen reste l'une des plus grandes crises humanitaires au monde. En 2023, 21,6 millions de Yéménites avaient besoin d'une aide humanitaire sous une forme ou une autre, car 80% de la population a du mal à se nourrir et à accéder aux services de base. Les Nations unies ont lancé un appel au financement, mais seulement 30% de l'objectif a été atteint jusqu'à présent.

«L'économie du Yémen est en ruine. La capacité économique du pays doit être redynamisée», a déclaré Lenderking. «Je pense qu'il y a une volonté de le faire. Nous sommes en contact régulier avec les institutions financières internationales comme le FMI et la Banque mondiale. Et puis il y a la méfiance qui doit être corrigée par le type d'engagement personnel que nous observons entre les parties qui, jusqu'à présent, se tiraient dessus. Maintenant, ils se parlent.»

«Actuellement, le résultat et l'objectif communs doivent être la paix: un accord de paix, reliant ces différents éléments positifs et les poussant avec un soutien international sous l'égide des Nations Unies. Il incombe en fin de compte à l'ONU d'établir une feuille de route, de capitaliser sur tous ces mouvements positifs et de les orienter vers des négociations entre les Yéménites», a soutenu Lenderking.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


L'Iran dit avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït

L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
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  • Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat
  • L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué, l'armée a indiqué avoir visé "des abris d'avions de combat, des systèmes de communication par satellite et des installations de stockage d'équipement sur la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït".

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm".

Selon des médias iraniens jeudi, trois membres d'une même famille ont été tués dans des frappes contre cette île située dans le détroit d'Ormuz.

La revendication de l'armée iranienne intervient alors que selon le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, les belligérants négocient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements réciproques mercredi et jeudi.

La diplomatie pakistanaise a affirmé faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient, dont le Koweït.


Trump annonce un accord sur le désarmement du Hamas à Gaza

Donald Trump a annoncé jeudi qu'un accord avait été conclu sur le désarmement du Hamas dans la bande de Gaza, un des points clés de la deuxième phase du plan de paix du président américain. (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi qu'un accord avait été conclu sur le désarmement du Hamas dans la bande de Gaza, un des points clés de la deuxième phase du plan de paix du président américain. (AFP)
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  • Des négociations se tiennent depuis des semaines en Egypte pour mettre en oeuvre la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, entré en vigueur en octobre dernier et visant à mettre fin définitivement à la guerre
  • Cette phase prévoit notamment le désarmement du Hamas, un retrait israélien progressif du territoire palestinien et le déploiement d'une force internationale de stabilisation

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi qu'un accord avait été conclu sur le désarmement du Hamas dans la bande de Gaza, un des points clés de la deuxième phase du plan de paix du président américain.

Des hauts responsables du mouvement islamiste palestinien ont confirmé à l'AFP qu'un accord avait été trouvé "concernant la question des armes" et "un retrait progressif" des forces israéliennes de Gaza.

Des négociations se tiennent depuis des semaines en Egypte pour mettre en oeuvre la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, entré en vigueur en octobre dernier et visant à mettre fin définitivement à la guerre.

Cette phase prévoit notamment le désarmement du Hamas, un retrait israélien progressif du territoire palestinien et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.

"Aujourd'hui, le Conseil de Paix", créé par Donald Trump pour la reconstruction de Gaza, "a conclu un accord historique pour le désarmement complet du Hamas et de tous les autres groupes armés à Gaza. Il s'agit d'une étape monumentale vers une paix et une sécurité durables", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Il a également déclaré que les forces israéliennes se retireraient de Gaza "à mesure que le désarmement s'achève".

Le Hamas compte sur les médiateurs et le "Conseil de paix" pour obliger Israël à respecter les termes de l'accord, ont dit à l'AFP des responsables du mouvement.

"Grande convergence" 

La Force internationale de stabilisation, une structure naissante censée regrouper des troupes multinationales opérant sous l'égide du "Conseil de paix", collaborera ensuite "avec une nouvelle force de police palestinienne pour garantir la sécurité à Gaza", a ajouté le président américain.

Une réunion des médiateurs, parmi lesquels figurent l'Egypte, les États-Unis, le Qatar et la Turquie, doit se dérouler "bientôt" au Caire, a rapporté tôt vendredi la chaîne Al-Qahera News, proche de l'État égyptien.

Selon un responsable du Hamas, les armes doivent être remises au Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), une instance de technocrates palestiniens qui doit gérer, pendant la période de transition, la vie quotidienne à Gaza.

"Le Comité national sera la seule entité habilitée à détenir, stocker ou contrôler des armes à Gaza", a déclaré ce responsable à l'AFP.

Actuellement basé en Egypte, le NCAG est empêché par Israël d'accéder à la bande de Gaza, selon les médias égyptiens et palestiniens.

Transfert des responsabilités 

Israël, qui contrôle aujourd'hui plus de 60% de ce territoire, exigeait un désarmement complet du Hamas et des autres groupes palestiniens avant toute progression dans la feuille de route.

Le Hamas avait annoncé début juillet dissoudre le comité qui administrait les affaires civiles de la bande de Gaza depuis 2007, quand il avait pris le pouvoir dans le territoire côtier, et dit vouloir transférer ces responsabilités au NCAG.

Alors que le NCAG est présenté comme une structure temporaire, plusieurs responsables européens et arabes insistent sur la nécessité d'une perspective politique plus large impliquant les institutions palestiniennes existantes.

Israël, opposé à tout retour du Hamas au pouvoir, refuse aussi à ce stade une prise de contrôle directe de Gaza par l'Autorité palestinienne, basée à Ramallah.

L'Egypte joue depuis longtemps un rôle de médiateur entre les groupes armés palestiniens et Israël auquel Le Caire est lié par un traité de paix.

L'attaque sans précédent menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 a déclenché une offensive israélienne dévastatrice dans la bande de Gaza, faisant plus de 73.300 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Malgré le cessez-le-feu, les violences se poursuivent à Gaza où des frappes israéliennes ont fait jeudi au moins quatre morts, selon les autorités sanitaires locales.

Ce territoire surpeuplé reste plongé dans une profonde crise humanitaire.

 


Liban: l'armée israélienne procède à des explosions massives près du château de Beaufort

L'armée israélienne a utilisé 700 tonnes d'explosifs pour détruire ce qu'elle affirme être un réseau de tunnels. (Tsahal)
L'armée israélienne a utilisé 700 tonnes d'explosifs pour détruire ce qu'elle affirme être un réseau de tunnels. (Tsahal)
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  • L'armée israélienne affirme avoir détruit des tunnels du Hezbollah près de la forteresse de Beaufort, classée au patrimoine mondial en péril de l'Unesco, à l'aide de 700 tonnes d'explosifs
  • L'opération est présentée comme une réponse à une violation du cessez-le-feu imputée au Hezbollah

BEYROUTH: Les forces israéliennes ont procédé à des explosions massives dans la nuit près de la forteresse de Beaufort dans le sud du Liban, classée par l'Unesco, a rapporté un média officiel libanais vendredi, Israël affirmant détruire des tunnels du Hezbollah pro-iranien.

"Les forces israéliennes ont provoqué de très puissantes explosions vers minuit", notamment "dans le secteur de la forteresse de Beaufort", a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Ce château fort datant de l'époque des Croisés, situé dans la zone du sud occupée par Israël, a été inscrit la semaine dernière sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco.

Un correspondant de l'AFP dans un village proche a indiqué avoir entendu d'énormes explosions et vu la poussière recouvrir de larges zones boisées de la région.

Dans un communiqué commun, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit "les tunnels terroristes dans la région de Beaufort", à l'aide de quelque 700 tonnes d'explosifs.

Ils ont affirmé que ces explosions étaient intervenues après la "violation flagrante du cessez-le-feu par le Hezbollah" mercredi.

L'armée israélienne a accusé mercredi le Hezbollah d'avoir violé le cessez-le-feu en lançant un drone explosif contre un véhicule militaire israélien dans le sud du pays.

Le Hezbollah n'a pas revendiqué d'attaque contre Israël depuis le 20 juin.

La formation chiite avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, et son armée continue d'occuper des zones du sud du Liban sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire du pays voisin.