Tunisie: le chef d'Ennahdha Rached Ghannouchi en grève de la faim

Le chef du mouvement islamiste tunisien Ennahdha, Rached Ghannouchi, salue ses partisans à son arrivée au poste de police de Tunis, le 21 février 2023, en réponse à la convocation d'un juge d'instruction. (Photo Fethi Belaid AFP)
Le chef du mouvement islamiste tunisien Ennahdha, Rached Ghannouchi, salue ses partisans à son arrivée au poste de police de Tunis, le 21 février 2023, en réponse à la convocation d'un juge d'instruction. (Photo Fethi Belaid AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 29 septembre 2023

Tunisie: le chef d'Ennahdha Rached Ghannouchi en grève de la faim

  • Incarcéré depuis le 17 avril, M. Ghannouchi, 82 ans, «a décidé d'entamer une grève de la faim de trois jours pour dénoncer des poursuites politiques arbitraires et sans fondements contre les opposants», a indiqué Imed Khemiri, porte-parole d'Ennahdha
  • M. Ghannouchi a entamé sa grève de la faim «pour défendre la demande de libération de tous les prisonniers politiques et lever cette injustice à leur encontre», a affirmé le parti Ennahdha dans un communiqué publié vendredi

TUNIS : Le chef historique du parti islamo-conservateur Ennahdha, Rached Ghannouchi, a commencé vendredi une grève de la faim de trois jours pour dénoncer sa détention et pour exprimer son «soutien» aux autres «prisonniers politiques» en Tunisie, a annoncé son mouvement à l'AFP.

Incarcéré depuis le 17 avril, M. Ghannouchi, 82 ans, «a décidé d'entamer une grève de la faim de trois jours pour dénoncer des poursuites politiques arbitraires et sans fondements contre les opposants», a indiqué Imed Khemiri, porte-parole d'Ennahdha.

«C'est en soutien aussi à la grève de la faim entamée par Jawhar Ben Mbarek», un opposant connu de la gauche, responsable au Front de salut national (FSN), principale coalition de l'opposition en Tunisie.

M. Ben Mbarek, critique virulent du président Kais Saied arrêté le 24 février, observe une grève de la faim depuis quatre jours pour dénoncer sa détention «injuste», selon sa soeur, l'avocate Dalila Masaddek.

M. Mbarek a entamé «une grève de la faim illimitée jusqu'à ce qu'on lui lève cette injustice», a déclaré vendredi lors d'une conférence de presse Ahmed Néjib Chebbi, président du FSN.

«Face à la détermination du pouvoir à écarter les opposants par des dossiers judiciaires sans fondements, il ne reste aux prisonniers politiques que de militer avec la grève de la faim», a déploré pour sa part M. Khemiri.

M. Ghannouchi a entamé sa grève de la faim «pour défendre la demande de libération de tous les prisonniers politiques et lever cette injustice à leur encontre», a affirmé le parti Ennahdha dans un communiqué publié vendredi.

«Il a plus de 80 ans. Il est une personnalité qui a la santé de son âge et qui se trouve dans des conditions difficiles d'incarcération», a déclaré M. Chebbi à l'AFP.

«Aujourd'hui, toute personnalité politique ou nationale ayant une pensée indépendante risque la prison pour n'importe quelle raison», a-t-il déploré.

«Les libertés se sont effondrées dans notre pays parce que les institutions ont été cassées, la constitution déchirée, le pouvoir accaparé par une seule personne. C'est le règne de l'arbitraire», a-t-il dénoncé.

M. Chebbi a appelé de nouveau à se mobiliser contre «une menace générale» ciblant, selon lui, les politiciens, les syndicalistes, les blogueurs, les hommes d'affaires, les responsables et fonctionnaires.

M. Ghannouchi a été arrêté en avril après avoir déclaré que la Tunisie serait menacée d'une «guerre civile» si les partis de gauche ou ceux issus de l'islam politique comme le sien, y étaient éliminés.

Le 15 mai, il a été condamné à un an de prison pour «apologie du terrorisme» dans le cadre d'une autre affaire.

Il est le plus célèbre opposant emprisonné depuis le coup de force du président Saied qui s'est arrogé les pleins pouvoirs en juillet 2021.


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Short Url
  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Short Url
  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Short Url
  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.