Guterres appelle à mettre fin au «cercle vicieux» de l’effusion de sang alors que le conflit à Gaza s’intensifie

Du feu et de la fumée s’élèvent à la suite d’une frappe aérienne israélienne dans la ville de Gaza. (AP)
Du feu et de la fumée s’élèvent à la suite d’une frappe aérienne israélienne dans la ville de Gaza. (AP)
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Publié le Mercredi 11 octobre 2023

Guterres appelle à mettre fin au «cercle vicieux» de l’effusion de sang alors que le conflit à Gaza s’intensifie

  • Antonio Guterres se dit «profondément affligé» par la décision des autorités israéliennes de répondre aux attaques en imposant un siège total à Gaza, déjà sous blocus depuis 2007
  • Il insiste sur l’importance de respecter et de protéger les civils à tout moment, affirmant que les infrastructures et sites civils ne doivent pas être pris pour cible

NEW YORK: Le secrétaire général de l’Organisation des nations unies (ONU), Antonio Guterres, a appelé lundi à mettre fin à «ce cercle vicieux d’effusion de sang, de haine et de polarisation», au troisième jour du conflit entre le Hamas et Israël.

Il condamne une fois de plus les «attaques odieuses du Hamas et d’autres groupes», menées depuis Gaza, contre des villes et villages israéliens. Elles ont fait huit cents morts parmi les Israéliens et plus de deux mille cinq cents blessés depuis qu’elles ont commencé samedi.

«Je reconnais les revendications légitimes du peuple palestinien, mais rien ne peut justifier ces actes de terreur, les meurtres, les mutilations et les enlèvements de civils», déclare Antonio Guterres en réitérant son appel à l’arrêt immédiat des attaques et à la libération de tous les otages.

Il reconnaît que la violence ne naît pas de rien, mais découle d’un «conflit de longue date avec une occupation de cinquante-six ans, sans issue politique en vue».

Il ajoute être «profondément affligé» par la décision des autorités israéliennes de répondre aux attaques en imposant un siège total à Gaza, déjà sous blocus depuis 2007.

Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a déclaré, lundi, que son pays imposerait un «siège complet» à la bande de Gaza, où les 2,3 millions de personnes qui y vivent ne recevront «ni électricité, ni nourriture, ni eau, ni gaz – tout est fermé».

S’exprimant après une réunion extraordinaire avec les dirigeants de l’ONU pour discuter de la situation à Gaza, M. Guterres déclare: «La situation humanitaire à Gaza était particulièrement désastreuse avant ces hostilités. Désormais, la situation ne fera que se détériorer de façon exponentielle.»

En plus du siège, les autorités israéliennes ont répondu aux attaques en lançant des frappes aériennes massives qui ont pilonné Gaza, tuant plus de cinq cents Palestiniens, dont des femmes et des enfants, et en blessant plus de trois mille. M. Guterres exprime sa profonde inquiétude face à ces chiffres, soulignant qu’ils continuent d’augmenter à mesure que les opérations israéliennes se poursuivent.

«Même si je reconnais les préoccupations légitimes d’Israël en matière de sécurité, je rappelle également à Israël que les opérations militaires doivent être menées dans le strict respect du droit humanitaire international», soutient-il.

Il insiste sur l’importance de respecter et de protéger les civils à tout moment, affirmant que les infrastructures et sites civils ne doivent pas être pris pour cible.

«Nous avons déjà reçu des informations selon lesquelles des missiles israéliens ont frappé des établissements de santé à l’intérieur de Gaza, ainsi que des tours résidentielles à plusieurs étages et une mosquée», précise M. Guterres.

«Deux écoles de l’Unrwa abritant des familles déplacées à Gaza ont également été touchées», ajoute-t-il, faisant référence à l’Office de secours et de travaux des nations unies pour les réfugiés de Palestine qui fournit une aide humanitaire et une aide au développement aux réfugiés palestiniens.

«Quelque cent trente-sept mille personnes trouvent actuellement refuge dans les installations de l’Unrwa et ce nombre augmente à mesure que les bombardements intenses et les frappes aériennes se poursuivent.»

Gaza a désespérément besoin d’équipements médicaux, de nourriture, de carburant et d’autres fournitures humanitaires, souligne M. Guterres. Par ailleurs, il est indispensable de garantir un accès sûr pour les travailleurs humanitaires. Il a promis que les efforts de l’ONU en vue de fournir une assistance pour répondre aux besoins de ce territoire démuni se poursuivraient, appelant la communauté internationale à mobiliser un soutien humanitaire immédiat à cette fin.

Il insiste également sur la nécessité, «même dans les pires moments, et peut-être surtout dans les moments les plus difficiles», de se projeter sur le long terme et d’éviter toute action irréversible qui pourrait enhardir les extrémistes et compromettre les perspectives d’une paix durable.

«Israël doit voir ses besoins légitimes de sécurité se matérialiser et les Palestiniens doivent voir une perspective claire pour l’établissement de leur propre État se concrétiser», insiste Antonio Guterres.

«Seule une paix négociée capable de répondre aux aspirations nationales légitimes des Palestiniens et des Israéliens, ainsi qu’à leur sécurité – la vision de longue date d’une solution à deux États conforme aux résolutions des Nations unies, au droit international et aux accords antérieurs – peut apporter une paix à long terme pour la population de ce pays et de la région du Moyen-Orient dans son ensemble.»

Il ajoute que Tor Wennesland, le coordinateur spécial de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, et lui-même s’entretiennent avec les dirigeants de la région pour exprimer «notre inquiétude et notre indignation en faisant progresser les efforts afin d’éviter tout débordement sur l’ensemble du Moyen-Orient».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Netanyahu affirme qu'il ne permettra pas l'établissement d'un «Etat palestinien à Gaza»

Israël ne permettra pas la création d'un Etat palestinien et certainement pas à Gaza, a déclaré mardi soir le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, affirmant que son pays conserverait le contrôle sécuritaire de toute la zone allant du Jourdain à la Méditerranée. (AFP)
Israël ne permettra pas la création d'un Etat palestinien et certainement pas à Gaza, a déclaré mardi soir le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, affirmant que son pays conserverait le contrôle sécuritaire de toute la zone allant du Jourdain à la Méditerranée. (AFP)
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  • "J'entends dire que j'autoriserais la création d'un État palestinien à Gaza. Cela n'a pas eu lieu et cela n'arrivera pas"
  • "Aujourd'hui comme demain, nous ne le permettrons pas", a-t-il ajouté, affirmant qu'"Israël maintiendra son contrôle sécuritaire sur l'ensemble de la zone allant du Jourdain à la mer" Méditerranée

JERUSALEM: Israël ne permettra pas la création d'un Etat palestinien et certainement pas à Gaza, a déclaré mardi soir le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, affirmant que son pays conserverait le contrôle sécuritaire de toute la zone allant du Jourdain à la Méditerranée.

"J'entends dire que j'autoriserais la création d'un État palestinien à Gaza. Cela n'a pas eu lieu et cela n'arrivera pas", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, se vantant d'avoir "empêché à maintes reprises la création d'un État palestinien".

"Aujourd'hui comme demain, nous ne le permettrons pas", a-t-il ajouté, affirmant qu'"Israël maintiendra son contrôle sécuritaire sur l'ensemble de la zone allant du Jourdain à la mer"  Méditerranée, soit Israël et l'ensemble des Territoires palestiniens occupés.

 


L'Iran salue tout processus visant à prévenir la guerre, déclare le président au prince héritier saoudien

Le président iranien Masoud Pezeshkian s’est entretenu mardi au téléphone avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, allié clé des Etats-Unis, après que Donald Trump s'est prévalu de l'envoi d'une  "armada" dans le Golfe. (AFP)
Le président iranien Masoud Pezeshkian s’est entretenu mardi au téléphone avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, allié clé des Etats-Unis, après que Donald Trump s'est prévalu de l'envoi d'une  "armada" dans le Golfe. (AFP)
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  • Le président iranien Masoud Pezeshkian s’est entretenu mardi au téléphone avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane
  • "Les menaces (...) des Américains visent à perturber la sécurité de la région et n'auront d'autre résultat que de l'instabilité pour eux", a averti M. Pezeshkian, selon le bureau de la présidence iranienne

PARIS: Le président iranien Masoud Pezeshkian s’est entretenu mardi au téléphone avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, allié clé des Etats-Unis, après que Donald Trump s'est prévalu de l'envoi d'une  "armada" dans le Golfe.

"Les menaces (...) des Américains visent à perturber la sécurité de la région et n'auront d'autre résultat que de l'instabilité pour eux", a averti M. Pezeshkian, selon le bureau de la présidence iranienne.

Donald Trump a menacé à plusieurs reprises d'intervenir militairement lors de la violente répression du récent mouvement de contestation en Iran, et une force navale américaine a été déployée lundi dans la région.

 

 


Israël tourne une page avec le retour de son dernier otage à Gaza

L'armée a indiqué qu'à "l'issue de la procédure d'identification", elle avait "informé la famille de l'otage Ran Gvili , (...) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé". (Reuters)
L'armée a indiqué qu'à "l'issue de la procédure d'identification", elle avait "informé la famille de l'otage Ran Gvili , (...) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé". (Reuters)
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  • Cet épilogue devrait permettre l'avancée du plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien, et notamment la réouverture du poste-frontière de Rafah avec l'Egypte, seule porte de sortie de la bande de Gaza
  • "Nous sommes au seuil de la prochaine phase" du plan américain, a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Mais "la prochaine phase, ce n'est pas la reconstruction", elle consiste "à désarmer le Hamas et à démilitariser" Gaza

JERUSALEM: "Nous pouvons enfin dire: il n'y a plus d'otages à Gaza": Israël a rapatrié lundi le corps de Ran Gvili, le dernier d'entre eux, marquant la fin du long combat des familles dans une société traumatisée par l'attaque du 7-Octobre.

Cet épilogue devrait permettre l'avancée du plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien, et notamment la réouverture du poste-frontière de Rafah avec l'Egypte, seule porte de sortie de la bande de Gaza sans passer par Israël.

"Nous sommes au seuil de la prochaine phase" du plan américain, a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Mais "la prochaine phase, ce n'est pas la reconstruction", elle consiste "à désarmer le Hamas et à démilitariser" Gaza, a-t-il ajouté.

L'armée avait auparavant indiqué qu'à "l'issue de la procédure d'identification", elle avait "informé la famille de l'otage Ran Gvili , (...) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé".

M. Netanyahu a salué "une réussite extraordinaire pour l'Etat d'Israël". "Nous les avons tous ramenés, jusqu'au tout dernier captif", a-t-il dit au Parlement.

Le gouvernement "a accompli sa mission morale", s'est-il prévalu, l'armée se félicitant d'avoir tenu sa promesse de "ne jamais abandonner personne".

"C'est une période qui touche à sa fin", réagit à Tel-Aviv Orna Cheled, une habitante de 70 ans, qui se dit "très émue".

"Mais je ne sens pas que la situation est résolue, que c'est vraiment la fin (...) au final, nous voulons juste vivre en paix", ajoute-t-elle.

"Ça ressemble à une forme de clôture. C'est très émouvant", témoigne aussi Rebecca Geller, 46 ans, une ancienne employée du Forum des familles, la principale association israélienne de proches de captifs.

"TRAVAIL EXTRAORDINAIRE! (...) Félicitations à ma formidable équipe de champions!!!", a écrit pour sa part Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Dans le même temps, neuf prisonniers palestiniens ont été libérés par Israël et hospitalisés à Gaza, selon l'hôpital des Martyrs d'Al-Aqsa, à Deir el-Balah (centre).

Fin du "combat" 

Lors de l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza, 251 personnes, dont 44 mortes, avaient été enlevées pour servir d'otages.

Sur les 207 otages pris vivants, 41 sont morts ou ont été tués en captivité.

Ran Gvili, un policier, était tombé au combat à 24 ans en défendant le kibboutz Aloumim.

Seule sa dépouille n'avait jusque-là pas été rendue à Israël dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur à Gaza sous pression américaine le 10 octobre.

"Avec le retour de (Ran) Gvili, un héros qui a donné sa vie pour défendre sa communauté, nous pouvons enfin dire: il n'y a plus d'otages à Gaza", a écrit le Forum des familles.

"Ce qui avait commencé dans un choc inimaginable est devenu l'un des combats civiques, moraux et humains les plus obstinés de l'Histoire", a-t-il ajouté, un combat désormais "terminé".

Les chaînes de télévision ont diffusé en boucle des images du cercueil de Ran Gvili, recouvert d'un drapeau israélien et entouré de soldats.

"Tu devrais voir les honneurs qu'on te rend ici. Toute la police est avec toi, toute l'armée (...) tout le peuple (...) Je suis fier de toi, mon fils", a lancé son père lors d'un hommage.

Dimanche, les forces israéliennes avaient lancé des fouilles dans un cimetière du nord de Gaza.

Le Hamas avait auparavant indiqué avoir donné aux médiateurs dans le conflit "tous les détails et informations" qu'il détenait sur l'emplacement du corps. Il a affirmé que sa découverte confirmait son "engagement" pour le cessez-le feu.

"Voyager est un rêve" 

Le retour de ce dernier otage ouvre la voie à la réouverture de Rafah, passage crucial pour l'acheminement de l'aide humanitaire.

Elle est réclamée de longue date par les Nations Unies et la communauté humanitaire, mais Israël a déjà précisé qu'elle serait "limitée" aux piétons et soumise à "un mécanisme complet d'inspection israélien".

Sur le terrain, alors que les deux parties s'accusent mutuellement de violer quotidiennement la trêve, la situation humanitaire reste dramatique pour les quelque 2,2 millions d'habitants palestiniens.

"Le monde ne se soucie pas de nous. Pour nous, voyager est un rêve de retour à la vie", témoigne Maha Youssef, 37 ans, déplacée à Gaza-ville par la guerre.

"Même si cela est financièrement difficile et probablement instable, mes enfants pourraient voir à quoi ressemble une vie normale et la vivre et au moins, ils pourraient aller à l'école", ajoute-t-elle.

La deuxième étape du plan Trump, endossé par le Conseil de sécurité de l'ONU en novembre, prévoit, outre le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.

Le secrétaire général de l'ONU a salué lundi le retour du corps de Ran Gvili, appelant à une "mise en oeuvre intégrale" de l'accord de cessez-le-feu après plus de deux ans de guerre.