Gaza: «Même les guerres ont des règles», insiste le chef de l'ONU

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, aborde la situation en Israël et à Gaza (Photo, AFP).
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, aborde la situation en Israël et à Gaza (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 14 octobre 2023

Gaza: «Même les guerres ont des règles», insiste le chef de l'ONU

  • «La situation à Gaza a atteint un plus bas dangereux», a déclaré à la presse Antonio Guterres, décrivant un «système de santé au bord de l'effondrement»
  • Le secrétaire général s'est d'autre part inquiété d'un risque de débordement des hostilités dans la région

NATIONS UNIES: "Même les guerres ont des règles", a lancé vendredi le secrétaire général de l'ONU avant un Conseil de sécurité sur la situation en Israël et à Gaza, réclamant un accès humanitaire "immédiat" à l'enclave palestinienne en état de siège.

«La situation à Gaza a atteint un plus bas dangereux», a déclaré à la presse Antonio Guterres, décrivant un «système de santé au bord de l'effondrement», des "morgues qui débordent" et "une crise de l'eau" dans l'enclave palestinienne en état de siège.

"Après des jours de frappes aériennes, les forces armées israéliennes ont ordonné aux Palestiniens de la ville de Gaza et de ses environs de partir vers le sud du territoire", a-t-il noté.

"Déplacer plus d'un million de personnes à travers une zone de guerre densément peuplée vers une zone sans nourriture, sans eau ou logement, alors que le territoire entier est en état de siège, est extrêmement dangereux, et parfois tout simplement impossible", a-t-il insisté.

Un peu plus tôt, son porte-parole Stéphane Dujarric avait répété l'appel de l'ONU à "annuler" cet ordre d'évacuation, notant qu'Antonio Guterres était "en contact constant" avec les autorités israéliennes "pour les appeler à éviter une catastrophe humanitaire".

"Cela fait six jours que rien n'entre. Un de mes collègues de l'UNRWA (agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens) m'a dit au téléphone qu'il n'avait pas vu une goutte d'eau arriver depuis six jours. On a presque touché le fond", a raconté Stéphane Dujarric.

Interrogé sur le délai de 24 heures, alors que l'armée israélienne a noté que l'évacuation allait "prendre du temps", Stéphane Dujarric a déclaré qu'il pouvait simplement relayer ce qui avait été dit à l'ONU. "Le temps est compté", a-t-il insisté.

"Nous avons besoin d'un accès humanitaire immédiat dans toute la bande de Gaza, pour apporter carburant, nourriture et eau à tous ceux qui en ont besoin", a insisté Antonio Guterres. "Même les guerres ont des règles".

Une évacuation massive du nord de Gaza serait «catastrophique» selon l'OMS

Une évacuation massive du nord de Gaza serait "catastrophique", pour les patients des hôpitaux, les hôpitaux du sud étant déjà à pleine capacité, a estimé vendredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

"Une évacuation massive serait catastrophique pour les patients, le personnel de santé et les autres civils restés sur place ou pris dans le mouvement de masse", a estimé l'OMS dans un communiqué.

Surtout, les quatre hôpitaux du ministère de la Santé dans le sud de la bande de Gaza ont déjà atteint ou dépassé leur capacité, et ne disposent pas des capacités de soins intensifs et des fournitures nécessaires pour traiter les patients supplémentaires, a fait valoir l'OMS.

"Le droit international humanitaire et sur les droits humains doit être respecté et appliqué ; les civils doivent être protégés et ne doivent pas non plus être utilisés comme boucliers", a-t-il ajouté, réclamant à nouveau la libération immédiate de "tous les otages" détenus par le mouvement islamiste palestinien Hamas qui avait lancé samedi une attaque d'une ampleur sans précédent en Israël.

Le secrétaire général s'est d'autre part inquiété d'un risque de débordement des hostilités dans la région.

"Je suis en contact constant avec les dirigeants de la région, pour trouver des moyens de réduire les souffrances et d'empêcher une nouvelle escalade dangereuses en Cisjordanie et ailleurs dans la région, en particulier au sud du Liban", a-t-il ajouté, soulignant que les échanges de tirs "très inquiétants" de part et d'autre de la ligne bleue qui sépare le Liban d'Israël "doivent cesser".

Il a également dénoncé "la haine attisée par ce terrible conflit, au Moyen-Orient et à travers le monde", appelant à combattre "antisémitisme, islamophobie et discours de haine de toutes sortes".


La Turquie met en garde contre «une crise migratoire durable» au Moyen-Orient

La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
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  • "Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan
  • M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre"

ISTANBUL: La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit.

"Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, lors d'une conférence de presse à Ankara avec son homologue canadienne Anita Anand.

M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre".

"La situation humanitaire au Liban est extrêmement préoccupante et risque de s'aggraver en cas d'offensive terrestre (israélienne)", a abondé à ses côtés la cheffe de la diplomatie canadienne, Anita Anand.

 

 


Liban: le bilan des frappes israéliennes s'élève à 912 morts

Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé. (AFP)
Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé
  • Selon l'armée, deux soldats ont été tués "par une frappe israélienne ennemie alors qu'ils circulaient à moto" sur une route de Nabatiyé dans le sud

BEYROUTH: Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé.

Le ministère fait en outre état de 67 femmes et 38 personnels médicaux parmi les tués. Le bilan précédent annoncé la veille par les autorités faisait état de 886 morts.

 

 


L’Arabie saoudite appelle l’ONU à agir contre l’islamophobie

L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie. (Capture d’écran/UNTV)
L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie. (Capture d’écran/UNTV)
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  • Le harcèlement public, les stéréotypes nuisibles et le vandalisme des mosquées « créent la division, approfondissent la méfiance et compromettent les efforts pour bâtir des sociétés inclusives et stables », déclare l’envoyé
  • L’ambassadeur Abulaziz Alwasil exhorte les gouvernements et les plateformes en ligne à renforcer les protections légales et à garantir la responsabilité pour les crimes haineux visant les musulmans

NEW YORK : L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie, soulignant en particulier l’importance des protections légales, de l’éducation et de la coopération internationale.

Il a décrit l’islamophobie comme « un défi sérieux et croissant » et a mis en garde contre ses effets sociaux plus larges.

« Lorsque les musulmans sont harcelés dans l’espace public, lorsque des mosquées sont vandalisées et que des stéréotypes nuisibles se diffusent dans le discours public et sur les plateformes numériques, les conséquences vont bien au-delà d’une seule communauté », a-t-il déclaré.

« Elles créent la division, renforcent la méfiance et compromettent les efforts pour construire des sociétés inclusives et stables. »

Abulaziz Alwasil a exhorté les gouvernements, les autorités éducatives et les plateformes numériques à agir.

« Les gouvernements doivent renforcer les protections légales contre la discrimination et garantir la responsabilité en cas de crimes haineux visant les musulmans, les mosquées et les institutions islamiques », a-t-il ajouté.

« Les efforts doivent également s’attaquer à la propagation des discours de haine sur les plateformes numériques, où la désinformation et les narratifs hostiles peuvent rapidement influencer les perceptions et alimenter l’intolérance. »

L’envoyé saoudien a souligné l’importance de la coopération internationale et l’engagement de Riyad sur cette question.

« L’Arabie saoudite réaffirme que lutter contre l’islamophobie est une part indispensable de la promotion du respect de la diversité religieuse », a-t-il déclaré.

« Lorsque les nations travaillent ensemble pour promouvoir la tolérance et le respect mutuel, elles renforcent les bases d’une coexistence mondiale pacifique. »

« Le Royaume d’Arabie saoudite reste fermement engagé à faire progresser les efforts internationaux pour combattre l’islamophobie, contrer les narratifs qui incitent à l’hostilité et à la discrimination contre les musulmans, en renforçant la coopération, en poursuivant l’engagement avec l’ONU et en soutenant les initiatives qui favorisent la compréhension et le dialogue. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com