Les ambassadeurs arabes à l'ONU appellent à un cessez-le-feu à Gaza et mettent en garde contre le «nettoyage ethnique» des Palestiniens

Les Palestiniens fuient le nord de Gaza vers le sud après que l'armée israélienne a émis un avertissement d'évacuation sans précédent à une population de plus d'un million de personnes dans le nord de Gaza et dans la ville de Gaza pour chercher refuge dans le sud en prévision d'une éventuelle invasion terrestre israélienne (Photo, AP).
Les Palestiniens fuient le nord de Gaza vers le sud après que l'armée israélienne a émis un avertissement d'évacuation sans précédent à une population de plus d'un million de personnes dans le nord de Gaza et dans la ville de Gaza pour chercher refuge dans le sud en prévision d'une éventuelle invasion terrestre israélienne (Photo, AP).
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Publié le Samedi 14 octobre 2023

Les ambassadeurs arabes à l'ONU appellent à un cessez-le-feu à Gaza et mettent en garde contre le «nettoyage ethnique» des Palestiniens

  • L'ambassadeur palestinien exhorte le secrétaire général des Nations unies, Antonio Gutteres, à user de son autorité «morale» pour contribuer à la mise en œuvre d'une trêve et à l'établissement d'un corridor humanitaire
  • Le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, affirme que l'évacuation de 1,2 million de Palestiniens est impossible et ne peut qu'entraîner une catastrophe humanitaire

NEW YORK: Les ambassadeurs arabes auprès de des Nations unies se sont joints vendredi à l’ambassadeur palestinien Riyad Mansour pour demander un cessez-le-feu immédiat dans le conflit entre Israël et le Hamas et un mécanisme permettant l'acheminement de l'aide humanitaire aux personnes dans le besoin à Gaza, où les réserves d'eau, de nourriture, de carburant et d'autres produits essentiels sont en train de s'épuiser.

Mansour a déclaré que tous les dirigeants arabes étaient unis dans leur appel à «arrêter maintenant ce carnage contre le peuple palestinien. Nous devons sauver des vies humaines et nous devons le faire immédiatement».

Désignant les ambassadeurs de tous les pays arabes auprès des Nations unies qui se tenaient à ses côtés au siège des Nations unies à New York, il a ajouté: «Nous sommes unis en tant que groupe arabe. Pour ceux qui pensent qu'il y a un seul diplomate arabe qui n'est pas aux côtés de la Palestine en ce moment, regardez notre unité.»

Mansour s'exprimait à l'extérieur de la salle du Conseil de sécurité alors qu'une réunion se tenait à l'intérieur pour discuter de la situation humanitaire à Gaza. Cette réunion a été convoquée par le Brésil, qui assure la présidence tournante du Conseil ce mois-ci, et soutenue par les Émirats arabes unis.

«En tant qu'êtres humains, en tant que défenseurs du droit humanitaire international, en tant que Conseil de sécurité, nous ne devrions pas permettre qu'une autre Nakba, après 75 ans, s'abatte sur notre peuple, en dépeuplant la bande de Gaza de ses 2,3 millions d'habitants et en les jetant à l'extérieur, en Égypte, pour en faire un problème égyptien», a souligné Mansour.

Les Nations unies ont été informées cette nuit par l'armée israélienne que l'ensemble de la population du nord de Gaza, soit environ 1,2 million de personnes, ainsi que tout le personnel des Nations unies et les personnes réfugiées dans les écoles, les centres de santé et les cliniques de des Nations unies, avaient reçu l'ordre de se déplacer vers la partie sud du territoire dans les 24 heures.

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Les ambassadeurs arabes auprès de l'ONU ont appelé à un cessez-le-feu dans le conflit entre Israël et le Hamas. (Photo, Arab News)

Mansour a demandé à Guterres «d'utiliser le pouvoir moral de la fonction de secrétaire général pour nous aider à mettre en œuvre ce plan en trois points: cessez-le-feu, aide humanitaire et prévention du nettoyage ethnique.»

Le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, a prévenu qu'une telle évacuation est «impossible à réaliser sans conséquences humanitaires dévastatrices». Il a lancé un appel pour que «tout ordre de ce type soit annulé» et a ajouté: «Cela pourrait transformer ce qui est déjà une tragédie en une situation calamiteuse.»

Gaza connaît une panne d'électricité totale et les services essentiels de santé, d'eau et d'assainissement sont «au bord de l'effondrement», a alerté Dujarric.

«Les hôpitaux ne disposent que de quelques heures d'électricité par jour, car ils sont contraints de rationner les réserves de carburant qui s'épuisent», a-t-il ajouté. «Ils sont également confrontés à de graves pénuries de médicaments et de sang.»

Aucune aide humanitaire ne peut actuellement entrer dans la bande de Gaza car les points de passage restent fermés, a-t-il éclairci, et les travailleurs de l'ONU sur le terrain signalent que les fournitures de l'organisation dans le territoire ont atteint «le fond du baril».

Le représentant permanent de la Jordanie auprès des Nations unies, Mahmoud Hmoud, est également le président du groupe arabe aux Nations unies. Il a déclaré que le premier objectif du groupe était de veiller à ce qu'une résolution adoptée mercredi par le Conseil ministériel de la Ligue arabe soit mise en œuvre. Cette résolution appelle à la fin du conflit, à l'accès de l'aide humanitaire à Gaza «afin d’éviter la calamité et la catastrophe qui se déroulent actuellement sous nos yeux», et exhorte la communauté internationale et les Nations unies d'empêcher le transfert forcé des Palestiniens du nord de Gaza vers le sud, ce qui, selon lui, «entraînera des déplacements massifs de la population palestinienne».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: les explosions israéliennes près d'un château menacent l'accord-cadre bilatéral, dit le président

De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Liban accuse Israël de menacer l'accord-cadre bilatéral après de puissantes explosions près du château de Beaufort, attribuées à la destruction de tunnels du Hezbollah
  • Israël affirme avoir ciblé des infrastructures du Hezbollah après une violation du cessez-le-feu, tandis que de nouveaux pourparlers sont prévus à Rome

BEYROUTH: Le Liban a jugé vendredi que les explosions massives provoquées par l'armée israélienne, pour selon elle détruire des tunnels du Hezbollah, près du château de Beaufort, dans le sud, menaçaient l'application de l'accord-cadre bilatéral conclu récemment.

"Les forces israéliennes ont provoqué de très puissantes explosions vers minuit", notamment "dans le secteur de la forteresse de Beaufort", classée par l'Unesco, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Le président libanais, Joseph Aoun, a dénoncé "une escalade extrêmement dangereuse (...) et une menace directe" pour la mise en oeuvre de l'accord-cadre conclu en juin entre le Liban et Israël sous égide américaine.

Cet accord prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe toujours une partie du sud du pays - sous réserve d'un désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Les Etats-Unis ont confirmé lundi la tenue de nouveaux pourparlers entre Israël et le Liban, à Rome du 4 au 6 août, en vue notamment d'étendre ce processus.

"Le timing de ces agressions (...) envoie des messages négatifs et sape les efforts internationaux visant à consolider la stabilité", à quelques jours de ces nouveaux pourparlers, a déploré la présidence dans un communiqué.

Les explosions ont "provoqué des ondes équivalant à celles d'un séisme", a-t-elle pointé.

L'Ani a fait ensuite état dans la soirée de trois nouveaux dynamitages israéliens "violents" dans la région méridionale de Marjeyoun.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a condamné "les agressions israéliennes continues dans le sud, sous forme d'explosions, bombardements et destructions méthodiques", y compris "les atteintes aux sites archéologiques".

Le château de Beaufort datant de l'époque des Croisés, situé dans la zone du sud occupée par Israël, a été inscrit la semaine dernière sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco.

Selon le ministère libanais de la Culture, les explosions "pourraient avoir causé des dégâts aux abords de la forteresse", dont l'ampleur "ne pourra être évaluée qu'à l'issue d'une inspection sur le terrain", actuellement impossible.

Un correspondant de l'AFP dans un village proche a entendu d'énormes déflagrations et vu la poussière recouvrir de larges zones boisées de la région. Des fenêtres ont été brisées dans des maisons de villages alentour, selon l'Ani.

Dans un communiqué commun, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit "les tunnels terroristes dans la région", utilisant quelque 700 tonnes d'explosifs.

Ils ont affirmé que l'opération faisait suite à une  "violation flagrante du cessez-le-feu par le Hezbollah" mercredi.

L'armée israélienne avait accusé le mouvement chiite pro-iranien d'avoir lancé un drone explosif contre un de ses véhicules dans le sud du pays.

Le Hezbollah n'a pas revendiqué d'attaque contre Israël depuis le 20 juin.

Mais il a appelé vendredi le pouvoir libanais à agir "à tous les niveaux politiques et diplomatiques pour la cessation des crimes de destruction commis par l'ennemi".

Le mouvement avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, et son armée continue d'occuper des zones du sud du Liban.


Frappe contre un pétrolier au large des côtes d'Oman, selon l'agence maritime britannique

Des navires naviguent dans le détroit d'Ormuz, vus depuis la péninsule de Musandam, à Oman, le 31 juillet 2026. (REUTERS/Stringer)
Des navires naviguent dans le détroit d'Ormuz, vus depuis la péninsule de Musandam, à Oman, le 31 juillet 2026. (REUTERS/Stringer)
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  • Un pétrolier a été touché par un projectile non identifié au large de Limah (Oman), près du détroit d'Ormuz, causant des dégâts à la salle des machines, sans faire de victimes
  • Le trafic dans le détroit a chuté de 77 % sur fond de tensions entre l'Iran et les États-Unis

DUBAI: Un pétrolier a été frappé par un "projectile non-identifié" samedi au large de la ville côtière de Limah à Oman, à l'entrée du détroit d'Ormuz, a annoncé l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Selon le rapport de l'UKMTO, le "projectile non-identifié" a causé "des dommages dans la salle des machines". Aucune victime n'a été recensée indique l'agence britannique, qui précise que le navire a été touché à 11 miles nautiques (environ 20 kilomètres) de Limah.

Après la reprise des hostilités avec Washington le 7 juillet, l'Iran a de nouveau verrouillé le détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial des hydrocarbures, revendiquant d'imposer des droits de passage sur les bateaux et autorisant uniquement la route longeant ses côtes.

La plateforme Kpler, a confirmé vendredi sur X que le trafic dans le détroit d'Ormuz a fortement chuté. "Les traversées du détroit d'Ormuz ont diminué de 77% en un jour pour tomber à seulement cinq navires, toutes concentrées dans le cadre du dispositif unilatéral iranien", indique Kpler.

"Les positions publiques des Etats-Unis et de l'Iran demeurant inconciliables, les opérateurs surveillent de près les volumes de trafic, les comportements de routage et toute évolution diplomatique susceptible de remodeler le risque sur les routes maritimes régionales dans les prochains jours", ajoute encore Kpler.


L'Iran dit avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït

L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
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  • Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat
  • L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué, l'armée a indiqué avoir visé "des abris d'avions de combat, des systèmes de communication par satellite et des installations de stockage d'équipement sur la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït".

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm".

Selon des médias iraniens jeudi, trois membres d'une même famille ont été tués dans des frappes contre cette île située dans le détroit d'Ormuz.

La revendication de l'armée iranienne intervient alors que selon le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, les belligérants négocient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements réciproques mercredi et jeudi.

La diplomatie pakistanaise a affirmé faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient, dont le Koweït.