Ray Hanania Show: L’UNRWA alerte sur la gravité de la situation humanitaire à Gaza

Juliette Touma, porte-parole de l'Unrwa et l'avocat israélien Daniel Seidemann (Photo fournie).
Juliette Touma, porte-parole de l'Unrwa et l'avocat israélien Daniel Seidemann (Photo fournie).
Short Url
Publié le Jeudi 26 octobre 2023

Ray Hanania Show: L’UNRWA alerte sur la gravité de la situation humanitaire à Gaza

  • Selon la porte-parole de l'UNRWA, «les besoins augmentent d'heure en heure» dans la bande de Gaza
  • Un avocat israélien reproche à Benjamin Netanyahou de soutenir le Hamas tout en marginalisant l'Autorité palestinienne

CHICAGO: L'ampleur des souffrances humanitaires dans la bande de Gaza a atteint des niveaux sans précédent alors que les frappes aériennes israéliennes continuent de dévaster de larges zones du territoire, selon Juliette Touma, directrice de la communication de l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (Unrwa).

Lors d'une apparition au Ray Hanania Radio Show, elle a brossé un tableau sombre de la situation sur le terrain, révélant: «L'Unrwa est débordé en ce moment à Gaza. Les besoins augmentent d'heure en heure. Nous ne sommes pas fournis. Nous n'avons pas assez de carburant pour procurer de l'aide.»

Le ministère de la Santé de Gaza a déclaré mercredi que le nombre de morts depuis le début de la guerre, le 7 octobre, avait dépassé les 6 500, 756 Palestiniens, dont 344 enfants, ayant été tués par les frappes israéliennes au cours des seules vingt-quatre heures précédentes.

La crise humanitaire en cours est «sans précédent – quatre fois plus que ce que nous avions prévu dans le pire des scénarios», a signalé Touma. «Nous accueillons aujourd'hui quatre fois plus de personnes que ce que nous avions prévu dans le pire des scénarios.»

Bien qu'Israël ait désormais autorisé l'aide humanitaire à entrer dans la bande de Gaza depuis l'Égypte par le poste frontière de Rafah, le seul lien du territoire avec le monde extérieur, Touma a affirmé que cette aide ne représentait qu'une fraction de ce qui était acheminé avant le conflit.

«Nous avons vu un plusieurs convois passer ces trois derniers jours; 54 camions sont entrés à Gaza», a-t-elle indiqué.

Des Palestiniens cherchent des survivants et les corps des victimes dans les bâtiments détruits par les bombardements israéliens à Khan Younès (Photo, AFP).

«Ce n'est absolument rien. Ce sont des cacahuètes. Ce sont des miettes. Si vous comparez ces chiffres avec ceux des Nations unies et l'UNRWA, chaque jour à Gaza, nous devrions voir 500 camions arriver, consacrés uniquement à l'aide, et 100 pour le carburant. Or, en trois jours, nous avons reçu 54 camions et aucun d'entre eux n'avait de carburant», a-t-elle ajouté.

L'Unrwa, l'une des plus anciennes organisations des Nations unies, est au service de la population de Gaza depuis plus de sept décennies. C'est également la plus grande agence des Nations unies active dans la bande de Gaza, avec 13 000 employés, dont de nombreux enseignants. C'est d'ailleurs la seule agence des Nations unies qui gère des écoles. Or, depuis le début de la guerre, l'UNRWA a été contraint de fermer ses écoles à Gaza, privant ainsi au moins 300 000 enfants d'éducation.

«Beaucoup de nos écoles ont été transformées en abris où les gens ont cherché refuge», a déclaré Touma.

Le conflit a fait payer un lourd tribut à l'agence elle-même et à son personnel.

«Nous avons déjà perdu 35 collègues à l'UNRWA», a signalé Touma. «Ils ont été tués. La moitié d'entre eux étaient des enseignants, la moitié des hommes et la moitié des femmes.»

À la suite de l'attaque du 7 octobre par le Hamas, Israël a imposé un embargo strict sur Gaza, privant sa population appauvrie de 2,2 millions de personnes de l'accès à la nourriture, à l'eau, à l'électricité et aux médicaments. Au même moment, l’armée israélienne a lancé des bombardements quotidiens, tuant des milliers de civils.

Touma a exigé la levée du blocus et un cessez-le-feu immédiat.

«Les médicaments, le carburant, la nourriture et l'eau sont des denrées qui manquent cruellement», a-t-elle alerté. «Et je ne pense pas que ce soit trop demander. Ce sont les éléments de base dont les gens ont besoin pour vivre dans la dignité.» Pour cela, «nous devons avoir un cessez-le-feu dès que possible.»

Netanyahou, «soutien» du Hamas

L'avocat israélien Daniel Seidemann, qui a également participé à l'émission de radio de Ray Hanania cette semaine, a déclaré que l'incapacité d'Israël à s'engager correctement auprès de l'Autorité palestinienne et les idées fausses sur la véritable nature du Hamas ont créé les conditions nécessaires à cette attaque sans précédent.

Résident de Jérusalem, membre du barreau israélien et fondateur de l'organisation non gouvernementale Terrestrial Jerusalem, Seidemann a ajouté que la déshumanisation et la répression violente des Palestiniens avaient contribué à cette dernière crise.

Le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza en 2007. Cette milice sunnite, issue des Frères musulmans mais financée et soutenue par l'Iran chiite, s'est engagée dans de multiples conflits avec Israël, qui se sont toujours soldés par des cessez-le-feu fragiles.

Toutefois, l'attaque du 7 octobre, au cours de laquelle 1 400 Israéliens, pour la plupart des civils, ont été tués par des hommes armés du Hamas qui ont franchi la frontière en plusieurs endroits du sud du pays, a marqué un changement fondamental dans ce conflit de longue durée.

«Pendant de nombreuses années, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a soutenu le Hamas, l'a favorisé, ironiquement parce que renforcer le Hamas vous donnerait un prétexte pour ne pas négocier avec l'Autorité palestinienne et Mahmoud Abbas», a déclaré Seidemann à l'émission de radio Ray Hanania, parrainée par Arab News et diffusée chaque semaine sur le réseau américain Arab Radio.

«Il avait une idéologie, fermement ancrée en Israël, selon laquelle le Hamas peut être maîtrisé. Nous n'arriverons pas à la paix. Nous ne devons rien céder. Mais ils peuvent être contenus. Et cette idéologie s'est effondrée le 7 octobre», a-t-il expliqué.

Selon Seidemann, le fait qu'Israël se serve du Hamas comme d'un outil pour saper l'Autorité palestinienne n'a fait que renforcer le groupe armé, tout en ne reconnaissant pas sa véritable nature. Seidemann estime que l'idéologie du Hamas s'inspire de Daech et d'Al-Qaida.

Des employés de l'ONU discutent dans la cour de récréation d'une école gérée par l'Unrwa qui a été convertie en abri à Khan Younès (Photo, AFP).

«C'est quelque chose que je n'avais pas prévu, et je ne crois pas que beaucoup d'Israéliens l'aient envisagé» non plus, a estimé Seidermann.

«L'ancien Premier ministre Ehud Olmert a été le dernier dirigeant israélien à négocier de bonne foi avec l'Autorité palestinienne. Il a fustigé Netanyahou, comme il le fait depuis des années: “C'est un monstre que vous avez créé. Vous avez fait de fausses suppositions à son sujet parce que vous ne vouliez pas traiter avec Mahmoud Abbas.”

«Les Israéliens ont été en sécurité, à bien des égards, grâce à la stabilité de l'Autorité palestinienne. Netanyahou a fait tout ce qu'il a pu pour les marginaliser et le Hamas en a été l'instrument.»

En marginalisant l'AP, les autorités israéliennes ont simultanément déshumanisé le peuple palestinien, a spécifié Seidemann. Un point de vue omniprésent selon lequel «la vie des Palestiniens a beaucoup moins d'importance, voire n'en a pas du tout» en a résulté.

«Je comprends très bien le sentiment qu'il y a deux poids, deux mesures. Il s'agit d'un double standard à l'échelle mondiale, à bien des égards. C’est dangereux pour moi d'exprimer cela parmi les Israéliens ces jours-ci mais, pour être honnête, c'est ce qu'il en est», a-t-il ajouté.

Selon Seidermann, en réprimant violemment toute forme de dissidence, en pensant que des défenses militaires reposant sur de la haute technologie pouvaient remplacer une solution pacifique et digne et que le monde continuerait à considérer la vie des Palestiniens comme ayant moins de valeur, les conditions d'une réaction violente ont été créées.

«Nous écrasons toute expression politique plus radicale qu'une réunion de scouts, et nous écrasons les réunions pour que les énergies politiques aillent dans la direction de personnes qui ne demandent pas la permission – et certaines d'entre elles sont violentes», a-t-il éclairci.

Le blocage des voies de la résistance pacifique et la poussée de l'opposition palestinienne à l'occupation vers des voies violentes ne sont pas passés inaperçus, ce qui a suscité des efforts pour améliorer les conditions économiques des communautés de Cisjordanie et de Gaza.

«Ces derniers temps, on parle de l'amélioration de la vie des Palestiniens, de l'amélioration de l'économie palestinienne», a indiqué Seidemann. «Non, le déficit dont souffrent les Palestiniens est un déficit de liberté, un déficit de dignité.

«Mes amis de Jérusalem-Est me font part de leur soutien au Hamas sur les réseaux sociaux parce que “nous avons été ignorés pendant des années. Personne ne nous a comptés. Tout le monde nous a contournés. Et malheureusement, le seul langage qu'Israël comprend est celui de la violence”. Et je dois admettre que nous sommes en train de le prouver.»

Interrogé sur la capacité du processus de paix à se remettre de l'attaque du Hamas et de l'assaut sur Gaza qui en a résulté, Seidemann a déclaré que l'issue finale était inconnue, mais que les événements de ces dernières semaines avaient renversé certaines hypothèses de longue date.

«L'opinion publique israélienne est traumatisée et les circonstances ne sont pas propices à une reprise des activités », a estimé Seidermann. «Je pense que l'idée qu'Israël peut intimider et briser la volonté des Palestiniens par une force supérieure a pris un coup et a détruit ce mythe.»

«Oui, vous avez construit ce dôme de fer. Vous avez envoyé des soldats. Vous n'avez pas dit que la seule chose qui peut fonctionner, c'est un accord politique, c'est l'équité et la décence», a-t-il précisé.

Seidemann doute que le gouvernement de Netanyahou change de cap.

«Quel est l'objectif d'Israël? J'aimerais bien le savoir», s’est-il demandé. «Je doute que mon Premier ministre le sache. C'est l'une des raisons, et elles sont nombreuses, pour lesquelles il est temps qu'il parte.»

Un abri pour les Palestiniens déplacés à Khan Younès (Photo, AFP).

«Dans son monde où “nous pouvons reporter ce problème indéfiniment; nous pouvons vivre avec l'occupation sans la traiter; nous pouvons maitriser les Palestiniens; le monde s'en fiche; nous pourrions normaliser et contourner les Palestiniens”, tout cela n'est manifestement pas vrai ou ne l'a pas été pour beaucoup d'entre nous depuis le début.

«Nous entrons désormais dans une guerre. Nous sommes dans une guerre et des opérations terrestres. Je ne vois pas très bien quel est l’objectif. J’entends nos dirigeants, et certains d'entre eux sont d'une bonne foi exemplaire, dire que nous serons victorieux. Qu'entendez-vous par là? Et ils ne l'expliquent pas, si ce n'est qu'ils laissent peut-être entendre qu'ils détruiront le Hamas et que les choses continueront comme avant.»

Si de nombreux membres de la communauté internationale ont exprimé leur solidarité avec Israël à la suite de l'attaque du Hamas, ils ont également appelé le gouvernement et l'armée israéliens à faire preuve de retenue et à permettre à l'aide humanitaire d'atteindre les civils qui ont été empêchés de quitter la bande de Gaza.

Israël a rassemblé des troupes à la frontière avec Gaza en prévision d'une opération terrestre largement attendue. Cette escalade fait craindre que le conflit ne dégénère en une guerre régionale plus large impliquant d'autres mandataires iraniens, notamment le Hezbollah libanais.

Dans ce contexte, Seidemann estime qu'une vision à long terme est nécessaire pour instaurer la paix entre Israël et la Palestine.

«Nous devons penser au lendemain», a soutenu. «Il n'y aura pas de paix. Il y aura des gens profondément traumatisés des deux côtés, qui auront subi des horreurs innommables.

«Nous devons nous relever et reconstruire. Et nous le ferons au Moyen-Orient, dont l'architecture est totalement différente de celle que nous avons connue par le passé.

«Ce n'est pas seulement que la situation est inconnue à l'heure actuelle. Elle est inconnaissable. Mais cela ne nous dispense pas de nous y préparer», a conclu Seidemann.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les femmes premières victimes de la guerre au Soudan, dit une ministre

Les femmes sont les principales victimes des exactions commises pendant la guerre au Soudan, où elles sont confrontées aux « pires violences sexuelles au monde » et à d'autres crimes commis en toute impunité, a déclaré à l'AFP une militante des droits humains devenue ministre des Affaires sociales du gouvernement soutenu par l'armée. (AFP/Fichier)
Les femmes sont les principales victimes des exactions commises pendant la guerre au Soudan, où elles sont confrontées aux « pires violences sexuelles au monde » et à d'autres crimes commis en toute impunité, a déclaré à l'AFP une militante des droits humains devenue ministre des Affaires sociales du gouvernement soutenu par l'armée. (AFP/Fichier)
Short Url
  • Les femmes et les filles soudanaises sont les principales victimes du conflit, avec des violences sexuelles massives, utilisées notamment par les Forces de soutien rapide (FSR) comme arme de guerre et de nettoyage ethnique
  • Plus de 1.800 viols ont été recensés depuis avril 2023, dans un contexte d’impunité généralisée, poussant l’ONU et la CPI à enquêter sur de possibles crimes de guerre

PORT-SOUDAN: Proies faciles d'hommes portés par un sentiment d'impunité, les Soudanaises sont les premières victimes du conflit entre l'armée et les paramilitaires, marqué de violences sexuelles et "condensé de toutes les pires choses" au monde, a déclaré à l'AFP la ministre aux Affaires sociales.

Aux exactions, vols et pillages s'ajoutent les viols "souvent commis en présence de la famille", l'esclavage sexuel et le trafic vers les pays voisins, mais aussi les mariages scellés pour éviter la honte, explique Sulaïma Ishaq al-Khalifa, une militante ayant récemment rejoint le gouvernement pro-armée.

Selon elle, la violence sexuelle existe dans les deux camps, mais elle est "systématique" chez les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), qui l'utilisent "comme arme de guerre" à des fins de "nettoyage ethnique".

"Il n'y a pas d'âge: une femme de 85 ans peut être violée, un enfant d'un an peut être violé", affirme cette psychologue engagée depuis des années dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

Plus de 1.800 viols ont été recensés entre le début de la guerre en avril 2023 et octobre 2025, selon les données de son ministère, qui n'incluent pas les atrocités commises au Darfour et au Kordofan à partir de fin octobre.

Plus des trois-quarts des violences (77%) sont des viols, imputés à 87% aux FSR, selon un récent rapport du réseau Siha qui défend les droits de femmes dans la Corne de l'Afrique.

Les Nations-Unies s'inquiètent depuis plusieurs mois du déchainement des FSR contre les communautés non arabes dans la région du Darfour (ouest). La Cour pénale internationale (CPI) a ouvert une enquête pour "crimes de guerre" visant les deux camps.

- "Très fiers" -

Appelée mi-janvier devant le Conseil de sécurité de l'ONU, la vice-procureure de la CPI Nazhat Shameem Khan a décrit une "situation horrible" à el-Facher - capitale régionale du Darfour prise par les FSR fin octobre -, avec une "campagne organisée" incluant des viols et des exécutions "à grande échelle", parfois "filmés et célébrés" par leurs auteurs, "nourris par un sentiment de totale impunité".

"Il s'agit d'humilier les gens, de les forcer à quitter leurs maisons. Et aussi de briser le tissu social. Lorsque vous utilisez la violence sexuelle comme arme de guerre, cela signifie que vous voulez que la guerre se prolonge indéfiniment" car cela "nourrit l'esprit de vengeance", analyse Sulaïma Ishaq al-Khalifa, qui a reçu l'AFP à son domicile de Port-Soudan.

Le Darfour a déjà connu une période sanglante au début des années 2000. Un ancien chef des milices Janjawid, dont les FSR sont les héritières, a été récemment jugé et condamné par la CPI pour sa responsabilité dans de multiples crimes de guerre, y compris des viols.

"Ce qu'il se passe aujourd'hui est pire. Des viols de masse ont lieu, c'est documenté", dit la ministre à l'AFP. Et les auteurs "sont très fiers de ce qu'ils font, ils ne le voient pas comme un crime".

"On a l'impression qu'ils ont le feu vert pour faire tout ce qu'ils veulent", regrette-t-elle.

Au Darfour, "ils ont dit aux femmes - et cela ressort des témoignages de nombreuses survivantes - qu'elles valaient moins que des êtres humains, les traitant d'esclaves, et que lorsqu'ils les agressaient sexuellement, en fait ils les +honoraient+, parce qu’ils étaient plus instruits qu'elles ou de sang +plus pur+", poursuit-elle.

Pour la ministre, le Soudan est "un condensé de toutes les pires choses qui se sont produites dans le monde".

- Libérer la parole -

A Khartoum et dans plusieurs villes du Darfour, dont el-Facher, des survivantes ont évoqué des viols "commis par des mercenaires francophones venus d'Afrique de l'Ouest, Mali, Burkina Faso, Nigeria, Tchad, mais aussi des Colombiens ou des Libyens", accusés de combattre avec les FSR, selon la ministre.

Et puis, certaines victimes ont été enlevées et cloîtrées comme esclaves sexuelles, d'autres vendues par des réseaux de trafic facilités par l'instabilité et les frontières poreuses, mais les cas sont difficiles à documenter.

Une des difficultés est de libérer la parole des victimes, alors que certaines familles préfèrent les marier de force pour "cacher ce qui s'est passé", surtout en cas de grossesse, explique Sulaïma Ishaq al-Khalifa.

"Nous considérons cela comme une forme de torture", dit-elle, en évoquant les cas "effrayants" de mariages forcés d'enfants et d'adolescentes.

Depuis avril 2023, la guerre au Soudan a fait des dizaines de milliers de morts, des millions de réfugiés et plongé le pays dans la pire crise humanitaire au monde, selon l'ONU.


Un char israélien tire près d’une patrouille de l’armée libanaise et de la FINUL sur fond de tensions croissantes

Vendredi, le président Joseph Aoun a rencontré le président du Parlement Nabih Berri pour discuter de l'escalade israélienne, qui a notamment donné lieu cette semaine au bombardement de zones résidentielles au nord du fleuve Litani, provoquant le déplacement de dizaines de familles. (Fourni)
Vendredi, le président Joseph Aoun a rencontré le président du Parlement Nabih Berri pour discuter de l'escalade israélienne, qui a notamment donné lieu cette semaine au bombardement de zones résidentielles au nord du fleuve Litani, provoquant le déplacement de dizaines de familles. (Fourni)
Short Url
  • Vendredi, le président Joseph Aoun a rencontré le président du Parlement, Nabih Berri, afin d’aborder l’escalade israélienne
  • Joseph Aoun fait face à des critiques croissantes d’activistes proches du Hezbollah, en raison de son insistance répétée sur l’autorité exclusive de l’État en matière d’armement

BEYROUTH : Un char israélien a ouvert le feu vendredi après-midi à proximité d’une patrouille conjointe de l’armée libanaise et de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), dans un nouvel incident venant accroître les tensions le long de la Ligne bleue.

L’obus serait tombé près de Wadi Al-Asafir, au sud de la ville de Khiam, alors que l’armée libanaise et la FINUL menaient une opération de terrain. Selon des témoins, le tir provenait d’une nouvelle position israélienne établie dans la zone de Hamams.

Une source militaire libanaise a déclaré à Arab News :
« Ce n’est pas la première fois que les forces israéliennes prennent pour cible des unités de l’armée libanaise et de la FINUL. Des incidents similaires ont eu lieu lors d’opérations au sud du fleuve Litani, et la FINUL a déjà condamné de tels agissements. »

Plus tôt dans la journée de vendredi, un drone israélien a tiré trois missiles sur un véhicule à Baalbek, dans l’est du Liban, lors d’une tentative d’assassinat qui a échoué. Des témoins ont indiqué que le premier missile a touché une voiture circulant sur la route Majdaloun-Baalbek. Le conducteur, présumé palestinien, a réussi à s’échapper après avoir jeté son téléphone, avant de stationner près de l’hôpital Dar Al-Amal.

Le second missile a manqué sa cible, ne causant que des dégâts matériels, tandis qu’un troisième tir a suivi sans faire de blessés.

Ces attaques interviennent dans un contexte de scepticisme renouvelé d’Israël quant aux efforts du Liban pour confisquer les armes au sud du Litani. Des responsables israéliens ont qualifié l’annonce récente de Beyrouth, faisant état de l’achèvement de la première phase du plan de désarmement, de « coup médiatique destiné à gagner du temps ». Les autorités libanaises assurent, de leur côté, que des progrès sont réalisés dans le cadre d’une stratégie nationale graduelle, soutenue par des partenaires internationaux.

Vendredi, le président Joseph Aoun a rencontré le président du Parlement Nabih Berri afin d’aborder l’escalade israélienne, qui a notamment inclus cette semaine des bombardements de zones résidentielles au nord du Litani, provoquant le déplacement de dizaines de familles.

Joseph Aoun fait par ailleurs face à des critiques croissantes d’activistes proches du Hezbollah, en raison de son insistance répétée sur l’autorité exclusive de l’État en matière d’armement. Une campagne sur les réseaux sociaux lancée jeudi l’a accusé de « trahir la résistance », à travers des vidéos largement diffusées en ligne.

Malgré ces attaques, Nabih Berri soutiendrait la position du président. Un responsable libanais a confié à Arab News :
« Berri continue de jouer un rôle de médiation et estime que le véritable problème réside dans l’absence de pression internationale sur Israël pour qu’il respecte le cessez-le-feu et mette fin à ses violations. »

S’adressant vendredi à une délégation de l’Association des villes frontalières du Sud, Joseph Aoun a affirmé que la stabilité du Liban est impossible sans sécurité dans le Sud.
« Nous coordonnons avec l’armée afin de renforcer sa présence dans les villages frontaliers », a-t-il déclaré. « Notre principale revendication dans les réunions du mécanisme reste le retour en toute sécurité des déplacés et la libération des prisonniers. »

Parallèlement, le Parquet a commencé à convoquer plusieurs personnes accusées d’avoir insulté le président en ligne, dont le journaliste Hassan Alik, qui ne s’est pas présenté vendredi.

Le palais présidentiel a indiqué à Arab News que le chef de l’État n’avait pas déposé de plainte et que la justice avait agi de manière indépendante, conformément au droit libanais, qui criminalise les insultes envers le président.

L’avocate de Hassan Alik, Alia Moallem, a déposé un mémoire juridique estimant que la convocation violait la Constitution et les lois sur la presse, arguant que les propos relevaient du travail journalistique et de la liberté d’expression.

Dans un communiqué, le Syndicat des rédacteurs en chef de la presse libanaise a appelé les journalistes à faire preuve de responsabilité dans ce contexte sensible, tout en réaffirmant l’importance de protéger la liberté d’expression garantie par la loi libanaise.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’Arabie saoudite accueillera la réunion du WEF sur la collaboration et la croissance mondiale en avril

Le ministre de l'Économie et de la Planification, Faisal Alibrahim, a confirmé vendredi les détails de la réunion de haut niveau. (SPA)
Le ministre de l'Économie et de la Planification, Faisal Alibrahim, a confirmé vendredi les détails de la réunion de haut niveau. (SPA)
Short Url
  • L’Arabie saoudite accueillera à Djeddah, en avril 2026, la réunion du WEF sur la collaboration et la croissance mondiale, confirmant son rôle croissant sur la scène économique internationale
  • L’événement s’inscrit dans la continuité des initiatives du Royaume, visant à favoriser un dialogue pragmatique et des décisions à impact pour soutenir la croissance mondiale

RIYAD : L’Arabie saoudite accueillera la réunion du Forum économique mondial (WEF) consacrée à la collaboration et à la croissance mondiale à Djeddah, les 22 et 23 avril 2026.

Le ministre de l’Économie et de la Planification, Faisal Alibrahim, a confirmé vendredi les détails de cette rencontre de haut niveau, annoncée lors de la réunion annuelle du WEF en 2025, selon l’Agence de presse saoudienne.

Dans ses remarques de clôture au forum, le ministre a souligné la nécessité d’un dialogue soutenu pour accélérer la croissance mondiale, appelant les participants à s’impliquer activement dans la réunion à venir.

Il a indiqué que cet événement s’inscrira dans la continuité de l’élan créé par la réunion spéciale du WEF organisée à Riyad en 2024, affirmant que le Royaume s’est imposé comme une capitale mondiale du pragmatisme et de la prise de décisions à fort impact.

Le président du WEF, Børge Brende, a pour sa part salué l’approfondissement de l’engagement du Forum avec le Royaume.

« Nous sommes ravis de revenir en Arabie saoudite en 2026 pour poursuivre les discussions engagées lors de notre réunion annuelle, en créant un espace où les dirigeants peuvent travailler ensemble, instaurer la confiance et faire en sorte que le dialogue débouche sur une collaboration et des actions concrètes », a-t-il déclaré.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com