Ray Hanania Show: L’UNRWA alerte sur la gravité de la situation humanitaire à Gaza

Juliette Touma, porte-parole de l'Unrwa et l'avocat israélien Daniel Seidemann (Photo fournie).
Juliette Touma, porte-parole de l'Unrwa et l'avocat israélien Daniel Seidemann (Photo fournie).
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Publié le Jeudi 26 octobre 2023

Ray Hanania Show: L’UNRWA alerte sur la gravité de la situation humanitaire à Gaza

  • Selon la porte-parole de l'UNRWA, «les besoins augmentent d'heure en heure» dans la bande de Gaza
  • Un avocat israélien reproche à Benjamin Netanyahou de soutenir le Hamas tout en marginalisant l'Autorité palestinienne

CHICAGO: L'ampleur des souffrances humanitaires dans la bande de Gaza a atteint des niveaux sans précédent alors que les frappes aériennes israéliennes continuent de dévaster de larges zones du territoire, selon Juliette Touma, directrice de la communication de l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (Unrwa).

Lors d'une apparition au Ray Hanania Radio Show, elle a brossé un tableau sombre de la situation sur le terrain, révélant: «L'Unrwa est débordé en ce moment à Gaza. Les besoins augmentent d'heure en heure. Nous ne sommes pas fournis. Nous n'avons pas assez de carburant pour procurer de l'aide.»

Le ministère de la Santé de Gaza a déclaré mercredi que le nombre de morts depuis le début de la guerre, le 7 octobre, avait dépassé les 6 500, 756 Palestiniens, dont 344 enfants, ayant été tués par les frappes israéliennes au cours des seules vingt-quatre heures précédentes.

La crise humanitaire en cours est «sans précédent – quatre fois plus que ce que nous avions prévu dans le pire des scénarios», a signalé Touma. «Nous accueillons aujourd'hui quatre fois plus de personnes que ce que nous avions prévu dans le pire des scénarios.»

Bien qu'Israël ait désormais autorisé l'aide humanitaire à entrer dans la bande de Gaza depuis l'Égypte par le poste frontière de Rafah, le seul lien du territoire avec le monde extérieur, Touma a affirmé que cette aide ne représentait qu'une fraction de ce qui était acheminé avant le conflit.

«Nous avons vu un plusieurs convois passer ces trois derniers jours; 54 camions sont entrés à Gaza», a-t-elle indiqué.

Des Palestiniens cherchent des survivants et les corps des victimes dans les bâtiments détruits par les bombardements israéliens à Khan Younès (Photo, AFP).

«Ce n'est absolument rien. Ce sont des cacahuètes. Ce sont des miettes. Si vous comparez ces chiffres avec ceux des Nations unies et l'UNRWA, chaque jour à Gaza, nous devrions voir 500 camions arriver, consacrés uniquement à l'aide, et 100 pour le carburant. Or, en trois jours, nous avons reçu 54 camions et aucun d'entre eux n'avait de carburant», a-t-elle ajouté.

L'Unrwa, l'une des plus anciennes organisations des Nations unies, est au service de la population de Gaza depuis plus de sept décennies. C'est également la plus grande agence des Nations unies active dans la bande de Gaza, avec 13 000 employés, dont de nombreux enseignants. C'est d'ailleurs la seule agence des Nations unies qui gère des écoles. Or, depuis le début de la guerre, l'UNRWA a été contraint de fermer ses écoles à Gaza, privant ainsi au moins 300 000 enfants d'éducation.

«Beaucoup de nos écoles ont été transformées en abris où les gens ont cherché refuge», a déclaré Touma.

Le conflit a fait payer un lourd tribut à l'agence elle-même et à son personnel.

«Nous avons déjà perdu 35 collègues à l'UNRWA», a signalé Touma. «Ils ont été tués. La moitié d'entre eux étaient des enseignants, la moitié des hommes et la moitié des femmes.»

À la suite de l'attaque du 7 octobre par le Hamas, Israël a imposé un embargo strict sur Gaza, privant sa population appauvrie de 2,2 millions de personnes de l'accès à la nourriture, à l'eau, à l'électricité et aux médicaments. Au même moment, l’armée israélienne a lancé des bombardements quotidiens, tuant des milliers de civils.

Touma a exigé la levée du blocus et un cessez-le-feu immédiat.

«Les médicaments, le carburant, la nourriture et l'eau sont des denrées qui manquent cruellement», a-t-elle alerté. «Et je ne pense pas que ce soit trop demander. Ce sont les éléments de base dont les gens ont besoin pour vivre dans la dignité.» Pour cela, «nous devons avoir un cessez-le-feu dès que possible.»

Netanyahou, «soutien» du Hamas

L'avocat israélien Daniel Seidemann, qui a également participé à l'émission de radio de Ray Hanania cette semaine, a déclaré que l'incapacité d'Israël à s'engager correctement auprès de l'Autorité palestinienne et les idées fausses sur la véritable nature du Hamas ont créé les conditions nécessaires à cette attaque sans précédent.

Résident de Jérusalem, membre du barreau israélien et fondateur de l'organisation non gouvernementale Terrestrial Jerusalem, Seidemann a ajouté que la déshumanisation et la répression violente des Palestiniens avaient contribué à cette dernière crise.

Le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza en 2007. Cette milice sunnite, issue des Frères musulmans mais financée et soutenue par l'Iran chiite, s'est engagée dans de multiples conflits avec Israël, qui se sont toujours soldés par des cessez-le-feu fragiles.

Toutefois, l'attaque du 7 octobre, au cours de laquelle 1 400 Israéliens, pour la plupart des civils, ont été tués par des hommes armés du Hamas qui ont franchi la frontière en plusieurs endroits du sud du pays, a marqué un changement fondamental dans ce conflit de longue durée.

«Pendant de nombreuses années, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a soutenu le Hamas, l'a favorisé, ironiquement parce que renforcer le Hamas vous donnerait un prétexte pour ne pas négocier avec l'Autorité palestinienne et Mahmoud Abbas», a déclaré Seidemann à l'émission de radio Ray Hanania, parrainée par Arab News et diffusée chaque semaine sur le réseau américain Arab Radio.

«Il avait une idéologie, fermement ancrée en Israël, selon laquelle le Hamas peut être maîtrisé. Nous n'arriverons pas à la paix. Nous ne devons rien céder. Mais ils peuvent être contenus. Et cette idéologie s'est effondrée le 7 octobre», a-t-il expliqué.

Selon Seidemann, le fait qu'Israël se serve du Hamas comme d'un outil pour saper l'Autorité palestinienne n'a fait que renforcer le groupe armé, tout en ne reconnaissant pas sa véritable nature. Seidemann estime que l'idéologie du Hamas s'inspire de Daech et d'Al-Qaida.

Des employés de l'ONU discutent dans la cour de récréation d'une école gérée par l'Unrwa qui a été convertie en abri à Khan Younès (Photo, AFP).

«C'est quelque chose que je n'avais pas prévu, et je ne crois pas que beaucoup d'Israéliens l'aient envisagé» non plus, a estimé Seidermann.

«L'ancien Premier ministre Ehud Olmert a été le dernier dirigeant israélien à négocier de bonne foi avec l'Autorité palestinienne. Il a fustigé Netanyahou, comme il le fait depuis des années: “C'est un monstre que vous avez créé. Vous avez fait de fausses suppositions à son sujet parce que vous ne vouliez pas traiter avec Mahmoud Abbas.”

«Les Israéliens ont été en sécurité, à bien des égards, grâce à la stabilité de l'Autorité palestinienne. Netanyahou a fait tout ce qu'il a pu pour les marginaliser et le Hamas en a été l'instrument.»

En marginalisant l'AP, les autorités israéliennes ont simultanément déshumanisé le peuple palestinien, a spécifié Seidemann. Un point de vue omniprésent selon lequel «la vie des Palestiniens a beaucoup moins d'importance, voire n'en a pas du tout» en a résulté.

«Je comprends très bien le sentiment qu'il y a deux poids, deux mesures. Il s'agit d'un double standard à l'échelle mondiale, à bien des égards. C’est dangereux pour moi d'exprimer cela parmi les Israéliens ces jours-ci mais, pour être honnête, c'est ce qu'il en est», a-t-il ajouté.

Selon Seidermann, en réprimant violemment toute forme de dissidence, en pensant que des défenses militaires reposant sur de la haute technologie pouvaient remplacer une solution pacifique et digne et que le monde continuerait à considérer la vie des Palestiniens comme ayant moins de valeur, les conditions d'une réaction violente ont été créées.

«Nous écrasons toute expression politique plus radicale qu'une réunion de scouts, et nous écrasons les réunions pour que les énergies politiques aillent dans la direction de personnes qui ne demandent pas la permission – et certaines d'entre elles sont violentes», a-t-il éclairci.

Le blocage des voies de la résistance pacifique et la poussée de l'opposition palestinienne à l'occupation vers des voies violentes ne sont pas passés inaperçus, ce qui a suscité des efforts pour améliorer les conditions économiques des communautés de Cisjordanie et de Gaza.

«Ces derniers temps, on parle de l'amélioration de la vie des Palestiniens, de l'amélioration de l'économie palestinienne», a indiqué Seidemann. «Non, le déficit dont souffrent les Palestiniens est un déficit de liberté, un déficit de dignité.

«Mes amis de Jérusalem-Est me font part de leur soutien au Hamas sur les réseaux sociaux parce que “nous avons été ignorés pendant des années. Personne ne nous a comptés. Tout le monde nous a contournés. Et malheureusement, le seul langage qu'Israël comprend est celui de la violence”. Et je dois admettre que nous sommes en train de le prouver.»

Interrogé sur la capacité du processus de paix à se remettre de l'attaque du Hamas et de l'assaut sur Gaza qui en a résulté, Seidemann a déclaré que l'issue finale était inconnue, mais que les événements de ces dernières semaines avaient renversé certaines hypothèses de longue date.

«L'opinion publique israélienne est traumatisée et les circonstances ne sont pas propices à une reprise des activités », a estimé Seidermann. «Je pense que l'idée qu'Israël peut intimider et briser la volonté des Palestiniens par une force supérieure a pris un coup et a détruit ce mythe.»

«Oui, vous avez construit ce dôme de fer. Vous avez envoyé des soldats. Vous n'avez pas dit que la seule chose qui peut fonctionner, c'est un accord politique, c'est l'équité et la décence», a-t-il précisé.

Seidemann doute que le gouvernement de Netanyahou change de cap.

«Quel est l'objectif d'Israël? J'aimerais bien le savoir», s’est-il demandé. «Je doute que mon Premier ministre le sache. C'est l'une des raisons, et elles sont nombreuses, pour lesquelles il est temps qu'il parte.»

Un abri pour les Palestiniens déplacés à Khan Younès (Photo, AFP).

«Dans son monde où “nous pouvons reporter ce problème indéfiniment; nous pouvons vivre avec l'occupation sans la traiter; nous pouvons maitriser les Palestiniens; le monde s'en fiche; nous pourrions normaliser et contourner les Palestiniens”, tout cela n'est manifestement pas vrai ou ne l'a pas été pour beaucoup d'entre nous depuis le début.

«Nous entrons désormais dans une guerre. Nous sommes dans une guerre et des opérations terrestres. Je ne vois pas très bien quel est l’objectif. J’entends nos dirigeants, et certains d'entre eux sont d'une bonne foi exemplaire, dire que nous serons victorieux. Qu'entendez-vous par là? Et ils ne l'expliquent pas, si ce n'est qu'ils laissent peut-être entendre qu'ils détruiront le Hamas et que les choses continueront comme avant.»

Si de nombreux membres de la communauté internationale ont exprimé leur solidarité avec Israël à la suite de l'attaque du Hamas, ils ont également appelé le gouvernement et l'armée israéliens à faire preuve de retenue et à permettre à l'aide humanitaire d'atteindre les civils qui ont été empêchés de quitter la bande de Gaza.

Israël a rassemblé des troupes à la frontière avec Gaza en prévision d'une opération terrestre largement attendue. Cette escalade fait craindre que le conflit ne dégénère en une guerre régionale plus large impliquant d'autres mandataires iraniens, notamment le Hezbollah libanais.

Dans ce contexte, Seidemann estime qu'une vision à long terme est nécessaire pour instaurer la paix entre Israël et la Palestine.

«Nous devons penser au lendemain», a soutenu. «Il n'y aura pas de paix. Il y aura des gens profondément traumatisés des deux côtés, qui auront subi des horreurs innommables.

«Nous devons nous relever et reconstruire. Et nous le ferons au Moyen-Orient, dont l'architecture est totalement différente de celle que nous avons connue par le passé.

«Ce n'est pas seulement que la situation est inconnue à l'heure actuelle. Elle est inconnaissable. Mais cela ne nous dispense pas de nous y préparer», a conclu Seidemann.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Salam : ceux qui ont entraîné le Liban dans la guerre ne peuvent parler de souveraineté

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam. (Photo d’archives/AFP)
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam. (Photo d’archives/AFP)
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  • Salam a critiqué ceux qui, selon lui, ont monopolisé les décisions de guerre et de paix en dehors de l’autorité de l’État

DUBAÏ : Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a déclaré mardi que ceux qui « ont entraîné le Liban dans des guerres inutiles » n’avaient aucun droit de donner des leçons de patriotisme ou de souveraineté nationale.

Dans une déclaration qui semblait viser le Hezbollah sans le nommer, Salam a rejeté les accusations selon lesquelles les dirigeants politiques du pays auraient soutenu Israël au lieu de défendre la souveraineté du Liban.

« Quelqu’un vient nous rendre visite et accuse les autorités politiques d’avoir soutenu Israël au lieu de défendre la souveraineté du Liban, puis appelle au dialogue et à l’unité comme si les Libanais n’avaient aucune mémoire », a déclaré Salam.

Selon lui, le plus grand service rendu à Israël a été celui de ceux qui ont entraîné le Liban dans ce qu’il a qualifié de « guerres de soutien inutiles », offrant à Israël un prétexte pour lancer des attaques portant atteinte à la souveraineté du pays, détruisant villes et villages, tuant des civils et déplaçant des centaines de milliers de personnes.

Salam a également critiqué ceux qui, selon lui, ont monopolisé les décisions de guerre et de paix en dehors de l’autorité de l’État, les accusant d’avoir lié le Liban à des agendas régionaux au détriment des intérêts du peuple libanais.

« Il n’y a de souveraineté pour le Liban qu’à travers une décision unique et indépendante, prise par un État doté d’une seule armée exerçant son autorité sur l’ensemble du territoire », a-t-il affirmé.

Le Premier ministre a estimé qu’un véritable dialogue et une véritable unité nationale ne pouvaient être atteints qu’en reconnaissant les erreurs du passé et en assumant la responsabilité de décisions dont les Libanais continuent de subir les conséquences.

Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à mettre fin à l’occupation israélienne de territoires libanais, obtenir la libération des détenus libanais, permettre le retour en toute sécurité des déplacés dans leurs foyers et reconstruire les zones touchées par le conflit.

Salam a également appelé à mettre fin aux accusations de trahison dans le discours politique, estimant qu’un dialogue sincère et une solidarité nationale étaient indispensables pour permettre au Liban de faire face aux défis actuels.

Ces déclarations interviennent alors que le Liban et Israël poursuivent à Rome un nouveau cycle de négociations, sous médiation américaine, visant à mettre en œuvre l’accord-cadre conclu à Washington en juin.

Cet accord prévoit un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban, le déploiement de l’armée libanaise dans les zones évacuées par Israël ainsi que le désarmement progressif du Hezbollah.

Ces négociations, entamées mardi et prévues jusqu’à jeudi, constituent le septième cycle de discussions sous médiation américaine depuis que le Hezbollah a ouvert un front contre Israël en soutien à l’Iran après le début de la guerre à Gaza, déclenchant des mois d’affrontements transfrontaliers puis une offensive israélienne de plus grande ampleur au Liban.

Plus tôt dans la journée de mardi, le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a rejeté ces négociations, estimant qu’elles n’apporteraient au Liban « rien d’autre que la honte, l’humiliation et des compromis successifs ». Il a également critiqué le président Joseph Aoun, l’accusant d’avoir renoncé à son rôle de figure nationale neutre. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien et le président turc discutent de la sécurité régionale et des attaques en mer Rouge

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu lundi par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements dans la région. (SPA/AFP)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu lundi par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements dans la région. (SPA/AFP)
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  • Les deux dirigeants abordent la sécurité régionale et la situation en mer Rouge, Ankara condamnant les attaques des Houthis contre les navires

RIYAD: Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a eu lundi un entretien téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan afin d’évoquer les relations entre les deux pays et les récents développements régionaux, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Au cours de l’appel, les deux dirigeants ont passé en revue les liens entre l’Arabie saoudite et la Turquie et examiné les moyens de renforcer la coopération dans plusieurs domaines, a ajouté la SPA.

Ils ont également discuté de l’évolution de la situation régionale, dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient, ainsi que de la sécurité en mer Rouge.

Le président Erdogan a réaffirmé la condamnation de la Turquie des attaques menées par les Houthis, soutenus par l’Iran, contre des navires en mer Rouge, et a exprimé le plein soutien de son pays à l’Arabie saoudite.

Le dirigeant turc a également salué la mise en place de la coalition multinationale de défense maritime dirigée par le Royaume, exprimant l’espoir qu’elle réussira à protéger la navigation internationale et à atteindre ses objectifs. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trump annonce une reprise des négociations lundi avec l'Iran

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Donald Trump a annoncé une reprise des négociations lundi avec l'Iran, après avoir suspendu les bombardements américains sur la République islamique et fait état de progrès diplomatiques en vue de rouvrir le détroit d'Ormuz.

La signature mi-juin d'un protocole d'accord n'a débouché pour l'instant sur aucune percée diplomatique majeure en vue d'arriver à la fin d'un conflit qui, depuis plus de cinq mois, a embrasé le Moyen-Orient et ébranlé l'économie mondiale.

Après avoir menacé l'Iran d'une nouvelle attaque majeure, le président américain a annoncé samedi soir y renoncer et a laissé entendre que des progrès avaient été réalisés sur le plan diplomatique.

"Bien sûr qu'ils ne veulent pas être attaqués. Ils connaissaient l'ampleur de cette attaque car ils la voyaient prendre forme", a-t-il déclaré dimanche soir dans son avion présidentiel.

"Ce que l'on fait maintenant, c'est parler avec eux sous la forme d'une négociation", a ajouté M. Trump, précisant simplement que ces discussions devaient commencer lundi après-midi, sans autre détail.

Ni Téhéran ni les pays médiateurs du conflit n'ont confirmé la tenue de ces discussions, mais la République islamique s'était dite dimanche proche d'un accord avec Oman sur le détroit d'Ormuz.

 

- Chute du pétrole -

 

Crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures, le détroit d'Ormuz est de nouveau verrouillé par la République islamique depuis la reprise début juillet des affrontements avec les Etats-Unis, provoquant de fortes perturbations de l'économie mondiale.

L'Iran, qui ne veut pas d'un retour à la situation d'avant-guerre, n'autorise pour l'heure qu'un seul itinéraire le long de ses côtes et entend garder le contrôle du détroit, également situé dans les eaux omanaises.

En juin, la mise en place d'une route omanaise avait suscité la colère des autorités iraniennes mais un compromis semble se dessiner si l'on en croit Téhéran, Mascate n'ayant pas réagi dans l'immédiat.

"Nous sommes sur le point de parvenir à un accord sur une route acceptable pour les deux parties - ni la route nord, ni la route sud -, dans le respect des droits souverains de chaque pays et la garantie de nos intérêts nationaux et de notre sécurité", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, à la télévision d'Etat.

Ces apparentes avancées ont été suivies d'une chute des prix du pétrole à la réouverture du marché lundi matin, le baril de Brent, référence du marché mondial, reculant de près de 5% pour s'échanger autour de 84 dollars. Il avait brièvement dépassé les 100 dollars fin juillet.

En attendant un possible accord, la situation dans le détroit d'Ormuz reste tendue: une explosion près d'un pétrolier y a été rapportée dans la nuit de dimanche à lundi par l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

 

- Volte-face -

 

Depuis le début du conflit, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine, le président américain a menacé à plusieurs reprises de bombarder massivement l'Iran, avant de faire volte-face.

Donald Trump, à la peine pour trouver une issue à un conflit très impopulaire parmi ses électeurs, a conditionné la suspension des frappes américaines à la conclusion rapide d'un accord avec Téhéran, en particulier sur Ormuz.

Selon des médias américains, Washington envisageait de nouveaux bombardements massifs au cours du week-end: CBS News avait notamment mentionné la possibilité de frappes contre des raffineries de pétrole et des centrales électriques, menées par les Etats-Unis mais aussi Israël, ce qui aurait été une première depuis deux mois.

Donald Trump a dit avoir renoncé à une nouvelle attaque à la demande de pays de la région, qui selon lui "pensent qu'on a un accord": "Il y a un accord sur Ormuz, et il y aura ensuite un accord sur le nucléaire, on pourrait même dire sur la dénucléarisation de l'Iran".

Le président américain a affirmé que la demande provenait de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, du Qatar et de l'Iran lui-même.

D'après l'agence de presse officielle saoudienne, il avait eu une conversation téléphonique avec le prince héritier Mohamed ben Salmane, un allié clef dans la région, qui l'a appelé à "privilégier le dialogue afin de réduire les tensions".

La guerre s'est étendue récemment, avec un nouveau front en mer Rouge, où les rebelles yéménites Houthis, soutenus par l'Iran, ont annoncé imposer un blocus aux ports saoudiens et ont depuis revendiqué des attaques contre des pétroliers et des installations pétrolières du royaume.