TEL-AVIV: Le Hamas s'est dit prêt jeudi à prolonger la trêve dans la bande de Gaza, après un appel du secrétaire d'Etat américain Antony Blinken à poursuivre la pause des combats entre l'armée israélienne et le mouvement palestinien, à quelques heures de son expiration vendredi.
La trêve, déjà prolongée deux fois depuis le 24 novembre et qui doit s'achever vendredi à 07H00 (05H00 GMT), a mis fin à sept semaines de bombardements israéliens dévastateurs sur le territoire palestinien assiégé, en représailles à l'attaque sanglante lancée le 7 octobre par le Hamas sur le sol israélien.
Cette pause, négociée par le Qatar, les Etats-Unis et l'Egypte, a permis la libération de dizaines d'otages retenus dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre et de trois fois plus de Palestiniens détenus par Israël, ainsi que l'entrée d'aide humanitaire dans le territoire palestinien.
Le Hamas "est prêt à prolonger la trêve", a affirmé jeudi soir à l'AFP une source proche du mouvement islamiste.
"Les médiateurs mènent des efforts intenses, qui se poursuivent actuellement, pour (obtenir) un jour de trêve supplémentaire et travailler ensuite à une extension de plusieurs autres jours", a déclaré cette source.
Des zones «sûres»
M. Blinken, après une visite en Israël et en Cisjordanie occupée, avait peu avant appelé à prolonger la trêve "pour une huitième journée et au-delà".
"Clairement, nous voulons voir ce processus continuer à avancer", a-t-il déclaré, réclamant aussi la création de zones "sûres" pour les civils dans le sud et le centre de la bande de Gaza en cas de reprise des combats.
"Des plans de protection humanitaire des civils doivent être mis en place afin de minimiser les morts de Palestiniens innocents", a ajouté le secrétaire d'Etat.
Jeudi, au septième jour de la trêve, huit otages au total ont été libérés.
Deux Israéliennes ont regagné Israël dans l'après-midi, suivies dans la soirée par six autres otages israéliens libérés.
Parmi eux se trouvent des bi-nationaux d'Uruguay, du Mexique et de Russie, a annoncé le Qatar.
"Le septième groupe est désormais entièrement relâché", a déclaré la branche armée du Hamas.
Trois fois plus de prisonniers palestiniens doivent être libérés de prisons israéliennes dans les heures qui viennent, aux termes de l'accord de trêve.
Signe d'une situation toujours fragile, le Hamas, considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël notamment, a revendiqué une attaque meurtrière jeudi à Jérusalem.
Trois Israéliens, dont deux femmes, ont été tués dans cette attaque contre un arrêt de bus à Jérusalem-Ouest menée par deux Palestiniens, deux frères qui ont été abattus, selon la police israélienne.
La Maison Blanche a condamné jeudi soir cette "attaque terroriste".
Deux soldats israéliens ont parallèlement été légèrement blessés lors d'une attaque à la voiture-bélier contre un checkpoint en Cisjordanie occupée, selon l'armée.
Mia Shem libérée
La trêve avait été prolongée jeudi pour 24 heures in extremis, après des négociations "très dures" qui se sont poursuivies "toute la nuit, jusque quelques minutes avant sept heures du matin", selon une source au sein du Hamas et une source de sécurité égyptienne.
Parmi les deux premières otages israéliennes libérées jeudi se trouve la Franco-israélienne Mia Shem, enlevée au festival de musique Tribe of Nova, dans le désert du Néguev, où 364 personnes ont été tuées le 7 octobre.
Cette jeune femme de 21 ans était apparue le 16 octobre dans une vidéo diffusée par le Hamas, allongée et recevant des soins au bras.
A l'annonce de sa libération, son père David Shem a fait part de sa vive émotion. "Je ne vais pas la quitter pendant un bon bout de temps", a-t-il déclaré à la chaîne de télévision israélienne Channel 12, affirmant que c'était "le plus beau jour" de sa vie.
La trêve a permis jusqu'à présent la libération de 80 otages israéliens, des femmes et des enfants, et de 210 prisonniers palestiniens.
Une vingtaine d'étrangers ou bi-nationaux, en majorité des Thaïlandais travaillant en Israël, ont également été libérés hors du cadre de l'accord.
L'armée israélienne a estimé qu'environ 240 personnes avaient été prises en otage et emmenées dans la bande de Gaza lors de l'attaque du 7 octobre.
Cette attaque a fait environ 1.200 morts en Israël, en majorité des civils, selon les autorités.
En représailles, Israël a promis d'"anéantir" le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza depuis 2007, pilonnant le territoire palestinien et lançant le 27 octobre une offensive terrestre qui a duré jusqu'au début de la trêve.
D'après le gouvernement du Hamas, plus de 15.000 personnes, dont au moins 6.150 enfants et jeunes âgés de moins de 18 ans, ont péri dans les frappes israéliennes.





