Le Hamas se dit prêt à prolonger la trêve à Gaza, après un appel de Blinken

Des otages enlevés par le Hamas lors de l’attaque du 7 octobre, libérés et conduits à la Croix Rouge (Photo, Reuters).
Des otages enlevés par le Hamas lors de l’attaque du 7 octobre, libérés et conduits à la Croix Rouge (Photo, Reuters).
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Publié le Vendredi 01 décembre 2023

Le Hamas se dit prêt à prolonger la trêve à Gaza, après un appel de Blinken

  • Le Hamas a revendiqué jeudi une attaque meurtrière à Jérusalem
  • En Cisjordanie, une attaque à la voiture-bélier a visé un barrage d'une colonie israélienne

TEL-AVIV: Le Hamas s'est dit prêt jeudi à prolonger la trêve dans la bande de Gaza, après un appel du secrétaire d'Etat américain Antony Blinken à poursuivre la pause des combats entre l'armée israélienne et le mouvement palestinien, à quelques heures de son expiration vendredi.

La trêve, déjà prolongée deux fois depuis le 24 novembre et qui doit s'achever vendredi à 07H00 (05H00 GMT), a mis fin à sept semaines de bombardements israéliens dévastateurs sur le territoire palestinien assiégé, en représailles à l'attaque sanglante lancée le 7 octobre par le Hamas sur le sol israélien.

Cette pause, négociée par le Qatar, les Etats-Unis et l'Egypte, a permis la libération de dizaines d'otages retenus dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre et de trois fois plus de Palestiniens détenus par Israël, ainsi que l'entrée d'aide humanitaire dans le territoire palestinien.

Le Hamas "est prêt à prolonger la trêve", a affirmé jeudi soir à l'AFP une source proche du mouvement islamiste.

"Les médiateurs mènent des efforts intenses, qui se poursuivent actuellement, pour (obtenir) un jour de trêve supplémentaire et travailler ensuite à une extension de plusieurs autres jours", a déclaré cette source.

Des zones «sûres»

M. Blinken, après une visite en Israël et en Cisjordanie occupée, avait peu avant appelé à prolonger la trêve "pour une huitième journée et au-delà".

"Clairement, nous voulons voir ce processus continuer à avancer", a-t-il déclaré, réclamant aussi la création de zones "sûres" pour les civils dans le sud et le centre de la bande de Gaza en cas de reprise des combats.

"Des plans de protection humanitaire des civils doivent être mis en place afin de minimiser les morts de Palestiniens innocents", a ajouté le secrétaire d'Etat.

Jeudi, au septième jour de la trêve, huit otages au total ont été libérés.

Deux Israéliennes ont regagné Israël dans l'après-midi, suivies dans la soirée par six autres otages israéliens libérés.

Parmi eux se trouvent des bi-nationaux d'Uruguay, du Mexique et de Russie, a annoncé le Qatar.

"Le septième groupe est désormais entièrement relâché", a déclaré la branche armée du Hamas.

Trois fois plus de prisonniers palestiniens doivent être libérés de prisons israéliennes dans les heures qui viennent, aux termes de l'accord de trêve.

Signe d'une situation toujours fragile, le Hamas, considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël notamment, a revendiqué une attaque meurtrière jeudi à Jérusalem.

Trois Israéliens, dont deux femmes, ont été tués dans cette attaque contre un arrêt de bus à Jérusalem-Ouest menée par deux Palestiniens, deux frères qui ont été abattus, selon la police israélienne.

La Maison Blanche a condamné jeudi soir cette "attaque terroriste".

Deux soldats israéliens ont parallèlement été légèrement blessés lors d'une attaque à la voiture-bélier contre un checkpoint en Cisjordanie occupée, selon l'armée.

Mia Shem libérée

La trêve avait été prolongée jeudi pour 24 heures in extremis, après des négociations "très dures" qui se sont poursuivies "toute la nuit, jusque quelques minutes avant sept heures du matin", selon une source au sein du Hamas et une source de sécurité égyptienne.

Parmi les deux premières otages israéliennes libérées jeudi se trouve la Franco-israélienne Mia Shem, enlevée au festival de musique Tribe of Nova, dans le désert du Néguev, où 364 personnes ont été tuées le 7 octobre.

Cette jeune femme de 21 ans était apparue le 16 octobre dans une vidéo diffusée par le Hamas, allongée et recevant des soins au bras.

A l'annonce de sa libération, son père David Shem a fait part de sa vive émotion. "Je ne vais pas la quitter pendant un bon bout de temps", a-t-il déclaré à la chaîne de télévision israélienne Channel 12, affirmant que c'était "le plus beau jour" de sa vie.

La trêve a permis jusqu'à présent la libération de 80 otages israéliens, des femmes et des enfants, et de 210 prisonniers palestiniens.

Une vingtaine d'étrangers ou bi-nationaux, en majorité des Thaïlandais travaillant en Israël, ont également été libérés hors du cadre de l'accord.

L'armée israélienne a estimé qu'environ 240 personnes avaient été prises en otage et emmenées dans la bande de Gaza lors de l'attaque du 7 octobre.

Cette attaque a fait environ 1.200 morts en Israël, en majorité des civils, selon les autorités.

En représailles, Israël a promis d'"anéantir" le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza depuis 2007, pilonnant le territoire palestinien et lançant le 27 octobre une offensive terrestre qui a duré jusqu'au début de la trêve.

D'après le gouvernement du Hamas, plus de 15.000 personnes, dont au moins 6.150 enfants et jeunes âgés de moins de 18 ans, ont péri dans les frappes israéliennes.

Macron dit sa «grande joie» après la libération de la Franco-Israélienne Mia Shem

La libération de la Franco-Israélienne Mia Shem, qui était aux mains du Hamas depuis le 7 octobre, est "une grande joie que je partage avec sa famille et tous les Français", a déclaré jeudi le président Emmanuel Macron sur la plateforme X.

"J'exprime aussi ma solidarité avec tous ceux qui restent otages du Hamas. La France agit avec ses partenaires pour obtenir leur libération dès que possible", a ajouté le président français.

"Mia est enfin libre. Quelle joie pour nous tous !", s'est réjouie sur le même réseau social la Première ministre Elisabeth Borne, qui parle de quatre Français "encore otages" ou disparus.

"La France salue à cet égard les efforts de médiation de l'Egypte et du CICR (comité international de la Croix-Rouge, NDLR), et du Qatar", a de son côté salué dans un communiqué le ministère des Affaires étrangères.

Le secrétaire national du Parti communiste Fabien Roussel a fait part de son "émotion de savoir Mia Shem enfin libérée" et exprimé ses "pensées pour les otages qui restent encore aux mains des terroristes".

Le président du parti Les Républicains Eric Ciotti a dit son "immense émotion" et son "soulagement" après la libération de Mia Shem restée "55 jours entre les mains de ces barbares".

«Ne pas s'arrêter»

Adam Adar, la petite-fille de Yaffa Adar, une otage de 85 ans libérée le 24 novembre après 49 jours de captivité, a appelé "les autorités israéliennes et la communauté internationale à ne pas s'arrêter tant que tout le monde ne sera pas rentré chez lui".

Adam reste sans nouvelles de son cousin Tamir. "Nous ne savons pas s'il a été blessé, s'il reçoit des soins médicaux", a-t-elle ajouté dans un entretien avec l'AFP, regrettant que "personne ne parle d'un accord pour ramener les hommes" otages à Gaza.

Parmi les Palestiniens libérés dans la nuit de mercredi à jeudi figure Ahed Tamimi, 22 ans, icône de la lutte contre l'occupation israélienne.

Elle avait été arrêtée le 6 novembre pour une publication sur Instagram qui, selon des sources israéliennes, appelait au massacre des Israéliens et faisait référence à Hitler.

Sa mère Narimane, dont le mari a également été arrêté, nie qu'Ahed soit l'auteur de cette publication, ses comptes sur les réseaux sociaux étant bloqués par Israël.

Israël savait depuis plus d'un an que le Hamas préparait une attaque inédite (NY Times)

Des responsables israéliens avaient obtenu plus d'un an à l'avance le plan du Hamas visant à mener une attaque sans précédent contre Israël, mais avaient jugé ce scénario irréaliste, soutient jeudi le NY Times sur la base de documents secrets.

Le renseignement militaire israélien avait mis la main sur un document d'une quarantaine de pages du mouvement islamiste palestinien Hamas détaillant, point par point, une vaste attaque comme celle perpétrée par des commandos le 7 octobre qui ont fait environ 1.200 morts en Israël, selon le grand quotidien américain.

Ce document, qui circulait dans des sphères du renseignement sous le nom de code "Jericho Wall" (Le mur de Jéricho), ne donnait pas de date pour une éventuelle attaque mais en définissant des points précis pour saturer le dispositif sécuritaire israélien puis attaquer des villes et des bases militaires.

Plus précisément, le document fait état d'un barrage de roquettes, de drones détruisant des caméras de sécurité et de systèmes de défense automatisés, puis de combattants traversant côté israélien en parapente, en voiture et à pied, des éléments au coeur de l'attaque du 7 octobre.

Mais il n'était "pas possible de déterminer" si ce plan avait été approuvé "complètement" par la direction du Hamas et comment il pourrait se traduire dans la réalité, souligne un document interne de l'armée israélienne obtenu par le Times.

Or, en juillet, une analyste de l'unité d'élite du renseignement 8200, avait averti qu'un exercice militaire que venait de conduire le Hamas ressemblait en plusieurs points au plan de l'attaque prévu dans le document "Jericho Wall". Mais un colonel de la division militaire en charge de Gaza avait écarté ce scénario, le qualifiant de "totalement imaginaire".

"Je réfute catégoriquement l'idée que ce scénario soit imaginaire (...) il s'agit d'un plan pour une guerre" pas simplement pour une attaque "contre un village", écrit cette analyste dans des mails cryptés consultés par le journal.

"Nous avons déjà eu une expérience similaire il y a 50 ans sur le front sud à propos d'un scénario qui semblait imaginaire. L'histoire pourrait se répéter si nous ne sommes pas prudents", a écrit l'analyste de manière quasi prophétique à ses collègues, en référence à la guerre de Kippour en 1973.

D'après le Times, si le document "Jericho Wall" a circulé au sein de la hiérarchie militaire israélienne, on ignore si le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son cabinet l'ont consulté.

La mer pour se laver

L'accord de trêve a permis d'accélérer l'arrivée de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza, où de longs convois de camions sont encore entrés jeudi depuis l'Egypte.

Les besoins sont immenses dans le territoire déjà soumis à un blocus israélien depuis 2007 et placé depuis le 9 octobre en état de siège total par Israël.

Selon l'ONU, 1,7 million de ses 2,4 millions d'habitants ont été déplacés par la guerre, et plus de la moitié des logements endommagés ou détruits. Plusieurs centaines de milliers de civils ont fui le nord du petit territoire, dévasté par les combats, pour chercher refuge dans le sud.

Des milliers d'entre eux ont profité de la trêve pour rentrer chez eux dans le nord, ignorant l'interdiction de l'armée israélienne qui y a pris le contrôle de plusieurs secteurs.

Pour les habitants de la bande de Gaza, une étroite langue de terre qui longe la Méditerranée, la trêve est aussi l'occasion de retrouver le bord de mer, pour se baigner, se laver, faire la lessive ou pêcher.

"Peut-être que la trêve ne sera pas prolongée", s'inquiète Samia, une jeune femme réfugiée avec son mari et ses cinq enfants à Deir al-Balah, dans le centre du territoire.

Là, sur la plage, elle a rempli son seau d'eau salée. "On trouve à peine de l'eau pour boire, donc j'ai déjà lavé mes enfants dans la mer et maintenant je fais la lessive", raconte-t-elle à l'AFP


Liban: le gouvernement interdit les activités militaires du Hezbollah, exige qu'il remette ses armes

Le gouvernement libanais a décidé d'interdire les activités militaires du Hezbollah pro-iranien et exige qu'il remette ses armes à l'Etat, a annoncé lundi le Premier ministre Nawaf Salam à l'issue d'une réunion extraordinaire du cabinet. (AFP)
Le gouvernement libanais a décidé d'interdire les activités militaires du Hezbollah pro-iranien et exige qu'il remette ses armes à l'Etat, a annoncé lundi le Premier ministre Nawaf Salam à l'issue d'une réunion extraordinaire du cabinet. (AFP)
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  • "L'Etat libanais proclame son refus absolu (..) de toutes actions militaires ou sécuritaires à partir du Liban en dehors du cadre de ses institutions légales", a déclaré le chef du gouvernement
  • Le Hezbollah armé et financé par Téhéran est représenté au Parlement et au gouvernement et dispose d'un vaste réseau d'institutions civiles

BEYROUTH: Le gouvernement libanais a décidé d'interdire les activités militaires du Hezbollah pro-iranien et exige qu'il remette ses armes à l'Etat, a annoncé lundi le Premier ministre Nawaf Salam à l'issue d'une réunion extraordinaire du cabinet.

Cette décision inédite intervient après que le Hezbollah a lancé des roquettes sur Israël lundi, entraînant le Liban dans la guerre régionale avec l'Iran.

"L'Etat libanais proclame son refus absolu (..) de toutes actions militaires ou sécuritaires à partir du Liban en dehors du cadre de ses institutions légales", a déclaré le chef du gouvernement, ajoutant que "la décision de guerre ou de paix était du seul ressort" de l'Etat.

Il a annoncé "l'interdiction immédiate de toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah", exigeant que la formation "remette ses armes à l'Etat libanais" et se limite à l'action politique.

Le Hezbollah armé et financé par Téhéran est représenté au Parlement et au gouvernement et dispose d'un vaste réseau d'institutions civiles.

En riposte à une attaque de la formation pro-iranienne contre Israël visant à "venger" la mort du guide iranien Ali Khamenei, des frappes israéliennes massives sur les bastions du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, le sud et l'est du Liban ont tué 31 personnes lundi.

C'est la première fois que le Hezbollah attaque Israël depuis le cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à une guerre meurtrière.

Un mécanisme qui regroupe, outre le Liban et Israël, l'Onu, les Etats-Unis et la France surveille la trêve.

"Le gouvernement libanais demande aux Etats garants du cessez-le-feu d'obtenir un engagement clair et définitif de la part de la partie israélienne de cesser toutes les hostilités sur l'ensemble du territoire libanais", a ajouté Nawaf Salam.

"Il proclame son entière disposition à reprendre les négociations" avec Israël "avec une participation civile et sous parrainage international".

 


Ras Tanura: Incendie limité maîtrisé grâce à des débris de drones interceptés

Vue générale de l'usine de production de pétrole de Ras Tannura, près de Dammam, dans la province orientale de l'Arabie saoudite, le 27 décembre 2004. (AFP)
Vue générale de l'usine de production de pétrole de Ras Tannura, près de Dammam, dans la province orientale de l'Arabie saoudite, le 27 décembre 2004. (AFP)
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  • Aucun blessé ni impact sur les approvisionnements n'ont été signalés après l'incendie limité à la raffinerie de Ras Tanura, selon une source officielle du ministère de l'Énergie
  • Certaines unités opérationnelles de la raffinerie ont été arrêtées par mesure de précaution, sans impact sur l'approvisionnement en produits pétroliers des marchés locaux

RIYAD: Une source officielle du ministère saoudien de l'énergie a déclaré qu'à 7h04 lundi, la raffinerie de pétrole de Ras Tanura a subi des dommages limités en raison de débris provenant de l'interception de deux drones dans son voisinage.

L'incident a provoqué un incendie limité, qui a été immédiatement maîtrisé par les équipes d'intervention d'urgence. Aucun blessé ni mort n'est à déplorer.

Certaines unités opérationnelles de la raffinerie ont été arrêtées par mesure de précaution, sans impact sur l'approvisionnement en produits pétroliers des marchés locaux.


Le Hezbollah entraîne le Liban dans la guerre, 31 morts dans des frappes israéliennes massives

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  • Les frappes sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, et le sud du pays ont jeté à nouveau des familles sur les routes dans le pays, sorti en novembre 2024 d'une guerre meurtrière avec Israël
  • Le mouvement armé chiite pro-iranien avait promis de "faire face à l'agression" américano-israélienne après la mort de l'ayatollah Ali Khamenei

BEYROUTH: Des frappes israéliennes massives sur le Liban ont tué 31 personnes lundi, en riposte à une attaque du Hezbollah contre Israël en solidarité avec l'Iran, qui a entraîné le Liban dans le conflit régional.

Le chef de l'armée israélienne, le général Eyal Zamir, a affirmé que les frappes contre le Hezbollah pourraient durer de "nombreux jours". Israël a prévenu que que la formation pro-iranienne allait "payer le prix fort".

Les frappes sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, et le sud du pays ont jeté à nouveau des familles sur les routes dans le pays, sorti en novembre 2024 d'une guerre meurtrière avec Israël.

Le mouvement armé chiite pro-iranien avait promis de "faire face à l'agression" américano-israélienne après la mort de l'ayatollah Ali Khamenei.

Il a mis ses menaces à exécution, affirmant lundi avoir tiré des missiles et des drones vers la région de Haïfa (nord d'Israël), pour la première fois dans ce conflit, afin de "venger" le guide iranien.

Le président libanais Joseph Aoun a déploré "l'insistance à utiliser une fois de plus le Liban comme plateforme pour des guerres qui ne (le) concernent pas", se joignant aux condamnations de cette attaque, qui intervient au moment même où la pression de Washington s'intensifiait sur Beyrouth pour remplir sa promesse de désarmer ce groupe.

Immeubles visés 

La riposte d'Israël ne s'est pas faite attendre: son armée a annoncé frapper des cibles à travers tout le pays et ordonné aux habitants d'une cinquantaine de villages d'évacuer.

Des journalistes de l'AFP ont entendu de puissantes explosions à Beyrouth.

Le ministère libanais de la Santé a fait état de 31 tués et 149 blessés dans un premier bilan des frappes sur la banlieue de la capitale et le sud.

Dans la banlieue sud de Beyrouth,, un photographe de l'AFP a vu deux immeubles dont les étages supérieurs ont été touchés, et l'un des appartements en feu.

L'équipe de l'AFP a vu des habitants de la banlieue fuir à la hâte leurs domiciles.

Un trafic important de véhicules transportant des familles, certains avec des matelas sur le toit, a ainsi convergé du sud du Liban vers la ville de Saïda sur le littoral.

L'armée israélienne a dit avoir visé plusieurs dirigeants du Hezbollah dans la région de Beyrouth, ainsi qu'un autre dans le sud du Liban.

"Les frappes se poursuivent et leur intensité va augmenter", a écrit le général Rafi Milo, chef du commandement nord, dans un communiqué de l'armée israélienne sur Telegram, assurant que le mouvement allait "payer le prix fort" pour son soutien à Téhéran.

Il a précisé que d'importantes troupes avaient été déployées le long de la frontière et que d'autres pourraient suivre, excluant à ce stade une évacuation de la population du nord d'Israël, directement exposée à des tirs depuis le Liban.

L'armée israélienne a affirmé avoir visé "des responsables, des quartiers généraux et des infrastructures" du Hezbollah.

"Axe de résistance" 

Le Hezbollah est sorti affaibli d'une guerre avec Israël dans laquelle il s'était engagé unilatéralement en octobre 2023 pour soutenir le Hamas palestinien, son allié, en raison de la guerre à Gaza menée à la suite de l'attaque sanglante du 7-Octobre 2023.

Israël continue de le viser malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024, et l'accuse de se réarmer. Samedi, peu avant le déclenchement de l'offensive contre l'Iran, Israël avait bombardé ce que son armée avait appelé des infrastructures du Hezbollah dans le sud du Liban.

Contrairement à juin dernier, lors des raids israéliens et américains sur l'Iran, le Hezbollah a décidé de s'impliquer, car il est directement concerné.

Outre le changement de pouvoir en Iran, Etats-Unis et Israël veulent anéantir avec leur offensive "l'axe de la résistance" de l'Iran qui s'appuie sur des forces alliées dans la région qu'il arme et qu'il finance: les groupes islamistes Hezbollah au Liban et Hamas à Gaza, les rebelles houthis au Yémen et les milices en Irak.

Dans un communiqué, le Hezbollah a dit avoir lancé "une salve de missiles et un essaim de drones" dans la nuit sur une position militaire au sud de Haïfa "en représailles au sang pur" du guide suprême iranien Ali Khamenei "et pour défendre le Liban et son peuple".

L'armée israélienne, de son côté, a affirmé avoir intercepté l'un des projectiles, tandis que d'autres sont tombés "dans des zones dégagées" sans faire ni victime ni dégât.

Environ trois heures avant la revendication des tirs par le Hezbollah, les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé sur Telegram que le Hezbollah avait "attaqué Haïfa avec six missiles".

"Le Yémen entrera aussi dans la bataille dans quelques heures", ont ajouté les Gardiens.