La crise à Gaza, dernière d’une longue liste de conflits en cours dans le monde

Les Palestiniens se dirigent vers le sud de la bande de Gaza, fuyant les combats entre Israël et le Hamas (Photo, AP).
Les Palestiniens se dirigent vers le sud de la bande de Gaza, fuyant les combats entre Israël et le Hamas (Photo, AP).
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Publié le Vendredi 01 décembre 2023

La crise à Gaza, dernière d’une longue liste de conflits en cours dans le monde

  • Plusieurs tendances inquiétantes ont été relevées par un rapport qui utilise des dizaines de paramètres pour déterminer le degré de paix d'un pays
  • L'année en cours a été marquée par une recrudescence de la violence et des guerres en Europe, en Afrique et en Asie, selon le rapport

ATHENES: «Seuls les morts ont vu la fin de la guerre.» Cette citation poignante du philosophe hispano-américain George Santayana est toujours d'actualité près d'un siècle après avoir été écrite, alors que la liste des conflits de grande ou de faible intensité s'allonge chaque année dans le monde.

La violence sans précédent qui caractérise la guerre incessante entre Israël et le Hamas a coûté la vie à plus de 15 000 civils, détruit la quasi-totalité du nord de Gaza et déplacé 1,7 million de Palestiniens à l'intérieur de la bande de Gaza ainsi qu'un demi-million d'Israéliens, principalement le long de la frontière avec le Liban.

Le Comité des droits de l'enfant des Nations unies a marqué solennellement la Journée mondiale de l'enfance le 20 novembre, en appelant à un cessez-le-feu à Gaza et en rappelant que «des milliers d'enfants meurent dans des conflits armés dans de nombreuses régions du monde, notamment en Ukraine, en Afghanistan, au Yémen, en Syrie, au Myanmar, en Haïti, au Soudan, au Mali, au Niger, au Burkina Faso, en République démocratique du Congo et en Somalie».

Avec de nouvelles guerres qui commencent, des guerres plus anciennes qui entrent dans leur dixième année ou plus, et d'autres qui s'intensifient, l'effusion de sang à Gaza peut être révélatrice de ce que certains analystes et observateurs considèrent comme une période d'augmentation de la violence dans le monde entier.

Des soldats de la Force de défense du Tigré (TDF) se préparent à partir pour un autre champ de bataille au Centre de commémoration du martyr du Tigré à Mekele (Photo, AFP).

Le rapport 2023 de l'Indice de paix globale compilé par le groupe de réflexion Institute for Economics and Peace, indique qu'«au cours des quinze dernières années, le monde est devenu moins pacifique», enregistrant une «détérioration de la paix» dans 95 des 163 pays couverts par le rapport.

Le rapport, qui utilise des dizaines de paramètres pour déterminer le degré de paix d'un pays, a identifié plusieurs tendances inquiétantes. L'indice de paix globale a enregistré une augmentation de la violence dans les conflits en Afrique subsaharienne, en Europe et dans la région Asie-Pacifique, en particulier au Mali, en Éthiopie, au Myanmar et en Ukraine, avec des conflits caractérisés par le recours croissant aux attaques de drones et à la livraison d'armes à des groupes armés par des puissances de grande et moyenne taille.

Le Soudan, le Sahel et au-delà

Le conflit au Soudan est le conflit africain le plus sanglant jamais enregistré cette année. Les combats ont commencé en avril lorsque les affrontements entre les forces armées soudanaises et les Forces paramilitaires de soutien rapide (FSR) ont abouti à une guerre totale. Les Nations unies estiment qu'environ 4,3 millions de personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays et que plus de 1,1 million ont fui le pays vers le Tchad, la République centrafricaine, l'Égypte, l'Éthiopie et le Sud-Soudan depuis le début des combats.

En octobre, Martin Griffiths, sous-secrétaire général des Nations unies, a déclaré que les violences avaient fait 9 000 morts et que les cas de violences sexuelles étaient de plus en plus nombreux.

En effet, Robert Wood, représentant suppléant des États-Unis pour les affaires politiques spéciales, a déclaré en mai au Conseil de sécurité des Nations unies que des forces militaires et de police du Soudan et du Sud-Soudan avaient été déployées dans la région frontalière d'Abiyé, revendiquée par les deux parties.

La semaine dernière, des hommes armés ont attaqué des villages dans la région contestée, tuant au moins 32 personnes. Si les responsables régionaux ont déclaré à l'agence de presse Associated Press que les affrontements avaient fini par cesser, les tensions ethniques qui couvent dans les pays de la région pourraient également refaire surface.

À la mi-novembre, l'ONU a également déclaré qu'au moins 10 000 civils avaient été tués dans le conflit entre l'Ukraine et la Russie (Photo, Shutterstock).

En février de cette année, un autre conflit africain a provoqué des morts et des vagues de réfugiés lorsque l'armée nationale du Somaliland et les forces de l'État autonome de Khatumo se sont affrontées dans la région de Las Anod. Le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies a fait état de centaines de morts et du déplacement de 154 000 à 203 000 personnes, dont environ 100 000 ont fui vers l'Éthiopie voisine.

L'Éthiopie elle-même est déjà en proie à une litanie de conflits et de troubles, dont une violence intense entre les nombreux groupes ethniques du pays, qui a entraîné un nombre incalculable de décès et le déplacement interne d'environ 4,38 millions de personnes, selon l'Organisation internationale pour les migrations.

L’Ukraine

L'invasion de l'Ukraine par la Russie s'est prolongée jusqu'en 2023, l'ONU signalant que plus de 6,5 millions d'Ukrainiens ont été déplacés par le conflit, qui a débuté en février 2022. À la mi-novembre, l'ONU a également déclaré qu'au moins 10 000 civils avaient été tués dans le conflit et, un mois plus tôt, a publié une déclaration ajoutant que les civils dans les zones perdues par l'Ukraine «sont confrontés à la torture, aux mauvais traitements, à la violence sexuelle et à la détention arbitraire».

Au cours de l'année, les forces ukrainiennes ont entamé une contre-offensive contre les troupes russes, principalement dans les régions de Zaporijjia et de Donetsk. Au moment où les bombes israéliennes pilonnaient Gaza, des dizaines de médias russes et ukrainiens ont fait état de l'utilisation d'armes à sous-munitions et de la mort de plusieurs civils, dont des enfants, lors de frappes de missiles.

Caucase du Sud

Le conflit autour de la région contestée du Haut-Karabakh, qui n'a cessé de croître et de décroître depuis la fin des années 1980, a atteint un niveau d'intensité sans précédent à la fin du mois de septembre. L'Azerbaïdjan revendique le Haut-Karabakh, une région située à l'intérieur de ses frontières territoriales. La région était gouvernée et habitée principalement par des Arméniens qui ont créé un État sécessionniste connu sous le nom de République d'Artsakh en 1991.

Un soldat arménien du Haut-Karabakh tirant une pièce d'artillerie conventionnelle en direction des positions azéries (Photo, AFP).

Une offensive contre le Haut-Karabakh a été lancée le 19 septembre et, après seulement une journée, la république autoproclamée s'est auto-dissoute. Cette décision a entraîné un exode massif de la région, les observateurs de l'ONU signalant en octobre qu'environ 100 000 Arméniens de souche, du Haut-Karabakh avaient été déplacés.

Cette décision fait suite à des rapports des Nations unies datant du mois d'août, selon lesquels le blocage du corridor de Lachin, la seule route reliant le Haut-Karabakh à l'Arménie, a entraîné de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres produits essentiels, déclenchant une crise humanitaire dans la région.

EN BREF

- Le monde est devenu moins pacifique au cours des quinze dernières années.

 

- Détérioration de la paix dans au moins 95 pays.

 

- Augmentation de la violence en Afrique subsaharienne, en Europe et dans la région Asie-Pacifique.

 

Source : Rapport 2023 sur l'Indice de paix globale

Syrie

En Syrie, alors que le conflit fait rage depuis plus de dix ans, les quatre dernières années ont été marquées par des attaques répétées contre l'Administration autonome dirigée par les Kurdes, l'entité soutenue par la Coalition mondiale anti-Daech qui gouverne le nord et l'est du pays.

Deux jours seulement avant que la guerre actuelle entre Israël et le Hamas n'éclate à Gaza, plus de 43 frappes aériennes ont visé le nord, selon le centre d'information Rojava, un organisme local de surveillance de la guerre.

Cette dernière attaque contre des infrastructures civiles n'est que la tragédie la plus récente d'une série d'invasions du nord de la Syrie, à Afrin en 2018 et à Ras al-Ain en 2019, avec une ramification syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan citée comme cible de l'assaut.

La première opération a déplacé entre 200 000 et 300 000 personnes – dont beaucoup avaient déjà fui vers la sécurité relative d'Afrin au début de la crise syrienne – tandis que l'invasion de 2019 en a déplacé 160 000 de plus.

L'ONU estime qu'environ 4,3 millions de personnes ont été déplacées à l'intérieur du Soudan et que plus de 1,1 million ont fui le pays (Photo, AFP).

Les dernières frappes, qui ont fait au total 48 morts, ont visé des installations d'eau, de gaz, de pétrole et d'électricité dans le nord du pays, privant des millions de personnes d'électricité, de carburant ou d'eau pendant plus d'une semaine, aggravant ainsi les crises causées par l'infrastructure déjà affaiblie de la région et par un embargo pratique imposé par toutes les parties.

Depuis la défaite de Daech en 2019, les États-Unis ont stationné quelque 900 soldats dans le nord-est du pays, ainsi qu'un nombre indéterminé d'agents de sécurité.

Myanmar

Au Myanmar, un conflit moins connu fait rage depuis 2021, date à laquelle l'armée du pays a mené un coup d'État et mis en place une junte militaire. L'année dernière, Tom Andrews, rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l'homme au Myanmar, a déclaré que la répression militaire des manifestations avait fait 2 000 morts et plus de 700 000 déplacés.

En novembre dernier, les Nations unies ont signalé que les combats entre les groupes armés et les forces armées du Myanmar s'étaient étendus à l'est et à l'ouest du pays, les combats urbains et les frappes aériennes devenant de plus en plus fréquents et intenses.

Les médias ont rapporté que les deux parties étaient prêtes à prolonger la trêve à Gaza (Photo, AP).

L'intensification du conflit a entraîné une nouvelle vague de déplacements, plus de 200 000 personnes ayant été contraintes de fuir leur domicile entre le 27 octobre et le 17 novembre. Le mécanisme d'enquête indépendant des Nations unies pour le Myanmar s'est adressé au Conseil des droits de l'homme des Nations unies à Genève en septembre, citant des cas de bombardements et de frappes aériennes aveugles, d'exécutions de prisonniers de guerre et de civils, et d'incendies de villages civils.

L'avenir de Gaza

À Gaza, une pause humanitaire est entrée en vigueur le 24 novembre, marquant l'entrée des premiers convois d'aide dans l'enclave ravagée par la guerre en provenance d'Égypte. Israël a commencé à libérer des prisonniers palestiniens, tandis que le Hamas a commencé à libérer des otages, dont des Israéliens et des travailleurs étrangers.

Bien que les médias aient rapporté que les deux parties étaient disposées à prolonger la trêve, il est à craindre que la pause humanitaire ne soit en fait qu'une interruption temporaire des combats.

Ce mercredi, Benjamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, a déclaré que la guerre d'Israël contre le Hamas reprendrait dès que la libération des otages israéliens serait assurée, laissant la menace imminente d'une nouvelle destruction planer sur la tête de millions de personnes à Gaza.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: le Hezbollah dit mener des combats directs avec des forces israéliennes dans le sud

Des soldats israéliens se mettent à l'abri près de la frontière israélo-libanaise, à la suite d'une attaque par drone du Hezbollah qui a frappé la frontière nord. (AFP)
Des soldats israéliens se mettent à l'abri près de la frontière israélo-libanaise, à la suite d'une attaque par drone du Hezbollah qui a frappé la frontière nord. (AFP)
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  • Des combattants "se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies" à Zawtar el-Charqiyé, au nord du fleuve Litani, a écrit mercredi le groupe pro-iranien dans un communiqué
  • Le Hezbollah avait revendiqué depuis la veille à l'aube des tirs et attaques au drone contre des forces israéliennes qui tentaient de s'infiltrer dans la localité

BEYROUTH: Le Hezbollah a indiqué mercredi mener des combats avec des forces israéliennes dans une localité située à la lisière de la "ligne jaune" établie dans le sud du Liban par Israël, qui étend ses opérations terrestres dans le pays.

L'armée israélienne avait élargi et intensifié ses frappes mardi sur des villes et villages dans le sud du Liban et dans des zones de l'est du pays limitrophes du sud, faisant au moins 31 morts selon les autorités.

Des combattants "se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies" à Zawtar el-Charqiyé, au nord du fleuve Litani, a écrit mercredi le groupe pro-iranien dans un communiqué.

Le Hezbollah avait revendiqué depuis la veille à l'aube des tirs et attaques au drone contre des forces israéliennes qui tentaient de s'infiltrer dans la localité.

Ce village, situé au nord du fleuve Litani, revêt une importance stratégique pour sa proximité avec la ville de Nabatiyé, grande ville du sud visée par un nouvel appel à évacuation israélien avant des frappes, le deuxième depuis mardi.

Israël dit cibler le Hezbollah, qu'il accuse de violer le cessez-le-feu.

Zawtar el-Charqiyé se situe à la lisière de la "ligne jaune" que l'armée israélienne a établie dans le sud du Liban à une dizaine de kilomètres de la frontière, zone qu'elle interdit d'accès aux habitants et où elle mène de larges opérations de démolition.

Parallèlement à cette avancée, Israël a annoncé mardi étendre ses opérations terrestres contre le Hezbollah au-delà de la "ligne jaune", malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril.

"Nous intensifions notre action au Liban" et "nous renforçons la zone de sécurité afin de protéger les localités du nord" d'Israël, a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu.


L'Iran juge peu probable la reprise de la guerre avec les Etats-Unis

L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
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  • Si les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts, les négociations piétinent depuis
  • Et le verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran continue, faisant flamber les prix du pétrole, tout comme les échanges de menaces

TEHERAN: L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre.

Dans le même temps, comme une étape de plus vers un retour à la normale, l'accès à internet a été partiellement rétabli en Iran, selon l'ONG de surveillance de la cybersécurité NetBlocks. Et dans le ciel, le trafic a désormais pleinement repris dans 10 aéroports du pays.

Si les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts, les négociations piétinent depuis. Et le verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran continue, faisant flamber les prix du pétrole, tout comme les échanges de menaces.

"La probabilité d'une guerre est faible en raison de la faiblesse de l'ennemi", a lancé mercredi Mohammad Akbarzadeh, un haut responsable des forces navales des Gardiens, cité par l'agence de presse Tasnim. Mais "les forces armées se tiennent en alerte, leurs chargeurs pleins", a-t-il ajouté, jurant de "transformer la zone" allant de l'est à l'ouest du Golfe en "un cimetière pour les agresseurs".

La veille, la République islamique avait déjà menacé de riposter à tout "acte malveillant", accusant Washington d'avoir violé le cessez-le-feu dans le sud du pays.

Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) avait annoncé plus tôt avoir frappé dans la nuit de lundi à mardi des sites de lancement de missiles.

L'Iran n'a pas officiellement confirmé l'information, mais les médias d'Etat ont rapporté des explosions dans la ville portuaire de Bandar Abbas.

Alors que les pays musulmans célèbrent l'Aïd al-Adha, fête majeure de l'islam, le président iranien Massoud Pezeshkian a délivré à cette occasion un message contre "les tyrans de notre époque".

 "Globalement positives"

Mercredi, les cours du pétrole fléchissaient de nouveau et les Bourses européennes ont ouvert en petite hausse.

Si l'enthousiasme des marchés est retombé après les signaux positifs du weekend, "il subsiste un air d'optimisme prudent quant à la signature et aux détails d'un protocole d'accord (MoU) entre les Etats-Unis et l'Iran", commente Chris Weston, responsable de la recherche chez le courtier Pepperstone.

Car le dialogue n'est pas rompu: l'agence iranienne Isna a fait état de "négociations globalement positives" après la visite de hauts responsables au Qatar, une première depuis le début des hostilités.

Ce déplacement avait pour but de discuter des "modalités d'accès" aux fonds gelés à l'étranger, dont une partie au Qatar, en raison des sanctions américaines. Téhéran exige le déblocage de 24 milliards d'avoirs, "avec mise à disposition de la moitié dès l'annonce du protocole d'accord", selon Isna.

C'est un des principaux points de contentieux, aux côtés du volet nucléaire que l'Iran souhaite aborder dans un second temps. Washington, qui soupçonne Téhéran de vouloir se doter de la bombe atomique, réclame la destruction du stock d'uranium hautement enrichi, dont le sort est incertain depuis de précédentes frappes, en juin 2025.

Au-delà de la "ligne jaune" 

Donald Trump, qui doit réunir mercredi son gouvernement, cherche de son côté une issue à cette guerre impopulaire qui a gravement perturbé l'économie mondiale en raison du quasi blocage par Téhéran du détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.

"Si le mémorandum est signé (...), Trump revendiquera un succès diplomatique, les prix du carburant devraient baisser et l'Iran aura obtenu ce qu'il recherchait depuis le début: la fin des hostilités actives et un répit économique, avant d'être contraint de faire des concessions sur la question nucléaire", écrit sur son site le groupe de réflexion International Crisis Group.

A condition que son allié israélien, désireux de renverser la République islamique, ne fasse pas dérailler les discussions.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé une intensification de l'offensive de l'armée israélienne au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril.

De nouvelles frappes mardi ont fait 31 morts, selon le gouvernement libanais. Et Israël a dit étendre ses opérations terrestres au-delà de la "ligne jaune" qu'elle a établie dans le sud du pays.


Les pèlerins lapident Satan près de La Mecque, au premier jour de l'Aïd

Le hajj, qui consiste en une série de rites menés sur plusieurs jours, souvent en extérieur, s'est encore déroulé cette année sous une chaleur écrasante. (AFP)
Le hajj, qui consiste en une série de rites menés sur plusieurs jours, souvent en extérieur, s'est encore déroulé cette année sous une chaleur écrasante. (AFP)
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  • Après avoir jeté les cailloux, les hommes se rasent ou se coupent les cheveux et les femmes se taillent une mèche, marquant la sortie de l'état de pureté
  • Ils peuvent dès lors revêtir leurs habits habituels

MINA: Adnan Hamad "n'arrive pas à y croire": il a accompli mercredi le dernier grand rituel du hajj, comme 1,7 million de pèlerins venus à La Mecque malgré la guerre qui a ébranlé la région du Golfe.

Au premier jour de l'Aïd al-Adha, fête majeure de l'islam, des foules réunies dans l'ouest de l'Arabie saoudite se sont relayées sur un site de la vallée de Mina, à quelques kilomètres de la Grande mosquée, pour jeter des cailloux sur des stèles en béton symbolisant le diable.

Ce rituel reproduit symboliquement la lapidation du diable par Abraham aux trois endroits où Satan aurait tenté de le dissuader d'obéir à l'ordre de Dieu de sacrifier son fils Ismaël.

Après avoir jeté les cailloux, les hommes se rasent ou se coupent les cheveux et les femmes se taillent une mèche, marquant la sortie de l'état de pureté, appelé ihram, qui exige notamment le port d'une tenue blanche formée de deux pièces d'étoffe non cousues. Ils peuvent dès lors revêtir leurs habits habituels.

"Difficultés extrêmes" 

"Je n'arrive pas à croire que j'ai terminé les rites du hajj", témoigne Adnan Hamad, un Irakien de 58 ans accompagné de ses filles. "Chaque étape a été agréable malgré les difficultés extrêmes", dit-il à l'AFP en référence à la chaleur écrasante de cette région désertique parmi les plus arides au monde.

Marwa Dahchouri évoque "un sentiment vraiment unique". "C'est comme si vous étiez au paradis, ou comme si vous en étiez devenu une petite partie", raconte cette Egyptienne.

La guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre l'Iran, n'a pas dissuadé les croyants de faire le déplacement.

Jusqu'à l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril, Téhéran avait riposté en visant des bases militaires et infrastructures énergétiques chez ses voisins du Golfe, notamment en Arabie saoudite.

Malgré les incertitudes quant à une reprise du conflit, le pèlerinage a attiré plus de fidèles que l'an passé, d'après les autorités saoudiennes.

"Menace aérienne" 

Si les pèlerins sur place se réjouissent d'avoir pu observer l'un des cinq piliers de l'islam, le royaume se tient sur le qui-vive.

Le ministère de la Défense s'est déclaré prêt à "faire face à toute menace aérienne", et a diffusé une vidéo, largement reprise sur la télévision d'Etat saoudienne, montrant des batteries anti-aériennes déployées sur des collines en périphérie de La Mecque.

Le hajj, qui consiste en une série de rites menés sur plusieurs jours, souvent en extérieur, s'est encore déroulé cette année sous une chaleur écrasante.

Mardi, les fidèles ont prié sur le mont Arafat, étape phare du hajj, sous des températures culminant à 45 degrés.

Ils ont ensuite passé la nuit à la belle étoile à Muzdalifah, à mi-chemin entre Arafat et Mina, où ils ont ramassé des cailloux afin de procéder à la "lapidation du diable".

Ultime étape de ce grand pèlerinage, le retour à La Mecque, la ville la plus sacrée de l'islam, pour un dernier tour de la Kaaba - structure cubique noire au cœur de la Grande mosquée vers laquelle les musulmans du monde entier se tournent pour prier.

Ce jour coïncide avec l'Aïd al-Adha, une fête célébrée en souvenir du sacrifice qu'avait failli accomplir Abraham en voulant immoler son fils Ismaël, avant que l'ange Gabriel ne lui propose in extremis de tuer un mouton à sa place, selon la tradition musulmane.

A cette occasion, les musulmans égorgent une bête, en général un mouton, et offrent une partie de la viande aux nécessiteux.