En Cisjordanie, la famille d'un Palestinien tué par des colons «n'attend rien» de la justice

Les personnes en deuil portent le corps du Palestinien Mohammed Manasra, 25 ans, tué lorsque les forces israéliennes ont attaqué tôt le matin la maison de sa famille en Cisjordanie occupée pour arrêter son frère, alors qu'ils marchaient dans son cortège funèbre dans le camp de réfugiés de Qalandia, près de Ramallah , le 5 décembre 2023. (AFP)
Les personnes en deuil portent le corps du Palestinien Mohammed Manasra, 25 ans, tué lorsque les forces israéliennes ont attaqué tôt le matin la maison de sa famille en Cisjordanie occupée pour arrêter son frère, alors qu'ils marchaient dans son cortège funèbre dans le camp de réfugiés de Qalandia, près de Ramallah , le 5 décembre 2023. (AFP)
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Publié le Mardi 05 décembre 2023

En Cisjordanie, la famille d'un Palestinien tué par des colons «n'attend rien» de la justice

  • Sur le millier de cas de violence des colons soumis à la justice israélienne, et que l'ONG israélienne Yesh Din a étudiés de 2005 à 2021, 92% ont été classés sans suite
  • Encore samedi, des colons ont ouvert le feu sur un Palestinien de 38 ans dans le village de Qarawat Bani Hassan, selon l'agence palestinienne Wafa

AS SAWIYA: Moussa a huit ans et il aime beaucoup les billes. Depuis un mois, ce petit Palestinien a un nouveau jeu: "faire comme si papa n'était pas mort". Il l'appelle, imagine ce qu'il a fait de sa journée et espère qu'il va soudain le croiser.

Bilal Saleh, son père, a été tué le 28 octobre, à 40 ans, d'une balle dans la poitrine, alors qu'il cueillait ses olives.

Il est l'un des plus de 250 Palestiniens de Cisjordanie occupée tués par des soldats et des colons depuis l'attaque meurtrière sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre, selon un décompte du gouvernement palestinien.

"C'était un homme simple, attaché à sa terre", articule lentement sa veuve Ikhlas, en sortant son téléphone pour montrer son mari aux champs, récitant le Coran avec Moussa ou à un mariage, souriant au côté de ses trois autres enfants.

Emue, elle fait défiler les images sans pouvoir les regarder. Ce sont les enfants, serrés autour d'elle, qui racontent.

Dans la commune d'As-Sawiyah, les 3.500 habitants ont en tête les vidéos de l'agression, que certains ont filmée eux-mêmes.

«Crachat»

On y voit quatre hommes crier vers la famille Saleh en pleine cueillette. Ils portent des kippas tricotées, populaires chez les colons israéliens. L'un d'entre eux est armé d'un fusil automatique. Cousins, oncles et tantes s'enfuient.

Un coup de feu retentit. Tous se précipitent vers Bilal, retourné chercher son téléphone. Ils le trouvent allongé, le buste en sang.

La famille raconte l'avoir emmené à l'hôpital de Salfit, à une dizaine de kilomètres, où les médecins l'ont déclaré mort. Puis elle dit avoir vu sur les réseaux sociaux que l'homme arrêté pour avoir tiré a été relâché au bout de quelques heures.

Sollicités à plusieurs reprises, la police et le Cogat, l'organe du ministère israélien de la Défense supervisant les activités civiles dans les Territoires palestiniens, n'ont pas été en mesure de commenter.

Plusieurs jours après, Ikhlas a été appelée par le commissariat d'Ariel, une colonie israélienne voisine de plus de 20.000 habitants.

"Alors qu'un garde vérifiait mes papiers d'identité, un colon est passé en voiture, il a vu que j'étais voilée et il a baissé sa vitre pour me cracher dessus", raconte-t-elle.

"Après ça, je ne vois pas quelle justice ils pourraient nous rendre", dit-elle, même si des organisations israéliennes des droits humains l'ont convaincue de porter plainte.

Sur le millier de cas de violence des colons soumis à la justice israélienne, et que l'ONG israélienne Yesh Din a étudiés de 2005 à 2021, 92% ont été classés sans suite.

«Pire»

Près de trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967. Près d'un demi-million d'Israéliens y habitent aussi dans des colonies considérées par l'ONU comme illégales.

"Depuis dix ans, c'est de plus en plus grave", déplore Hazem Saleh, le beau-frère de Bilal: "on subit des attaques, on nous prend nos terres, les colonies se construisent (...), ils peuvent faire ce qu'ils veulent".

Mais depuis le 7 octobre, c'est "pire encore", dit-il.

Ce jour-là, le Hamas a tué 1.200 personnes en Israël, selon les autorités israéliennes, lors d'une attaque sans précédent. En représailles, Israël a déclaré la guerre au mouvement islamiste palestinien au pouvoir dans la bande de Gaza et pilonne le territoire. Les bombardements ont fait près de 16.000 morts, aux deux tiers des femmes et des enfants, selon le gouvernement du Hamas.

Depuis le début de la guerre, les conditions d'accès au port d'armes ont été assouplies et la police, ainsi que le ministère de l'Intérieur, ont promis d'armer des civils israéliens dans au moins 1.000 localités parmi lesquelles des colonies.

«Quel est ce monde?»

Le groupe WhatsApp des habitants d'As-Sawiyah est une ribambelle de témoignages de peur et de violence en Cisjordanie et ailleurs.

Mouna Saleh, la belle-mère de Bilal, 56 ans, s'inquiète pour les enfants, surtout Moussa et Mayce, sa soeur jumelle, "qui sont si petits": "Comment peut-on tuer un homme en quelques secondes, devant des enfants, quel est ce monde?".

Encore samedi, des colons ont ouvert le feu sur un Palestinien de 38 ans dans le village de Qarawat Bani Hassan, selon l'agence palestinienne Wafa.

Les traits tirés, la veuve raconte avoir été sollicitée par des dizaines de personnes issues d'ONG, de la diaspora ou de la presse pour alerter sur le sort de son mari.

"Nous n'appelons pas à la violence ou à la vengeance mais à la paix et à la miséricorde comme le faisait notre prophète", dit son frère Hazem, affirmant "ne rien attendre" de la justice israélienne: "Tout ce qu'on peut faire" pour Bilal, "c'est raconter son histoire, même si cela nous peine".


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.


Liban: le chef de la diplomatie syrienne rencontre Berri

Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
  • Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens
  • Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien.

Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens.

Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran.

Mais le président syrien Ahmad al-Chareh, qui a pris le pouvoir en décembre 2024 après la chute de Bachar al-Assad, a assuré qu'il n'avait pas l'intention d'intervenir et de rouvrir les plaies du passé.

Le ministre syrien, dont c'est la deuxième visite au Liban, a été reçu par le président libanais Joseph Aoun dès son arrivée, avant de se rendre auprès de Nabih Berri, président du Parlement et allié du Hezbollah, ont indiqué les médias.

M. Chaibani avait effectué en octobre 2025 la première visite d'un haut responsable syrien depuis l'accession de la coalition islamiste au pouvoir à Damas, qui a permis d'ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s'était pour sa part rendu en mai dernier en Syrie.

Les nouvelles autorités syriennes sont hostiles au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad, et ont annoncé l'arrestation ces derniers mois de cellules présumées affiliées au mouvement chiite, qui nie pour sa part toute présence en Syrie.

Depuis fin 2024, les routes d'approvisionnement du Hezbollah ont été coupées et plusieurs tentatives de contrebande d'armes à destination du Liban ont été déjouées selon Damas.

Sous le clan Assad, l'armée syrienne était intervenue au Liban pendant la guerre civile, en 1976, et Damas avait exercé pendant des décennies sa tutelle sur le pays voisin, où il était accusé de l'assassinat de nombreux responsables libanais.

La première visite de M. Chaibani avait permis de débloquer le dossier des prisonniers syriens au Liban, dont plus de 250 ont depuis été transférés en Syrie.

Environ 2.000 Syriens, soit près d'un tiers de la population carcérale du Liban, sont détenus dans les prisons surpeuplées du pays.


Négociations indirectes Iran-Etats-Unis: le porte-parole du Qatar fait état de "progrès positifs"

Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
  • Les négociateurs américains et iraniens ont enregistré des progrès positifs lors de pourparlers indirects à Doha, selon le Qatar
  • Une nouvelle série de discussions est prévue après les funérailles d’Ali Khamenei, avec la poursuite de la médiation qatarie et pakistanaise

DOHA: Les négociateurs américains et iraniens ont réalisé "des progrès positifs" lors de leurs pourparlers indirects à Doha, une prochaine série de discussions étant prévue après les funérailles de l'ex-guide suprême iranien Ali Khamenei, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar.

"Les médiateurs qataris et pakistanais ont achevé aujourd'hui à Doha des réunions séparées avec les négociateurs américains et iraniens, avec des progrès positifs concernant les questions liées au memorandum d'accord d'Islamabad, en s'appuyant sur les résultats du sommet du Lac de Lucerne", a indiqué mercredi sur X le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed al-Ansari.