En 2023, la crise a perduré en Tunisie

Le 14 décembre 2023, la Tunisie est à dix jours d’une échéance importante, les élections locales et régionales; une échéance absente des discussions des Tunisiens (AFP)
Le 14 décembre 2023, la Tunisie est à dix jours d’une échéance importante, les élections locales et régionales; une échéance absente des discussions des Tunisiens (AFP)
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Publié le Vendredi 29 décembre 2023

En 2023, la crise a perduré en Tunisie

  • Le 14 décembre 2023, la Tunisie est à dix jours d’une échéance importante, les élections locales et régionales; une échéance absente des discussions des Tunisiens
  • Gouvernants et gouvernés gèrent la pénurie comme ils le peuvent

TUNIS: Les Tunisiens diront adieu à l’année qui s’achève sans le moindre regret, car 2023 a vu s’aggraver les difficultés auxquelles ils sont confrontés depuis trois ans. Difficultés à trouver la plupart des produits de première nécessité, en raison de pénuries à répétition; à en avoir en quantité suffisante à cause du rationnement; pour bon nombre, à pouvoir se les offrir et, enfin, à joindre les deux bouts.

Le 14 décembre 2023, la Tunisie est à dix jours d’une échéance importante, les élections locales et régionales. Elles doivent doter le pays d’une deuxième chambre parlementaire, le Conseil national des régions et des districts. L’événement est absent des discussions des Tunisiens qui ne semblent guère s’y intéresser.

Impact sur la vie quotidienne

Une des principales raisons qui justifient ce désintérêt tient au fait que les Tunisiens se rendent aux urnes pour la troisième fois en dix-huit mois (après le référendum du 25 juillet 2022 sur la nouvelle Constitution et les élections législatives du 17 décembre 2022-29 janvier 2023) et qu’ils commencent probablement à en avoir assez, d’autant qu’ils ne constatent aucun impact positif sur leur vie quotidienne.

Ensuite, plus sûrement, parce qu’ils ont la tête ailleurs. Ce que démontre de manière irréfutable le dernier sondage en date, l’Afrobarometer de mai 2023, qui a cherché à cerner «le regard des Tunisiens sur la crise économique».

Il en ressort en premier lieu que les problèmes les plus importants sont la gestion de l’économie (94%), le chômage (45%), la pauvreté/la misère (21%), la criminalité et la sécurité (18%), l’éducation (16%), et la corruption (14%). L’instabilité politique (7%) et la démocratie n’arrivent qu’en 8e et 9e positions.

Pour le commun des Tunisiens, la journée commence par les courses; un exercice qui tourne inévitablement à la chasse aux produits de première nécessité qui, depuis deux ans et demi, jouent à cache-cache avec le consommateur.

 

Ce que ce sondage énonce s’observe dans la vie de tous les jours. Pour le commun des Tunisiens, la journée commence par les courses. Un exercice qui tourne inévitablement à la chasse aux produits de première nécessité qui, depuis deux ans et demi, jouent à cache-cache avec le consommateur.

La manière dont les Tunisiens vivent cette situation varie considérablement. Certains expriment leur colère sur les réseaux sociaux, pointant du doigt les autorités ou les spéculateurs qu'ils considèrent fermement comme responsables des pénuries. D'autres s’en amusent, comme cet internaute qui, le 10 décembre, a partagé une photo de divers produits difficiles à trouver actuellement (sucre, semoule, riz, lait, thé vert…) en écrivant : «Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE), si vous m'envoyez ces produits à la maison, je viendrai voter.»

Gouvernants et gouvernés gèrent la pénurie comme ils le peuvent. L’État, qui n’a plus les moyens d’importer ces produits en quantité suffisante, en raison des difficultés budgétaires auxquelles il est confronté, semble avoir décidé de faire en sorte que la pénurie des produits de base soit tournante, afin qu’aucun ne disparaisse trop longtemps du marché.

Produits de remplacement

Les citoyens ordinaires, eux, se débrouillent tant bien que mal. Les plus aisés se rabattent sur des produits de remplacement. En l’absence de riz – importé par l’État – auquel les Tunisiens sont habitués, ils achètent celui que des commerçants ont été exceptionnellement autorisés à importer, et qui coûte trois à cinq fois plus cher (0,90 à 2,60 euros). Et en l’absence de sucre blanc, ils peuvent opter pour le brun, cinq fois plus cher aussi, soit plus de 3 euros.

Les plus démunis n’ont d’autre choix que de prendre leur mal en patience et de faire la queue quand un produit est disponible. Une situation qui tourne parfois à la bagarre. Cependant, en raison du coût de la vie élevé, la majorité des Tunisiens partagent la même réalité de difficultés croissantes pour boucler les fins de mois.


Israël dit avoir lancé des «opérations terrestres limitées» contre le Hezbollah dans le sud du Liban

L'armée israélienne a annoncé lundi avoir lancé des "opérations terrestres limitées et ciblées" contre le mouvement pro-iranien Hezbollah dans le sud du Liban. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé lundi avoir lancé des "opérations terrestres limitées et ciblées" contre le mouvement pro-iranien Hezbollah dans le sud du Liban. (AFP)
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  • "Ces activités s'inscrivent dans le cadre des efforts défensifs plus larges visant à établir et à renforcer une posture défensive avancée, qui comprend le démantèlement de l'infrastructure terroriste et l'élimination des terroristes opérant dans la zone"
  • L'armée a précisé qu'avant l'entrée de ses soldats dans ce secteur, elle avait "mené des frappes d'artillerie et aériennes contre de nombreuses cibles terroristes"

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi avoir lancé des "opérations terrestres limitées et ciblées" contre le mouvement pro-iranien Hezbollah dans le sud du Liban.

"Ces derniers jours, des soldats israéliens de la 91e division ont commencé des opérations terrestres limitées et ciblées contre des bastions clés du Hezbollah dans le sud du Liban, visant à renforcer la zone de défense avancée" en territoire libanais, le long de la frontière entre le nord d'Israël et le sud du Liban, a déclaré l'armée dans un communiqué.

"Ces activités s'inscrivent dans le cadre des efforts défensifs plus larges visant à établir et à renforcer une posture défensive avancée, qui comprend le démantèlement de l'infrastructure terroriste et l'élimination des terroristes opérant dans la zone, afin de (...) créer une couche supplémentaire de sécurité pour les habitants du nord d'Israël", ajoute le communiqué.

L'armée a précisé qu'avant l'entrée de ses soldats dans ce secteur, elle avait "mené des frappes d'artillerie et aériennes contre de nombreuses cibles terroristes".

Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars, lorsque le Hezbollah a attaqué Israël en riposte à l'assassinat du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, tué le 28 février par une frappe israélienne sur Téhéran.

Israël a lancé en riposte des frappes aériennes massives sur le Liban, qui ont déjà fait 850 morts, tout en menant des incursions dans les zones frontalières du sud du Liban, assurant vouloir ainsi protéger les populations du nord d'Israël.

Lors du précédent conflit entre Israël et le Hezbollah, en 2023 et 2024, 60.000 habitants du nord d'Israël avaient été déplacés par les combats. Le gouvernement israélien a promis cette fois d'éviter de tels déplacements de population.


L'envoyé iranien en Arabie saoudite affirme que les «ennemis» de Téhéran sont responsables des attaques dans le Golfe

 L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, lors d'un entretien avec l'AFP à l'ambassade d'Iran à Riyad au début du mois. (AFP/File Photo)
L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, lors d'un entretien avec l'AFP à l'ambassade d'Iran à Riyad au début du mois. (AFP/File Photo)
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  • Alireza Enayati déclare que l'Iran souhaite une "révision sérieuse" des liens avec les pays arabes du Golfe, et nie tout rôle dans les attaques pétrolières saoudiennes
  • Le message de l'envoyé a suscité un certain nombre de réactions critiques de la part d'utilisateurs qui se sont demandé pourquoi Téhéran n'avait pas clarifié sa position plus tôt s'il pensait que d'autres acteurs étaient responsables

LONDRES: L'ambassadeur iranien en Arabie saoudite a posté un message sur X dimanche, affirmant que les Etats-Unis et Israël lançaient des attaques sur des cibles illégitimes dans les pays voisins, rejetant la responsabilité sur Téhéran.

Alireza Enayati a partagé un avis attribué au commandement militaire iranien, qui a déclaré que "l'ennemi" utilisait des drones "déguisés en Shahed (un drone de fabrication iranienne) sous le nom de drone Lucas".

Le message nie que l'Iran soit responsable des attaques contre les États voisins du Golfe, ajoutant que Téhéran ne vise les intérêts des États-Unis et d'Israël dans la région qu'en représailles d'attaques contre son territoire.

"La République islamique d'Iran n'attaque que les cibles, les centres et les intérêts des États-Unis et de l'entité sioniste, et assumera la responsabilité de tout lieu qu'elle vise en publiant une déclaration officielle", ajoute le message.

Les autorités régionales affirment que des milliers de missiles et de drones iraniens ont été lancés en direction du Golfe depuis le début du conflit, fin février, et que nombre d'entre eux visaient des installations militaires américaines, mais aussi des aéroports, des ports, des infrastructures énergétiques et des zones civiles dans les pays du Golfe.

Le message de l'envoyé a suscité un certain nombre de réactions critiques de la part d'utilisateurs qui se sont demandé pourquoi Téhéran n'avait pas clarifié sa position plus tôt s'il pensait que d'autres acteurs étaient responsables.

Un commentateur a écrit que les remarques de l'ambassadeur semblaient contredire les déclarations des dirigeants militaires iraniens.

Un autre a suggéré que même les attaques visant les installations militaires américaines dans la région mettraient en danger les pays du Golfe et que les missiles ou les drones lancés vers ces sites pourraient mettre en danger les villes voisines et les infrastructures civiles.

Un troisième a dénoncé ce qu'il a décrit comme des messages contradictoires de la part des responsables iraniens, tout en se demandant si une femme et un enfant tués respectivement à Bahreïn et au Koweït avaient été des cibles américaines.

Mercredi, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté un projet de résolution condamnant les attaques de l'Iran contre les pays du Golfe et la Jordanie et exigeant que Téhéran mette immédiatement fin aux hostilités.

Treize des quinze membres du Conseil ont voté en faveur de la résolution, qui était parrainée par le Conseil de coopération du Golfe et coparrainée par 135 autres États membres des Nations unies, ce qui témoigne d'un large soutien international en faveur de cette mesure.

S'adressant à Reuters dimanche, M. Enayati a déclaré que les relations entre l'Iran et les États arabes du Golfe devront être "sérieusement réexaminées" à la lumière de la guerre, afin de limiter le pouvoir des acteurs extérieurs et de permettre à la région de devenir prospère.

Il a réaffirmé que l'Iran n'était pas responsable des attaques contre les installations pétrolières saoudiennes de Ras Tanura et de Shaybah.

À la question de savoir s'il craignait que la guerre ne nuise aux relations, il a répondu : "C'est une question légitime : "C'est une question pertinente, et la réponse est peut-être simple. Nous sommes voisins et nous ne pouvons pas nous passer l'un de l'autre ; nous aurons besoin d'un examen sérieux".

Il poursuit : "Ce dont la région a été témoin au cours des cinq dernières décennies est le résultat d'une approche d'exclusion (au sein de la région) et d'une dépendance excessive à l'égard des puissances extérieures.

Il a également appelé à un renforcement des liens entre les six membres du CCG, ainsi qu'avec l'Irak et l'Iran.

M. Enayati a déclaré qu'il était personnellement en contact permanent avec des responsables saoudiens et que les relations "progressaient naturellement" dans de nombreux domaines. Il a souligné la coopération saoudienne concernant le départ des Iraniens qui se trouvaient dans le Royaume pour un pèlerinage religieux et l'assistance médicale apportée à d'autres.

Il a ajouté que Téhéran était en contact avec Riyad au sujet de la position publiquement exprimée par l'Arabie saoudite, selon laquelle ses ressources terrestres, maritimes et aériennes ne seraient pas utilisées pour attaquer l'Iran.

Son message aux États du Golfe est que la guerre "nous a été imposée, à nous et à la région".

Pour résoudre le conflit, les États-Unis et Israël doivent cesser leurs attaques et les pays de la région ne doivent pas être impliqués, tandis que des garanties internationales doivent être obtenues pour éviter qu'elles ne se reproduisent, a-t-il déclaré.

"Ce n'est qu'alors que nous pourrons nous concentrer sur la construction d'une région prospère", a-t-il ajouté.

* Avec Reuters


L'Iran multiplie ses frappes de drones sur l'Arabie saoudite 

 Les défenses aériennes saoudiennes ont abattu plusieurs drones dans la province orientale lundi.  (X : @modgovksa)
Les défenses aériennes saoudiennes ont abattu plusieurs drones dans la province orientale lundi. (X : @modgovksa)
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  • Le ministère de la défense déclare que 63 drones ont été abattus dans la province de l'Est et à Riyad jusqu'à présent
  • Les autorités des Émirats arabes unis ont suspendu l'exploitation de l'aéroport international de Dubaï à la suite d'une attaque de drone

RIYAD: L'Iran a repris sa campagne nocturne de drones contre l'Arabie saoudite lundi, lançant des vagues de frappes totalisant environ 63 drones hostiles jusqu'à présent, a déclaré le ministère de la Défense.

Le porte-parole du ministère, le général de division Turki Al-Maliki, a annoncé les attaques dans une série de messages sur X à partir de 2 h 22, heure locale, précisant que tous les drones - visant la province orientale et Riyad - avaient été interceptés et détruits.

Les frappes ont eu lieu quelques heures après que l'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a cherché à détourner la responsabilité de Téhéran, en diffusant un avis attribué au commandement militaire iranien affirmant que "l'ennemi" déployait des drones déguisés en drones Shahed de fabrication iranienne sous le nom de "drone Lucas".

Ce nouveau barrage a porté à plus de 230 le nombre de drones interceptés dans le Royaume. Un décompte des postes du ministère de la défense a également montré que plus de 30 missiles avaient été abattus.

Les frappes iraniennes ont suivi un schéma d'attaques nocturnes entrecoupées d'accalmies diurnes.

Les États voisins du Golfe ont fait état d'un bilan plus lourd : Bahreïn a déclaré avoir intercepté à lui seul 125 missiles et 203 drones, les attaques ayant fait deux morts dans ce pays et 24 autres dans la région.

Les Émirats arabes unis ont déclaré avoir intercepté 294 missiles balistiques, 15 missiles de croisière et 1 600 drones, faisant six morts.

Le bureau des médias de Dubaï a déclaré lundi que les équipes de la défense civile avaient réussi à circonscrire un incendie résultant de l'impact d'un drone sur l'un des réservoirs de carburant à proximité de l'aéroport international de Dubaï.  Les opérations à l'aéroport ont été temporairement suspendues.