Guerre au Soudan: Le général Daglo au Kenya, nouvelle étape d'une tournée est-africaine

Le président du Kenya, William Ruto, reçoit jeudi le chef des Forces paramilitaires de soutien rapide du Soudan, le général Mohamed Hamdan Dagalo, à Nairobi (Photo, X).
Le président du Kenya, William Ruto, reçoit jeudi le chef des Forces paramilitaires de soutien rapide du Soudan, le général Mohamed Hamdan Dagalo, à Nairobi (Photo, X).
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Publié le Jeudi 04 janvier 2024

Guerre au Soudan: Le général Daglo au Kenya, nouvelle étape d'une tournée est-africaine

  • Le chef des Forces de soutien rapide a été reçu par le président kényan William Ruto
  • M. Daglo a déclaré que ses discussions avec M. Ruto avaient porté sur les derniers développements au Soudan

NAIROBI: Le général Mohamed Hamdane Daglo, commandant des forces paramilitaires en guerre contre l'armée au Soudan, est arrivé mercredi au Kenya, nouvelle étape d'une tournée en Afrique de l'Est où se multiplient les efforts diplomatiques pour des négociations de paix.

Le chef des Forces de soutien rapide (FSR) a été reçu par le président kényan William Ruto, qui a salué son "engagement (...) à mettre fin au conflit au Soudan par le dialogue" dans un message sur X.

"Les pourparlers en cours menés par l'Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad) doivent aboutir à un règlement politique qui permettra une paix durable dans le pays", a-t-il ajouté.

M. Daglo a déclaré que ses discussions avec M. Ruto avaient porté sur les derniers développements au Soudan, "l'examen des causes profondes de la guerre et la recherche de solutions pour atténuer la crise et les souffrances de notre peuple".

"J'ai présenté notre stratégie pour cesser les hostilités et entamer des négociations en vue d'une résolution globale", a-t-il posté sur X.

La conférence de presse qu'il devait donner ensuite à Nairobi a été annulée.

Depuis une semaine, le général Daglo s'est rendu en Ouganda, en Ethiopie et à Djibouti, ses premiers déplacements officiels à l'étranger depuis le début du conflit au Soudan mi-avril.

Ils interviennent alors que l'Igad, dont Djibouti occupe la présidence, redouble d'efforts pour amener à la table des négociations le général Daglo, également connu sous le nom de "Hemedti", et le chef de l'armée soudanaise, le général Abdel Fattah al-Burhane.

Les deux hommes ne se sont jamais rencontrés depuis le début de la guerre qui a plongé le Soudan dans le chaos et l'urgence humanitaire, faisant 12.000 morts, selon une estimation prudente de l'ONG Armed Conflict Location and Event Data Project, et plus de sept millions de déplacés, selon l'ONU.

Lors de ses différentes étapes, le général Daglo a multiplié les signaux d'ouverture, disant avoir évoqué en Ouganda sa "vision de s'engager dans des négociations", en Ethiopie "la nécessité de mettre fin rapidement à cette guerre" et à Djibouti sa volonté de "mettre fin à la guerre et parvenir à une solution globale" avec le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh.

«Réunion cruciale» à Djibouti

Lors de son passage à Djibouti le 31 décembre, le ministre local des Affaires étrangères, Mahmoud Ali Youssouf, avait affirmé sur X: "La semaine prochaine, en tant que président de l'Igad, Djibouti préparera le terrain pour le dialogue au Soudan et accueillera une réunion cruciale".

Une rencontre entre les deux parties sous l'égide de l'Igad avait été envisagée le 28 décembre à Djibouti, avant d'être "reportée à début janvier pour des raisons techniques".

De précédentes tentatives de médiation n'ont jusqu'à présent abouti qu'à de brèves trêves, systématiquement non respectées.

Ces dernières semaines, le conflit au Soudan s'est étendu à l'Etat d'Al-Jazira (centre-est), qui avait été jusqu'alors épargné et était devenu un refuge pour un demi-million de personnes.

Les très redoutées FSR, qui contrôlent la majorité de la capitale Khartoum, ont notamment pris Wad Madani, le chef-lieu de l'Etat qui faisait office de plaque tournante pour l'aide humanitaire, et progressé vers le sud du pays.

L'Igad est composée de huit Etats membres: Kenya, Djibouti, Ethiopie, Soudan du Sud, Soudan, Somalie, Ouganda, Erythrée.


Le Hezbollah dénonce «l'agression israélienne persistante» au Liban malgré la trêve

Des personnes en deuil portent les cercueils lors des funérailles de quatre combattants du Hezbollah et de deux civils dans le village de Maaroub, au sud du Liban, le 26 avril 2026. (AFP)
Des personnes en deuil portent les cercueils lors des funérailles de quatre combattants du Hezbollah et de deux civils dans le village de Maaroub, au sud du Liban, le 26 avril 2026. (AFP)
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  • "Il n'y a pas de cessez-le-feu au Liban, mais une agression israélo-américaine continuelle", a déclaré Naïm Qassem dans un discours écrit, diffusé par la chaîne al-Manar affiliée au groupe islamiste
  • "Le Liban est l'agressé, et c'est lui qui a besoin de garanties pour sa sécurité et sa souveraineté" de la part d'Israël, a-t-il ajouté

BEYROUTH: Le chef du Hezbollah pro-iranien Naïm Qassem a condamné lundi les opérations israéliennes persistantes au Liban malgré la trêve, et réitéré son refus de négociations directes entre Israël et son pays.

Malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril et prolongée à l'issue de deux sessions de pourparlers entre le Liban et Israël à Washington, l'armée israélienne continue de mener des frappes meurtrières, surtout dans le sud du Liban, où elle démolit des bâtiments et interdit aux habitants de dizaines de localités de revenir.

"Il n'y a pas de cessez-le-feu au Liban, mais une agression israélo-américaine continuelle", a déclaré Naïm Qassem dans un discours écrit, diffusé par la chaîne al-Manar affiliée au groupe islamiste.

"Le Liban est l'agressé, et c'est lui qui a besoin de garanties pour sa sécurité et sa souveraineté" de la part d'Israël, a-t-il ajouté.

Critiquant une diplomatie qui place le Liban "sous tutelle", il a plaidé pour "une diplomatie qui mène" à la cessation des hostilités et pour "des négociations indirectes" avec Israël.

"Les négociations directes sont une concession gratuite, sans résultat", a-t-il dit, vantant le comportement "légendaire" du Hezbollah au combat. "Ne trahissez donc pas la résistance", a-t-il ajouté, à l'adresse du pouvoir libanais, en défendant "l'unité nationale".

Entre le président libanais Joseph Aoun, décidé à mener des négociations directes avec Israël, et le Hezbollah pro-iranien qui s'y oppose, le fossé se creuse, et les divisions dans le pays s'accentuent.

L'ambassade américaine à Beyrouth a appelé jeudi à une rencontre entre le président libanais et le Premier ministre israélien, qui serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante".

Lundi, l'armée israélienne a mené une série de frappes après un nouvel avis d'évacuation adressé aux habitants de quatre localités dans le sud du Liban.

Selon les termes de l'accord de trêve publié par Washington, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense" contre le Hezbollah, qui s'oppose à cette clause et continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes malgré la trêve.

Les frappes israéliennes ont fait plus de 2.600 morts et déplacé plus d'un million de personnes depuis que le Hezbollah a relancé les hostilités le 2 mars, en soutien à son allié iranien, ciblé par une offensive israélo-américaine.


Un tanker touché par «des projectiles inconnus» au large des Emirats 

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  • "Un tanker a signalé avoir été touché par des projectiles non identifiés", indique l'agence ajoutant que tous les membres d'équipage sont sains et saufs et qu'aucun impact environnemental n'a été signalé
  • L'agence n'a pas précisé la provenance du navire

DUBAI: Un tanker a été touché par des "projectiles inconnus" dans le détroit d'Ormuz au large des Emirats arabes unis, sans faire de victime, a indiqué l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO lundi.

"L'UKMTO a reçu des informations faisant état d'un incident survenu à 78 milles nautiques (145 km, ndlr) au nord de Fujaïrah, aux Émirats arabes unis", a annoncé l'agence sur X précisant que l'incident avait été signalé dimanche vers 19H40 GMT.

"Un tanker a signalé avoir été touché par des projectiles non identifiés", indique l'agence ajoutant que tous les membres d'équipage sont sains et saufs et qu'aucun impact environnemental n'a été signalé.

L'agence n'a pas précisé la provenance du navire.

Le détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps de paix un cinquième du pétrole et du gaz naturel mondiaux, est en grande partie bloqué depuis le début des frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février.

Le président américain Donald Trump a annoncé dimanche que la marine américaine allait commencer lundi à escorter des navires bloqués de pays tiers à travers le détroit d'Ormuz dans le cadre du Project Freedom ("Projet Liberté"), qui a été dénoncé par les autorités iraniennes.

 


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.