Raids israéliens meurtriers à Gaza, médicaments attendus pour les otages

Israël a lancé une violente attaque à Gaza qui a tué au moins 24 448 personnes, dont plus de 70 pour cent de femmes, d'enfants et d'adolescents, selon les responsables sanitaires du Hamas (Photo, AFP).
Israël a lancé une violente attaque à Gaza qui a tué au moins 24 448 personnes, dont plus de 70 pour cent de femmes, d'enfants et d'adolescents, selon les responsables sanitaires du Hamas (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 18 janvier 2024

Raids israéliens meurtriers à Gaza, médicaments attendus pour les otages

  • En Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, dix Palestiniens ont été tués
  • Selon des témoins palestiniens, des bombardements israéliens intensifs ont ciblé un secteur proche de l'hôpital Nasser

GAZA: L'armée israélienne a intensifié ses frappes meurtrières contre le sud de la bande de Gaza au quatrième mois de sa guerre contre le Hamas, avant l'entrée mercredi soir dans le territoire de médicaments destinés aux otages israéliens et d'une aide aux civils palestiniens.

Alors que la guerre fait craindre un embrasement dans la région, les rebelles yéménites Houthis ont revendiqué une nouvelle attaque contre un "navire américain" au large du Yémen, après avoir été désignés entité "terroriste" par les Etats-Unis.

Selon des témoins palestiniens, des bombardements israéliens intensifs ont ciblé un secteur proche de l'hôpital Nasser à Khan Younès où se cachent, selon Israël, des responsables du mouvement islamiste palestinien Hamas, classé organisation terroriste par les Etats-Unis et l'Union européenne.

Evoquant "la plus difficile et la plus intense nuit" de bombardements israéliens à Khan Younès depuis le début de la guerre, le Hamas a annoncé la mort d'au moins 81 Palestiniens dans cette ville où se concentrent les combats et ailleurs dans la bande de Gaza.

Les Israéliens "nous ont dit d'aller au sud, on est allé au sud, mais il n'y a aucun endroit sûr à Gaza. Tout est pris pour cible", se désole Oum Mohammad Abou Odeh, qui a fui Beit Hanoun (nord) pour Rafah, dans le sud à la frontière avec l'Egypte.

Selon le ministère de la Santé du Hamas, 24.448 personnes, en grande majorité des femmes, enfants et adolescents ont été tués dans les opérations militaires israéliennes dans le territoire palestinien, où l'ONU a évoqué un "risque de famine" et d'"épidémies mortelles".

«Pire qu'un séisme»

Selon l'armée israélienne, 193 soldats ont été tués à Gaza depuis le début de son offensive terrestre le 27 octobre.

Dans le centre de Gaza, des Palestiniens inspectent les dégâts causés par les combats et les bombardements rue Salaheddine, jonchée de bouts de tôle distordus, de vitres brisées et de gravats.

Les forces "d'occupation (israéliennes) ont laissé derrière elles un séisme. C'est pire qu'un séisme. Il y a encore des martyrs sous les décombres et des cadavres en décomposition", dit Aziz al-Moussadar, devant des immeubles ravagés.

Les bombardements ont rasé des quartiers entiers, provoqué une crise humanitaire majeure et mis hors service plus de la moitié des hôpitaux dans le territoire palestinien, auquel Israël impose un blocus depuis 2007 et un siège total depuis le 9 octobre.

Une coupure d'internet et du téléphone est quasi-totale depuis six jours dans le petit territoire de 362 km2 où s'entassent quelque 2,4 millions d'habitants.

Anniversaire symbolique

Mardi, le médiateur qatari a annoncé un accord entre Israël et le Hamas sur l'entrée de médicaments pour les otages en échange d'une aide pour les civils à Gaza.

Les convois de médicaments et d'aide humanitaire "sont entrés à Gaza", a écrit sur X le porte-parole des Affaires étrangères du Qatar, Majed al-Ansari, sans préciser si les médicaments avaient été remis aux otages.

Au moins un tiers des otages souffrent de maladies chroniques et nécessitent un traitement, selon le Collectif des familles d'otages "Bring them home now".

A Nir Oz, un kibboutz proche de Gaza, le collectif organise un anniversaire symbolique pour le plus jeune otage, Kfir Bibas, enlevé alors qu'il avait près de neuf mois et dont l'anniversaire tombe jeudi.

Le Hamas a annoncé en novembre la mort du bébé, de son frère et de sa mère, tués selon le mouvement dans un bombardement israélien. Israël ne l'a pas confirmée.

"C'est fou de prévoir l'anniversaire de quelqu'un qui n'est pas là, de mettre tous ces ballons, de faire des gâteaux", lâche Yossi Schneider, un proche.

En Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, dix Palestiniens ont été tués dans des frappes de drones de l'armée israélienne et des combats dans les régions de Naplouse et Tulkarem selon des sources palestiniennes.

L'armée, qui a intensifié ses opérations en Cisjordanie depuis le 7 octobre, a présenté l'un des combattants tués comme le chef d'une "cellule terroriste" qui "planifiait une attaque imminente de grande ampleur".


Le Liban annonce qu'une délégation américaine supervisera le début du retrait israélien

L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence. (AFP)
L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence. (AFP)
  • Reçu par le président libanais Joseph Aoun, l'ambassadeur américain Michel Issa l'a informé qu'une "délégation militaire arriverait à Beyrouth dans les prochains jours pour coordonner et définir le mécanisme de mise en œuvre sur le terrain" de la clause
  • "La première zone pilote sera lancée d'ici quelques jours, et d'autres zones pilotes sont actuellement à l'étude et en cours de planification", a précisé, sous couvert d'anonymat, un responsable américain à Washington

BEYROUTH: L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence.

Un accord-cadre conclu à Washington le 26 juin entre le Liban et Israël, en guerre depuis des décennies, prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des zones dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud, sous réserve du désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Reçu par le président libanais Joseph Aoun, l'ambassadeur américain Michel Issa l'a informé qu'une "délégation militaire arriverait à Beyrouth dans les prochains jours pour coordonner et définir le mécanisme de mise en œuvre sur le terrain" de la clause relative aux "zones pilotes", selon un communiqué de la présidence.

"La première zone pilote sera lancée d'ici quelques jours, et d'autres zones pilotes sont actuellement à l'étude et en cours de planification", a précisé, sous couvert d'anonymat, un responsable américain à Washington.

Il a déclaré que le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) assurerait la coordination avec les deux pays concernant ces zones.

"Nous allons bientôt entamer des discussions avec des partenaires internationaux afin d'aider le gouvernement libanais à rétablir effectivement sa souveraineté dans ces zones, puis plus largement sur l'ensemble de son territoire", a ajouté ce responsable.

Il a confirmé que les discussions prévues à Rome les 15 et 16 juillet entre Israël et le Liban auraient bien lieu, après qu'une source diplomatique eut indiqué plus tôt à l'AFP que le Liban avait exigé un retrait israélien avant de participer aux pourparlers.

Le président libanais Joseph Aoun a de son côté appelé une nouvelle fois les Etats-Unis à "faire pression sur Israël". Il a également souligné, devant des visiteurs, "l'importance de parvenir à mettre fin à l'état d'hostilité" avec son voisin.

L'accord-cadre n'établit pas de calendrier de retrait du sud du Liban, où Israël a annoncé vouloir pour l'heure maintenir ses troupes dans une zone pouvant s'étendre jusqu'à dix kilomètres de sa frontière.

Il a été conclu à l'issue de cinq cycles de négociations entre le Liban et Israël, inédites depuis des décennies, à Washington.

Les négociations de Rome seront suivies par une visite de M. Aoun aux Etats-Unis, prévue le 21 juillet selon l'ambassade libanaise à Washington.

Le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars en soutien à Téhéran, est opposé aux négociations directes avec Israël et refuse d'être désarmé.

"Aucune clause de l'accord ne passera", a une nouvelle fois martelé cette semaine le chef du Hezbollah Naïm Kassem.


Gaza: des tirs israéliens font 9 morts, selon les secours

Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
  • L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés
  • L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza

GAZA: Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël.

La Défense civile, un organisme opérant sous l'autorité du mouvement islamiste Hamas, a recensé neuf morts en plusieurs endroits, dans des frappes aériennes et des tirs.

L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés.

L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza.

L'armée israélienne a affirmé que M. Salim s'était dirigé en courant vers des soldats qui interrogeaient d'autres chauffeurs de camion interpellés.

Les soldats ont ouvert le feu dans sa direction après "avoir identifié une menace immédiate", a précisé l'armée, affirmant enquêter sur les autres incidents survenus mercredi.

L'hôpital Al-Chifa, à Gaza-ville, a de son côté déclaré avoir reçu quatre corps: celui d'un enfant tué par des tirs israéliens dans l'est de la ville, celui d'un homme tué dans une frappe aérienne dans l'ouest et deux autres tués dans un bombardement ayant visé un véhicule.

L'armée israélienne a confirmé à l'AFP avoir mené une frappe aérienne sur la ville de Gaza, mais a dit ne pas "être au courant" d'un bombardement dans l'ouest de la ville.

Israël et le Hamas s'accusent presque quotidiennement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté.

Au moins 1.084 Palestiniens y ont été tués depuis son entrée en vigueur en octobre, selon le ministère de la Santé du territoire, également placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués dans le territoire palestinien.

Les restrictions imposées aux médias et l'accès limité à Gaza empêchent l'AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur place.


La justice libanaise remet en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste

  • Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises
  • Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi de remettre en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste, Fadl Chaker, qui s'était rendu aux autorités en octobre 2025, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.

Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises.

Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués.

Il va être remis en liberté moyennant deux cautions d'une valeur cumulée de près de 3.500 dollars, a précisé la source judiciaire.

Le montant a été versé et Fadl Chaker doit sortir de prison mercredi, a-t-elle ajouté.

Pendant ses années de fuite, la justice l'avait condamné par contumace à des peines allant de cinq à 15 ans de prison avec travaux forcés dans ces dossiers.

Quelques mois avant de s'être rendu, Fadl Chaker avait sorti des chansons qui arrivaient en tête des classements dans le monde arabe. Ses clips vidéo, tournés dans le camp de Aïn el-Heloué, atteignaient des centaines de millions de vues sur YouTube.

Assir avait lui été arrêté en 2015, et condamné à mort avec sursis en 2017 pour "terrorisme".