Gaza: La faim risque de faire plus de victimes que la guerre

Des Palestiniens font la queue en attendant de recevoir de la nourriture dans un contexte de pénurie alimentaire à Rafah, le 17 janvier 2024 (Photo, Reuters).
Des Palestiniens font la queue en attendant de recevoir de la nourriture dans un contexte de pénurie alimentaire à Rafah, le 17 janvier 2024 (Photo, Reuters).
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Publié le Jeudi 18 janvier 2024

Gaza: La faim risque de faire plus de victimes que la guerre

  • «Si nous ne faisons pas attention, peut-être que la faim et la famine feront plus de victimes que la guerre elle-même»
  • «L'aide n'a pas été autorisée en quantité suffisante en raison du processus de balayage sur lequel les forces israéliennes insistent»

LONDRES: Le président du Fonds d'investissement palestinien a déclaré mercredi au Forum économique mondial (FEM) qu’un plus grand nombre de personnes risquait de mourir de faim que de la guerre à Gaza.

«Si nous ne faisons pas attention, peut-être plus de gens seront tués ou mourront de faim et de famine que la guerre elle-même. Nous ne voulons donc pas attendre longtemps pour que cela se produise. Je pense que le moment d’agir est venu», a averti Mohammed Mostafa.

Il a insisté qu'Israël devrait permettre à l'aide humanitaire d'entrer dans la bande de Gaza afin que la population ait accès aux produits de première nécessité tels que la nourriture, les médicaments, l'eau et l'électricité.

«L'acheminement de l'aide humanitaire est un problème majeur. De nombreuses personnes, pays et institutions ont essayé d'apporter de l'aide à Gaza au cours des dernières semaines. Il n'y en a pas eu assez à cause de la procédure de balayage sur laquelle les forces israéliennes insistent, ce qui ralentit considérablement l’acheminement de l’aide», a-t-il expliqué.

Un minimum de 15 milliards de dollars (1 dollar américain = 0,92 euro) serait nécessaire pour reconstruire les logements dans la bande de Gaza, a indiqué Mostafa, car au moins 350 000 unités de logement ont été complètement ou partiellement endommagées par la guerre.

Gestion de l’aide

Les dirigeants palestiniens continueront, à court terme, à se concentrer sur l'aide humanitaire, notamment la nourriture et l'eau, mais à terme, l'accent sera mis sur la reconstruction, a-t-il ajouté.

Il a toutefois précisé que l'argent ne résoudrait pas le problème de Gaza et qu'une solution politique est nécessaire.

«L'argent ne résoudra pas le problème de Gaza. Il faudra plus que cela; il faudra une solution politique et une révolution logistique.»

«Si vous regardez ce qui se passe aujourd'hui, la façon dont l'aide humanitaire est gérée et la difficulté pour les gens d'obtenir une goutte d'eau ou de la nourriture dans un camion qui arrive, c'est un désastre. C'est effrayant, c'est très triste. Donc, même si nous apportons des produits à Gaza, nous avons besoin d'un système approprié, d'un système bien géré pour régir l'effort humanitaire», a-t-il expliqué.

«Si nous ne gérons pas correctement les efforts humanitaires, nous regretterons tous de ne pas avoir fait assez pour sauver la situation. Je continuerai donc à me concentrer sur les efforts humanitaires à court et à moyen terme», a mentionné Mostafa.

«Mais nous finirons par arriver à la reconstruction. Nous espérons que les frontières seront ouvertes et que nous pourrons participer à une conférence sur la reconstruction... et nous souhaitons que les gens seront au rendez-vous, mais nous espérons pouvoir leur faire comprendre que cette fois-ci, ce sera la dernière et que la paix reviendra peu après», a-t-il soutenu.

La vidéo de la conversation (en anglais)

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.