Gaza: Le rejet par Israël de la solution à deux Etats est «inacceptable», dit le chef de l'ONU

Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, s'exprime lors d'une réunion du Conseil de sécurité au siège des Nations Unies, le mardi 23 janvier 2024 (Photo, AP).
Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, s'exprime lors d'une réunion du Conseil de sécurité au siège des Nations Unies, le mardi 23 janvier 2024 (Photo, AP).
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Publié le Mercredi 24 janvier 2024

Gaza: Le rejet par Israël de la solution à deux Etats est «inacceptable», dit le chef de l'ONU

  • «Le rejet clair et répété la semaine dernière de la solution à deux Etats au plus haut niveau du gouvernement israélien est inacceptable», a estimé Antonio Guterres
  • «Ce refus, et le déni du droit du peuple palestinien à avoir un Etat, pourrait prolonger indéfiniment un conflit qui est devenu une menace majeure pour la paix et la sécurité internationales», a-t-il ajouté

NATIONS UNIES: Le rejet par le gouvernement israélien d'une solution à deux Etats, avec un Etat palestinien indépendant aux côtés d'Israël, est "inacceptable" et risque de "prolonger le conflit", a déclaré mardi le secrétaire général de l'ONU devant le Conseil de sécurité.

"Le rejet clair et répété la semaine dernière de la solution à deux Etats au plus haut niveau du gouvernement israélien est inacceptable", a estimé Antonio Guterres lors de cette réunion du Conseil en présence de nombreux ministres des Affaires étrangères.

"Ce refus, et le déni du droit du peuple palestinien à avoir un Etat, pourrait prolonger indéfiniment un conflit qui est devenu une menace majeure pour la paix et la sécurité internationales", a-t-il ajouté à New York.

"Il pourrait exacerber la polarisation et encourager les extrémistes partout".

Plusieurs Etats membres du Conseil ont plaidé également pour une solution à deux Etats, de la Russie à la France et aux Etats-Unis.

"Je dois dire à Israël, qui connaît l'amitié du peuple français, qu'il faut un Etat palestinien, que les violences envers le peuple palestinien, notamment celles des colons extrémistes, doivent cesser, et que le droit international s'impose à tous", a insisté le nouveau ministre français des Affaires étrangères Stéphane Séjourné, qui présidait la réunion.

"C'est la conviction forte du président Biden que deux Etats, avec la garantie de la sécurité d'Israël, sont la seule voie vers une paix durable", a renchéri la sous-secrétaire d'Etat américaine pour les droits humains Uzra Zeya.

Le gouvernement israélien refuse de discuter d'une "solution à deux Etats", irritant la communauté internationale, et le Premier ministre Benjamin Netanyahou a réaffirmé la semaine dernière son opposition à une "souveraineté palestinienne".

«Anéantir» le Hamas

La guerre a été déclenchée par l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre sur le sol israélien, qui a entraîné la mort de plus de 1.140 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles israéliennes.

Israël a juré "d'anéantir" le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, et a lancé une vaste opération militaire qui a tué 25.490 Palestiniens, en grande majorité des femmes, enfants et adolescents, selon le ministère de la Santé du Hamas.

"La population de Gaza dans son ensemble subit des destructions à une échelle et un rythme sans parallèle dans l'Histoire récente", a déclaré Antonio Guterres, réclamant une nouvelle fois un "cessez-le-feu humanitaire immédiat" et l'ouverture de nouveaux points de passage pour l'aide humanitaire vers le territoire palestinien.

"Le mépris pour la vie des Palestiniens, pour le droit international (...) ne doit plus être toléré. Le temps presse. Il y a deux choix, répandre le feu ou un cessez-le-feu", a de son côté insisté le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Maliki.

L'ambassadeur israélien à l'ONU Gilad Erdan s'est lui attaqué à l'Iran: "si le Conseil (de sécurité) continue à se concentrer seulement sur l'aide à Gaza -- qui est importante -- mais ignore les racines de la grave menace pour le Moyen-Orient et dans le monde, la menace iranienne, alors notre avenir collectif sera un avenir chiite sombre".

Quant au ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, il a accusé les Etats-Unis d'avoir fourni une "carte blanche à la punition collective des Palestiniens" par Israël en bloquant au Conseil "tous les efforts et initiatives destinés à mettre un terme au carnage".


Bahreïn dénonce une "agression flagrante" après des frappes iraniennes

Des véhicules circulent sur une route dans la capitale du Bahreïn, Manama, le 11 mars 2026. (AFP)
Des véhicules circulent sur une route dans la capitale du Bahreïn, Manama, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Bahreïn affirme avoir intercepté sept missiles tirés lors de frappes iraniennes visant son territoire et le Koweït, qu’il qualifie d’attaque contre sa souveraineté
  • Téhéran a revendiqué des tirs de missiles en représailles à des frappes américaines, ciblant notamment une base aérienne au Koweït et un site militaire américain à Bahreïn

MANAMA: Bahreïn, déjà ciblé en début de semaine, a dénoncé samedi les frappes menées par l'Iran contre son territoire et le Koweït voisin, disant avoir intercepté sept missiles.

"Le ministère des Affaires étrangères condamne fermement ces nouvelles attaques", a-t-il écrit dans un communiqué. "Cette agression flagrante constitue une violation manifeste de la souveraineté des deux pays", a-t-il ajouté.

Les Gardiens de la Révolution iraniens avaient dit dans la nuit avoir tiré, en représailles à des frappes américaines, des missiles balistiques vers la base aérienne Ali Al-Salem au Koweït, où sont stationnés des appareils américains, et le quartier général de la Ve flotte américaine à Bahreïn.


L'Iran n'a pas à "intervenir au Liban", dit le président libanais

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  • Le président libanais Joseph Aoun a appelé l’Iran à cesser toute ingérence au Liban, affirmant la souveraineté du pays dans une interview à CNN
  • Il a également exhorté le Hezbollah à privilégier la diplomatie et la négociation comme seule voie pour résoudre le conflit avec Israël

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a sommé l'Iran de ne plus "intervenir" dans son pays, dans une interview à la chaîne CNN diffusée vendredi, et affirmé au Hezbollah soutenu par Téhéran que la diplomatie était la seule solution au conflit avec Israël.

"Ce n'est pas votre pays, c'est le nôtre (...) Vous n'avez pas à intervenir dans notre pays", a lancé le dirigeant libanais à l'adresse de l'Iran.

"Le Hezbollah doit comprendre qu'il (n'y a pas) d'autre solution que de s'asseoir et de parler, pas d'autre moyen (...) de sauver ce qu'il reste sauf à travers la négociation et la diplomatie", a-t-il ajouté.


Liban: sept morts dans des frappes israéliennes sur Tyr, selon la défense civile

Un médecin dans un laboratoire endommagé de l’hôpital Jabal Amel, à la suite de la frappe aérienne israélienne de lundi qui a touché un bâtiment voisin, dans la ville portuaire de Tyr, au sud du Liban. (AP)
Un médecin dans un laboratoire endommagé de l’hôpital Jabal Amel, à la suite de la frappe aérienne israélienne de lundi qui a touché un bâtiment voisin, dans la ville portuaire de Tyr, au sud du Liban. (AP)
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  • Des frappes israéliennes nocturnes à Tyr, dans le sud du Liban, ont fait au moins sept morts et plusieurs blessés, touchant notamment des zones proches d’un hôpital et des quartiers résidentiels
  • Israël annonce de nouvelles attaques contre le Hezbollah au nord du fleuve Litani et ordonne des évacuations, tandis que le conflit continue de provoquer de lourdes pertes civiles et des déplacements massifs

BEYROUTH: Des frappes nocturnes israéliennes sur la ville millénaire de Tyr, dans le sud du Liban, dont l'une près d'un hôpital, ont tué sept personnes, a indiqué vendredi à l'AFP une source au sein de la défense civile.

L'armée israélienne a annoncé de son côté qu'elle allait attaquer le Hezbollah dans trois localités au nord du fleuve Litani, à une quarantaine de km de la frontière, ordonnant à leur population d'évacuer.

Le mouvement pro-iranien avait rejeté jeudi un accord de cessez-le-feu annoncé la veille à Washington après des négociations entre le Liban et Israël, réclamant un retrait total des forces israéliennes qui occupent une partie du sud du pays.

A Tyr, une frappe tard jeudi soir a fait quatre morts et sept blessés, selon la Défense civile. Elle a dévasté le siège d'une banque et endommagé légèrement l'hôpital Jabal Amel, l'un des trois que compte la ville, a constaté le correspondant de l'AFP.

Une autre frappe sur un quartier résidentiel de la ville a tué trois personnes et en a blessé cinq autres dont deux enfants, selon la Défense civile.

Lundi, une frappe près de l'hôpital Jabal Amel avait tué quatre personnes et blessé 127 autres, dont 39 membres du personnel, selon le ministère de la Santé.

La ville côtière, qu'une partie de ses habitants refuse d'évacuer malgré les avertissements israéliens, est régulièrement pilonnée.

Des habitants s'étaient réfugiés dans le quartier chrétien exigu de la Vieille ville, épargné par les avertissements isaréliens, dormant dans leurs voitures ou sous des tentes.

Mais ils l'ont fui après qu'Israël a menacé mardi le quartier, accusant des membres du Hezbollah de s'y cacher, selon le correspondant de l'AFP.

Une frappe avait également visé mercredi soir les abords d'un parc où campent des dizaines de réfugiés syriens, selon le correspondant de l'AFP qui n'a pas fait état de victime.

Dans ce contexte, une pétition, appelant à exclure toute présence armée à Tyr - où le Hezbollah est fortement implanté - autre que celle de l'armée libanaise, a recueilli près de 250 signatures selon les organisateurs.

Une pétition similaire concernant Nabatiyé - autre grande ville du sud à majorité chiite - pratiquement désertée du fait des bombardements israéliens, a recueilli plus de 500 signatures.

Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait 3.526 morts depuis le début du conflit le 2 mars, et ont déplacé plus d'un million de personnes, selon les autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.