Gaza: Paris «condamne» les tirs sur un refuge de l'ONU, appelle Israël à «se conformer au droit international»

Stéphane Séjourné, ministre français des Affaires étrangères et européennes (Photo, AFP).
Stéphane Séjourné, ministre français des Affaires étrangères et européennes (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 26 janvier 2024

Gaza: Paris «condamne» les tirs sur un refuge de l'ONU, appelle Israël à «se conformer au droit international»

  • «Les sites des Nations unies et les personnels humanitaires, dont le travail est indispensable aux populations civiles de Gaza, doivent absolument être protégés», affirme le Quai d'Orsay
  • Le commissaire général de l'Unrwa, Philippe Lazzarini, avait fustigé plus tôt «une violation flagrante» des règles de la guerre

PARIS: La France a "condamné" jeudi les tirs meurtriers ayant touché la veille un refuge de l'ONU du sud de la bande de Gaza, appelant Israël à "se conformer au droit international", dans un communiqué de son ministère des Affaires étrangères.

"Les sites des Nations unies et les personnels humanitaires, dont le travail est indispensable aux populations civiles de Gaza, doivent absolument être protégés", affirme le Quai d'Orsay, rappelant que "la protection des civils est à la fois un impératif moral et une obligation internationale".

En appelant Israël à "se conformer au droit international humanitaire, qui impose en tout temps et en tous lieux des principes clairs de distinction, de nécessité, de proportionnalité et de précaution", la France semble toutefois accuser implicitement l'armée israélienne.

Mercredi, d'après l'ONU, deux chars ont tiré sur ce centre de formation de Khan Younès, transformé en abri après le début de la guerre le 7 octobre.

Ces frappes ont fait 13 morts et 56 blessés, dont 21 dans un état critique, selon l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa).

Les Nations unies ont indiqué jeudi à l'AFP que l'armée israélienne avait ordonné l'évacuation de ce refuge, qui abrite des dizaines de milliers de déplacés, avant vendredi 17h00 (15h00 GMT).

L'armée a de son côté assuré qu'"aucune demande d'évacuation spécifique" n'avait été communiquée "à l'Unwra ou à ceux qui restent à proximité" du refuge.

Elle a également a indiqué à l'AFP avoir "exclu (...) une frappe aérienne ou d'artillerie", évoquant aussi "la possibilité" d'un tir du Hamas.

«Violation flagrante»

Le commissaire général de l'Unrwa, Philippe Lazzarini, avait fustigé plus tôt "une violation flagrante" des règles de la guerre, affirmant que les coordonnées de ce centre avaient été "partagées avec les autorités israéliennes".

Selon un journaliste de l'AFP, les bombardements étaient incessants jeudi sur Khan Younès, la ville natale de Yahya Sinouar, le chef du Hamas dans la bande de Gaza, considéré comme l'architecte de l'attaque sanglante menée le 7 octobre par le mouvement islamiste contre Israël.

Cette attaque a sans précédent entraîné la mort de plus de 1.140 personnes en Israël, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de chiffres officiels israéliens.


Le prince héritier saoudien reçoit le secrétaire d'État américain Marco Rubio à Riyad

Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman reçoit le secrétaire d'État américain Marco Rubio à Riyad, lundi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman reçoit le secrétaire d'État américain Marco Rubio à Riyad, lundi. (SPA)
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  • Le conseiller américain à la sécurité nationale, Mike Waltz, et l'envoyé spécial au Moyen-Orient, Steve Witkoff, sont également arrivés à Riyad
  • M. Rubio est arrivé dans le Royaume après une visite en Israël, première étape de sa première tournée au Moyen-Orient dans le cadre de ses fonctions actuelles. La prochaine étape de sa tournée sera les Émirats arabes unis

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman a reçu le secrétaire d'État américain Marco Rubio à Riyad lundi.
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, reçoit le secrétaire d'État américain Marco Rubio à Riyad, lundi. (SPA)
Plus tôt dans la journée, M. Rubio a été reçu par le ministre des Affaires étrangères du Royaume, le prince Faisal bin Farhan, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

Au cours de la réunion, les diplomates ont passé en revue les relations américano-saoudiennes et les moyens de les renforcer pour servir les intérêts des deux pays amis.

Ils ont également discuté des développements régionaux et internationaux et des efforts déployés à cet égard.

M. Rubio est arrivé dans le Royaume après une visite en Israël, première étape de sa première tournée au Moyen-Orient dans le cadre de ses fonctions actuelles. La prochaine étape de sa tournée sera les Émirats arabes unis.

Le conseiller américain à la sécurité nationale, Mike Waltz, et l'envoyé spécial au Moyen-Orient, Steve Witkoff, sont également arrivés à Riyad, a rapporté Al-Ekhbariya.


L'armée israélienne maintiendra une présence dans cinq « points stratégiques » au Liban après le délai limite mardi

Les forces de l'armée israélienne patrouillent dans le village de Kfarshuba, dans le sud du Liban, le 17 février 2025. (Photo de Rabih DAHER / AFP)
Les forces de l'armée israélienne patrouillent dans le village de Kfarshuba, dans le sud du Liban, le 17 février 2025. (Photo de Rabih DAHER / AFP)
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  • L'armée israélienne maintiendra une présence dans cinq « points stratégiques » au Liban après le délai limite fixé à mardi pour le retrait de ses soldats du pays voisin.
  • « Il s'agit d'une mesure temporaire jusqu'à ce que les forces armées libanaises soient en mesure d'appliquer pleinement l'accord » a déclaré à des journalistes le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole de l'armée.

JERUSALEM : L'armée israélienne maintiendra une présence dans cinq « points stratégiques » au Liban après le délai limite fixé à mardi pour le retrait de ses soldats du pays voisin, dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu avec le Hezbollah, a indiqué lundi un porte-parole.

« Compte tenu de la situation actuelle, nous laisserons temporairement un petit nombre de soldats déployés sur cinq points stratégiques le long de la frontière libanaise, afin de pouvoir continuer à défendre nos habitants et de manière à nous assurer qu'il n'y ait pas de menace immédiate », a déclaré à des journalistes le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole de l'armée.

« Il s'agit d'une mesure temporaire jusqu'à ce que les forces armées libanaises soient en mesure d'appliquer pleinement l'accord », a-t-il ajouté.

Le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah est en vigueur depuis le 27 novembre, après plus de deux mois de guerre ouverte au cours de laquelle Israël a lancé des opérations terrestres sur le sol libanais. 

Cette guerre est intervenue après plus d'un an d'échanges de tirs transfrontaliers. Le Hezbollah a commencé à tirer des roquettes sur le territoire israélien après le début de la guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023 dans la bande de Gaza, affirmant agir ainsi en soutien à son allié.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, l'armée libanaise devait se déployer dans le sud du pays aux côtés des forces de maintien de la paix des Nations unies, à mesure que l'armée israélienne se retirait, sur une période de 60 jours qui a ensuite été prolongée jusqu'au 18 février.

Le Hezbollah devait se retirer au nord du fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière, et démanteler ses infrastructures militaires restantes dans le sud. Un comité réunissant les États-Unis, la France, le Liban, Israël et les forces de maintien de la paix des Nations unies est chargé de veiller à ce que toute violation du cessez-le-feu soit identifiée et traitée. 

« C'est ce que nous avons discuté avec le mécanisme, et c'est ce qui a été convenu pour avancer : un déploiement temporaire de nos forces dans ces cinq points pour la défense de notre peuple », a souligné M. Shoshani.

Les autorités libanaises ont exigé le retrait total d'Israël d'ici mardi, car les forces israéliennes n'ont pas respecté l'échéance de janvier.


Le président libanais craint qu'Israël ne se retire pas totalement mardi

Le président Joseph Aoun préside la première réunion du nouveau gouvernement libanais, avec le premier ministre Nawaf Salam, au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 11 février 2025. (AFP)
Le président Joseph Aoun préside la première réunion du nouveau gouvernement libanais, avec le premier ministre Nawaf Salam, au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 11 février 2025. (AFP)
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  • "Nous avons peur qu'un retrait complet ne soit pas réalisé demain", a déclaré M. Aoun, selon la présidence libanaise.
  • "L'essentiel est qu'Israël se retire" et la question du désarmement du Hezbollah devra faire ensuite l'objet d'un "accord" entre les Libanais, a-t-il ajouté

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a dit craindre lundi que l'armée israélienne ne se retire pas totalement du sud du Liban mardi comme prévu, alors qu'Israël a annoncé peu avant cette échéance avoir tué un commandant du Hamas dans cette région.

Entré en vigueur le 27 novembre, l'accord de cessez-le-feu négocié par les Etats-Unis et la France a été conclu après deux mois de guerre ouverte entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, allié du mouvement islamiste palestinien.

"Nous avons peur qu'un retrait complet ne soit pas réalisé demain", a déclaré M. Aoun, selon la présidence libanaise.

"L'essentiel est qu'Israël se retire" et la question du désarmement du Hezbollah devra faire ensuite l'objet d'un "accord" entre les Libanais, a-t-il ajouté.

Beyrouth a appelé lundi les pays garants de la trêve à sommer Israël de retirer ses troupes du sud du Liban le 18 février, nouveau délai imparti dans le cadre de l'accord de trêve, qui prévoyait au départ ce retrait le 26 janvier.

Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, avait affirmé dimanche en Israël que les Etats-Unis et Israël attendaient de l'Etat libanais qu'il "affronte et désarme le Hezbollah".

"Les garants de l'accord doivent assumer leur responsabilité en nous apportant leur aide", a déclaré la présidence libanaise.

"Nous poursuivons les contacts à différents niveaux pour pousser Israël à respecter l'accord, à se retirer à la date prévue et à libérer les prisonniers", a-t-elle ajouté.

Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a estimé dimanche qu'il incombait au gouvernement libanais de pousser Israël à retirer ses troupes d'ici mardi.

Quelques heures avant l'échéance, une source des services de sécurité libanais a annoncé que Mohammad Chahine, "responsable d'une unité militaire du Hamas", avait été tué dans une frappe israélienne qui a visé une voiture à Saïda, la principale ville du sud du Liban.

Israël a confirmé avoir tué ce commandant du Hamas qu'il a accusé d'avoir "planifié des attaques terroristes".

Un photographe de l'AFP a vu des soldats et des secouristes inspecter la carcasse de la voiture calcinée.

"Scénario probable" 

Le Hezbollah, qui a dominé pendant des années la vie politique au Liban, est sorti affaibli de sa guerre contre Israël.

Après un an d'échanges de tirs transfrontaliers en marge de la guerre dans la bande de Gaza, l'armée israélienne a mené à l'automne une offensive terrestre dans le sud du Liban, frontalier du nord d'Israël, et des troupes y sont restées après la fin des hostilités.

Selon les termes de l'accord, l'armée israélienne était censée avoir achevé le 26 janvier son retrait du sud du Liban, où seuls l'armée libanaise et les Casques bleus de l'ONU devaient être déployés. Le Hezbollah devait lui démanteler ses infrastructures dans le sud et se retirer au nord du fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres de la frontière.

Mais l'échéance a été repoussée au 18 février.

"Concernant la période de retrait, il semble qu'il y ait un accord tacite, voire explicite, des Etats-Unis pour prolonger cette période", a déclaré Karim Bitar, spécialiste du Moyen-Orient à Sciences Po Paris.

"Le scénario le plus probable est donc qu'Israël maintienne son contrôle sur quatre ou cinq collines qui dominent la majorité des villages du sud du Liban", a-t-il ajouté.

L'armée israélienne mène quotidiennement des opérations de dynamitage de bâtiments à la frontière et continue de mener des frappes à travers le pays, dont trois ont visé dimanche l'est du Liban, selon l'agence de presse officielle Ani.

Ramzi Kaiss, de Human Rights Watch (HRW), a déclaré lundi que "la démolition délibérée par Israël des maisons et des infrastructures civiles" rendait "impossible le retour pour de nombreux habitants" dans les zones frontalières.