Tunisie: Un nouveau gouverneur de la Banque centrale dans un contexte de crise

M. Saied a désigné Fethi Zouhair Nouri, 69 ans, professeur d'économie et déjà membre du conseil d'administration de la BCT (Photo, X).
M. Saied a désigné Fethi Zouhair Nouri, 69 ans, professeur d'économie et déjà membre du conseil d'administration de la BCT (Photo, X).
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Publié le Jeudi 15 février 2024

Tunisie: Un nouveau gouverneur de la Banque centrale dans un contexte de crise

  • Avant le vote, M. Abassi avait mis en garde contre «une baisse des réserves en devises»
  • Ce texte octroie une dérogation pour un prêt de la BCT à l'Etat tunisien, déjà lourdement endetté à hauteur de 80% du PIB

TUNIS: Le président Kais Saied a nommé jeudi un nouveau gouverneur à la tête de la Banque centrale de Tunisie (BCT) dans un contexte de crise économique et sociale et d'endettement accru de l'Etat.

M. Saied a désigné Fethi Zouhair Nouri, 69 ans, professeur d'économie et déjà membre du conseil d'administration de la BCT, pour succéder à Marouane Abassi, 64 ans, dont le mandat de six ans arrive à échéance samedi.

Cette nomination intervient après le vote le 6 février au Parlement d'un amendement controversé à la loi garantissant l'indépendance de la BCT qui autorise un financement direct du déficit budgétaire par l'institut d'émission.

Ce texte octroie une dérogation pour un prêt de la BCT à l'Etat tunisien, déjà lourdement endetté à hauteur de 80% du PIB. Ce crédit sur 10 ans et sans taux d'intérêt se monte à 7 milliards de dinars tunisiens (environ 2 milliards d'euros), dont 3 milliards destinés à rembourser dans les prochaines semaines des dettes étrangères anciennes.

Mise en garde 

Avant le vote, M. Abassi avait mis en garde contre "une baisse des réserves en devises" avec des effets potentiellement négatifs sur le dinar tunisien. Des députés et experts se sont aussi inquiétés des pressions inflationnistes pouvant résulter de ce prêt.

Le pays connaît depuis deux ans une inflation élevée (entre 8 et 10% par mois sur un an) très pénalisante pour les couches populaires, due notamment à une forte dépendance du pays aux importations en céréales et énergie qui ont flambé après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

La croissance, qui avait redémarré après l'épidémie de Covid, s'est essoufflée plafonnant à 0,4% en 2023 en raison d'une sécheresse liée au changement climatique (contre 2,4% en 2022), selon des statistiques de l'Institut national INS annoncées jeudi.

Selon l'INS, le taux de chômage s'est creusé fin 2023 pour atteindre 16,4% (15,2% fin 2022) touchant particulièrement les jeunes de 15 à 24 ans avec 40,9% de sans emplois dans cette catégorie fin 2023 (38,8% fin 2022).

Selon son profil officiel, M. Nouri est depuis 2016 membre du conseil d'administration de la BCT, qui oriente la politique monétaire du pays. Il est également membre depuis 2013 du Conseil d'analyse économique (CAE), qui fournit son expertise au gouvernement.

Ce spécialiste des questions énergétiques enseigne à la Faculté de sciences économiques et de gestion de Tunis depuis 1990.

La crise socio-économique se double de fortes tensions politiques depuis que le président Saied s'est arrogé les pleins pouvoirs en juillet 2021, faisant vaciller la jeune démocratie née de la première révolte du Printemps arabe.


Israël: la procureure générale alerte sur un «démantèlement» des institutions démocratiques

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
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  • "A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud)
  • Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême

JERUSALEM: La procureure générale d'Israël a mis en garde lundi contre un recul démocratique en Israël, où le Parlement examine un projet de dissolution qui pourrait mener à des élections anticipées.

Depuis que le gouvernement de Benjamin Netanyahu a été mis sur pied fin 2022, Gali Baharav-Miara conteste la légalité de certaines de ses décisions, et fait en conséquence l'objet d'une procédure de destitution intentée par l'exécutif.

"A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud).

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi.

Le premier vise à réduire les pouvoirs de la procureure générale, en créant un poste similaire mais qui serait nommé exclusivement par le ministre de la Justice.

Le second accorderait davantage de pouvoirs au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir (extrême droite).

Si ces deux textes sont adoptés, "le système d'application de la loi dans l'Etat d'Israël changera complètement de nature", a-t-elle prévenu, d'après un communiqué de son bureau.

Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême.

La procureure générale faisait référence notamment à l'inaction du gouvernement après une décision de la Cour suprême de 2024, obligeant l'Etat à imposer des sanctions aux juifs ultra-orthodoxes qui s'opposent à la conscription.

"Le chef d'état-major réclame des soldats et il n'est plus possible de l'ignorer", a déclaré la procureure générale. "L'Etat ne peut pas ignorer la loi qui impose la conscription pour tous, ni le tort causé au principe d'égalité".

Israël mène depuis mars de vastes opérations militaires au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, et depuis plus de deux ans dans la bande de Gaza, où il combat le Hamas palestinien.


«Pas de calme à Beyrouth» tant que durent les attaques du Hezbollah, avertit Israël

L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
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  • "La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau
  • "Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté

JERUSALEM: Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a affirmé lundi qu'il n'y aurait "pas de calme" à Beyrouth sans l'arrêt des attaques du Hezbollah pro-iranien, disant en outre vouloir établir une zone sous contrôle militaire dans une vaste partie du sud du Liban.

"La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté.

Ces propos surviennent après que l'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah.

L'armée a aussi intensifié ses opérations terrestres dans le sud.

M. Katz a indiqué qu'elle opérait "afin d'éloigner les menaces (...) et de faire de la zone du fleuve Litani une zone placée sous contrôle sécuritaire de Tsahal (l'armée, NDLR), débarrassée des armes et des terroristes".

Le fleuve Litani est situé à une trentaine de km de la frontière avec Israël.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait annoncé vendredi que l'armée l'avait traversé, après avoir déclaré qu'une grande partie du sud du Liban était désormais considérée une "zone de combat", en dépit d'un cessez-le-feu en vigueur le 17 avril.


Un soldat israélien tué dans le sud du Liban 

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
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  • Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué
  • Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi que l'un de ses soldats avait été tué lors de combats dans le sud du Liban, portant à 26 le nombre de morts dans ses rangs depuis début mars.

Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué.

Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah. Dimanche, l'armée avait annoncé la mort d'un autre soldat au Liban, également tué par un drone explosif du mouvement pro-iranien, selon elle.

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant.