CIJ: l’Arabie saoudite juge les actions d’Israël dans les Territoires palestiniens «juridiquement indéfendables»

L’ambassadeur saoudien aux Pays-Bas, Ziad al-Atiyah, a vivement critiqué Israël pour ses actions dans les Territoires palestiniens occupés. (Capture d’écran)
L’ambassadeur saoudien aux Pays-Bas, Ziad al-Atiyah, a vivement critiqué Israël pour ses actions dans les Territoires palestiniens occupés. (Capture d’écran)
L’ambassadeur d’Afrique du Sud aux Pays-Bas, Vusimuzi Madonsela, a exhorté Israël à mettre fin à ses violations contre les Territoires palestiniens. (Capture d’écran)
L’ambassadeur d’Afrique du Sud aux Pays-Bas, Vusimuzi Madonsela, a exhorté Israël à mettre fin à ses violations contre les Territoires palestiniens. (Capture d’écran)
Un manifestant brandissant le drapeau palestinien lors d’un rassemblement devant le palais de justice, avant que le verdict sur l’exportation de pièces pour l’avion de chasse F-35 ne soit rendu, à La Haye, le 12 février 2024. (Photo, AFP)
Un manifestant brandissant le drapeau palestinien lors d’un rassemblement devant le palais de justice, avant que le verdict sur l’exportation de pièces pour l’avion de chasse F-35 ne soit rendu, à La Haye, le 12 février 2024. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Mardi 20 février 2024

CIJ: l’Arabie saoudite juge les actions d’Israël dans les Territoires palestiniens «juridiquement indéfendables»

  • Des représentants de l’Afrique du Sud, de l’Algérie, de l’Arabie saoudite, des Pays-Bas, du Bangladesh et de la Belgique ont présenté des arguments préliminaires à la CIJ
  • M. Al-Atiyah, l’ambassadeur saoudien aux Pays-Bas, a accusé Israël de déshumaniser les Palestiniens et de commettre un génocide à leur encontre

LA HAYE: La deuxième journée de procédure orale a débuté mardi à la Cour internationale de justice (CIJ) concernant les conséquences juridiques de l’occupation des Territoires palestiniens par Israël. Des représentants de l’Afrique du Sud, de l’Algérie, de l’Arabie saoudite, des Pays-Bas, du Bangladesh et de la Belgique ont présenté des arguments préliminaires.

Il s’agirait de l’affaire la plus importante portée devant la CIJ, plus de 50 pays ayant présenté leurs arguments, et au moins trois organisations internationales devant s’adresser aux juges de l’organe judiciaire principal de l’ONU jusqu’au 26 février. Un avis juridique non contraignant est attendu au terme de plusieurs mois de délibérations des juges.

Lundi, des représentants palestiniens ont fait part de leur position sur les répercussions juridiques de l’occupation israélienne de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de la bande de Gaza. Ils ont affirmé que l’occupation était illégale et qu'elle devait cesser immédiatement, inconditionnellement et définitivement.

Israël s’est abstenu d’assister aux audiences mais a soumis une déclaration écrite de cinq pages exprimant ses craintes qu’un avis consultatif n’entrave les tentatives de résolution du conflit, citant les questions préjudiciables posées par l’Assemblée générale de l’ONU.

12 h 35 (GMT) Le juriste belge condamne la politique de colonisation d’Israël, qu’il considère comme «une violation du droit international»

Le juriste belge Vaios Koutroulis a dénoncé la politique de colonisation d’Israël, soutenant qu’elle visait  à créer des changements démographiques permanents dans les Territoires palestiniens.

M. Koutroulis a souligné que la politique de colonisation d’Israël violait les principes fondamentaux du droit international, notamment l’interdiction d’acquérir des territoires par la force et le droit des peuples à l’autodétermination.

Il a précisé que l’établissement de colonies conduisait à la création de deux systèmes distincts, l’un pour les colons et l’autre pour les Palestiniens, exacerbant les inégalités.

La Belgique a condamné la violence contre les Palestiniens et a appelé Israël à mettre fin aux activités de colonisation, à restituer les biens expropriés et à traduire en justice les auteurs d’actes de violence.

M. Koutroulis a appelé les États tiers à ne pas reconnaître la légalité de la situation, à ne pas apporter leur soutien et à collaborer pour mettre fin aux violations du droit international.

img 1

12 h 10 (GMT) Le Bangladesh affirme qu’Israël ne peut invoquer l’autodéfense pour justifier ses actions

Le représentant du Bangladesh, Riaz Hamidullah, a insisté sur le fait que le principe de légitime défense ne pouvait justifier une occupation prolongée, évoquant la situation actuelle dans les Territoires palestiniens.

L’occupation israélienne va à l’encontre de trois piliers fondamentaux du droit international: le droit des peuples à l’autodétermination, l’interdiction d’acquérir un territoire par la force et l’interdiction de la discrimination raciale et de l’apartheid.

Conformément au droit international, toute occupation doit être temporaire et l’acquisition de territoires est illégale. L’occupation prolongée d’Israël, associée à l’expansion territoriale, constitue une violation du droit international.

M. Hamidullah a souligné que le droit à la légitime défense ne pouvait excuser les violations du droit international, notamment le droit à l’autodétermination. Le refus par Israël d’accorder aux Palestiniens le droit à l’autodétermination a suscité une condamnation générale et entrave les perspectives de paix.

Il a appelé Israël à cesser toute action entravant l’autodétermination des Palestiniens, comme les lois discriminatoires et la présence militaire, et de fournir des réparations pour les dommages subis.

M. Hamidullah a appelé tous les États à veiller à ce que les obstacles juridiques à l’autodétermination soient éliminés et à s’abstenir de reconnaître ou de soutenir les actes illégaux d’Israël. La coopération entre les États est essentielle pour contraindre Israël à respecter le droit international.

Il a également prié le Conseil de sécurité de l’ONU d’envisager de nouvelles mesures pour mettre fin à l’occupation et a insisté sur la nécessité de démanteler d’urgence le système d’apartheid en place.

img 1

10 h 45 (GMT) L’Arabie saoudite condamne les actions d'Israël dans les Territoires palestiniens, qu’elle juge «juridiquement indéfendables»

Pour sa part, l’ambassadeur saoudien aux Pays-Bas, Ziad al-Atiyah, a vivement critiqué Israël pour ses actions dans les Territoires palestiniens occupés, estimant qu’elles étaient «juridiquement indéfendables».

M. Al-Atiyah a mis l’accent sur l’importance de tenir Israël pour responsable du non-respect du droit international, notamment en ce qui concerne le traitement des civils à Gaza et l’impunité persistante.

L’Arabie saoudite s’est déclarée profondément préoccupée par le meurtre de civils et a rejeté l’argument de la légitime défense avancé par Israël, affirmant qu’il était injustifiable de priver les Palestiniens de moyens de subsistance essentiels.

M. Al-Atiyah a accusé Israël de déshumaniser les Palestiniens et de commettre un génocide à leur encontre, appelant la communauté internationale à agir. Évoquant la compétence de la CIJ, M. Al-Atiyah a indiqué que les arguments contre sa compétence étaient sans fondement, invitant la Cour à émettre un avis sur la question.

L’Arabie saoudite a dénoncé le mépris permanent d’Israël pour les appels au cessez-le-feu et la mise en place de mesures provisoires, ainsi que l’expansion des colonies illégales et l’expulsion des Palestiniens de leurs maisons.

Le Royaume a évoqué les violations par Israël de ses obligations internationales, notamment le non-respect des résolutions de l’ONU condamnant son comportement et empêchant les Palestiniens d’exercer leur droit à la légitime défense.

Les intentions d’Israël de maintenir et d’étendre les colonies illégales, comme en témoigne sa loi fondamentale de 2018 déclarant Jérusalem comme sa capitale, ont également été critiquées comme portant atteinte à l’autodétermination des Palestiniens.

img 1

10 h 15 (GMT) L’Algérie plaide contre l’occupation prolongée des Territoires palestiniens

Le représentant juridique de l’Algérie, Ahmed Laraba, a pris la parole devant la CIJ pour présenter la position de son pays sur l’occupation des Territoires palestiniens qui dure depuis des années. Dans son allocution, M. Laraba a abordé le caractère complexe du concept d’occupation prolongée, mettant en lumière ses fondements juridiques et son contexte historique.

Se référant à l’article 42 de la Convention de La Haye de 1907, M. Laraba a souligné le fondement incontesté de la notion d’occupation, comme l’a reconnu la Cour dans un avis précédent. Il a par ailleurs insisté sur la nature temporaire de l’occupation, conçue à l’origine pour gérer des situations post-conflit et faciliter la conclusion d’accords de paix.

M. Laraba a constaté qu’il existait un décalage entre le régime temporaire prévu et la réalité d’une occupation prolongée, notant que les législateurs de l’époque ne prévoyaient pas de coexistence pacifique entre l’occupant et l’occupé. Cette incongruité met en évidence les complexités et les défis inhérents à l’occupation prolongée des Territoires palestiniens.

L’intervention de l’Algérie devant la CIJ a pour but de plaider en faveur d’une compréhension globale des dimensions juridique, historique et humanitaire de la question de l’occupation. Les arguments de M. Laraba contribuent au discours actuel sur la quête de justice et de résolution du conflit israélo-palestinien.

img 1

Avec Reuters

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


En pleines discussions à Rome, Israël se dit prêt à avancer sur deux «zones pilotes» au Liban

Israël s'est dit prêt à avancer dans le projet de retrait de ses troupes de deux zones du sud du Liban, au moment où se tiennent mardi de nouvelles négociations à Rome dans l'ombre d'une reprise des hostilités au Moyen-Orient. (AFP)
Israël s'est dit prêt à avancer dans le projet de retrait de ses troupes de deux zones du sud du Liban, au moment où se tiennent mardi de nouvelles négociations à Rome dans l'ombre d'une reprise des hostilités au Moyen-Orient. (AFP)
Short Url
  • Les deux pays, techniquement en état de guerre depuis des décennies, avaient conclu le 26 juin un accord-cadre en vue d'une "paix durable", à l'issue de cinq cycles de discussions à Washington
  • Le ministre des Affaires étrangères israélien, Gideon Saar, a déclaré que son pays était prêt à "aller de l'avant" dans la mise en oeuvre de deux "zones pilotes", revendication clé du pouvoir libanais

ROME: Israël s'est dit prêt à avancer dans le projet de retrait de ses troupes de deux zones du sud du Liban, au moment où se tiennent mardi de nouvelles négociations à Rome dans l'ombre d'une reprise des hostilités au Moyen-Orient.

Les deux pays, techniquement en état de guerre depuis des décennies, avaient conclu le 26 juin un accord-cadre en vue d'une "paix durable", à l'issue de cinq cycles de discussions à Washington.

Mais le Hezbollah, armé et financé par Téhéran, rejette ce texte dont l'application doit commencer par le retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud du Liban.

Le ministre des Affaires étrangères israélien, Gideon Saar, a déclaré que son pays était prêt à "aller de l'avant" dans la mise en oeuvre de deux "zones pilotes", revendication clé du pouvoir libanais.

"J'espère et j'ai bon espoir que cette série de discussions à Rome y contribuera", a-t-il déclaré depuis Jérusalem.

Aucune information n'a filtré à ce stade des pourparlers dans la capitale italienne.

Des journalistes de l'AFP ont vu les voitures des délégations entrer dans l'enceinte de l'ambassade américaine sous haute sécurité mardi matin, tandis que l'ambassade, sollicitée, s'est refusée à tout commentaire.

"Se retirer progressivement" 

La délégation libanaise "a reçu comme instruction de réclamer le début immédiat du retrait des forces israéliennes de deux zones pilotes avant toute autre discussion", avait fait savoir la présidence libanaise lundi soir.

Selon une source diplomatique libanaise informée de la teneur des négociations, "l'armée libanaise est prête à prendre progressivement le contrôle des localités dont l'armée israélienne se retirerait".

"Israël est disposé à se retirer progressivement, à condition que le Hezbollah ne soit pas présent dans les zones évacuées et que l'armée libanaise dispose des capacités nécessaires pour maintenir ces secteurs démilitarisés et empêcher tout retour du mouvement", explique l'analyste israélienne Orna Mizrahi.

Une délégation militaire américaine a d'ailleurs entamé samedi à Beyrouth des discussions avec l'armée libanaise sur les modalités de mise en oeuvre du retrait israélien de l'une de ces "zones pilotes".

L'accord-cadre a été conclu après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu fragile dans la nouvelle guerre qui a éclaté début mars entre le Hezbollah et l'armée israélienne. Le mouvement chiite avait entraîné le Liban dans le conflit en bombardant Israël en représailles aux frappes américano-israéliennes contre l'Iran.

L'armée israélienne poursuit cependant des frappes limitées dans le sud, où un drone a visé mardi la localité de Nabatiyé al-Fawqa et procède à des destructions dans les villages qu'elle occupe, selon les médias officiels libanais.

"Réfléchir à deux fois" 

Depuis le début de ce conflit, ces frappes israéliennes ont fait depuis plus de 4.300 morts, d'après les autorités libanaises. Sur la même période, l'armée israélienne a annoncé la mort de 38 soldats et d'un contractuel civil au Liban.

"Les chances d'une percée à Rome sont assez limitées", estime Karim Bitar, enseignant à Sciences Po Paris, qui voit plutôt dans cette réunion "l'opportunité de montrer que le processus est encore en place (...), qu'il y a des négociations qui perdurent malgré les oppositions et les obstacles qui commencent à apparaître".

Téhéran avait exigé l'arrêt des hostilités au Liban pour conclure un protocole d'accord avec Washington le 17 juin.

Mais ce texte semble avoir volé en éclats après des frappes américaines et iraniennes au Moyen-Orient d'une ampleur inédite depuis la mise en place d'un cessez-le-feu début avril.

"Les Iraniens veulent établir un lien entre les deux dossiers, tandis que nous souhaitons les dissocier", relève Orna Mizrahi.

"Chaque fois qu'ils en auront l'occasion, ils (les Iraniens) chercheront à faire échouer ce qui se passe sur la scène libanaise", ajoute cette chercheuse spécialiste du Liban à l'Institut pour les études de sécurité nationale (INSS) de Tel-Aviv. Même si Téhéran a actuellement d'autres priorités, notamment le contrôle du détroit d'Ormuz.

Karim Bitar souligne pour sa part que le risque d'une reprise des violences au Liban en raison du contexte régional "n'est bien évidemment pas négligeable".

"Mais je pense que l'Iran aujourd'hui y réfléchira à deux fois avant de demander au Hezbollah de lancer de nouvelles frappes contre Israël", dit-il.

Selon lui, Téhéran "souhaite maintenir le Hezbollah comme instrument de dissuasion à long terme et ne veut pas l'utiliser immédiatement pour ouvrir un nouveau front".


Netanyahu avertit les dirigeants iraniens qu'Israël ripostera en cas d'attaque

Un homme tient une pancarte sur laquelle figurent des photos du guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, aux côtés de l'officier militaire assassiné Qasem Soleimani, alors qu'il assiste à la cérémonie d'adieu organisée en l'honneur de l'équipe nationale iranienne de football avant son départ pour la Coupe du monde de la FIFA 2026, à Téhéran, le 13 mai 2026. (AFP)
Un homme tient une pancarte sur laquelle figurent des photos du guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, aux côtés de l'officier militaire assassiné Qasem Soleimani, alors qu'il assiste à la cérémonie d'adieu organisée en l'honneur de l'équipe nationale iranienne de football avant son départ pour la Coupe du monde de la FIFA 2026, à Téhéran, le 13 mai 2026. (AFP)
Short Url
  • Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a averti mardi les dirigeants iraniens qu'Israël riposterait en cas d'attaque
  • "Je le dis aux dirigeants iraniens : ne comptez pas sur le calme si vous nous attaquez (...), l'époque où l'on pouvait nous frapper sans que nous ripostions de manière décisive est révolue"

JERUSALEM: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a averti mardi les dirigeants iraniens qu'Israël riposterait en cas d'attaque, alors que les frappes américaines et iraniennes ont repris avec une ampleur inédite depuis le cessez-le-feu d'avril.

"Je le dis aux dirigeants iraniens : ne comptez pas sur le calme si vous nous attaquez (...), l'époque où l'on pouvait nous frapper sans que nous ripostions de manière décisive est révolue", a déclaré M. Netanyahu lors d'une conférence, selon une vidéo diffusée par son cabinet.


Le Liban et Israël négocient à Rome sur fond de reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis

De la fumée s'élève du site d'une explosion contrôlée par l'armée israélienne dans le village de Kfar Tibnit, vue depuis la ville de Nabatiyé, dans le sud du Liban, avec la forteresse de Beaufort visible au loin, le 13 juillet 2026. (AFP)
De la fumée s'élève du site d'une explosion contrôlée par l'armée israélienne dans le village de Kfar Tibnit, vue depuis la ville de Nabatiyé, dans le sud du Liban, avec la forteresse de Beaufort visible au loin, le 13 juillet 2026. (AFP)
Short Url
  • Le Liban et Israël reprennent les négociations à Rome, Beyrouth exigeant un retrait israélien de deux zones pilotes avant toute avancée
  • Les analystes estiment qu'une percée est peu probable, les tensions entre Washington et Téhéran risquant de compliquer le processus

BEYROUTH: Le Liban et Israël entament mardi à Rome de nouvelles négociations sous l’égide des États-Unis, sur fond de reprise des hostilités dans la région entre Washington et Téhéran qui pourrait les impacter selon des analystes.

Les deux pays, en état de guerre depuis des décennies, avaient conclu le 26 juin un accord-cadre en vue d'une "paix durable", à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington.

Mais le Hezbollah, armé et financé par Téhéran, rejette cet accord dont l'application doit commencer par le retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud du Liban.

"La délégation libanaise a reçu comme instruction de réclamer le début immédiat du retrait des forces israéliennes de deux zones pilotes avant toute autre discussion", a annoncé lundi soir la présidence libanaise.

Selon une source diplomatique libanaise informée de la teneur des négociations, "l'armée libanaise est prête à prendre progressivement le contrôle des localités dont l'armée israélienne se retirerait".

"Israël est disposé à se retirer progressivement, à condition que le Hezbollah ne soit pas présent dans les zones évacuées et que l'armée libanaise dispose des capacités nécessaires pour maintenir ces secteurs démilitarisés et empêcher tout retour du mouvement", explique l'analyste israélienne Orna Mizrahi.

Une délégation militaire américaine a d'ailleurs entamé samedi à Beyrouth des discussions avec l'armée libanaise sur les modalités de mise en oeuvre du retrait israélien de l'une de ces "zones pilotes".

- "Chances limitées" -

L'accord-cadre a été conclu après l'entrée un vigueur d'un cessez-le-feu fragile dans la nouvelle guerre qui a éclaté entre le Hezbollah et l'armée israélienne. Le mouvement chiite pro-iranien avait entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en bombardant Israël pour soutenir l'Iran.

L'armée israélienne poursuit cependant des frappes limitées dans le sud et procède à des destructions dans les villages qu'elle occupe selon les médias officiels libanais.

Depuis le début de ce conflit, ces frappes israéliennes ont fait depuis plus de 4.300 morts, selon les autorités libanaises. Sur la même période, l'armée israélienne a annoncé la mort de 38 soldats et d'un contractuel civil au Liban.

"Les chances d'une percée à Rome sont assez limitées (..) Ce à quoi nous pourrions assister, c'est plutôt une sorte d'opportunité de montrer que le processus est encore en place (..) qu'il y a des négociations qui perdurent malgré les oppositions et les obstacles qui commencent à apparaître", estime Karim Bitar, enseignant à Sciences Po Paris.

Téhéran avait exigé le cessez-le-feu au Liban pour conclure un protocole d'accord avec Washington le 17 juin.

Mais ce texte semble avoir volé en éclats après des frappes américaines et iraniennes au Moyen-Orient d'une ampleur inédite depuis la mise en place d'un cessez-le-feu début avril. Dans la nuit de lundi à mardi, les Etats-Unis ont mené pour la troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens.

"Les Iraniens veulent établir un lien entre les deux dossiers, tandis que nous souhaitons les dissocier", affirme Orna Mizrahi.

"Chaque fois qu'ils en auront l'occasion, ils (les Iraniens) chercheront à faire échouer ce qui se passe sur la scène libanaise", ajoute cette chercheuse spécialiste du Liban à l'Institut pour les études de sécurité nationale (INSS) de Tel-Aviv. Mais l'analyste israélienne estime que les priorités de Téhéran aujourd'hui sont le détroit d'Ormuz et le dossier nucléaire.

Karim Bitar affirme pour sa part, que le risque d'une reprise des violences au Liban en raison du contexte régional "n'est bien évidemment pas négligeable".

"Mais je pense que l'Iran aujourd'hui y réfléchira à deux fois avant de demander au Hezbollah de lancer de nouvelles frappes contre Israël", dit-il.

Selon lui, Téhéran "souhaite maintenir le Hezbollah comme instrument de dissuasion à long terme et ne veut pas l'utiliser immédiatement pour ouvrir un nouveau front".