Les colons israéliens exploitent le conflit à Gaza pour s’emparer de plus de terres en Cisjordanie

Des colons israéliens marchent vers l’avant-poste d’Eviatar, près du village palestinien de Beita, au sud de Naplouse, en Cisjordanie. (AFP)
Des colons israéliens marchent vers l’avant-poste d’Eviatar, près du village palestinien de Beita, au sud de Naplouse, en Cisjordanie. (AFP)
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Publié le Lundi 26 février 2024

Les colons israéliens exploitent le conflit à Gaza pour s’emparer de plus de terres en Cisjordanie

  • Les expulsions forcées et les litiges fonciers en Cisjordanie se sont multipliés depuis l’attaque menée par le Hamas le 7 octobre
  • Les autorités israéliennes sont accusées de violer activement l’interdiction de l’expansion des colonies de peuplement, en vigueur depuis des décennies

LONDRES: Alors que la campagne militaire israélienne à Gaza entre dans son sixième mois, les gouvernements occidentaux ont intensifié la pression sur les colons «extrémistes» qui, selon les critiques, profitent du conflit pour occuper illégalement davantage de terres palestiniennes en Cisjordanie occupée.

Ces derniers mois, les violences commises par les colons israéliens extrémistes ont amené l’Occident à imposer des sanctions, et d’autres devraient être annoncées dans les semaines et les mois à venir. Cela n’a pas empêché le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, d’approuver la semaine dernière la construction de plus de 3000 nouveaux logements dans les colonies, en réponse à une fusillade meurtrière en Cisjordanie.

Le ministre israélien des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich, accompagné de soldats lors d’une visite au kibboutz de Kfar Aza, près de la frontière avec la bande de Gaza, le 14 novembre 2023, a approuvé la construction de plus de 3000 nouveaux logements dans les colonies de Cisjordanie. (Photo, AFP)
Le ministre israélien des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich, accompagné de soldats lors d’une visite au kibboutz de Kfar Aza, près de la frontière avec la bande de Gaza, le 14 novembre 2023, a approuvé la construction de plus de 3000 nouveaux logements dans les colonies de Cisjordanie. (Photo, AFP)

Peace Now, une organisation non gouvernementale israélienne qui prône une solution à deux États et qui condamne le comportement des colons israéliens en Cisjordanie, a précisé que vingt-six nouvelles communautés avaient vu le jour au cours des douze derniers mois, faisant de 2023 une année record pour la création de nouvelles colonies illégales.

Yonatan Mizrachi, membre de l’équipe de surveillance des colonies de Peace Now, a déclaré qu’il n’était pas inhabituel de voir de nouveaux avant-postes apparaître en Cisjordanie lors des périodes de violence à Gaza, lorsque la communauté internationale est distraite.

«Depuis le début de la guerre, l’administration civile israélienne applique beaucoup moins, voire pas du tout, les mesures visant à supprimer les avant-postes illégaux», a indiqué M. Mizrachi à Arab News. «Les colons profitent de ces périodes pour intensifier leur travail illégal et construire de nouveaux avant-postes, des routes et d’autres infrastructures.»

Vendredi, les États-Unis ont rétabli leur politique de longue date selon laquelle les colonies vont à l’encontre du droit international, quelques heures seulement après l’annonce par M. Smotrich du plan visant à faire avancer la construction de milliers de nouveaux logements dans les colonies.

«La politique des États-Unis, sous les administrations républicaines et démocrates, consiste depuis toujours à considérer que les nouvelles colonies entravent l’instauration d’une paix durable», a affirmé Antony Blinken, le secrétaire d’État américain, vendredi.

L’approbation de la construction d’un nombre record de logements dans les colonies l’année dernière et l’expansion de la présence des colons en Cisjordanie ont conduit l’administration Biden à convoquer l’ambassadeur israélien à Washington pour la première fois depuis plus de dix ans.

Sous le gouvernement de coalition d’extrême droite dirigé par Benjamin Netanyahou, les autorités israéliennes semblent avoir activement compromis l’interdiction de l’expansion des colonies, qui date de plusieurs décennies, en mariant le droit israélien aux pratiques des colons.

Ces changements ont permis de légaliser quinze avant-postes en Cisjordanie. Le gouvernement a également pris des mesures pour promouvoir la construction de 12 349 unités de logement en Cisjordanie, ce qui constitue un nouveau record.

Vue d’un avant-poste de colons israéliens, non autorisé, dans la ferme de Meitarim, près de la ville d’Hébron, en Cisjordanie occupée. (AFP)
Vue d’un avant-poste de colons israéliens, non autorisé, dans la ferme de Meitarim, près de la ville d’Hébron, en Cisjordanie occupée. (AFP)

Dans un communiqué publié récemment, Peace Now cite des données de l’organisation israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem : «En relation directe avec l’établissement de ces avant-postes, environ 1345 Palestiniens ont été contraints de fuir leurs maisons en raison d’attaques violentes menées par les colons.»

Ces nouveaux avant-postes ont été catastrophiques pour les Palestiniens, puisque vingt et une communautés ont été contraintes de quitter leurs maisons au cours des douze derniers mois, dont seize depuis les attaques menées par le Hamas contre le sud d’Israël le 7 octobre,ce qui a déclenché la guerre actuelle dans la bande de Gaza.

Ces expulsions forcées et les conflits liés à l’utilisation des terres contribuent depuis des années à la violence localisée entre les colons et les résidents palestiniens. Selon le Global Centre for the Responsibility to Protect (GCR2P), ces violences se sont intensifiées depuis le début de la guerre.

S’appuyant sur des données du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH), l’ONG a relevé 532 attaques de colons contre des Palestiniens entre le 7 octobre et le 14 février, notamment des fusillades et des incendies de maisons, qui ont fait des victimes et causé des dégâts matériels.

Des Palestiniens se rassemblent près des décombres d’une maison familiale démolie par l’armée israélienne lors d’un raid dans la ville d’Hébron, en Cisjordanie occupée, le 21 janvier 2024. (AFP)
Des Palestiniens se rassemblent près des décombres d’une maison familiale démolie par l’armée israélienne lors d’un raid dans la ville d’Hébron, en Cisjordanie occupée, le 21 janvier 2024. (AFP)

«Avant le 7 octobre, les colonies et les déplacements de population dus aux colons avaient déjà augmenté en Cisjordanie occupée ces dernières années», indique un porte-parole du GCR2P à Arab News

«Depuis le 7 octobre, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme signale que les colons qui commettent ces attaques agissent parfois avec l’assentiment et la collaboration de l’armée et des autorités israéliennes.» 

De même, les données de l’ONU révèlent le nombre de personnes déplacées en Cisjordanie occupée, 4525 structures appartenant à des Palestiniens ayant été démolies ou détruites depuis 2019.

 

EN CHIFFRES

• 26 colonies israéliennes établies en Cisjordanie rien qu’en 2023, un nouveau record annuel.

 

• 21 communautés palestiniennes déplacées au cours des 12 derniers mois, dont 16 depuis le 7 octobre.

 

• 532 attaques de colons, contre des Palestiniens, enregistrées entre le 7 octobre et le 14 février.

 

Source : Peace Now, BCAH

Bien que les gouvernements occidentaux aient été lents à censurer Israël pour sa conduite à Gaza, ils ont adopté une position plus claire sur la nécessité d’empêcher l’expansion des colonies en Cisjordanie, qu’ils considèrent comme une menace pour la création d’un futur État palestinien.

L’article 49 de la quatrième convention de Genève interdit à une puissance occupante de transférer une partie de sa population civile dans un territoire occupé, ce qui est également connu sous le nom d’ «implantation de colons».

«L’implantation et l’activité des colons constituent donc une violation des obligations d’Israël en tant que puissance occupante en vertu du droit international humanitaire», a affirmé le porte-parole du GCR2P.

«L’expansion des colonies garantit effectivement que le territoire occupé restera sous le contrôle d’Israël à perpétuité, ce qui conduit à une annexion de facto.» 

Un Palestinien inspecte une voiture brûlée lors d’une attaque menée la nuit précédente par des colons israéliens dans le village de Burqa, au nord-ouest de Naplouse, en Cisjordanie occupée, le 20 février 2024. Environ 490 000 Israéliens vivent dans des dizaines de colonies de Cisjordanie jugées illégales au regard du droit international. (AFP)
Un Palestinien inspecte une voiture brûlée lors d’une attaque menée la nuit précédente par des colons israéliens dans le village de Burqa, au nord-ouest de Naplouse, en Cisjordanie occupée, le 20 février 2024. Environ 490 000 Israéliens vivent dans des dizaines de colonies de Cisjordanie jugées illégales au regard du droit international. (AFP)

Le Canada, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis ont tous pris des mesures à l’encontre des colons israéliens, imposant des sanctions allant de l’interdiction de voyager à des restrictions interdisant le commerce et au blocage d’actifs. Certaines institutions financières israéliennes ont fait de même, gelant les comptes de quatre hommes.

Un porte-parole du Bureau des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement du Royaume-Uni a déclaré à Arab News que le Royaume-Uni s’oppose depuis toujours à l’expansion des colonies israéliennes.

«Les colonies sont illégales au regard du droit international, constituent un obstacle à la paix et menacent la viabilité d’une solution fondée sur la coexistence de deux États», a expliqué le porte-parole. 

«Nous ne cessons d’exhorter Israël à mettre fin à l’expansion des colonies en Cisjordanie et à demander des comptes aux auteurs d’actes de violence commis par les colons.»

En annonçant des sanctions contre quatre colons «extrémistes» le 14 février, le secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères, David Cameron, a déclaré qu’«Israël doit également prendre des mesures plus fermes pour mettre un terme à la violence des colons».

Yonatan Mizrachi, de Peace Now, a souligné que les sanctions avaient été une «grande affaire» en Israël. «Je pense et j’espère que cela aura un effet à tous les niveaux, mais nous avons également besoin que le public israélien lutte plus activement contre les colonies», a-t-il déclaré.

«Je pense que nous devons attendre de voir comment et si le gouvernement israélien changera sa politique en ce qui concerne “le projet de colonisation”.» 

Ces mesures ont suscité la colère des députés israéliens. Amit Halevi, du parti Likoud de Netanyahou, a convoqué une réunion urgente du Comité des affaires économiques de la Knesset afin d’étudier les moyens d’aider les «familles simples travaillant dans l’agriculture» qui ont été sanctionnées.

Les observateurs des droits de l’homme, quant à eux, ont décrit les sanctions comme une simple façade politique de la part de gouvernements qui se contentent de continuer à financer, à fournir des armes et à assurer la couverture diplomatique de l’effort de guerre d’Israël.

Boudour Hassan, chercheuse sur Israël et la Palestine pour Amnesty International, a fait remarquer que les sanctions étaient en quelque sorte une arme à double tranchant. Elle a expliqué à Arab News que si elles indiquaient que la communauté internationale avait pris conscience de la situation, elles ne tenaient pas compte du véritable problème.

«Elles sont trompeuses et contribuent à l’idée que ce sont les colons individuels, et non les colonies, qui posent problème, ignorant la violence inhérente au projet de colonisation», a souligné Mme Hassan.

«La majorité des colons ne sont pas violents ; ils n’attaquent pas les Palestiniens. Cependant, il ne s’agit pas seulement de violence physique. Il s’agit de l’acquisition forcée de terres palestiniennes, de la ségrégation des communautés. Les droits et privilèges des colons sont discriminatoires à l’égard des Palestiniens. Tout cela est intrinsèquement violent.»  

«Ce sont les postes de contrôle, les soldats israéliens et l’infrastructure juridique, physique et politique qui se combinent pour promouvoir le projet qui est en cause. Punir des individus, c’est ignorer ces problèmes fondamentaux».

L’armée israélienne tient un poste de contrôle à l’entrée fermée du sud de la ville d’Hébron, en Cisjordanie occupée, près de la colonie israélienne de Beit Haggi. (AFP)
L’armée israélienne tient un poste de contrôle à l’entrée fermée du sud de la ville d’Hébron, en Cisjordanie occupée, près de la colonie israélienne de Beit Haggi. (AFP)

Mme Hassan a réitéré le point de vue d’Amnesty International, qui a toujours considéré que «les colonies qui sont illégales au regard du droit international» doivent être démantelées pour que la paix puisse être instaurée.

Toutefois, la notion de démantèlement de ces colonies soulève des questions sur le sort des familles de colons, «si et quand Israël se retire», a noté M. Mizrachi.

«Israël a évacué des colons à deux reprises par le passé : d’abord en 1982 dans le Sinaï, puis en 2005 dans la bande de Gaza et le nord de la Cisjordanie. Comme nous le savons, vouloir, c’est pouvoir.»

«Cela pourrait prendre du temps et il n’est pas possible d’évacuer des centaines de milliers de personnes en un jour, mais il existe des possibilités d’y parvenir.» 

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Israël dit avoir «éliminé» le chef de la marine des Gardiens de la Révolution iraniens

Le ministre israélien de la Défense Israël Katz a annoncé jeudi que l'armée avait "éliminé" le commandant de la marine des Gardiens de la Révolution iraniens, Alireza Tangsiri, dans une vidéo publiée par son bureau. (AFP)
Le ministre israélien de la Défense Israël Katz a annoncé jeudi que l'armée avait "éliminé" le commandant de la marine des Gardiens de la Révolution iraniens, Alireza Tangsiri, dans une vidéo publiée par son bureau. (AFP)
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  • "L'homme directement responsable de l'opération terroriste de minage et de blocage du détroit d'Ormuz a été pulvérisé"
  • L'opération constitue aussi "une nouvelle importante pour nos partenaires américains, en mettant en lumière l'aide de l'armée israélienne pour la réouverture du détroit d'Ormuz"

JERUSALEM: Le ministre israélien de la Défense Israël Katz a annoncé jeudi que l'armée avait "éliminé" le commandant de la marine des Gardiens de la Révolution iraniens, Alireza Tangsiri, dans une vidéo publiée par son bureau.

L'armée israélienne "a éliminé le commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Tangsiri, avec d'autres officiers supérieurs de la marine", a déclaré M. Katz.

"L'homme directement responsable de l'opération terroriste de minage et de blocage du détroit d'Ormuz a été pulvérisé", a-t-il ajouté, avant de promettre aux responsables des Gardiens, armée idéologique de la République islamique, de "continuer à les traquer un par un".

L'opération constitue aussi "une nouvelle importante pour nos partenaires américains, en mettant en lumière l'aide de l'armée israélienne pour la réouverture du détroit d'Ormuz", goulet stratégique pour l'approvisionnement mondial en pétrole, devenu un enjeu majeur dans la guerre entre l'Iran et Israël et les Etats-Unis.

 


Le CCG visé par 83 % des missiles et des drones iraniens, Israël n'ayant reçu que 17 % des bombardements lancés par l'Iran

De la fumée s'élève de la zone de l'aéroport international du Koweït après qu'un drone ait frappé un dépôt de carburant, le 25 mars 2026. (AFP)
De la fumée s'élève de la zone de l'aéroport international du Koweït après qu'un drone ait frappé un dépôt de carburant, le 25 mars 2026. (AFP)
De la fumée s'élève de la zone de l'aéroport international du Koweït après qu'un drone ait frappé un dépôt de carburant le 25 mars 2026. (AFP)
De la fumée s'élève de la zone de l'aéroport international du Koweït après qu'un drone ait frappé un dépôt de carburant le 25 mars 2026. (AFP)
 De la fumée s'élève d'un immeuble après une attaque de drone à Koweït City, le 8 mars 2026. (AFP)
De la fumée s'élève d'un immeuble après une attaque de drone à Koweït City, le 8 mars 2026. (AFP)
Un panache de fumée s'élève après une attaque iranienne dans le quartier industriel de Doha, le 1er mars 2026. (AFP)
Un panache de fumée s'élève après une attaque iranienne dans le quartier industriel de Doha, le 1er mars 2026. (AFP)
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  • Les affirmations de Téhéran sont démenties par les faits : ses voisins du Golfe sont confrontés à 83 % de son barrage de missiles et de drones, contre 17 % pour Israël
  • Le premier jour, des missiles ou des débris d'armes iraniennes interceptées ont frappé l'aéroport de Dubaï, le célèbre hôtel Burj Al-Arab, le port de Jebel Ali et l'île artificielle de Palm Jumeirah

LONDRES : Dès le début de la guerre conjointe américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, les États du Conseil de coopération du Golfe ont été choqués de se retrouver à l'extrémité réceptrice des violentes représailles de Téhéran.

Ils n'avaient pas été impliqués dans les attaques surprises, ni même consultés à ce sujet. Pourtant, le 1er mars, les six États du CCG avaient été attaqués.

Comme l'indique un rapport publié mercredi par le Stimson Center, basé à Washington : "Le conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran, qui en est à sa quatrième semaine, s'est transformé en une guerre cauchemardesque et en escalade qu'aucun membre du Conseil de coopération du Golfe n'a souhaitée.

Pire encore, il est rapidement apparu que les tirs de barrage de l'Iran visaient principalement les infrastructures civiles, et non les bases américaines que l'Iran prétendait être ses objectifs principaux.

Le premier jour, des missiles ou des débris d'armes iraniennes interceptées ont frappé l'aéroport de Dubaï, le célèbre hôtel Burj Al-Arab, le port de Jebel Ali et l'île artificielle de Palm Jumeirah.

Ce jour-là, l'Iran a tiré 137 missiles et 209 drones sur les Émirats arabes unis, dans une tentative évidente de saper leur réputation de havre de paix pour les touristes, les entreprises et les investisseurs.

L'Arabie saoudite, Bahreïn et le Qatar ont également été attaqués dès les premiers jours du conflit.

L'Iran a prétendu ne viser que les sites militaires liés aux États-Unis. Mais au cours des jours et des semaines qui ont suivi, un schéma indéniable d'attaques contre des infrastructures civiles a commencé à se dessiner, avec pour cibles en Arabie saoudite la raffinerie de pétrole de Ras Tanura, des installations d'Aramco et le champ pétrolifère de Shaybah.

Le ministère saoudien de la défense rapporte que de nombreux drones se dirigeant vers Riyad ont été interceptés.

"Je sortais avec mon petit garçon quand nous avons soudain entendu l'explosion", a déclaré à l'AFP un Jordanien résidant à Riyad le 28 février.

"Les gens autour de nous regardaient le ciel, essayant de comprendre ce qui se passait. Ce n'est pas quelque chose auquel on s'attend à Riyad".

Aucun des États du CCG ne s'attendait à cela, ni ne pensait le mériter.

Même Oman, qui avait servi de médiateur lors des pourparlers positifs entre l'Iran et les États-Unis qui ont immédiatement suivi les attentats, a été touché. Depuis le 3 mars, plusieurs attaques ont été menées contre des infrastructures pétrolières et d'autres installations civiles dans le pays.

Les derniers chiffres révèlent aujourd'hui le prix extrêmement disproportionné que les États du Golfe paient pour une guerre qu'ils n'ont pas déclenchée, qu'ils n'ont pas voulue et dans laquelle ils n'ont rien à voir.

Depuis le 28 février, les États du CCG ont subi 4 391 attaques de drones et de missiles iraniens, soit 83 % du total des tirs.

Israël, en revanche, qui a déclenché la guerre et bombarde l'Iran quotidiennement depuis un mois, a été la cible de 930 missiles et drones, soit seulement 17 % du total des tirs.

Ce chiffre soulève des questions quant aux véritables motivations de l'Iran, étant donné que depuis plus de quarante ans, Téhéran qualifie Israël de "Petit Satan" et appelle à sa destruction et à son anéantissement.

Les Émirats arabes unis, qui ont fait l'objet de 2 156 attaques, figurent en tête de liste des pays visés. Onze résidents ont été tués, dont deux jeudi lorsque leur voiture a été touchée par la chute de débris d'un missile intercepté.

Jusqu'à présent, l'Arabie saoudite a fait face à 723 drones et missiles, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés.

La plupart des missiles tirés sur le CCG ont été interceptés. Hormis les attaques occasionnelles de drones menées par les Houthis au Yémen, c'est la première fois que les systèmes de défense aérienne des États du Golfe ont été correctement testés, et ils l'ont été avec brio.

Mais c'est l'intention qui se cache derrière ces attaques quotidiennes qui suscite la colère des gouvernements de toute la région. On peut se demander quelles sont les véritables intentions de l'Iran et s'il considère la paix, la tolérance et la prospérité des autres pays musulmans du Golfe, en général, comme la plus grande menace qui pèse sur son existence.

Bien qu'il affirme n'avoir visé que des sites supposés liés aux forces américaines, "il est très clair que l'Iran a ciblé des éléments clés de l'infrastructure civile", a déclaré à Arab News Chris Doyle, directeur du Council for Arab-British Understanding (Conseil pour la compréhension arabo-britannique).

"Il n'est donc pas crédible de faire ce genre d'affirmation.

L'objectif des dirigeants iraniens, a-t-il ajouté, "est de survivre dans une guerre qu'ils considèrent comme existentielle. Ils souhaitent donc rendre cette guerre aussi douloureuse que possible pour les États-Unis, et leurs options sont limitées étant donné que, sur le plan conventionnel, les États-Unis et Israël sont de loin supérieurs".

En conséquence, "il a dû ouvrir un front militaire très large pour forcer les États-Unis et leurs alliés à défendre un large éventail de cibles, désormais réparties dans 12 pays, et à exiger un prix économique pour ce qui se passe".

"Le but de leur ciblage est donc de s'assurer que les Etats-Unis cherchent leur stratégie de sortie plus tôt que plus tard, et de les forcer à s'asseoir à la table des négociations.

Il ajoute que ce n'est pas une coïncidence si, parmi les États du CCG, ce sont les Émirats arabes unis qui ont été les plus visés.

"On peut supposer que c'est en partie parce que les EAU sont si proches d'Israël, qu'ils ont normalisé leurs relations avec Israël et qu'ils entretiennent des liens si étroits que l'Iran les considère comme une cible privilégiée, alors qu'il se méfie un peu plus des autres États du Golfe, qu'il n'a pas ciblés dans la même mesure.

Caroline Rose, directrice du New Lines Institute, a déclaré que la stratégie de Téhéran consistait à "démontrer sa capacité à saper rapidement la sécurité dans l'ensemble de la région".

"Cette stratégie a été adoptée en partant du principe que les États du CCG feraient immédiatement pression sur les États-Unis pour qu'ils cessent leurs frappes, qu'ils acceptent un accord et qu'ils créent une distance supplémentaire avec Israël.

"Toutefois, cette stratégie s'est probablement retournée contre eux, car des pays comme l'Arabie saoudite ont annulé les politiques permettant aux forces américaines d'opérer à partir de leur territoire et certains envisagent d'entrer en guerre".

Mercredi, le Conseil des droits de l'homme des Nations unies a approuvé une résolution présentée par les États du CCG et la Jordanie, condamnant les actions "flagrantes" de l'Iran et exigeant des réparations pour les dommages considérables et les pertes humaines subis.

Le même jour, dans une déclaration commune, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Bahreïn, le Qatar et la Jordanie ont condamné "dans les termes les plus forts les attaques iraniennes flagrantes, qui constituent une violation flagrante de leur souveraineté, de leur intégrité territoriale, du droit international, du droit humanitaire international et de la Charte des Nations unies, qu'elles soient menées directement ou par l'intermédiaire de leurs mandataires et des factions armées qu'ils soutiennent dans la région".

Dans un aperçu de menaces jusqu'ici non reconnues, ils ont également condamné "les actes et activités déstabilisateurs visant la sécurité et la stabilité des pays de la région, qui sont planifiés par des cellules dormantes fidèles à l'Iran et des organisations terroristes liées au Hezbollah, et font l'éloge de nos courageuses forces armées pour avoir fait face à ces attaques".

La déclaration ajoute : "Nous réaffirmons également notre droit total et inhérent à l'autodéfense contre ces attaques criminelles, conformément à l'article 51 de la Charte des Nations unies, qui garantit le droit des États à l'autodéfense, individuellement et collectivement, en cas d'agression, et notre droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder notre souveraineté, notre sécurité et notre stabilité".


Emirats: deux morts et trois blessés à Abou Dhabi après l'interception d'un missile 

Deux personnes ont été tuées et deux autres blessées par la chute de débris d'un missile intercepté dans la périphérie de la capitale émiratie Abou Dhabi, ont annoncé jeudi les autorités locales au 27e jour de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Deux personnes ont été tuées et deux autres blessées par la chute de débris d'un missile intercepté dans la périphérie de la capitale émiratie Abou Dhabi, ont annoncé jeudi les autorités locales au 27e jour de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Deux personnes ont été tuées et deux autres blessées par la chute de débris d'un missile intercepté dans la périphérie de la capitale émiratie Abou Dhabi
  • "L'incident a entraîné la mort de deux personnes non identifiées, fait trois blessés et endommagé plusieurs voitures", ont indiqué les autorités d'Abou Dhabi sur X

ABOU DHABI: Deux personnes ont été tuées et deux autres blessées par la chute de débris d'un missile intercepté dans la périphérie de la capitale émiratie Abou Dhabi, ont annoncé jeudi les autorités locales au 27e jour de la guerre au Moyen-Orient.

"L'incident a entraîné la mort de deux personnes non identifiées, fait trois blessés et endommagé plusieurs voitures", ont indiqué les autorités d'Abou Dhabi sur X.