Israël vote sans incident majeur aux municipales reportées par la guerre

Une Israélienne vote lors des élections municipales reportées à deux reprises dans un bureau de vote à Jérusalem le 27 février 2024 (Photo, AFP).
Une Israélienne vote lors des élections municipales reportées à deux reprises dans un bureau de vote à Jérusalem le 27 février 2024 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mercredi 28 février 2024

Israël vote sans incident majeur aux municipales reportées par la guerre

  • Alors que les combats se poursuivent dans la bande de Gaza, presque la moitié des 7,2 millions d'électeurs se sont déplacés dans les bureaux de vote en Israël, à Jérusalem
  • Quelques violences sporadiques nourries par des rivalités locales et tentatives de corruption ont été recensées autour des bureaux et vote

JERUSALEM: Les Israéliens ont voté mardi sans incident majeur aux élections municipales, reportées à deux reprises en raison de la guerre qui a éclaté le 7 octobre entre Israël et le Hamas.

Alors que les combats se poursuivent dans la bande de Gaza, presque la moitié des 7,2 millions d'électeurs se sont déplacés dans les bureaux de vote en Israël, à Jérusalem, dans les colonies de Cisjordanie occupée et dans une partie du Golan annexé.

Quelques violences sporadiques nourries par des rivalités locales et tentatives de corruption ont été recensées autour des bureaux et vote, et au moins huit personnes ont été arrêtées, a indiqué la police.

Le vote a été reporté à novembre dans les villes et kibboutz de deux régions affectées par l'attaque du 7 octobre et ses suites: les environs de la bande de Gaza, visée par les commandos du Hamas, et ceux de la frontière avec le Liban au nord, où les échanges de tirs sont quotidiens entre l'armée israélienne et le mouvement islamiste libanais Hezbollah, allié du Hamas.

Près de 150 000 Israéliens ont fui ces deux régions depuis octobre.

Deux candidats aux élections ont été tués le 7 octobre dans le sud d'Israël par des commandos du Hamas venus de Gaza, parmi les 1 160 personnes, en majorité des civils qui y ont péri ce jour-là.

L'offensive militaire israélienne lancée en représailles à Gaza pour y anéantir le mouvement islamiste palestinien, qui y a pris le pouvoir en 2007, a fait 29 782 morts, en grande majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Après la fermeture des bureaux de vote à 22h00 (20h00 GMT), la commission électorale a annoncé une participation de 49%, largement inférieure aux 59,5% enregistrés lors des dernières municipales en 2018.

La participation a été de 30,8% à Jérusalem et 40% à Tel-Aviv, a-t-elle ajouté.

Eliakim Touboul, un directeur d'internat de 30 ans ayant passé 80 jours dans la bande de Gaza comme réserviste, s'est rendu aux urnes dans la colonie d'Efrat, dans le sud de la Cisjordanie occupée. "Voter en ce moment pour décider de notre avenir prend tout son sens malgré le chaos", a-t-il déclaré à l'AFP.

Votes militaires à Gaza 

Devant un bureau de vote du quartier huppé de Rehavia près du centre de Jérusalem, plusieurs électeurs se pressaient dans la matinée. "C'est là où je vis, l'avenir de la ville me concerne! Et encore plus en tant que personne laïque à Jérusalem, je veux au moins essayer d'avoir un peu d'influence", a expliqué Anat Varon, une universitaire de 46 ans.

Les Palestiniens de Jérusalem-Est, secteur de la ville sainte occupé depuis 1967 par Israël, ne peuvent pas voter aux législatives, mais ont le droit de vote aux municipales.

Ils représentent environ 40% de la population de Jérusalem mais votent généralement très peu aux municipales.

A Tel-Aviv, Amir Badran s'est représenté au conseil municipal, où il siège depuis 2016. Après les attaques du 7 octobre, cet avocat arabe avait mis sur pied des vigies dans les rues du quartier mixte, arabe et juif, de Jaffa, appelant à dire "non à la violence, non au racisme".

Au poste de maire, le sortant Ron Huldai et l'ex-ministre centriste de l'Economie Orna Barbivai font figure de favoris.

Les soldats israéliens, y compris ceux déployés dans la bande de Gaza, avaient commencé à voter la semaine dernière.

"Des urnes militaires ont été ouvertes dans la bande de Gaza et sur la frontière nord", selon l'armée, afin "que tous les soldats et réservistes" puissent accomplir leur devoir électoral.

Même si certains scrutins constituent des tremplins pour des responsables politiques aux ambitions nationales, l'élection des maires et conseillers municipaux, qui a lieu tous les cinq ans, est largement considérée comme une affaire locale.

Le second tour était prévu le 12 mars, mais a été avancé au 10 en raison du début du ramadan, mois du jeûne musulman, qui doit commencer le 10 au soir ou le 11.


Gaza: des tirs israéliens font 9 morts, selon les secours

Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
  • L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés
  • L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza

GAZA: Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël.

La Défense civile, un organisme opérant sous l'autorité du mouvement islamiste Hamas, a recensé neuf morts en plusieurs endroits, dans des frappes aériennes et des tirs.

L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés.

L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza.

L'armée israélienne a affirmé que M. Salim s'était dirigé en courant vers des soldats qui interrogeaient d'autres chauffeurs de camion interpellés.

Les soldats ont ouvert le feu dans sa direction après "avoir identifié une menace immédiate", a précisé l'armée, affirmant enquêter sur les autres incidents survenus mercredi.

L'hôpital Al-Chifa, à Gaza-ville, a de son côté déclaré avoir reçu quatre corps: celui d'un enfant tué par des tirs israéliens dans l'est de la ville, celui d'un homme tué dans une frappe aérienne dans l'ouest et deux autres tués dans un bombardement ayant visé un véhicule.

L'armée israélienne a confirmé à l'AFP avoir mené une frappe aérienne sur la ville de Gaza, mais a dit ne pas "être au courant" d'un bombardement dans l'ouest de la ville.

Israël et le Hamas s'accusent presque quotidiennement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté.

Au moins 1.084 Palestiniens y ont été tués depuis son entrée en vigueur en octobre, selon le ministère de la Santé du territoire, également placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués dans le territoire palestinien.

Les restrictions imposées aux médias et l'accès limité à Gaza empêchent l'AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur place.


La justice libanaise remet en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste

  • Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises
  • Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi de remettre en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste, Fadl Chaker, qui s'était rendu aux autorités en octobre 2025, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.

Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises.

Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués.

Il va être remis en liberté moyennant deux cautions d'une valeur cumulée de près de 3.500 dollars, a précisé la source judiciaire.

Le montant a été versé et Fadl Chaker doit sortir de prison mercredi, a-t-elle ajouté.

Pendant ses années de fuite, la justice l'avait condamné par contumace à des peines allant de cinq à 15 ans de prison avec travaux forcés dans ces dossiers.

Quelques mois avant de s'être rendu, Fadl Chaker avait sorti des chansons qui arrivaient en tête des classements dans le monde arabe. Ses clips vidéo, tournés dans le camp de Aïn el-Heloué, atteignaient des centaines de millions de vues sur YouTube.

Assir avait lui été arrêté en 2015, et condamné à mort avec sursis en 2017 pour "terrorisme".

 


Le Liban exige le retrait d'Israël de deux «zones pilotes» pour participer à des négociations à Rome 

  • Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies
  • Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah

BEYROUTH: Le Liban exige qu'Israël se retire de deux "zones pilotes" dans le sud du pays avant de participer à un nouveau cycle de pourparlers prévu à Rome, a indiqué mercredi à l'AFP une source diplomatique au courant des négociations.

L'Italie et Israël ont annoncé que ces négociations se tiendraient les 15 et 16 juillet à Rome, mais les autorités libanaises n'ont pas confirmé leur participation dans l'immédiat.

Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies.

Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah.

"Le Liban pose comme condition le retrait d'Israël de deux zones pilotes pour participer aux négociations", a affirmé la source diplomatique ayant requis l'anonymat.

Le Hezbollah est opposé à ces négociations et refuse d'être désarmé.

La formation pro-iranienne a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars, en soutien à Téhéran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, qui ont tué près de 4.300 personnes, selon Beyrouth.

Discussions "cruciales" 

Selon la source diplomatique, le département d'Etat américain a informé les deux délégations qu'il ne pouvait pas accueillir les négociations "de façon permanente", d'où le choix de Rome.

Elle a expliqué que des discussions "cruciales" étaient attendues et que les négociateurs auraient besoin de se concerter avec leurs autorités, ce qui ne serait "pas possible" à Washington du fait de la distance avec Israël et le Liban.

La source diplomatique a ajouté qu'Israël avait rapidement accepté la tenue des négociations à Rome, dans l'idée de "réduire la pression exercée directement" sur la partie israélienne pendant les précédentes discussions par le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

La partie libanaise a cependant reçu la garantie de Washington qu'il maintiendrait le "même niveau d'engagement et la même ligne de conduite dans la gestion des pourparlers" de Rome, selon cette source diplomatique.

L'accord-cadre n'établit pas de calendrier de retrait du sud du Liban, où Israël a annoncé vouloir maintenir ses troupes dans une zone pouvant s'étendre jusqu'à dix km de sa frontière.

L'armée israélienne poursuit ponctuellement des frappes meurtrières, malgré une trêve entrée en vigueur le 21 juin, à la suite de la signature d'un protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

L'Iran a exigé que le cessez-le-feu au Liban soit inclus dans cet accord, mais Beyrouth "veut négocier par lui-même" et rejette toute ingérence, a souligné la source diplomatique.

Les négociations à Rome seront suivies par une visite courant juillet du président libanais, Joseph Aoun, à Washington, à l'invitation de son homologue américain.

M. Aoun a estimé mercredi que cette invitation traduisait "le soutien des Etats-Unis à un processus visant à trouver une solution durable à la série de guerres et d'agressions israéliennes contre notre pays".