L’ONU met en garde contre une famine imminente à Gaza

L’ambassadeur Robert Wood, nommé par le président américain, Joe Biden, comme représentant suppléant pour les affaires politiques spéciales aux Nations unies, s’adresse aux journalistes lors d’une conférence de presse avant la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, le 8 octobre 2023 à l’ONU. (AFP)
L’ambassadeur Robert Wood, nommé par le président américain, Joe Biden, comme représentant suppléant pour les affaires politiques spéciales aux Nations unies, s’adresse aux journalistes lors d’une conférence de presse avant la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, le 8 octobre 2023 à l’ONU. (AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 28 février 2024

L’ONU met en garde contre une famine imminente à Gaza

  • Maurizio Martina, directeur adjoint de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, appelle à un cessez-le-feu immédiat
  • Carl Skau, directeur adjoint du Programme alimentaire mondial, déclare aux membres du conseil que Gaza présente désormais le pire niveau de malnutrition infantile jamais vu dans le monde

NEW YORK: Les États-Unis ont exhorté, mardi, Israël à garantir que les postes frontaliers existants avec Gaza restent ouverts afin que l’aide humanitaire puisse être acheminée vers le territoire, à faciliter l’ouverture de points de passage supplémentaires pour répondre aux besoins humanitaires croissants des Palestiniens et à soutenir la livraison des produits de première nécessité aux personnes vulnérables dans toute l’enclave.

«En deux mots, Israël doit faire plus», déclare Robert Wood, représentant suppléant des États-Unis auprès de l’ONU pour les affaires politiques spéciales.

Il avertit également qu’aucune incursion terrestre israélienne majeure dans la ville de Rafah, au sud de Gaza – le dernier refuge de plus d’un million de civils palestiniens ayant fui les combats se déroulant dans d’autres parties du territoire –, ne devrait avoir lieu «à la lumière de la situation actuelle».

Il ajoute: «Il est inadmissible que les combattants du Hamas continuent de s’implanter parmi les civils et les infrastructures civiles, notamment dans les hôpitaux et les écoles.»

photo
Des Palestiniens attendent l’aide humanitaire sur un front de mer dans la ville de Gaza, le dimanche 25 février 2024. (AP)

M. Wood a promis que les États-Unis continueraient à s’engager dans une «diplomatie intensive» pour obtenir la libération des otages israéliens détenus par le Hamas et favoriser un «cessez-le-feu temporaire significatif».

Il s’exprimait lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU pour discuter de la menace de famine à Gaza. Cette réunion a été convoquée par le Guyana, qui assure ce mois-ci la présidence tournante du Conseil, avec le soutien de la Suisse, de la Slovénie et de l’Algérie.

Le représentant permanent de la Slovénie auprès de l’ONU, Samuel Zbogar, déclare: «Seul un cessez-le-feu immédiat et permanent peut éviter le risque de famine

Son pays appelle également au maintien d’un accès humanitaire sûr et sans entrave à l’ensemble de la bande de Gaza, dit-il, y compris la création de postes frontaliers supplémentaires et de procédures d’entrée simplifiées pour la livraison de fournitures humanitaires. Il a également appelé au rétablissement d’un approvisionnement suffisant en eau potable et à un cessez-le-feu dans le cadre du conflit entre Israël et le Hamas.

«Il y a des moments où il convient de faire des choix et d’établir des priorités, précise Zbogar. La Slovénie choisit le cessez-le-feu pour éviter la famine à Gaza, venir en aide au peuple palestinien et libérer les otages.»

Ramesh Rajasingham, chef du bureau des affaires humanitaires de l’ONU à Genève et directeur de sa division de coordination, a déclaré au Conseil que le spectre de la famine plane sur 576 000 personnes à Gaza au moins, soit environ un quart de la population.

Un enfant de moins de 2 ans sur six dans le nord de Gaza souffre de malnutrition aiguë et d’émaciation (terme utilisé pour décrire un poids trop faible par rapport à la taille), ajoute-t-il et la quasi-totalité de la population du territoire dépend d’une aide alimentaire humanitaire «nettement insuffisante» pour survivre.

«Si rien n’est fait, nous craignons qu’une famine généralisée à Gaza soit presque inévitable et que le conflit fasse encore beaucoup plus de victimes», souligne M. Rajasingham.

Maurizio Martina, directeur adjoint de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, soutient, devant le Conseil, que Gaza compte le pourcentage le plus élevé de personnes souffrant d’insécurité alimentaire aiguë que l’organisation «ait jamais recensé».

Les systèmes alimentaires de Gaza ont été gravement affectés par les dégâts et les destructions que les opérations militaires israéliennes ont causées aux infrastructures civiles, indique-t-il, y compris celles essentielles à la production, à la transformation et à la distribution de nourriture, notamment les terres agricoles, l’irrigation, les serres et les boulangeries.

Environ 55% des terres de Gaza utilisées pour les cultures ont été endommagées, ajoute M. Martina, et d’autres infrastructures agricoles ont été ravagées. Les plus grandes destructions affectent les élevages de moutons, les fermes laitières, les fermes avicoles, les refuges pour animaux et les granges. Entre-temps, la capacité des boulangeries à produire du pain a été sérieusement entravée et le secteur commercial a été décimé en raison d’un manque quasi total d’importations de produits essentiels, y compris de produits alimentaires.

La cueillette d’olives et d’agrumes, qui constituent une source de revenus importante pour de nombreux Palestiniens, a également été fortement affectée par les hostilités, ajoute M. Martina, tandis que les pénuries de fourrage et les dégâts résultant des frappes aériennes ont entraîné des conséquences néfastes sur le bétail. De nombreux propriétaires ont en effet signalé des pertes considérables. Toutes les volailles utilisées à des fins de reproduction ont été abattues ou sont mortes faute de nourriture et d’eau potable, explique-t-il, tout comme 60% des veaux et 70% des bovins de boucherie.

M. Martina a appelé à un cessez-le-feu immédiat comme condition préalable à la prévention de la famine.

Carl Skau, directeur adjoint du Programme alimentaire mondial, déclare aux membres du Conseil que Gaza présente désormais le pire niveau de malnutrition infantile jamais vu dans le monde. Il déplore le risque croissant de famine, alimenté par l’incapacité d’acheminer des produits alimentaires essentiels dans l’enclave en quantités suffisantes et par les conditions de travail presque impossibles auxquelles les travailleurs de son organisation sont confrontés à Gaza.

«Les camions du PAM font face à des retards aux points de contrôle; ils font l’objet de coups de feu; la nourriture est pillée en cours de route et, à destination, ils sont submergés par des personnes désespérément affamées», précise M. Skau.

«L’effondrement de l’ordre civil, provoqué par le pur désespoir, empêche la distribution sûre de l’aide.»

Le PAM avait annoncé, plus tôt, avoir suspendu la distribution de l’aide dans le nord du territoire.

«Si rien ne change, la famine est imminente dans le nord de Gaza, met en garde M. Skau. Nous devons tous porter nos responsabilités pour garantir que cela ne se produise pas sous notre surveillance.»

La représentante permanente du Guyana auprès de l’ONU, Carolyn Rodrigues-Birkett, affirme que le Conseil de sécurité doit prendre des mesures pour mettre fin aux violations du droit international humanitaire à Gaza. Elle appelle tous ceux qui exercent une certaine influence sur les «auteurs» à empêcher la survenue d’autres incidents.

Le représentant permanent de l’Algérie auprès de l’ONU, Amar Bendjama, informe ses collègues membres du Conseil que «le recours délibéré à la famine comme politique par Israël est une violation flagrante du droit international» et vise à garantir que les Palestiniens de Gaza «perdent espoir et dignité», les poussant à recourir à la violence et à perturber l’ordre public.

La guerre à Gaza n’est pas menée contre le Hamas, ajoute-t-il, mais constitue une «punition collective pour les civils palestiniens».

L’envoyé algérien tire la sonnette d’alarme devant le Conseil: «Notre silence est un feu vert pour tuer et affamer la population palestinienne», l’appelant à exiger de toute urgence un cessez-le-feu.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Soudan: une attaque de drone fait 10 morts, dont 7 enfants, à el-Obeid 

Une frappe de drone sur la ville soudanaise d'El-Obeid, capitale de l'Etat du Kordofan-Nord, a tué lundi 10 personnes, dont 7 enfants, a indiqué une source médicale à l'AFP. (AFP)
Une frappe de drone sur la ville soudanaise d'El-Obeid, capitale de l'Etat du Kordofan-Nord, a tué lundi 10 personnes, dont 7 enfants, a indiqué une source médicale à l'AFP. (AFP)
Short Url
  • Les FSR ont ensuite concentré leur offensive sur la région voisine du Kordofan, au centre du Soudan, mais des combats continuent sporadiquement au Darfour
  • Le courant y a été coupé dimanche après une frappe de drone qui a visé sa centrale électrique, selon la compagnie d'électricité nationale

PORT-SOUDAN: Une frappe de drone sur la ville soudanaise d'El-Obeid, capitale de l'Etat du Kordofan-Nord, a tué lundi 10 personnes, dont 7 enfants, a indiqué une source médicale à l'AFP.

Un témoin oculaire a affirmé que la frappe avait touché une maison dans le centre de cette ville, contrôlée par l'armée mais assiégée par la milice des Forces de soutien rapide (FSR).

Ces deux sources se sont exprimées auprès de l'AFP sous couvert d'anonymat, craignant pour leur sécurité.

Un conflit oppose depuis avril 2023 l'armée aux paramilitaires des FSR qui contrôlent notamment les cinq capitales de la vaste région du Darfour.

Les FSR ont ensuite concentré leur offensive sur la région voisine du Kordofan, au centre du Soudan, mais des combats continuent sporadiquement au Darfour.

Ils y encerclent notamment El-Obeid, la principale ville de la région, qui se trouve à un carrefour stratégique reliant la capitale Khartoum au Darfour, où l'armée a perdu sa dernière position importante en octobre.

Le courant y a été coupé dimanche après une frappe de drone qui a visé sa centrale électrique, selon la compagnie d'électricité nationale.

Le 31 décembre, des forces alliées à l'armée avaient annoncé la reprise aux FSR de plusieurs villes situées au sud d'El-Obeid.

Selon une source militaire, cette progression pourrait ouvrir la route entre El-Obeid et Dilling, une ville assiégée par les FSR du Kordofan-Sud, tout comme la capitale Kadougli.

Depuis la mi-décembre, plus de 11.000 personnes ont fui les régions du Kordofan-Sud et Kordofan-Nord "en raison d'une recrudescence des violences", selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Le conflit au Soudan a fait plusieurs dizaines de milliers de morts, déraciné des millions de personnes et provoqué ce que l'ONU qualifie de "pire crise humanitaire au monde".

Les différentes tentatives de médiation pour mettre fin aux combats ont échoué.


Le ministre saoudien des Affaires étrangères arrive au Caire pour rencontrer le président égyptien

 Le prince Faisal bin Farhan, ministre saoudien des Affaires étrangères. (SPA)
Le prince Faisal bin Farhan, ministre saoudien des Affaires étrangères. (SPA)
Short Url
  • Le Prince Faisal bin Farhan discutera des développements régionaux avec les responsables égyptiens
  • Il devrait rencontrer le président Abdel Fattah El-Sisi lundi et son homologue égyptien Badr Abdelatty, selon l'agence de presse saoudienne


LONDRES : Le prince Faisal ben Farhane, ministre saoudien des Affaires étrangères, est arrivé dimanche soir au Caire pour une visite officielle.

Il devrait rencontrer le président Abdel Fattah El-Sisi lundi et son homologue égyptien Badr Abdelatty, selon l'agence de presse saoudienne.

Le prince Fayçal discutera des moyens de renforcer les relations saoudo-égyptiennes dans divers secteurs, et les discussions porteront également sur les développements régionaux, a ajouté l'agence de presse saoudienne.


Soudan: plus de 100 morts dans des combats en une semaine au Darfour

Plus de 100 civils ont été tués en une semaine dans la province du Darfour-Nord, dans l'ouest du Soudan, où les combats entre l'armée et les paramilitaires se sont récemment intensifiés, ont indiqué dimanche à l'AFP deux sources médicales. (AFP)
Plus de 100 civils ont été tués en une semaine dans la province du Darfour-Nord, dans l'ouest du Soudan, où les combats entre l'armée et les paramilitaires se sont récemment intensifiés, ont indiqué dimanche à l'AFP deux sources médicales. (AFP)
Short Url
  • L'attaque a conduit à la mort des chefs militaires Moussa Saleh Daglo et Awad Moussa Saleh Daglo, selon un témoin qui a assisté aux enterrements
  • Ce témoin qui a requis l'anonymat a indiqué à l'AFP que le chef de l'administration locale, Bachir Barma Berkah, comptait également parmi les victimes

PORT-SOUDAN: Plus de 100 civils ont été tués en une semaine dans la province du Darfour-Nord, dans l'ouest du Soudan, où les combats entre l'armée et les paramilitaires se sont récemment intensifiés, ont indiqué dimanche à l'AFP deux sources médicales.

Un conflit oppose depuis avril 2023 l'armée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) qui contrôlent notamment les cinq capitales de la vaste région du Darfour.

Les FSR ont ensuite concentré leur offensive sur la région voisine du Kordofan mais des combats continuent sporadiquement au Darfour.

"51 civils ont été tués (samedi) dans des frappes de drones de l'armée sur el-Zurq", a indiqué une source médicale de l'hôpital de cette ville, précisant que l'attaque avait visé un marché et des zones civiles.

Cette ville de l'Etat du Darfour-Nord abrite la résidence de certains membres de la famille du général Mohamed Daglo, le chef des paramilitaires.

L'attaque a conduit à la mort des chefs militaires Moussa Saleh Daglo et Awad Moussa Saleh Daglo, selon un témoin qui a assisté aux enterrements.

Ce témoin qui a requis l'anonymat a indiqué à l'AFP que le chef de l'administration locale, Bachir Barma Berkah, comptait également parmi les victimes.

Centrale électrique bombardée 

Une autre source médicale a fait état de 63 civils tués et 57 blessés à Kernoi dans des attaques attribuées cette fois aux FSR.

Située à environ 170 km à l'ouest d'El-Zurq, Kernoi est tenue par des forces alliées à l'armée.

Des sources locales ont indiqué que 17 personnes étaient également portées disparues à l'issue de ces attaques.

Depuis fin décembre, plus de 7.500 personnes ont fui les localités de Kernoi et la loclité proche d'Oum Barou, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Nombreux d'entres elles font partie de l'ethnie Zaghawa, ciblée par les FSR et dont certains membres ont combattu dans les rangs des forces alliées à l'armée.

Fin octobre, les FSR se sont emparées d'El-Facher, la dernière capitale du Darfour qui leur échappait encore, asseyant leur domination sur l'ensemble du Darfour. Elles ont alors été accusées par des ONG et témoins de nombreuses exactions.

Depuis, les paramilitaires ont mené des attaques près la frontière tchadienne où se trouve notamment Kernoi. Ils ont surtout dirigé leur offensive au Kordofan voisin, région centrale stratégique qui se trouve sur l'axe entre le Darfour et la capitale Khartoum, que l'armée a reprise en mars.

Les FSR encerclent notamment la ville d'el-Obeid, capitale du Kordofan-Nord, où le courant a été coupé dimanche après une frappe de drone qui a visé sa centrale électrique, selon la compagnie d'électricité nationale.

"La centrale d'el-Obeid a été la cible à l'aube d'une attaque de drones qui a provoqué un incendie (...) entraînant l'interruption de l'alimentation électrique", a déclaré l'entreprise Soudan Electricité, précisant que la défense civile tentait de maîtriser l'incendie. Elle a imputé l'attaque à la "milice", en référence aux FSR.

Le 31 décembre, des forces alliées à l'armée avaient annoncé la reprise aux FSR de plusieurs villes situées au sud d'el-Obeid.

Selon une source militaire, cette progression pourrait ouvrir la route entre el-Obeid et Dilling", une ville assiégée par les FSR du Kordofan-Sud, tout comme la capitale Kadougli.

Depuis mi-décembre, plus de 11.000 personnes ont fui les régions du Kordofan-Sud et Kordofan-Nord "en raison d'une recrudescence des violences", selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Le conflit au Soudan a fait plusieurs dizaines de milliers de morts, déraciné des millions de personnes et provoqué ce que l'ONU qualifie de "pire crise humanitaire au monde".

Les différentes tentatives de médiation pour mettre fin aux combats ont échoué.