Famine à Gaza: L’Afrique du Sud appelle la CIJ à accentuer la pression sur Israël

La demande urgente adressée au tribunal, mercredi, est motivée par les inquiétudes croissantes concernant la famine à Gaza. (Arab News)
La demande urgente adressée au tribunal, mercredi, est motivée par les inquiétudes croissantes concernant la famine à Gaza. (Arab News)
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Publié le Vendredi 08 mars 2024

Famine à Gaza: L’Afrique du Sud appelle la CIJ à accentuer la pression sur Israël

  • Si rien n’est fait, les experts prédisent que plus de quatre-vingt-cinq mille Palestiniens mourront de faim dans les six prochains mois
  • L’Afrique du Sud demande que ces mesures supplémentaires incluent des appels à toutes les parties belligérantes afin qu’elles mettent fin aux hostilités

NEW YORK: Alors que le spectre d’une famine à grande échelle plane sur la bande de Gaza, les autorités sud-africaines ont déclaré, mercredi, qu’elles n’avaient d’autre choix que de demander à la Cour internationale de justice (CIJ) d’agir d’urgence pour renforcer les mesures provisoires qu’elle avait précédemment exhorté Israël à appliquer. 

Si rien n’est fait, les experts prédisent que plus de quatre-vingt-cinq mille Palestiniens mourront de faim dans les six prochains mois

«La situation très grave à laquelle les hommes, les femmes, les enfants et les bébés palestiniens font face ainsi que le risque existentiel auquel le peuple palestinien est confronté en raison de la campagne militaire génocidaire d’Israël nécessitent que la CIJ prenne des mesures supplémentaires», déclare l’Afrique du Sud dans sa requête. 

Après avoir examiné la plainte initiale déposée par l’Afrique du Sud contre Israël pour génocide, le tribunal a rendu un jugement le 26 janvier, qui comprend des mesures provisoires ordonnant aux autorités israéliennes d’empêcher et de punir la perpétration ou l’incitation à perpétrer un génocide, en plus de mettre un terme aux massacres aveugles de Palestiniens et de permettre l’acheminement immédiat de l’aide humanitaire à la population de Gaza. 

«Malheureusement, Israël ne s’est pas conformé à l’arrêt juridiquement contraignant de la CIJ. Au contraire, il a intensifié ses actes de génocide contre le peuple palestinien», déclare la présidence sud-africaine dans un communiqué. 

La demande urgente adressée au tribunal, mercredi, est motivée par les inquiétudes croissantes concernant la famine à Gaza. L’ONU prévient qu’une famine généralisée dans le territoire est «presque inévitable», à moins que des mesures ne soient prises. Au moins vingt enfants seraient morts de faim la semaine dernière. En février, l’ONU a déclaré que plus d’un quart des 2,3 millions d’habitants de Gaza «seraient confrontés à des niveaux catastrophiques de privation et de famine». 

La dernière démarche de l’Afrique du Sud auprès du tribunal était motivée par la menace imminente d’une incursion militaire israélienne à Rafah, qui est le dernier refuge de plus d’un million de Palestiniens déplacés d’autres parties de la bande de Gaza en cinq mois de guerre. 

«La situation, alors périlleuse, est désormais si terrifiante qu’elle ne peut être décrite», soutient la présidence sud-africaine dans sa requête à la CIJ, justifiant – et exigeant même – la mise en place de nouvelles mesures provisoires. 

L’Afrique du Sud demande que ces mesures supplémentaires incluent des appels à toutes les parties belligérantes afin qu’elles mettent fin aux hostilités, libèrent immédiatement tous les otages et détenus, respectent leurs obligations en vertu de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide et s’abstiennent de toute action, en particulier toute action armée susceptible de prolonger le différend devant la CIJ ou de le rendre plus difficile à résoudre. 

Le pays exhorte également le tribunal à exiger qu’Israël prenne «des mesures immédiates et efficaces» pour garantir que les services de base et l’aide humanitaire nécessaires soient fournis pour faire face au risque de famine et améliorer les conditions dans lesquelles vivent les Palestiniens. 

Ces mesures devraient inclure «la suspension immédiate des opérations militaires à Gaza, la levée du blocus imposé à Gaza, ainsi que l’abrogation de toutes les autres mesures et pratiques existantes qui ont directement ou indirectement pour effet d’entraver l’accès des Palestiniens de Gaza à l’aide humanitaire et aux services de base. Elles garantiront, par ailleurs, la fourniture de nourriture, d’eau, de carburant, d’abris, de vêtements, d’articles d’hygiène et d’assistance médicale, y compris les fournitures et le soutien médicaux», insiste l’Afrique du Sud. 

«Le temps presse pour les Palestiniens. Il est déjà trop tard pour les trente mille personnes qui ont perdu la vie à Gaza depuis le début du conflit. Le monde a l’obligation de faire tout ce qui est en son pouvoir pour mettre immédiatement un terme aux souffrances et au bilan humain désastreux.» 

«La menace d’une famine généralisée s’est désormais matérialisée. La CIJ doit agir maintenant pour mettre un terme à cette tragédie imminente en garantissant immédiatement et efficacement que les droits qu’elle a jugés menacés au titre de la Convention sur le génocide soient protégés. La population de Gaza ne peut pas attendre.» 

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Le président libanais en route pour Washington où il doit rencontrer Donald Trump

Le président libanais Joseph Aoun prononce une allocution télévisée à la nation depuis le palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 17 avril 2026. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun prononce une allocution télévisée à la nation depuis le palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 17 avril 2026. (AFP)
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  • Le président libanais Joseph Aoun est à Washington pour rencontrer le président américain Donald Trump et discuter du cessez-le-feu et du retrait israélien du sud du Liban
  • Les négociations entre le Liban et Israël se poursuivent sous médiation américaine, tandis que les tensions persistent avec de nouvelles frappes israéliennes dans le sud

BEYROUTH: Le président libanais a quitté Beyrouth samedi matin pour Washington, où il doit rencontrer Donald Trump, alors que son pays négocie avec Israël le retrait des zones du sud du Liban qu'il occupe depuis sa dernière guerre avec le Hezbollah pro-iranien.

Il s'agira de la première visite d'un chef d'Etat libanais aux Etats-Unis depuis 2009, lorsque Michel Sleiman avait été reçu par Barack Obama.

Outre le "sommet libano-américain" prévu à la Maison Blanche, Joseph Aoun doit s'entretenir "avec plusieurs responsables américains de la situation au Liban et des moyens de consolider le cessez-le-feu", notamment dans le sud, ainsi que du "retrait d'Israël des régions libanaises qu'il occupe", a précisé la présidence dans un communiqué.

Le Liban et Israël ont entamé en avril des négociations inédites depuis des décennies, sous l'égide des Etats-Unis, afin de mettre un terme à l'état de guerre entre eux.

Ils ont conclu un accord-cadre le 26 juin à Washington, qui prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah.

A l'issue d'une sixième session de négociations tenue à Rome, les deux pays sont parvenus "à un accord sur la structure et les lignes directrices" de ce processus, selon un responsable américain.

En parallèle, l'armée libanaise a commencé à renforcer ses patrouilles dans plusieurs villages jouxtant les zones occupées par les forces israéliennes dans le sud, avait indiqué une source militaire libanaise à l'AFP.

L'accord-cadre a été conclu après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu fragile dans la nouvelle guerre qui a éclaté entre le Hezbollah et l'armée israélienne.

Le mouvement chiite avait entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en bombardant Israël en soutien à l'Iran, son allié.

L'armée israélienne poursuit toutefois des frappes limitées dans le sud et procède à des destructions dans les villages qu'elle occupe, selon les médias officiels libanais.

Samedi, l'Agence nationale d'information (Ani) a fait état de nouvelles frappes contre deux localités situées en bordure de la zone occupée, dans les régions de Tyr et de Nabatiyé.

Dans un contexte de tensions régionales, l'ambassade des Etats-Unis au Liban a conseillé vendredi à ses ressortissants de "ne pas voyager au Liban".


Bahreïn et le Koweït affirment avoir contré des attaques iraniennes

Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
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  • "L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes"
  • Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues

MANAMA: Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

"L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes".

Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues, a rapporté une journaliste de l'AFP.

L'état-major koweïtien a également indiqué dans la nuit avoir répondu à "des attaques hostiles de drones" iraniens. Il a précisé que les explosions entendues étaient le résultat d'interceptions aériennes.

Les forces iraniennes ont annoncé avoir visé "des systèmes de radar, un système de défense antiaérienne Patriot et des sites de stockage de carburant" sur la base aérienne Ali al-Salem  au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines sur la base aérienne de Cheikh Isa à Bahreïn.

Téhéran mène des attaques quasi quotidiennes dans ces deux pays du Golfe depuis la reprise des hostilités le 7 juillet avec les Etats-Unis, en disant cibler des intérêts militaires américains.

Les autorités bahreïnie et koweïtienne accusent toutefois leur voisin de viser aussi des sites civils.

Dimanche, le Koweït a affirmé que trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore avaient été ciblés, sans préciser leur origine.

La confrontation a repris après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent au Moyen-Orient depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


La Syrie dit avoir saisi des armes en provenance d'Irak destinées au Hezbollah

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
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  • Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad
  • Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak

DAMAS: La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer des armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles, via sa frontière avec l'Irak.

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana.

"Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah", a ajouté cette source.

Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.

Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.

Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.

Le groupe est affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran.

Le président syrien Ahmad al-Chareh dit refuser d'intervenir militairement au Liban contre le Hezbollah, comme l'a suggéré à plusieurs reprises Donald Trump.