A Gaza, un début de ramadan sous le signe de la guerre

L'aide internationale, contrôlée par Israël, n'entre qu'au compte-gouttes dans la bande de Gaza dévastée, où les besoins sont de loin supérieurs à ceux d'avant la guerre, selon l'ONU. (AFP).
L'aide internationale, contrôlée par Israël, n'entre qu'au compte-gouttes dans la bande de Gaza dévastée, où les besoins sont de loin supérieurs à ceux d'avant la guerre, selon l'ONU. (AFP).
Short Url
Publié le Mardi 12 mars 2024

A Gaza, un début de ramadan sous le signe de la guerre

  • Le patron de l'ONU Antonio Guterres s'est dit "atterré que le conflit se poursuive à Gaza pendant le mois sacré"
  • Dans le nord du territoire, "plus de 2.000 employés des services de santé ne sont pas en mesure de trouver de quoi manger pour rompre le jeûne"

TERRITOIRES PALESTINIENS: La population de Gaza s'est rassemblée "sans joie" lundi soir pour une première rupture quotidienne du jeûne en ce début de ramadan marqué cette année par la menace d'une famine et les raids aériens, au sixième mois d'une guerre dévastatrice entre Israël et le Hamas palestinien.

Si dans une grande partie du monde musulman ce mois sacré du jeûne est signe de célébrations, avec de copieux repas en famille le soir, les Palestiniens de Gaza n'ont cette année pas le coeur à la fête.

"Ce ramadan n'a pas le goût d'un ramadan. Il a plutôt le goût du sang, de la misère, de la séparation et de l'oppression", lance Oum Mohammed Abou Matar, Palestinienne qui fait cuire des pains pitas dans un four de fortune au feu nourri par des bouts de carton glanés ici ou là.

"Nous ne ressentons pas la joie du ramadan, nous l'avons perdue parce que l'occupation nous a déplacés et a détruit nos maisons. Regardez les gens qui vivent dans des tentes (...) Nous souffrons beaucoup. Ce ramadan est très différent de ceux des années précédentes", renchérit Mohammad al-Masry, déplacé à Rafah, ville jouxtant la frontière égyptienne où s'entassent plus de la moitié des 2,4 millions de Gazaouis.

Sur place, à Rafah, des familles ont pu se réunir devant des plats de riz garnis d'un petit morceau de viande. Dans le nord du territoire, "plus de 2.000 employés des services de santé ne sont pas en mesure de trouver de quoi manger pour rompre le jeûne", a affirmé le ministère de la Santé du Hamas, qui a d'ailleurs fait état d'enfants morts de malnutrition et de déshydratation ces derniers jours.

"Le temps presse" pour éviter la famine dans le nord de la bande de Gaza "en proie à une catastrophe humanitaire" faute d'aide alimentaire suffisante, a alerté la cheffe du Programme alimentaire mondial (PAM), Cindy McCain.

Le patron de l'ONU Antonio Guterres s'est dit "atterré que le conflit se poursuive à Gaza pendant le mois sacré" du ramadan. D'intenses pourparlers ces dernières semaines visaient à parvenir, avant cette échéance, à une trêve entre Israël et le Hamas assortie de libérations d'otages israéliens détenus à Gaza, de prisonniers palestiniens écroués en Israël et de l'afflux d'aide pour la population assiégée.

Aide par bateau

L'aide internationale, contrôlée par Israël, n'entre qu'au compte-gouttes dans la bande de Gaza dévastée, où les besoins sont de loin supérieurs à ceux d'avant la guerre, selon l'ONU.

Au cours des derniers jours, différents pays ont largué de l'aide au dessus de la bande de Gaza. Un navire de l'ONG espagnole Open Arms chargé de 200 tonnes de vivres attend de quitter Chypre dans le cadre d'un couloir maritime que l'Union européenne et des pays comme les Etats-Unis et les Emirats arabes unis veulent mettre en place.

"Le programme se déroule comme prévu, le bateau va bientôt partir" du port de Larnaca, à environ 370 kilomètres des côtes de Gaza, a indiqué lundi le gouvernement chypriote. Un navire militaire américain a parallèlement quitté samedi les Etats-Unis avec le matériel nécessaire à la construction d'une jetée pour débarquer les cargaisons d'aide, qui pourrait prendre jusqu'à 60 jours.

Mais l'envoi d'aide par mer et les parachutages par plusieurs pays, devenus quotidiens ces derniers jours, ne peuvent se substituer à la voie terrestre, martèle l'ONU.

Cette guerre a été déclenchée par une attaque sanglante du Hamas en Israël le 7 octobre qui a fait quelque 1.160 morts, essentiellement civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels.

En représailles, Israël a juré "d'anéanir" le Hamas, mouvement islamiste au pouvoir depuis 2007 dans la bande de Gaza, et lancé une vasté opération qui a fait 31.112 morts, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas.

« Nous les aurons tous »

Lundi, l'armée a annoncé une frappe aérienne dans la nuit de samedi à dimanche contre le N.2 de la branche armée du Hamas, Marwan Issa, dans le centre de la bande de Gaza, sans pouvoir dire s'il avait été tué.

"Nous les aurons tous", a lancé le Premier ministre Benjamin Netanyahu en parlant des autres chefs du mouvement palestinien considéré comme une organisation terroriste par Israël, l'UE et des Etats-Unis.

Le président américain Joe Biden, de plus en plus frustré par son allié israélien, et critiqué dans les rangs de ses électeurs démocrates pour son soutien jusque-là indéfectible à la politique menée par Israël, a eu des mots inhabituellement durs ce weekend pour M. Netanyahu disant qu'il "fait plus de mal que de bien à Israël".

"Nous sommes en accord sur les objectifs principaux, mais nous avons des désaccords sur les moyens de parvenir à ces objetifs", a déclaré lundi M. Netanyahu à la chaîne américaine Fox, ajoutant que la perception d'un désaccord entre Israël et les Etats-Unis "n'aidait pas" l'Etat hébreu dans sa guerre contre le Hamas.

Si M. Netanyahu répète que l'armée israélienne est sur la voie d'une "victoire totale", le bureau qui coordonne l'ensemble des agences américaines de renseignement (ODNI) a suggéré dans un rapport rendu public lundi que "Israël sera probablement confronté pendant les années à venir à une résistance armée du Hamas" tout en soulignant les risques d'escalade régionale impliquant notamment le Hezbollah libanais.

Dans la nuit, des frappes aériennes israéliennes ont ciblé le secteur de Baalbek, bastion du Hezbollah dans l'est du Liban, à une centaine de km de la frontière, deuxième raid israélien dans cette région depuis le début des échanges de tirs transfrontaliers provoqués par la guerre à Gaza.


Le Liban n'acceptera pas d'être entraîné dans le conflit, dit son Premier ministre

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s’adresse à des journalistes de médias et d’agences de presse étrangères au Grand Sérail (palais du gouvernement) à Beyrouth, le 3 décembre 2025. (AFP)
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s’adresse à des journalistes de médias et d’agences de presse étrangères au Grand Sérail (palais du gouvernement) à Beyrouth, le 3 décembre 2025. (AFP)
Short Url
  • Les autorités libanaises, dont le Premier ministre Nawaf Salam et le président Joseph Aoun, ont affirmé leur refus d’impliquer le Liban dans l’escalade entre les États-Unis, Israël et l’Iran, appelant à la sagesse et à la préservation de l’unité nationale
  • Le Hezbollah, affaibli par son récent conflit avec Israël, a reporté le discours de son chef Naïm Qassem et maintient une posture défensive

BEYROUTH: Les dirigeants libanais, qui craignent une implication du Hezbollah après les frappes américaines et israéliennes contre l'Iran, ont affirmé samedi qu'ils refusaient d'entraîner leur pays dans le conflit.

Le Hezbollah a annoncé qu'un discours de son chef Naïm Qassem, prévu à 13h00 GMT, était reporté "en raison des développements".

Les Etats-Unis et Israël ont mené samedi une série de frappes contre l'Iran qui a riposté, faisant craindre un embrasement régional.

"Je réitère que nous n'accepterons pas que quiconque entraîne le pays dans des aventures qui menacent sa sécurité et son unité", a affirmé le Premier ministre Nawaf Salam sur X.

"A la lumière des sérieux développements dans la région, j'appelle à nouveau tous les Libanais à agir avec sagesse et patriotisme et à placer les intérêts du Liban et de son peuple au-dessus de toute considération", a-t-il ajouté.

Le président Joseph Aoun a estimé dans un communiqué "nécessaire d'éviter au Liban les catastrophes des conflits extérieurs".

La coordinatrice spéciale de l'ONU au Liban, Jeanine Hennis, a exhorté "toutes les parties au Liban" de "donner la priorité, en paroles et en actes, à la nécessité de protéger le pays et son peuple des développements régionaux".

Peu avant le début des frappes, Israël a annoncé avoir visé des positions "des infrastructures" du Hezbollah dans le sud du Liban.

L'agence nationale d'information (ANI, officielle) a indiqué que des raids avaient visé des régions montagneuses où le Hezbollah est fortement implanté.

Le Liban a dit craindre des attaques d'Israël contre ses infrastructures civiles en cas d'élargissement du conflit avec l'Iran.

Le Hezbollah n'interviendra pas militairement en cas de frappes américaines "limitées" contre l'Iran, mais considérera toute atteinte contre le guide suprême, Ali Khamenei, comme une "ligne rouge", avait indiqué mercredi à l'AFP un responsable de cette formation.

Le chef du Hezbollah répète que sa formation est en "position défensive" mais a affirmé qu'elle s'estimerait "visée" par toute attaque américaine contre l'Iran.

Lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin dernier, le Hezbollah n'était pas intervenu.

La formation chiite est sortie affaiblie d'une guerre avec Israël, qui continue de la frapper malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024, et l'accuse de se réarmer.


L’Arabie saoudite condamne les violations iraniennes de la souveraineté dans le Golfe et la région

Cette combinaison de captures vidéo réalisée le 28 février 2026 et extraite d’images UGC publiées sur les réseaux sociaux le même jour et vérifiées par les équipes d’AFPTV à Paris, montre le moment d’une attaque contre une base américaine à Bahreïn. (AFP)
Cette combinaison de captures vidéo réalisée le 28 février 2026 et extraite d’images UGC publiées sur les réseaux sociaux le même jour et vérifiées par les équipes d’AFPTV à Paris, montre le moment d’une attaque contre une base américaine à Bahreïn. (AFP)
Short Url
  • L’Arabie saoudite dénonce des violations iraniennes de la souveraineté des Émirats, de Bahreïn, du Qatar, du Koweït et de la Jordanie, et soutient toute action de ces pays
  • Le Royaume appelle la communauté internationale à condamner ces actes et à prendre des mesures pour préserver la paix et la stabilité dans la région

RIYAD : L’Arabie saoudite a fermement condamné ce qu’elle a qualifié de violations iraniennes de l’autonomie de plusieurs États du Golfe et de la région, a indiqué le ministère saoudien des Affaires étrangères.

Dans un communiqué officiel, le ministère a dénoncé ce qu’il a qualifié de « violation flagrante » de la souveraineté des Émirats arabes unis, de Bahreïn, du Qatar, du Koweït et de la Jordanie, exprimant sa pleine solidarité avec ces pays et son soutien à toute mesure qu’ils pourraient prendre.

Le Royaume a averti des graves conséquences de la poursuite de violations de l’autonomie des États et des atteintes au droit international, soulignant que de telles actions menacent la sécurité et la stabilité régionales.

L’Arabie saoudite a également appelé la communauté internationale à condamner les actions présumées de l’Iran et à prendre des mesures fermes pour faire face aux violations qui compromettent la paix et la stabilité dans la région. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Washington et Israël ont lancé une "opération" contre la "menace existentielle" iranienne, selon Netanyahu

Des Israéliens ferment un magasin après le déclenchement des sirènes dans la ville septentrionale de Haïfa, le 28 février 2026. (AFP)
Des Israéliens ferment un magasin après le déclenchement des sirènes dans la ville septentrionale de Haïfa, le 28 février 2026. (AFP)
Short Url
  • Benjamin Netanyahu annonce qu’Israël et les États-Unis ont lancé une « opération » contre la « menace existentielle » que représente le régime iranien
  • Il appelle le peuple iranien à se soulever contre le pouvoir en place et à construire un « Iran libre et épris de paix »

JERUSALEM: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé samedi qu'Israël et les Etats-Unis avaient lancé une "opération" contre la "menace existentielle" iranienne et appelé les Iraniens à se soulever contre le pouvoir en place à Téhéran.

"Mes frères et soeurs, citoyens d'Israël, il y a peu, Israël et les Etats-Unis ont lancé une opération pour éliminer la menace existentielle que fait peser le régime terroriste en Iran", a déclaré M. Netanyahu dans un message vidéo.

"Notre action commune créera les conditions pour que le courageux peuple iranien prenne son destin en main", a ajouté M. Netanyahu. "Le temps est venu pour toutes les composantes du peuple iranien (...) de rejeter le joug de la tyrannie et de faire advenir un Iran libre et épris de paix".