Joseph Aoun élu président du Liban

Le chef de l'armée libanaise Joseph Aoun a obtenu 99 voix lors du second tour de scrutin. (AFP)
Le chef de l'armée libanaise Joseph Aoun a obtenu 99 voix lors du second tour de scrutin. (AFP)
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Publié le Vendredi 10 janvier 2025

Joseph Aoun élu président du Liban

  • Le chef des forces armées devient le 14e titulaire de cette fonction dans le pays
  • Le nouveau chef de l'État rappelle que tous doivent être soumis à l'État de droit et que seules les forces gouvernementales peuvent être armées

BEYROUTH : Le chef des forces armées libanaises, le général Joseph Aoun, 61 ans, a été élu 14e président du pays par les parlementaires jeudi.

M. Aoun a obtenu 99 voix, ce qui lui a permis d'accéder au palais présidentiel pour les six prochaines années et de sortir d'une impasse de 26 mois sur ce poste.

Le chef militaire a prêté serment devant les députés avant de prononcer son discours d'investiture.

Dans tout le Liban, et en particulier dans la ville natale de M. Aoun, Al-Aichieyh, dans le sud, les habitants ont tiré des feux d'artifice, lancé des ululements, égorgé des moutons et exécuté des danses dabke à la suite de l'élection.

M. Aoun est entré au Parlement pour la première fois dans un costume civil, marquant ainsi son passage du service militaire, qui a commencé en 1983 lorsqu'il s'est porté volontaire pour l'armée en tant qu'élève-officier avant de s'inscrire à l'école militaire.

Il a pris le commandement des forces armées le 8 mars 2018. Il assume désormais la mission civile de diriger un pays frappé par l'agression israélienne contre le Hezbollah et par une crise économique qui s'aggrave.

M. Aoun s'est adressé au peuple libanais en ces termes : "Quelles que soient nos différences, en temps de crise, nous nous embrassons les uns les autres. Si l'un d'entre nous tombe, nous tombons tous".

Il a insisté sur la nécessité de "changer la performance politique au Liban", ajoutant : "Que le monde sache qu'à partir d'aujourd'hui, une nouvelle étape s'ouvre pour le Liban : "Que le monde sache qu'à partir d'aujourd'hui, une nouvelle étape de l'histoire du Liban commence, et je serai le premier serviteur du pays, en respectant le pacte national et en exerçant les pleins pouvoirs de la présidence en tant que médiateur impartial entre les institutions.

"Si nous voulons construire une nation, nous devons tous être soumis à l'État de droit et au pouvoir judiciaire.

M. Aoun a souligné que "l'ingérence dans le système judiciaire est interdite", ajoutant qu'"il n'y aura pas d'immunité pour les criminels ou les individus corrompus et qu'il n'y aura pas de place pour les mafias, le trafic de drogue ou le blanchiment d'argent au Liban".

"Mon mandat sera axé sur la coopération avec le nouveau gouvernement en vue de l'adoption d'une loi garantissant l'indépendance de la justice, tout en remettant en question toute loi violant la constitution.

"J'appellerai à des consultations parlementaires pour choisir rapidement un premier ministre qui soit un partenaire plutôt qu'un adversaire.

M. Aoun a annoncé son intention de procéder à une rotation des postes de responsabilité au sein du gouvernement et de restructurer l'administration publique.

Il a également promis d'affirmer le droit de l'État à conserver le monopole de la possession d'armes.

"Nous investirons dans l'armée pour sécuriser les frontières du Liban, en particulier dans le sud, délimiter les frontières orientale et septentrionale, lutter contre le terrorisme, mettre en œuvre les résolutions internationales et empêcher les hostilités israéliennes contre le Liban", a déclaré M. Aoun.

"Je m'efforcerai d'activer le rôle des forces de sécurité en tant qu'outil fondamental pour le maintien de la sécurité et l'application des lois. Nous discuterons également d'une stratégie de défense globale aux niveaux diplomatique, économique et militaire afin de permettre à l'État libanais de mettre fin à l'occupation israélienne et de dissuader son agression", a-t-il ajouté.

M. Aoun s'est engagé à "reconstruire ce que l'ennemi israélien a détruit dans le sud, dans la banlieue sud de Beyrouth, dans la Bekaa et dans tout le Liban. Nos martyrs sont l'esprit de notre détermination et nos détenus sont une confiance sur nos épaules".

Il a ajouté : "Il est temps pour nous d'investir dans les relations extérieures du Liban, plutôt que de parier sur des forces extérieures pour gagner du terrain l'un contre l'autre.

M. Aoun a affirmé son "rejet de la réinstallation des Palestiniens".

Il a déclaré : "Nous affirmons notre détermination à prendre les choses en main : "Nous affirmons notre détermination à prendre en charge la sécurité des camps. Nous adopterons une politique de neutralité positive et n'exporterons que les meilleurs produits et industries vers d'autres pays tout en attirant les touristes."

M. Aoun a également appelé à "entamer un dialogue sérieux et entre pairs avec l'État syrien afin de discuter de toutes les relations et de tous les dossiers en suspens entre nous, en particulier le dossier des personnes disparues et des Syriens déplacés".

Son discours a été applaudi avec enthousiasme par les députés, à l'exception de ceux du Mouvement patriotique libre, les députés du Hezbollah ayant exprimé des réserves.

La 13ème session s'est tenue dans la matinée avec une présence diplomatique importante, menée par l'envoyé présidentiel français, Jean-Yves Le Drian, et les ambassadeurs du Comité du Quintet qui supervise la mise en œuvre de l'accord de cessez-le-feu avec Israël.

Lors de la première session, M. Aoun a obtenu 71 voix sur les 128 députés présents.

Entre-temps, 37 députés ont voté blanc, 14 ont voté avec l'expression "Souveraineté et Constitution", deux ont voté pour le défunt professeur de droit international Chibli Mallat et quatre votes ont été annulés.  Les interventions au début de la session ont donné lieu à de violents affrontements verbaux entre des députés indépendants et un député du FPM.

M. Aoun avait besoin de 86 voix pour devenir président. Ce nombre a servi d'alternative à la modification de la constitution, empêchant toute contestation devant le Conseil constitutionnel, puisque M. Aoun est resté dans ses fonctions et n'a pas démissionné deux ans plus tôt, ce qui est une condition constitutionnelle pour se présenter à la présidence.

Le Hezbollah, le mouvement Amal, le FPM et d'autres députés indépendants n'ont pas voté pour M. Aoun au premier tour.

Le président du Parlement, Nabih Berri, a ajourné la session pour deux heures afin de poursuivre les consultations.

Entre-temps, Ali Hassan Khalil, député du mouvement Amal, et Mohammed Raad, député du Hezbollah, ont rencontré M. Aoun pour être rassurés sur "la formation du gouvernement et la représentation chiite en son sein".

Au cours du second tour, la fumée blanche s'est élevée pour annoncer la sélection du nouveau président.

Alors que le FPM et d'autres députés indépendants ont maintenu leur position, le duo chiite a voté pour Aoun. Le décompte des voix comprend neuf bulletins blancs, 15 votes pour d'autres noms ou expressions, et cinq votes annulés.

En 2017, M. Aoun, en tant que haut responsable de l'armée libanaise, a participé à des opérations qui ont permis d'affronter des centaines de militants syriens affiliés à Daesh et à Jabhat Al-Nusra à Arsal.

Deux ans plus tard, en 2019, il a contribué à rétablir l'ordre après que des milliers de manifestants libanais sont descendus dans la rue à la suite de l'effondrement économique du pays.

En 2020, M. Aoun a dirigé l'armée libanaise pour apporter de l'aide aux personnes touchées par l'explosion du port de Beyrouth.

M. Aoun a également contribué à éviter une guerre civile en empêchant deux affrontements potentiels : le premier à Tayyouneh, entre des partisans du Hezbollah et des Forces libanaises au sujet de l'arrestation d'employés accusés de négligence dans l'explosion du port de Beyrouth ; et le second à Kahaleh, lorsqu'un camion du Hezbollah transportant des munitions s'est renversé dans une zone chrétienne, ce qui a entraîné une fusillade.

En outre, M. Aoun s'est efforcé de débarrasser l'armée de la corruption et a collaboré avec des États arabes et d'autres États étrangers pour obtenir de l'aide pour les membres des forces armées après que leurs salaires mensuels sont tombés à moins de 50 dollars.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Le Koweït dit avoir déjoué une tentative d'«infiltration» de Gardiens de la Révolution iraniens

Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran. (AFP)
Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran. (AFP)
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  • Les quatre hommes, deux colonels de la marine, un capitaine et un lieutenant de vaisseau, ont avoué avoir été chargés par l'armée idéologique de la République islamique d'Iran "d'infiltrer l'île de Bubiyan"
  • Lors d'échanges de tirs avec les forces armées koweïtiennes stationnées sur l'île, un militaire koweïtien "a été blessé" et deux membres du groupe des Gardiens de la Révolution sont parvenus à "prendre la fuite", selon la même source

KOWEIT: Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran.

Les quatre hommes, deux colonels de la marine, un capitaine et un lieutenant de vaisseau, ont avoué avoir été chargés par l'armée idéologique de la République islamique d'Iran "d'infiltrer l'île de Bubiyan", a indiqué le ministère de l'Intérieur du Koweït dans un communiqué publié par l'agence nationale Kuna.

Ils ont tenté d'atteindre cette île, la plus grande du Koweït, proche des côtes iraniennes, "le vendredi 1er mai à bord d'un bateau de pêche spécialement affrété pour mener des actions hostiles contre le Koweït", précise le communiqué.

Lors d'échanges de tirs avec les forces armées koweïtiennes stationnées sur l'île, un militaire koweïtien "a été blessé" et deux membres du groupe des Gardiens de la Révolution sont parvenus à "prendre la fuite", selon la même source.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a jugé de son côté "absolument infondées" les "allégations formulées par le Koweït, selon lesquelles l'Iran planifierait de mener des actions hostiles contre le Koweït". Et il a demandé dans un communiqué à pouvoir s'entretenir avec ses ressortissants détenus ainsi que "leur libération immédiate".

Le ministère des Affaires étrangères du Koweït a annoncé de son côté avoir convoqué l'ambassadeur iranien dans le pays, Mohammad Toutounji, "à qui une lettre de protestation a été remise à la suite de l'infiltration sur l'île de Bubiyan d'un groupe armé appartenant aux Gardiens de la Révolution et de son engagement dans des affrontements avec les forces armées koweïtiennes".

Le ministère, qui dénonce un "acte hostile" iranien et une "atteinte flagrante" à sa souveraineté, affirme que le Koweït se réserve pleinement "le droit de se défendre".

Il s'agit de la quatrième convocation de M. Toutounji depuis que l'Iran a commencé à viser les pétromonarchies du Golfe alliées des Etats-Unis en représailles à l'attaque israélo-américaine déclenchée le 28 février.

Le 3 mai, le ministère de la Défense du Koweït avait indiqué avoir appréhendé quatre personnes tentant de rejoindre le Koweït par la mer.

Depuis le début de la guerre, les autorités du Koweït ont multiplié les opérations contre des personnes ou organisations soupçonnées d'être liées à la République islamique ou de la soutenir.

Mi-avril, 24 personnes ont été arrêtées au Koweït pour financement d'entités "terroristes", selon le ministère de l'Intérieur de cette monarchie du Golfe, une source de sécurité précisant que cinq anciens parlementaires faisaient partie des mis en cause.

En mars, le Koweït avait arrêté six personnes soupçonnées de liens avec le Hezbollah libanais, dans le cadre d'une enquête sur des projets "d'assassinats" dans le pays.

Le mouvement islamiste pro-iranien a déjà démenti plusieurs fois toute présence au Koweït.


Tunisie: peine de trois ans et demi de prison confirmée contre deux journalistes 

La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus, dans un procès dénoncé par l'ONG Reporters sans frontières comme "du harcèlement judiciaire". (AFP)
La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus, dans un procès dénoncé par l'ONG Reporters sans frontières comme "du harcèlement judiciaire". (AFP)
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  • La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus
  • En janvier, les deux journalistes avaient été condamnés en première instance à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale"

TUNIS: La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus, dans un procès dénoncé par l'ONG Reporters sans frontières comme "du harcèlement judiciaire".

"Nous sommes très déçus de ce verdict" qui confirme la peine de première instance, a réagi à l'AFP l'avocat des deux accusés, Sami Ben Ghazi.

En janvier, les deux journalistes avaient été condamnés en première instance à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale".

En début d'audience mardi, le juge a posé de nombreuses questions à MM. Zeghidi et Bsaies, sur leurs biens, leurs sources de revenus et les impôts versés, selon une journaliste de l'AFP.

"Zéro, niente, je n'ai ni biens immobiliers, ni bijoux, ni grosses voitures", a répondu Mourad Zeghidi.

Le magistrat l'a questionné à propos des rétributions tirées de chaque média et chaque émission (radio et télévision) où il apparaissait, sur la gestion de sa société, sur des virements reçus en Tunisie et depuis l'étranger.

Il a aussi demandé à M. Bsaies pourquoi il avait quitté son métier d'enseignant, la profession de son épouse et avec quels moyens elle avait lancé une école.

Dans sa plaidoirie, l'avocat des deux accusés, Sami Ben Ghazi, s'est demandé pourquoi "des déclarations fiscales (jugées) insuffisantes se sont transformées en (une accusation de) blanchiment d'argent".

Avant l'annonce du verdict, le défenseur et d'autres avocats avaient demandé le non-lieu et la libération des accusés.

Des diplomates représentant la France, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l'Union européenne ont assisté à l'audience.

"Acharnement judiciaire" 

Les deux chroniqueurs avaient été emprisonnés en mai 2024 pour des déclarations à la radio et à la télévision considérées comme critiques du président Kais Saied.

Alors qu'ils étaient libérables en janvier 2025 après avoir purgé huit mois de prison, de nouvelles poursuites avaient été lancées pour des malversations financières présumées.

A la veille du procès, le directeur régional de RSF Oussama Bouagila a affirmé dans un communiqué qu'"après 23 mois d'enquête, aucun élément sérieux n'a été établi: ni flux suspect, ni actif caché, ni preuve crédible".

"Cet acharnement judiciaire ne doit pas faire oublier l'essentiel: c'est leur travail journalistique qui est à l'origine de ces poursuites", a-t-il dit.

Un autre journaliste de renom, Zied el-Heni, a été condamné le 7 mai à un an de prison ferme, pour "atteinte à autrui", après de virulentes critiques contre des décisions judiciaires visant des collègues journalistes.

L'ONG Al Khatt, maison-mère du média indépendant d'investigation Inkyfada, risque de disparaître, sous le coup d'une demande de dissolution demandée par le gouvernement à la justice tunisienne.

Les opposants et défenseurs des droits tunisiens ainsi que plusieurs ONG internationales ont dénoncé un recul des droits fondamentaux en Tunisie depuis un coup de force du président Saied à l'été 2021, par lequel il s'est octroyé les pleins pouvoirs.

Dans un communiqué lundi, l'organisation Amnesty International, basée à Londres, a accusé le pouvoir tunisien de "tentatives d'utiliser les moyens judiciaires pour éliminer purement et simplement les ONG".


L'Iran écarte tout compromis après le rejet de sa proposition par Trump

L'impasse diplomatique se prolonge au Moyen-Orient: le pouvoir iranien a écarté mardi l'idée d'amender ses propositions pour mettre durablement fin à la guerre, qui sont jugées par le président Donald Trump comme bonnes "à mettre à la poubelle". (AFP)
L'impasse diplomatique se prolonge au Moyen-Orient: le pouvoir iranien a écarté mardi l'idée d'amender ses propositions pour mettre durablement fin à la guerre, qui sont jugées par le président Donald Trump comme bonnes "à mettre à la poubelle". (AFP)
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  • "Il n'y a pas d'autre choix que d'accepter les droits du peuple iranien, tels qu'établis dans la proposition en 14 points. Toute autre approche serait infructueuse et ne mènerait qu'à une succession d'échecs"
  • Le contenu de la proposition américaine initiale n'a pas été rendu public

TEHERAN: L'impasse diplomatique se prolonge au Moyen-Orient: le pouvoir iranien a écarté mardi l'idée d'amender ses propositions pour mettre durablement fin à la guerre, qui sont jugées par le président Donald Trump comme bonnes "à mettre à la poubelle".

"Il n'y a pas d'autre choix que d'accepter les droits du peuple iranien, tels qu'établis dans la proposition en 14 points. Toute autre approche serait infructueuse et ne mènerait qu'à une succession d'échecs", a écrit sur X le négociateur en chef de la République islamique, Mohammad Bagher Ghalibaf, plus d'un mois après l'instauration d'une trêve précaire.

Celui qui est aussi président du Parlement a interpellé les négociateurs américains, estimant que "plus ils traîneront les pieds, plus les contribuables américains en paieront le prix", au moment où les cours du pétrole évoluent à des niveaux toujours élevés.

Ces déclarations sonnent comme une réponse à Donald Trump qui avait dénigré la veille les propositions iraniennes et assimilé le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril à un malade "sous assistance respiratoire", avec "1% de chances" de survie.

"Donner une leçon" 

Le contenu de la proposition américaine initiale n'a pas été rendu public.

Selon certains médias, elle contient un protocole d'accord pour mettre fin aux combats, qui ont fait des milliers de morts depuis le début de la guerre le 28 février, et établir un cadre de négociations sur le dossier du nucléaire iranien.

Dans sa réponse, l'Iran appelle à une fin immédiate des hostilités dans la région, y compris au Liban où les tirs d'Israël et du Hezbollah pro-iranien ne cessent pas en dépit d'un autre cessez-le-feu. Mardi, deux secouristes sont morts dans une frappe israélienne dans le sud, selon la Défense civile libanaise.

Téhéran demande également l'arrêt du blocus de ses ports par la marine américaine et le dégel des avoirs iraniens détenus à l'étranger, selon le ministère des Affaires étrangères.

"Si l'ennemi ne se plie pas aux exigences légitimes et définitives de la nation iranienne sur le terrain diplomatique, il doit s'attendre à voir ses défaites se répéter sur le champ de bataille", a prévenu le porte-parole du ministère iranien de la Défense, Reza Talaei-Nik, cité par l'agence Irna.

Pression américaine sur Pékin 

Côté américain, Donald Trump a brandi la menace d'une relance de son opération de protection des navires pour franchir le détroit d'Ormuz, verrouillé par l'Iran.

Une situation qui désespère Maryam, une peintre téhéranaise de 43 ans: elle raconte à une journaliste de l'AFP basée à Paris "vivre au jour le jour" car "le futur est très incertain".

Les regards sont désormais tournés vers la visite à Pékin prévue à partir de mercredi du président Trump, qui doit rencontrer son homologue Xi Jinping.

Selon l'administration américaine, il entend faire pression pour que la Chine, principal importateur du pétrole iranien, use de son influence sur l'Iran.

Donald Trump a dit s'attendre à une "longue conversation" avec Xi sur la guerre.

La quasi paralysie du détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, fait à nouveau grimper les cours de l'or noir mardi, à plus de 107 dollars le baril (+3,25%) pour le Brent de la mer du Nord, référence internationale, vers 14H00 GMT.

"L'Iran ne devrait pas utiliser le détroit comme une arme pour faire pression", a dénoncé cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, Premier ministre du Qatar, en première ligne face à ce blocage.

29 milliards de dollars 

"Le levier d'Ormuz est essentiel", analyse Thomas Juneau, professeur à l'Université d'Ottawa, pour qui Téhéran estime que Donald Trump perdra patience face à la hausse des prix à la pompe, avant les élections de mi-mandat en novembre. D'autant que le Pentagone vient de réévaluer à la hausse le coût de cette guerre à près de 29 milliards de dollars.

L'ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a par ailleurs révélé, au détour d'une conférence, qu'Israël avait envoyé aux Emirats arabes unis des systèmes de défense antiaérienne pendant cette guerre où les pays du Golfe ont été ciblés par l'Iran quasi-quotidiennement.

Au Liban, un nouveau bilan du ministère de la Santé libanais fait état de 380 morts dans des frappes israéliennes depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 17 avril.

De nouvelles discussions censées ouvrir la voie à des négociations de paix doivent se tenir jeudi et vendredi à Washington entre les deux pays.

Mais le chef du Hezbollah Naïm Qassem a affirmé mardi que la question du désarmement de sa formation, exigé par Israël, ne faisait pas partie des "négociations avec l'ennemi" auxquelles le mouvement chiite est opposé.