La Syrie entre crise humanitaire et divergences au Conseil de sécurité

L'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Geir Pedersen, a annoncé mercredi 20 janvier 2021 que la prochaine série de pourparlers en vue de la révision de la constitution du pays ravagé par la guerre débutera à Genève le 25 janvier. Il a exhorté les parties à passer à la rédaction de cette constitution. (Photo, AP/Archives)
L'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Geir Pedersen, a annoncé mercredi 20 janvier 2021 que la prochaine série de pourparlers en vue de la révision de la constitution du pays ravagé par la guerre débutera à Genève le 25 janvier. Il a exhorté les parties à passer à la rédaction de cette constitution. (Photo, AP/Archives)
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Publié le Jeudi 21 janvier 2021

La Syrie entre crise humanitaire et divergences au Conseil de sécurité

  • «Jaafari n'est pas un représentant légitime du peuple syrien»
  • Dans sa déclaration finale au conseil, Kelly Craft, l'ambassadrice américaine sortante auprès de l'ONU, a refoulé ses larmes en partageant des histoires tragiques sur les camps de réfugiés syriens

NEW YORK: Les émotions étaient à fleur de peau lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU mercredi, pendant que les membres permanents échangeaient attaques et accusations.

Cela s'est produit au moment où Geir Pedersen, Envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, et Mark Lowcock, sous-Secrétaire général aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d'urgence, ont lancé les derniers avertissements sur le sort du peuple syrien, après une décennie de tuerie et de destruction causée par la guerre civile.

Ils ont exhorté la communauté internationale à ne pas tourner le dos aux Syriens et à la crise humanitaire à laquelle ils sont confrontés.

Bashar Jaafari, ancien représentant syrien à l’ONU et vice-ministre des Affaires étrangères du pays, a attribué la situation alarmante aux pays occidentaux.

Il les a accusés de «piller les richesses de la Syrie» et de lancer des «accusations non-fondées» contre le régime du président syrien Bashar Assad, tout en indiquant que l’Occident ne fait que promouvoir la violence et la haine et transmettre la propagation du «terrorisme sans frontières».

Jaafari a également accusé les pays occidentaux d’adopter une approche de deux poids deux mesures. Il affirme que si l'attaque du Capitole américain le 6 janvier par une foule de droite s'était produite dans un pays non occidental, elle aurait été qualifiée de «printemps», ou de «Révolution orange» ou une quelconque expression de liberté. Mais «comme ça s'est produit dans une capitale occidentale, l’incident a été condamné par le monde entier», a-t-il souligné.

Jaafari s’est ensuite adressé à son homologue turc pour accuser Ankara de «terrorisme». Ce dernier a refusé de répondre, puisque «Jaafari n'est pas un représentant légitime du peuple syrien».

La réunion a été convoquée à la demande de Tarek Ladeb, le Représentant permanent de la Tunisie auprès des Nations Unies , et qui assure la présidence du Conseil de sécurité pour le mois en cours.

La réunion a eu lieu alors que le Comité constitutionnel syrien se prépare à se réunir pour une cinquième série de pourparlers à Genève la semaine prochaine sous l’égide de Pedersen.

Le comité fait partie d'un processus facilité par l'ONU qui vise une réconciliation entre le régime d'Assad et l'opposition en modifiant la constitution existante ou en rédigeant une nouvelle.

Dix ans de guerre ont laissé des millions de Syriens «avec un traumatisme profond, une pauvreté extrême, une insécurité personnelle et un manque d'espoir pour l'avenir», a confié Pedersen au Conseil de sécurité. «Pour la plupart des syriens, la lutte quotidienne pour survivre éclipse la majorité des autres problèmes».

Pour Pedersen, la pandémie de la Covid-19, les retombées de la crise au Liban et des facteurs internes tels que les économies de guerre, la corruption et la mauvaise gestion créent ensemble «un tsunami lent qui frappe la Syrie toute entière».

Il a de plus insisté sur la nécessité de veiller à ce que toute sanction supplémentaire imposée au régime syrien ne rajoute pas à la détresse du peuple syrien. Et si les dix derniers mois ont été les plus calmes depuis le début du conflit, l’escalade des violences escalades dans le nord-est du pays continuent de perturber cette paix relative, tout comme les frappes israéliennes, les attaques continues de Daech, les bombardements et les frappes aériennes mutuels à Idlib et les turbulences dans le sud-ouest.

Les attaques continuent de faucher des vies, et les Syriens font face à beaucoup d'autres dangers. Parmi ceux-là on compte des enlèvements, des détentions arbitraires, des activité criminelles ainsi que l'amplification des attaques terroristes.

«Cela n’est qu’un calme fragile qui pourrait basculer dans la violence à tout moment», a avoué Pedersen.

L’Envoyé reconnaît que le processus politique n’a pas encore abouti à des changements évidents, ni à aucune vision réelle de l'avenir des Syriens, mais il souligne la nécessité de persister avec des mesures pour renforcer la confiance. Il cite à titre d’exemple l’accès humanitaire complet et sans entrave, un cessez-le-feu durable à l'échelle nationale, et le droit de visite aux détenus.

Lowcock a pour sa part brossé un tableau sombre de la crise humanitaire en Syrie. Il a déclaré au conseil de sécurité que les Syriens sont confrontés à des niveaux sévères d'insécurité alimentaire, à des pénuries de carburant et à des coupures d'électricité pendant cet hiver rigoureux, ainsi qu’à une dépendance croissante au travail des enfants.

Le mauvais temps oblige les gens à «passer des nuits entières debout dans leurs tentes en raison de la crue des eaux», se désole Lowcock, et il avertit qu'une nouvelle vague d'infections à la Covid-19 est imminente.

Lowcock a souligné les conditions désespérées dans le célèbre camp de réfugiés d'Al-Hol, qui abrite des milliers de femmes et d'enfants d'anciens militants de Daech. Malgré la recrudescence des incidents violents là-bas ces derniers mois, il insiste que des mesures de sécurité doivent être prises sans mettre en danger les résidents, violer leurs droits ou restreindre l'accès humanitaire. La plupart des 62 000 des résidents du camp ont moins de 12 ans, et ils «grandissent dans des conditions inacceptables», rappelle-t-il.

Lowcock a réitéré l'engagement de l'ONU à fournir une aide humanitaire, mais ceci nécessite «un financement adéquat, un accès amélioré aux camps et la fin de la violence qui tourmente les Syriens depuis près d'une décennie».

Dans sa déclaration finale au conseil, Kelly Craft, l'ambassadrice américaine sortante auprès de l'ONU, a refoulé ses larmes en partageant des histoires tragiques sur les camps de réfugiés syriens qu'elle a visités en Turquie. Elle a imploré le monde de ne jamais abandonner le peuple syrien.

«Ouvrez les yeux devant les horreurs de ce conflit» et faite ce qu’il faut pour instaurer la paix, a-t-elle signalé.

«Bombardés, affamés, déplacés et tourmentés par le régime d'Assad et ses partisans, ces victimes dont la majorité sont des femmes et des enfants, qui nous ont chargé dans ce conseil pour assurer leur sécurité et pour les maintenir en vie,» elle a ajouté.

Craft a condamné «la dynamique politique qui afflige ce conseil et continue de refuser au peuple syrien un chemin vers la paix, la stabilité et l'espoir. Ce conseil échoue chaque fois dans sa mission pour exaucer le rêve des millions de civils syriens, pas seulement aujourd'hui mais depuis plus d'une décennie. Cela est vraiment épouvantable.

Elle a ainsi accusé le régime d'Assad de bloquer intentionnellement les progrès du comité constitutionnel dans le but de détourner l'attention de la communauté internationale des milliers de civils tués ou blessés par le régime «et les attaques barbares de ses alliés lâches», pendant qu'il se prépare à «des fausses élections présidentielles cette année.

Elle ajoute: « de telles élections seraient illégitimes que les États-Unis ne les reconnaîtront jamais».

Craft a déclaré que toute élection doit garantir la participation des Syriens qui sont des réfugiés, des déplacés internes ou qui font partie de la diaspora, tout en réitérant que les États-Unis retiendraient le financement de la reconstruction jusqu'à ce que le processus politique de l'ONU en Syrie soit terminé.

L’ambassadrice a fustigé ses collègues russes qui «relatent une histoire très différente (sur la Syrie) à ce Conseil, une histoire insupportable par sa malhonnêteté et son cynisme».

Après avoir souhaité bonne chance à Craft pour l’avenir, Vasily Nebenzya, ambassadeur de Russie auprès de l’ONU, a déclaré: «Je vais maintenant passer à la version de la Russie sur la Syrie».

Il a reproché à l’ONU de «se taire» pendant que les revenus des ressources naturelles de la Syrie «ne coulent pas dans les coffres de la Syrie». Il a également défendu le régime d'Assad, affirmant que «Damas fait tout ce qu'il peut pour maintenir l'économie à flot» tandis que les sanctions internationales la font s'effondrer.

L'ambassadeur du Royaume-Uni, James Paul Roscoe, a rejeté cette suggestion en affirmant que la véritable cause de la tragédie en Syrie était «le népotisme, la corruption et les attaques brutales du régime contre son peuple». Il a également demandé que ce régime soit tenu responsable de ses crimes.

Pedersen a réitéré que la résolution de l'ONU sur la Syrie stipule que le processus politique dans le pays «doit être préservé et dirigé par les Syriens, mais le conflit est extrêmement internationalisé, avec cinq armées étrangères actives en Syrie».

Le monde ne peut donc pas «prétendre que les solutions sont uniquement entre les mains des Syriens, ou que l'ONU peut le faire seule», a-t-il ajouté. Bien que des élections libres et transparentes, fondées sur les dispositions de la résolution 2254 du Conseil de sécurité, «semblent encore loin», Pedersen assure qu'une «diplomatie internationale plus sérieuse et plus coopérative «pourrait permettre de véritables progrès, comme elle pourrait tracer une voie sûre et sécurisée afin de sortir de cette crise qui anéanti l’ensemble de la Syrie.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'ONU exige qu'Israël empêche un «génocide» à Gaza

Les Nations unies ont exigé lundi qu'Israël prenne toutes les mesures possibles pour empêcher des actes de "génocide" à Gaza, dénonçant des signes de "nettoyage ethnique" observés dans ce territoire palestinien ainsi qu'en Cisjordanie. (AFP)
Les Nations unies ont exigé lundi qu'Israël prenne toutes les mesures possibles pour empêcher des actes de "génocide" à Gaza, dénonçant des signes de "nettoyage ethnique" observés dans ce territoire palestinien ainsi qu'en Cisjordanie. (AFP)
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  • Une commission mandatée par l’ONU et plusieurs ONG parmi lesquelles Amnesty International et Human Rights Watch ont accusé Israël d'avoir perpétré un génocide à Gaza
  • Israël rejette ces allégations comme "mensongères" et "antisémites"

GENEVE: Les Nations unies ont exigé lundi qu'Israël prenne toutes les mesures possibles pour empêcher des actes de "génocide" à Gaza, dénonçant des signes de "nettoyage ethnique" observés dans ce territoire palestinien ainsi qu'en Cisjordanie.

Dans un nouveau rapport, le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a déclaré que les actions menées par Israël à Gaza depuis le début de la guerre le 7 octobre 2023 constituaient des "violations flagrantes" du droit international, s'apparentant souvent à des "crimes de guerre et autres atrocités".

Dans la conclusion de ce rapport, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé Israël à veiller au respect d’une ordonnance de la Cour internationale de justice de 2024 lui enjoignant de prendre des mesures pour prévenir les actes de génocide à Gaza.

Selon lui, Israël doit veiller "avec effet immédiat à ce que son armée ne se livre pas à des actes de génocide, (et prendre) toutes les mesures nécessaires pour prévenir et punir l’incitation au génocide".

Une commission mandatée par l’ONU et plusieurs ONG parmi lesquelles Amnesty International et Human Rights Watch ont accusé Israël d'avoir perpétré un génocide à Gaza. Israël rejette ces allégations comme "mensongères" et "antisémites".

Ce rapport, qui concerne la période allant du 7 octobre 2023, date à laquelle une attaque sans précédent du Hamas en Israël a déclenché une offensive israélienne à Gaza, jusqu'en mai 2025, condamne aussi les "violations graves" commises par des groupes armés palestiniens.

L'attaque du Hamas a causé la mort de 1.221 personnes du côté israélien, pour la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.

Le rapport met aussi en lumière les sévices subis par les otages capturés par les groupes armés palestiniens, dont beaucoup ont fait état de tortures et agressions sexuelles alors qu'ils étaient détenus "dans des conditions inhumaines" pendant des mois.

Meurtres "illégaux" 

Le rapport consacre également une large part aux actions d’Israël à Gaza, où sa campagne militaire de représailles a fait plus de 72.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire dirigé par le Hamas, dont les statistiques sont considérées comme fiables par l’ONU.

Une grande partie de ces meurtres "semblent illégaux", indique le rapport, qui souligne aussi comment Israël a "mené des attaques contre des cibles civiles ou protégées".

Parmi celles-ci figurent "des établissements de santé et des installations médicales", ainsi que des civils, dont des journalistes, des professionnels de santé, des acteurs humanitaires et des policiers, et ce "de manière systématique et répétée".

Cette campagne d’Israël à Gaza a rendu les conditions de vie dans une grande partie du territoire "incompatibles avec la survie des Palestiniens en tant que groupe", a alerté le Haut-Commissariat.

Il a également déclaré que "le recours à une force inutile et disproportionnée en Cisjordanie a(vait) conduit à des centaines de meurtres illégaux".

"En Cisjordanie, le taux de déplacements forcés de Palestiniens n'a pas été aussi élevé depuis des décennies et l'expansion des colonies israéliennes est sans précédent", a déclaré lundi devant la presse à Genève Ajith Sunghay, qui dirige le bureau du Haut-Commissariat dans les territoires palestiniens.

Sur les deux territoires, "l’armée israélienne et d’autres forces de sécurité ont provoqué des déplacements de population à grande échelle", ajoute le Haut-Commissariat.

Le rapport relève que les violations commises par Israël dans l’ensemble des territoires palestiniens occupés révélaient une pratique visant à infliger un "déplacement forcé, un dépeuplement et un nettoyage ethnique de vastes parties du territoire palestinien occupé".

Depuis, le fragile cessez-le feu d'octobre dernier "a permis de réduire l'ampleur considérable des violences observées jusqu’alors et a ouvert une marge de manœuvre humanitaire modeste", a déclaré Ajith Sunghay.

"Cependant, les meurtres et la destruction des infrastructures se sont poursuivis presque quotidiennement, et la situation humanitaire générale reste désastreuse", a-t-il ajouté.

Le Haut-Commissariat a jugé "essentiel que toutes les violations énumérées dans le rapport fassent l’objet d’un examen en bonne et due forme" par des "instances judiciaires crédibles et impartiales".

 


Le président libanais promet de faire «l'impossible» pour arrêter la guerre avec Israël

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  • Il a rappelé que les négociations entre le Liban et Israël à Washington avaient notamment pour objectif un retrait des forces israéliennes du sud du Liban et un retour des déplacés.
  • Les Etats-Unis avaient annoncé vendredi, à l'issue de négociations entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, la prolongation de 45 jours d'un cessez-le-feu qui devait expirer dimanche.

BEYROUTH: Le président libanais a promis lundi de faire "l'impossible" pour arrêter la guerre avec Israël qui poursuit ses frappes, faisant plus de 3.000 morts depuis mars, malgré une trêve et de nouvelles négociations bilatérales en vue.

"Il est de mon devoir et de ma responsabilité de faire l'impossible (...) pour arrêter la guerre contre le Liban et son peuple", a déclaré Joseph Aoun dans un communiqué.

Il a rappelé que les négociations entre le Liban et Israël à Washington avaient notamment pour objectif un retrait des forces israéliennes du sud du Liban et un retour des déplacés.

Les Etats-Unis avaient annoncé vendredi, à l'issue de négociations entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, la prolongation de 45 jours d'un cessez-le-feu qui devait expirer dimanche.

Et le département d'État américain a indiqué qu'il organiserait un nouveau cycle de discussions les 2 et 3 juin.

Malgré la trêve, Israël a poursuivi lundi ses frappes contre plusieurs localités dans le sud du Liban, a rapporté l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

L'armée israélienne a appelé à l'évacuation de trois localités dans les régions de Tyr et de Nabatiyé en prévision de bombardements, et réitéré plus tard son appel pour l'une de ces localités.

Dimanche, des frappes israéliennes près de Baalbeck, dans l'est du pays, ont tué sept personnes dont un chef du Jihad islamique palestinien, allié du Hezbollah.

La formation, qui rejette les négociations directes entre le Liban et son ennemi juré, a revendiqué lundi deux attaques contre des objectifs militaires en Israël.

"En riposte à la violation du cessez-le-feu" par Israël, le Hezbollah a visé "une plateforme du Dôme de fer", le système de défense aérienne israélienne, dans un camp militaire, "au moyen d'un drone d'attaque", a déclaré le mouvement dans un communiqué, ajoutant par ailleurs avoir visé un véhicule militaire dans le nord d'Israël.

Le Hezbollah a aussi revendiqué lundi des attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban.

Ces dernières semaines, le Hezbollah a utilisé à plusieurs reprises des drones FPV à fibre optique, à bas coût. "Aujourd'hui, nous faisons face au défi de neutraliser les drones FPV", avait déclaré dimanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Les négociations parrainées par Washington portent notamment sur l'épineuse question du désarmement du Hezbollah, que le groupe refuse.

Le Liban a été plongé dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei.

Depuis le début des hostilités, les frappes israéliennes ont fait 3.020 morts au Liban, dont 211 enfants ou mineurs et 116 membres du personnel médical, selon un nouveau bilan officiel lundi.

Le bilan des frappes israéliennes au Liban dépasse les 400 morts depuis le début de la trêve, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

 


Netanyahu affirme qu'Israël est proche de son objectif de tuer tous les responsables du 7-Octobre

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau. (AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau. (AFP)
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  • Depuis l'incursion meurtrière en Israël des combattants du Hamas et leurs alliés le 7-octobre, l'armée a notamment tué Yahya Sinouar, le chef du Hamas à Gaza, considéré comme le principal cerveau de l'attaque du 7 octobre
  • Israël a également tué Mohammed Deif, chef historique de la branche armée du Hamas et autre architecte clé de l'attaque

 


JERUSALEM: Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau.

Ses propos faisaient suite à l'annonce la veille par l'armée israélienne de la mort d'Ezzedine Al-Haddad, commandant de la branche armée du Hamas, mort vendredi lors d'une frappe aérienne ciblée à Gaza.

Au lendemain de l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas du 7 octobre 2023 sur le sol israélien, M. Netanyahu avait promis de traquer les cerveaux de cette attaque qui, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels, a fait 1.221 morts en Israël, en majorité des civils.

"J'ai promis que chaque architecte du massacre et de la prise d'otages serait éliminé jusqu'au dernier, et nous sommes très proches d'achever cette mission", a déclaré M. Netanyahu lors du conseil des ministres hebdomadaire, qualifiant Ezzedine Al-Haddad de "terroriste méprisable".

Depuis l'incursion meurtrière en Israël des combattants du Hamas et leurs alliés le 7-octobre, l'armée a notamment tué Yahya Sinouar, le chef du Hamas à Gaza, considéré comme le principal cerveau de l'attaque du 7 octobre.

Israël a également tué Mohammed Deif, chef historique de la branche armée du Hamas et autre architecte clé de l'attaque.

M. Netanyahu a réaffirmé dimanche que les forces israéliennes contrôlaient actuellement 60% du territoire de Gaza.

Cette déclaration laisse entendre que l'armée a continué d'étendre sa présence opérationnelle dans le territoire, après de récents articles de presse affirmant que les troupes israéliennes avaient progressé vers une nouvelle ligne dite "orange".

Selon les termes du cessez-le-feu négocié par les Etats-Unis entre Israël et le Hamas, en vigueur depuis le 10 octobre, les forces israéliennes devaient se replier jusqu'à une "ligne jaune" à Gaza, leur laissant le contrôle de plus de 50% du territoire palestinien.

"Nous tenons le Hamas à notre merci. Nous savons exactement quelle est notre mission, et notre mission est de garantir que Gaza ne représentera plus jamais une menace pour Israël", a encore déclaré M. Netanyahu.

La campagne militaire israélienne contre le Hamas depuis les attaques d’octobre 2023 a fait au moins 72.763 morts à Gaza, selon des chiffres du ministère de la Santé du territoire, contrôlé par le Hamas, jugés fiables par les Nations unies.