Turquie: Kavala s'élève contre «l'usurpation» de sa liberté

Des soldats turcs montent la garde devant le complexe de la prison et du palais de justice de Silivri à Silivri, près d'Istanbul, le 18 février 2020, lors du procès des manifestations de Gezi et du personnage de la société civile Osman Kavala, avec 15 autres personnes, accusés de chercher à renverser le gouvernement (Photo, AFP)
Des soldats turcs montent la garde devant le complexe de la prison et du palais de justice de Silivri à Silivri, près d'Istanbul, le 18 février 2020, lors du procès des manifestations de Gezi et du personnage de la société civile Osman Kavala, avec 15 autres personnes, accusés de chercher à renverser le gouvernement (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 05 février 2021

Turquie: Kavala s'élève contre «l'usurpation» de sa liberté

  • Les ONG estimant que le gouvernement s'efforce d'en faire un exemple pour intimider la société civile
  • Une cour d'appel d'Istanbul avait invalidé le 22 janvier l'acquittement de M.  Kavala, prononcé en février 2020, pour son soutien à ces manifestations, connues sous le nom de mouvement Gezi

ISTANBUL: L'homme d'affaires et mécène Osman Kavala, une figure de la société civile en Turquie, a affirmé vendredi que sa liberté avait été « usurpée » sur la base d'accusations « fictives » en comparaissant de nouveau pour implication présumée dans un putsch manqué. 

M. Kavala encourt la prison à vie dans le cadre d'un procès pour « tentative de renversement du gouvernement », désignant une implication présumée dans le putsch avorté contre le président Recep Tayyip Erdogan en juillet 2016, et pour « espionnage politique ». 

A l'issue de la deuxième audience du procès à Istanbul, le tribunal a décidé de maintenir M. Kavala, incarcéré depuis octobre 2017, en détention préventive et de fusionner ce dossier avec les poursuites qui visent l'homme d'affaires pour son rôle présumé dans des manifestations antigouvernementales en 2013. 

Une cour d'appel d'Istanbul avait invalidé le 22 janvier l'acquittement de M.  Kavala, prononcé en février 2020, pour son soutien à ces manifestations, connues sous le nom de mouvement Gezi, ordonnant un nouveau procès qui doit s'ouvrir le 21 mai. 

« Mon droit de vivre en liberté a été usurpé », a déclaré vendredi M. Kavala aux juges, parlant par visioconférence depuis la prison de Silivri en lisière d'Istanbul où il est détenu. 

« Cela fait 39 mois que je suis détenu sans interruption sur la base d'accusations fictives », a-t-il ajouté. 

M. Kavala a toujours catégoriquement rejeté les accusations portées contre lui, les ONG estimant que le gouvernement s'efforce d'en faire un exemple pour intimider la société civile. 

Né à Paris et âgé de 63 ans, M. Kavala est une figure respectée de la société civile en Turquie. Il est surtout connu pour son soutien aux projets culturels portant sur les droits des minorités, la question kurde et la réconciliation arméno-turque. 

M. Erdogan décrit régulièrement M. Kavala comme « le représentant en Turquie » du milliardaire américain d'origine hongroise George Soros, une bête noire de plusieurs régimes autoritaires dans le monde.  

Il est revenu à la charge vendredi en accusant l'épouse de M. Kavala, Ayse Bugra, de faire partie d'« agitateurs » qui sont selon lui à l'origine de manifestations étudiantes qui secouent la Turquie depuis plus d'un mois après la nomination d'un recteur proche du pouvoir à la tête d'une prestigieuse université d’Istanbul. 

« La femme de ce représentant en Turquie de Soros, Osman Kavala, fait aussi partie des provocateurs à l'Université du Bosphore. Nous n'allons pas permettre à ces gens de déclencher des troubles dans notre pays », a-t-il affirmé. 


Le guide suprême de l'Iran n'aurait plus de contact direct en raison des craintes d'une attaque

Une photo obtenue par l'agence de presse iranienne ISNA montre Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême iranien Ayatollah Ali Khamenei, lors d'un rassemblement à Téhéran, en Iran. (Reuters)
Une photo obtenue par l'agence de presse iranienne ISNA montre Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême iranien Ayatollah Ali Khamenei, lors d'un rassemblement à Téhéran, en Iran. (Reuters)
Short Url
  • Mojtaba Khamenei communiquerait via des intermédiaires de confiance
  • Il ne ferait que donner des orientations générales sur les négociations, selon le rapport

DUBAI : Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei opère depuis un lieu tenu secret avec un accès limité au monde extérieur, s'appuyant sur un réseau de courriers pour relayer les messages, alors que les dirigeants du pays craignent de nouvelles frappes ciblées, selon une exclusivité de CBS News citant des responsables américains familiers avec le renseignement.

Le rapport de dimanche affirmait que les problèmes de communication au sein de la direction de l'Iran étaient devenus un obstacle majeur dans les négociations avec l'administration de Donald Trump, les responsables iraniens autorisés à dialoguer avec Washington ayant du mal à communiquer même au sein de leur propre système.

Des responsables américains ont déclaré à CBS que lorsque des propositions étaient envoyées à Téhéran, des délais importants s'écoulaient avant que les réponses ne soient reçues, car les messages devaient d'abord passer par des intermédiaires pour parvenir au dirigeant suprême.

Selon CBS, les dirigeants iraniens ont adopté des mesures de sécurité extrêmes à la suite des frappes américaines et israéliennes menées dans le cadre de l'opération Epic Fury, qui, selon les services de renseignement, ont permis de cibler et de tuer plusieurs personnalités iraniennes de haut rang.

La plupart des hauts responsables passeraient désormais des semaines à l'intérieur de bunkers lourdement fortifiés, évitant tout contact direct et limitant les communications, sauf en cas de nécessité.

Le rapport ajoute que même les hauts responsables iraniens ne savent pas exactement où se trouve le guide suprême ou n'ont pas de ligne de communication directe avec lui.

Les messages sont transmis par l'intermédiaire de courriers de confiance spécialement utilisés pour dissimuler sa position, et il ne donnerait que des indications générales sur les questions qui peuvent être négociées et celles qui restent hors de portée.

M. Khamenei, qui a succédé à son père assassiné, l'ayatollah Ali Khamenei, n'est pas apparu en public depuis le début de la guerre.


Piratée, l'application de Tunisie Telecom envoie un message critique du pouvoir

Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante". (AFP)
Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante". (AFP)
Short Url
  • L'opérateur a d'abord publié un communiqué parlant seulement de maintenance sur son application
  • Puis il a reconnu l'attaque dans un deuxième communiqué, publié dans la nuit de samedi à dimanche

TUNIS: Au lieu d'une offre promotionnelle, un message critique du pouvoir: à la suite d'une cyberattaque, des clients de Tunisie Telecom ont reçu, via l'application de l'opérateur public tunisien, un texte dénonçant la situation politique et économique du pays.

Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante".

"Des promesses et des slogans, pour quel résultat?", demandait-il.

Incrédules et surpris, de nombreux Tunisiens ont aussitôt partagé des captures d'écran sur Facebook.

Il n'a pas été possible de confirmer combien de personnes avaient reçu ce message.

L'opérateur a d'abord publié un communiqué parlant seulement de maintenance sur son application.

Puis il a reconnu l'attaque dans un deuxième communiqué, publié dans la nuit de samedi à dimanche.

"Tunisie Telecom confirme que son application numérique MyTT a fait l'objet d'une cyberattaque aujourd'hui, qui a été détectée immédiatement et neutralisée avec succès en un temps record grâce aux mécanismes de protection et de surveillance mis en place, sans aucun impact sur la sécurité des données ni sur la continuité du service", a écrit l'opérateur.

"Par ailleurs, Tunisie Telecom souligne que la notification reçue par certains clients est sans lien avec les activités de l'entreprise ni avec les objectifs de cette application purement commerciale, conçue avant tout pour servir nos clients", a-t-il ajouté.

Des ONG tunisiennes et internationales dénoncent un recul des droits et libertés en Tunisie depuis le coup de force, en juillet 2021, du président Kais Saied, à la suite duquel il s'est octroyé de très larges pouvoirs.


Sud du Liban: Israël annonce la mort d'un de ses soldats

Des militants de gauche israéliens manifestent contre le gouvernement israélien devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mai 2026. (AFP)
Des militants de gauche israéliens manifestent contre le gouvernement israélien devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mai 2026. (AFP)
Short Url
  • Le sergent Nehoray Leizer, âgé de 19 ans, est "tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée sans donner plus de détails
  • Les frappes se poursuivent au Liban, notamment dans le sud, en dépit de l'entrée en vigueur le 17 avril d'une trève entre Israël et le mouvement islamiste et soutenu par l'Iran Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi la mort d'un de ses soldats survenue la veille dans le Sud du Liban, portant à 23 le nombre de morts dans ses rangs depuis le déclenchement le 2 mars de la guerre avec le Hezbollah.

Le sergent Nehoray Leizer, âgé de 19 ans, est "tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée sans donner plus de détails.

Les frappes se poursuivent au Liban, notamment dans le sud, en dépit de l'entrée en vigueur le 17 avril d'une trève entre Israël et le mouvement islamiste et soutenu par l'Iran Hezbollah.