Négociations entre l'ONU et les Houthis au sujet du pétrolier Safer

Le pétrolier Safer est amarré dans la mer Rouge au large des côtes du Yémen, près du terminal pétrolier de Ras Isa, depuis plus de cinq ans. (Photo, AFP/Archives)
Le pétrolier Safer est amarré dans la mer Rouge au large des côtes du Yémen, près du terminal pétrolier de Ras Isa, depuis plus de cinq ans. (Photo, AFP/Archives)
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Publié le Jeudi 11 mars 2021

Négociations entre l'ONU et les Houthis au sujet du pétrolier Safer

  • Guterres et le Conseil de sécurité ont demandé à plusieurs reprises aux Houthis de permettre l'accès au pétrolier
  • Le navire contient environ 48 millions de gallons de pétrole, mais son état se détériore de jour en jour augmentant le risque d'une marée noire

NEW YORK: Les discussions avec les Houthis au Yémen se poursuivent dans le but de résoudre les problèmes qui empêchent les experts d'accéder au pétrolier Safer afin d’évaluer son état et effectuer des réparations d'urgence, a annoncé mercredi l'ONU.

Dans les derniers développements, une nouvelle liste de demandes des Houthis relatives aux «arrangements logistiques et sécuritaires» a entraîné de nouveaux retards.

«Nous espérons que ces discussions se termineront rapidement afin que nous puissions aller de l’avant avec la réservation des navires de la mission et la finalisation d’un calendrier de déploiement concret», déclare Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

Le pétrolier Safer est amarré dans la mer Rouge au large des côtes du Yémen, près du terminal pétrolier de Ras Isa, depuis plus de cinq ans. Il contient environ 48 millions de gallons de pétrole, mais son état se détériore de jour en jour. L'ONU a averti à maintes reprises que la quantité de pétrole qui risque de s’en échapper est quatre fois plus grande que celle de la catastrophe d'Exxon Valdez en 1989 au large des côtes de l'Alaska.

Guterres et le Conseil de sécurité ont demandé à plusieurs reprises aux Houthis du Yémen de permettre l'accès au pétrolier pour évaluation et réparation.

«La catastrophe environnementale et humanitaire qui risque de se produire en cas de déversement d'hydrocarbures est tout à fait évitable», a souligné Dujarric, «nous faisons tout notre possible pour monter cette mission le plus tôt possible, ce qui constitue une étape importante de manière à éviter cette catastrophe».

Le pétrolier Safer est un terminal flottant de stockage et de déchargement, qui a été utilisé comme plate-forme offshore pour les navires chargeant du pétrole brut à partir du pipeline Marib-Ras Isa. Il appartient à la Société pétrolière et gazière du Yémen, mais il est tombé aux mains des Houthis en 2015, au début de la guerre civile au Yémen. Depuis, aucun entretien n'a été effectué sur ce navire.

«Il y a plusieurs problèmes en ce moment» dans les négociations avec les Houthis, a signalé Dujarric. «C'est là qu'un éventuel navire de l'ONU peut jeter l'ancre, qui peut rester à bord et que des agents de sécurité houthis peuvent- ils ou non surveiller le travail du personnel mandaté par l’ONU. Nous essayons de résoudre tous ces problèmes, mais certains ont des conséquences financières. D'autres ont des résultats en matière de sécurité».

Néanmoins, certaines de ces questions «sont hors sujet», a-t-il ajouté.

«Aucun d'entre eux n'est techniquement tenu de mettre en œuvre le plan», a-t-il expliqué. «C’est un peu une situation du chat et de la souris».

«À ce stade, nous ne pouvons plus dépenser l’argent des donateurs - et nous ne voulons plus dépenser d’argent des donateurs. Nous avons un montant d'argent limité. Nous avons déjà dépensé environ un million de dollars de l’argent des donateurs pour l’achat du matériel et nous devons maintenant payer pour le stockage de cet équipement.

«Ainsi, plus le délai est long, plus les coûts augmentent et, surtout, plus nous retardons, plus le risque d'une catastrophe environnementale augmentera».

Pendant ce temps-là, la crise humanitaire au Yémen se poursuit. David Beasley, directeur exécutif du Programme alimentaire mondial, a lancé mercredi un autre appel urgent de financement en vue d’aider à nourrir «les familles les plus vulnérables et les plus affamées».

Au moment où il terminait une visite de deux jours dans le pays, il a affirmé que plus de la moitié de la population du Yémen fait face à de graves pénuries alimentaires, «avec des millions de personnes qui s’approchent de plus en plus du seuil de la pauvreté».

Beasley a également ajouté: «Des conditions de la famine émergent à travers le Yémen. Nous avons un remède pour cela qui est tout simplement de la nourriture. Tout ce dont nous avons besoin pour sauver des vies, c'est du financement».

Il a souligné qu’il s’était rendu dans un hôpital de Sana’a où il avait constaté par soi-même «l’ampleur catastrophique de la malnutrition sur les enfants du Yémen».

Selon l'ONU, environ 2,5 millions d'enfants yéménites de moins de cinq ans devraient souffrir de malnutrition grave cette année.

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Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne appelle à évacuer de nouveaux villages du sud du Liban

L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
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  • La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations
  • Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune"

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours.

"Les violations répétées de l'accord de cessez-le-feu par le Hezbollah obligent l'armée israélienne à opérer", écrit sur son compte X le porte-parole de l'armée, Avichay Adraee, quelques jours après la tenue de discussions à Washington entre représentants israéliens et libanais et l'annonce de la prolongation de la trêve entre les deux pays.

La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations afin de protéger la population du nord d'Israël des tirs du Hezbollah.

Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune".

Selon l'agence nationale d'information libanaise ANI, des frappes israéliennes ont visé mardi "plusieurs localités dans le sud" du pays.

Le mouvement pro-iranien Hezbollah a pour sa part affirmé dans un communiqué avoir visé un rassemblement de soldats et de véhicules dans le nord d’Israël avec "un essaim de drones d'attaque".

Depuis le début de la guerre, les frappes israéliennes ont tué plus de 3.000 personnes au Liban selon les autorités libanaises.

Côté israélien, 20 soldats et un contractuel travaillant pour l'armée ont été tués au Liban depuis le début de la guerre, le 2 mars.


Le trafic de pétroliers dans le détroit d'Ormuz remonte

La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer. (AFP)
La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer. (AFP)
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  • Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont traversé cette voie maritime stratégique entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin
  • Cela représente une forte hausse par rapport à la semaine précédente, lorsque seulement 19 navires avaient franchi le détroit — le chiffre hebdomadaire le plus bas depuis les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février

LONDRES: Le trafic dans le détroit d’Ormuz a légèrement augmenté la semaine dernière, revenant à des niveaux conformes à la moyenne enregistrée depuis le début du conflit au Moyen-Orient, après avoir atteint un plus bas en temps de guerre.

Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont traversé cette voie maritime stratégique entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin.

Cela représente une forte hausse par rapport à la semaine précédente, lorsque seulement 19 navires avaient franchi le détroit — le chiffre hebdomadaire le plus bas depuis les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février.

La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer.

Malgré cette hausse, les traversées de la semaine dernière restent globalement conformes aux moyennes observées en temps de guerre. Depuis le 1er mars, Kpler a recensé 663 navires de marchandises transitant par le détroit, soit une moyenne de 55 par semaine.

Environ la moitié des pétroliers ayant traversé la semaine dernière transportaient des liquides. Parmi eux figuraient trois superpétroliers, vraisemblablement à destination de la Chine, d’Oman et du Japon.

Les données de Kpler montrent également que 15 vraquiers de matières premières sèches et 16 méthaniers de gaz de pétrole liquéfié (GPL) ont franchi le détroit la semaine dernière. Un seul méthanier de gaz naturel liquéfié transportant du gaz qatari vers le Pakistan a traversé, le 12 mai. Cela porte à huit le nombre total de traversées de méthaniers GNL depuis le début de la guerre.

En temps de paix, le détroit d’Ormuz assure le transit d’environ un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de GNL, ainsi que d’autres matières premières majeures, dont les engrais.

L’Iran a répété à plusieurs reprises que le trafic maritime dans ce couloir ne "reviendrait pas à son niveau d’avant-guerre".

Lundi, Téhéran a annoncé la création d’un nouvel organisme chargé de superviser le détroit et de faire payer des droits de passage aux navires, ce que l’Iran aurait commencé à faire dès le début de la guerre.

Des responsables iraniens ont déclaré jeudi que des navires chinois avaient été autorisés à transiter, après un ralentissement constaté la semaine précédente.

Selon Kpler, seuls trois navires de marchandises liés à la Chine par leur pavillon, leur propriétaire ou leur cargaison ont franchi le détroit la semaine dernière. Deux navires battant pavillon de Hong Kong ont également transité et se dirigeaient vers Oman et les Émirats arabes unis.

Les données ne donnent toutefois pas nécessairement une image complète, les navires ne déclarant pas toujours leur destination finale au moment de la traversée.

Depuis le début de la guerre, le trafic dans le détroit dépend de la nationalité, l’Iran ayant indiqué le 10 mai que les pays respectant les sanctions américaines contre la République islamique rencontreraient des difficultés pour traverser.

Depuis le début du conflit, la Chine et l’Inde figurent parmi les destinations ou points de départ non situés dans le Golfe les plus fréquemment signalés pour les navires de marchandises empruntant le détroit.

Parmi les autres destinations hors Golfe mentionnées dans les données de Kpler figurent le Brésil, le Pakistan, la Thaïlande et la Malaisie, tandis que relativement peu de navires déclarent des pays occidentaux comme destination.

Le contrôle exercé par l’Iran sur le détroit d’Ormuz demeure l’un des enjeux centraux des négociations avec les États-Unis, qui n’ont toujours pas débouché.


Les Emirats disent que les drones ayant ciblé la centrale nucléaire provenaient d'Irak

Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak. (AFP)
Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak. (AFP)
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  • Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak
  • "Dans le cadre de l'enquête en cours sur l'attaque flagrante contre la centrale nucléaire de Barakah le 17 mai 2026, le suivi et la surveillance techniques ont confirmé que les trois drones (...) provenaient tous du territoire irakien"

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak, où des groupes soutenus par l'Iran mènent des attaques contre la région du Golfe depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Dans le cadre de l'enquête en cours sur l'attaque flagrante contre la centrale nucléaire de Barakah le 17 mai 2026, le suivi et la surveillance techniques ont confirmé que les trois drones (...) provenaient tous du territoire irakien", a affirmé le ministère de la Défense émirati dans un communiqué.