Iran: le Français détenu depuis mai 2020 est jugé pour «espionnage»

Brière est également accusé de « propagande » pour avoir « posé la question (sur les réseaux sociaux) de savoir pourquoi le voile islamique est obligatoire en République islamique (d'Iran) mais facultatif dans d'autres pays musulmans » (Photo, AFP).
Brière est également accusé de « propagande » pour avoir « posé la question (sur les réseaux sociaux) de savoir pourquoi le voile islamique est obligatoire en République islamique (d'Iran) mais facultatif dans d'autres pays musulmans » (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 15 mars 2021

Iran: le Français détenu depuis mai 2020 est jugé pour «espionnage»

  • «Accusation d'espionnage (pour) photographies de zones interdites par ce touriste français», écrit son avocat sur Twitter
  • Le ministère français des Affaires étrangères a confirmé le 24 février la détention d'un Français en Iran, arrêté en mai 2020 et détenu depuis sans explication

TEHERAN: Le ressortissant français dont Paris a confirmé fin février la détention depuis mai 2020 en Iran s'appelle Benjamin Brière et il a comparu devant un tribunal pour des accusations d' « espionnage », a révélé lundi l'avocat Saïd Dehghan.

Me Dehghan, avocat de la chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah, assignée à résidence à Téhéran, laisse entendre que ce procès, pour « espionnage » mais aussi pour « propagande contre le système » politique de la République islamique, touche à sa fin.

Me Dehghan n'a pu être joint immédiatement pour confirmer, à la suite de son message sur Twitter, qu'il s'occupe effectivement de la défense de Brière.

Le tweet de l'avocat est accompagné de la photo d'un jeune homme barbu sur fond de paysage de montagne aride typique de l'Iran, et une autre montrant ce qui semble être la même personne sautant à côté d'un camping-car arrêté sur un lac salé.

« La plaidoirie en défense de Benjamin Brière pour les deux chefs d'accusation d'espionnage et de propagande contre le système a eu lieu », écrit Me Dehghan.

« Accusation d'espionnage (pour) photographies de zones interdites par ce touriste français », ajoute l'avocat dans un style télégraphique.

Brière est également accusé de « propagande » pour avoir « posé la question (sur les réseaux sociaux) de savoir pourquoi le voile islamique est obligatoire en République islamique (d'Iran) mais facultatif dans d'autres pays musulmans », écrit Me Dehghan.

Le ministère français des Affaires étrangères a confirmé le 24 février la détention d'un Français en Iran, arrêté en mai 2020 et détenu depuis sans explication affirmait à l'époque l'hebdomadaire français Le Point.

Me Dehghan avait alors écrit sur Twitter que ce Français était prénommé Benjamin, sans dévoiler son nom de famille. Il fait face à « des accusations contradictoires et fausses », avait ajouté l'avocat.

Agé de 35 ans, selon Le Point, Brière a été arrêté par les forces de sécurité iraniennes dans une zone désertique située à la frontière entre l'Iran et le Turkménistan. Le quotidien français Le Figaro avait évoqué, sans plus de précision, une arrestation « dans le désert en manipulant un drone ».

Arrestations d'étrangers

Parti effectuer le tour de l'Iran, le jeune homme était détenu fin février à la prison Vakilabad de Machhad, deuxième ville d'Iran, dans le nord-est du pays, selon les informations du Point.

D'après le ministère français des Affaires étrangères, Brière « bénéficie de la protection consulaire », c'est-à-dire la procédure dont bénéficie tout ressortissant français détenu à l'étranger.

Les arrestations d'étrangers en Iran, notamment de binationaux, souvent accusés d'espionnage, se sont multipliées depuis le retrait unilatéral en 2018 des Etats-Unis de l'accord international sur le nucléaire iranien et le rétablissement de dures sanctions américaines contre Téhéran.

Au cours des derniers mois, l'Iran a procédé à plusieurs échanges de prisonniers étrangers, notamment des chercheurs, avec des pays détenant des ressortissants iraniens.

Spécialiste du chiisme et de l'Iran post-révolutionnaire à Sciences Po Paris, Adelkhah a été arrêtée début juin 2019 et condamnée à cinq ans de prison pour « collusion en vue d'attenter à la sûreté nationale » et « propagande contre le système » politique iranien.

La chercheuse, qui rejette toutes ces accusations, a quitté le 3 octobre la prison d'Evine et est assignée depuis à résidence à Téhéran, sous contrôle d'un bracelet électronique.

Le chercheur français Roland Marchal, arrêté en même temps qu’Adelkhah, a été libéré en mars 2020 dans le cadre d'un échange avec un Iranien détenu en France et dont les Etats-Unis réclamaient l'extradition, selon Téhéran.

Selon différents observateurs, le sort de Brière et d’Adelkhah pourrait être lié à celui d'Assadollah Assadi, un diplomate iranien condamné à vingt ans de prison le 4 février en Belgique pour avoir projeté un attentat contre un rassemblement d'opposants au régime de Téhéran en France.

La justice belge a annoncé le 8 mars que Assadi avait fait appel de sa condamnation.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.