Les écoles saoudiennes ouvrent la voie à un remaniement majeur des cours

Amro, qui fréquente l'École Française Internationale de Riyad, étudie à domicile, le 23 mars 2020. (Fayez Nureldine/ AFP)
Amro, qui fréquente l'École Française Internationale de Riyad, étudie à domicile, le 23 mars 2020. (Fayez Nureldine/ AFP)
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Publié le Samedi 22 août 2020

Les écoles saoudiennes ouvrent la voie à un remaniement majeur des cours

  • Les élèves au Royaume bénéficieront d’un « avantage concurrentiel » grâce au programme de filières 2021, selon un responsable au ministère de l’Éducation
  • Ce programme consiste à améliorer les capacités, les valeurs et le comportement de l’élève

RIYAD : Le système éducatif saoudien se prépare à des changements radicaux avec l’introduction d’un nouveau programme scolaire pour le cycle secondaire en 2021, selon un responsable au ministère de l’Éducation.

Le système éducatif de filières destiné aux élèves du secondaire est à son stade final de préparation et sera premièrement appliqué dans 100 écoles publiques aux quatre coins du Royaume, a précisé le professeur Ibrahim Al-Humaidan, superviseur général du programme exécutif de développement du système de filières pour le cycle secondaire, des programmes d’étude et des académies au ministère de l’Éducation, à Arab News.

Arab News a obtenu une version provisoire du système, qui est composé de six filières académiques et professionnels: sciences informatiques et de l’ingénierie ; sciences de la vie et de la terre ; humanités ; gestion d’entreprises ; et Charia. Chaque filière offre une expérience d’apprentissage unique.

« L’idée du système a été initialement conçue après avoir comparé différents systèmes éducatifs du monde entier », a dit Humaidan.

« Ce programme consiste à améliorer les capacités, les valeurs et le comportement de l’élève et le rendent ainsi capable de bénéficier à la société et au pays. Le système sera introduit dans certaines écoles et fera l'objet d'une évaluation et d'une gouvernance stricte ».

Le système de filières améliorera les résultats et préparera les élèves à l’université, tout en leur offrant notamment la possibilité de s’inscrire à un court programme professionnel menant à l’obtention d’un diplôme qui leur permet ainsi de rejoindre le marché du travail s’ils n’ont pas l’intention de s’inscrire à l’université — une approche adoptée par plusieurs pays à travers le monde.

Les élèves devraient être accessible à des alternatives et pourront choisir le programme qu'ils préfèrent.

Al-Humaidan a affirmé que cette diversité constitue une valeur ajoutée pour les filières, qui offrent de nouvelles opportunités aux élèves.

« Les dernières théories prouvent que l’apprentissage s’effectue dans l’environnement de l’apprenant lorsque celui-ci interagit et se familiarise avec ses camarades et essaye de résoudre des problèmes. C’est là que l’apprenant acquière des aptitudes professionnelles et apprend de nouvelles choses », a-t-il expliqué.

D’après Al-Humaidan, les cours donneront aux élèves un avantage concurrentiel.

Ils se sont aussi assurés régulièrement que le contenu des cours convient à l’âge de l’élève, a-t-il ajouté.

Les filières se concentrent le plus sur la langue anglaise, les mathématiques, les sciences et la gestion des affaires puisque ce sont des compétences qui augmentent les chances de réussite de l’élève.

Les élèves bénéficieront de plus de flexibilité s’ils désirent changer de filière après la fin de leur deuxième année.

Al-Humaidan a indiqué que les élèves suivre des cours de rattrapage durant les vacances d'été et de s’inscrire dans le programme de transition.

« L’enseignant est la principale source d’influence de l’élève et celui qui peut faire une différence dans la classe », a-t-il souligné. « Les cours qui remettent en question la mentalité d’un élève amélioreront certainement ses compétences ».

L’éducation est parmi les priorités du programme de réformes de la Vision 2030 du Royaume et fait également partie intégrante du Programme de développement durable à l'horizon 2030 de l’UNESCO.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'évacuation de masse de la ville de Gaza est « impossible » pour la dirigeante de la Croix-Rouge

Des Palestiniens déplacés fuyant vers le sud voyagent à bord d'un camion avec leurs effets personnels le long de la route côtière qui traverse le camp de réfugiés palestiniens de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 30 août 2025. (Photo Eyad BABA / AFP)
Des Palestiniens déplacés fuyant vers le sud voyagent à bord d'un camion avec leurs effets personnels le long de la route côtière qui traverse le camp de réfugiés palestiniens de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 30 août 2025. (Photo Eyad BABA / AFP)
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  • « Il est impossible de procéder à une évacuation en masse de la ville de Gaza de manière sûre et digne dans les conditions actuelles », a déclaré Mirjana Spoljaric dans un communiqué.
  • « Beaucoup de civils ne seront pas en état d'obéir à un ordre d'évacuation parce qu'ils sont affamés, malades ou blessés », a jugé Mirjana Spoljaric.

GENEVE : La présidente du CICR a dénoncé  samedi les plans israéliens d'évacuation en masse de la ville de Gaza, soulignant qu'ils étaient « impossibles » à mettre en œuvre de manière « sûre et digne ».

« Il est impossible de procéder à une évacuation en masse de la ville de Gaza de manière sûre et digne dans les conditions actuelles », a déclaré Mirjana Spoljaric dans un communiqué.

« Une telle évacuation déclencherait un mouvement de population massif qu'aucune zone de la bande de Gaza n'est en mesure d'absorber, compte tenu de la destruction généralisée des infrastructures civiles et des pénuries extrêmes de nourriture, d'eau, d'abris et de soins médicaux », a-t-elle ajouté.

Vendredi, l'armée israélienne a déclaré la ville de Gaza « zone de combat dangereuse », en prévision d'une offensive d'envergure voulue par le gouvernement de Benjamin Netanyahu, qui vise à vaincre le Hamas et à ramener tous les otages.

L'armée n'a pas explicitement appelé à une évacuation de la ville, mais un porte-parole a jugé mercredi qu'elle était « inévitable ».

« Beaucoup de civils ne seront pas en état d'obéir à un ordre d'évacuation parce qu'ils sont affamés, malades ou blessés », a jugé Mirjana Spoljaric.

« Si un ordre d'évacuation est donné, Israël doit, selon le droit humanitaire international, faire tout ce qui est en son pouvoir pour s'assurer que les civils bénéficient de conditions satisfaisantes en matière d'abris, d'hygiène, de santé, de sécurité et d'accès à la nourriture. Or, ces conditions ne peuvent actuellement pas être remplies à Gaza. »

« Cela rend toute évacuation non seulement infaisable, mais incompréhensible dans les circonstances actuelles », a-t-elle insisté.

Selon une estimation de l'ONU, environ un million de Palestiniens se trouvent actuellement à Gaza. Des milliers d'habitants ont déjà fui cette ville, située dans le nord du territoire, où la guerre a été déclenchée par une attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023.

Ces trois dernières semaines, Israël a intensifié ses bombardements aériens sur Gaza et multiplié les opérations aux abords de cette ville, la plus grande du territoire, frappée par la famine selon l'ONU.

Malgré des pressions croissantes, tant à l'échelle internationale qu'en Israël, pour mettre fin à la guerre, le gouvernement de Benjamin Netanyahu a affirmé vouloir poursuivre l'offensive dans la bande de Gaza afin d'anéantir le Hamas.


l'ONU « ne saurait souffrir d'aucune restriction d'accès » selon la France

Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot (Photo AFP)
Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot (Photo AFP)
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  • Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a dénoncé samedi le refus des États-Unis d'accorder des visas à des responsables palestiniens pour se rendre à New York.
  • Washington a annoncé cette décision vendredi soir, à quelques semaines de la prochaine assemblée générale de l'ONU, prévue en septembre, au cours de laquelle la France plaidera en faveur de la reconnaissance d'un État palestinien.

COPENHAGUE, DANEMARK : Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a dénoncé samedi le refus des États-Unis d'accorder des visas à des responsables palestiniens pour se rendre à New York, affirmant que le siège de l'ONU « ne saurait souffrir d'aucune restriction d'accès ».

« Le siège des Nations unies est un lieu de neutralité. C'est un sanctuaire au service de la paix. Une assemblée générale des Nations unies ne saurait souffrir d'aucune restriction d'accès », a déclaré M. Barrot à Copenhague, peu avant une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE.

Washington a annoncé cette décision vendredi soir, à quelques semaines de la prochaine assemblée générale de l'ONU, prévue en septembre, au cours de laquelle la France plaidera en faveur de la reconnaissance d'un État palestinien.

Le département d'État a indiqué « révoquer et refuser » l'octroi de visas « pour les membres de l'Organisation de libération de la Palestine et de l'Autorité palestinienne », à l'approche de cette réunion internationale.

Ce geste a également été dénoncé par Xavier Bettel, ministre luxembourgeois des Affaires étrangères. « On ne peut pas nous prendre en otage », a-t-il lancé, suggérant d'organiser à Genève une session spéciale de l'Assemblée générale de l'ONU pour s'assurer de la présence des Palestiniens.

« On doit pouvoir discuter ensemble, on ne peut pas simplement exclure la Palestine du dialogue », a affirmé M. Bettel devant la presse à Copenhague. 


Gaza : Kallas se montre « pas très optimiste » concernant l'adoption de sanctions de l'UE contre Israël

La cheffe de la diplomatie de l'Union européenne Kaja Kallas (Photo AFP)
La cheffe de la diplomatie de l'Union européenne Kaja Kallas (Photo AFP)
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  • « Je ne suis pas très optimiste, et nous n'allons certainement pas prendre de décision aujourd'hui », a-t-elle déclaré à Copenhague, avant une réunion des ministres des Affaires étrangères des 27.
  • Le Danemark, qui préside actuellement le Conseil des ministres de l'UE, s'est dit favorable à une solution contournant la règle de l'unanimité qui prévaut dans le bloc européen en matière de politique étrangère. 

COPENHAGUE, DANEMARK : La cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kallas, a reconnu samedi ne pas être « très optimiste » quant à la possibilité que les Vingt-Sept sanctionnent Israël, malgré la situation humanitaire catastrophique dans le territoire palestinien de Gaza.

« Je ne suis pas très optimiste, et nous n'allons certainement pas prendre de décision aujourd'hui », a-t-elle déclaré à Copenhague, avant une réunion des ministres des Affaires étrangères des 27. « Cela envoie le signal que nous sommes divisés », a déploré Mme Kallas.

La Commission européenne a proposé la suspension des financements européens aux start-ups israéliennes, mais « même cette mesure », plutôt « indulgente », n'a pas été retenue par les 27 en raison de leurs divisions, a souligné la dirigeante estonienne.

Plusieurs pays de l'UE, dont l'Allemagne, la Hongrie ou la Slovaquie, sont réticents à prendre des mesures contre Israël, tandis que d'autres, comme l'Irlande ou l'Espagne, y sont beaucoup plus favorables.

Le Danemark, qui préside actuellement le Conseil des ministres de l'UE, s'est dit favorable à une solution contournant la règle de l'unanimité qui prévaut dans le bloc européen en matière de politique étrangère. 

L'UE doit « passer des mots aux actes », a affirmé son chef de la diplomatie, Lars Lokke Rasmussen, suggérant notamment d'interdire les importations en provenance des colonies israéliennes en Cisjordanie. Cette décision, qui relève de la politique commerciale, peut être prise à la majorité qualifiée, a-t-il expliqué.

La règle de l'unanimité bloque un grand nombre de décisions, non seulement sur Israël, mais aussi sur l'Ukraine, en raison de l'hostilité de la Hongrie.

« Nous avons un problème constitutionnel en Europe : le bateau le plus lent dans le convoi décide de la vitesse. Nous devons prendre des mesures pour que la majorité puisse s'exprimer », a expliqué le ministre danois.

La situation à Gaza est une « tragédie absolue », a déclaré de son côté le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.

Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), la bande de Gaza, où sévit la famine, est arrivée à un « point de rupture ».

Malgré des pressions croissantes, tant à l'échelle internationale qu'en Israël, pour mettre fin à la guerre, le gouvernement de Benjamin Netanyahu a affirmé vouloir poursuivre l'offensive dans la bande de Gaza afin de mettre un terme au mouvement islamiste Hamas et de ramener tous les otages enlevés lors de l'attaque du 7 octobre.