Jérusalem-Est : Israël maintient sa position, la communauté internationale s'inquiète

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, affirme qu'Israël refuse catégoriquement de se soustraire aux pressions qui visent à lui interdire de poursuivre les constructions à Jérusalem. (Dossier/AFP)
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, affirme qu'Israël refuse catégoriquement de se soustraire aux pressions qui visent à lui interdire de poursuivre les constructions à Jérusalem. (Dossier/AFP)
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Publié le Lundi 10 mai 2021

Jérusalem-Est : Israël maintient sa position, la communauté internationale s'inquiète

  • Le pape François appelle, lui aussi, à mettre un terme à la violence dans la ville de Jérusalem
  • Seul membre arabe du Conseil de sécurité des Nations unies, la Tunisie a appelé, en concertation avec la Palestine, à une session qui se tiendrait ce lundi afin d’évoquer cette escalade inquiétante de la violence

LONDRES: Israël «refuse catégoriquement» de se soustraire aux pressions qui visent à lui interdire de poursuivre ses activités de construction à Jérusalem, a fait savoir dimanche le Premier ministre, Benjamin Netanyahou. Cette déclaration intervient après la condamnation généralisée, par la communauté internationale, de l'expulsion des Palestiniens des maisons de la ville, revendiquée par les colons juifs.

«Nous refusons catégoriquement de nous soustraire aux pressions qui visent à nous interdire de construire à Jérusalem. Je regrette de constater que cette pression s'est intensifiée récemment», déclare Netanyahou lors d'une allocution télévisée qui précédait les commémorations nationales du contrôle de Jérusalem-Est par Israël lors de la guerre de 1967.

«Je dis aussi à nos meilleurs amis: Jérusalem est la capitale d'Israël. Comme toute nation construit dans sa capitale et construit sa capitale, nous avons également le droit de construire à Jérusalem et de construire Jérusalem. Voilà ce que nous avons fait et ce que nous continuerons à faire», affirme M. Netanyahou.

Ces paroles sont prononcées alors que le ministère israélien de la Justice a annoncé que l’audience décisive de lundi, qui concerne la possible expulsion de familles palestiniennes à Jérusalem pour céder la place à des colons juifs, serait reportée.

«Compte tenu des circonstances et à la demande du procureur général, l'audience ordinaire prévue pour demain, 10 mai 2021 [...], est annulée», annonce la Cour dans un communiqué, ajoutant qu'une nouvelle audience aurait lieu dans un délai de trente jours.

En effet, ce report survient au terme de plusieurs jours d'affrontements entre manifestants palestiniens et forces de sécurité israéliennes, attisés en partie par le différend survenu dans le quartier de Sheikh Jarrah.

Dans le même temps, le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) a exhorté les autorités israéliennes à renoncer à la violence contre les enfants et à libérer tous les détenus. En effet, trente-sept enfants palestiniens ont été blessés et arrêtés à Jérusalem-Est au cours des deux derniers jours.

«Au cours de ces deux derniers jours, vingt-neuf enfants palestiniens ont été blessés à Jérusalem-Est, notamment dans la vieille ville et le quartier de Sheikh Jarrah, [et] huit autres ont été arrêtés.»

«Un enfant d'un an fait partie des blessés. Les hôpitaux ont accueilli des enfants blessés à la tête et à la colonne vertébrale», rapporte l’Unicef, qui affirme avoir reçu des informations selon lesquelles on aurait empêché les ambulances de se rendre sur place pour secourir et évacuer les blessés. L’organisme indique en outre qu’une clinique installée sur place aurait été attaquée et fouillée.

«Il convient de préserver tous les enfants de la violence et de les tenir à l'abri du danger à tout moment. Il faut garantir le droit des familles à accéder aux lieux de culte ainsi que le droit des personnes blessées à être secourues sans aucune restriction», indique l'Unicef dans un communiqué.

Pour sa part, le pape François a exprimé son inquiétude face aux événements que connaît Jérusalem. Il souligne que «la violence n’engendre que la violence», ajoutant: «Mettons fin à ces affrontements.»

«Je prie pour que [Jérusalem] soit un lieu de rencontre et non d'affrontements violents, un lieu de prière et de paix. J'invite chacun à rechercher des solutions communes afin que l'identité multi-religieuse et multiculturelle de la Ville Sainte soit respectée et que la fraternité prévale», déclare-t-il après la prière du Regina Cæli.

Dimanche, la Jordanie a elle aussi exhorté Israël à cesser ce qu'elle a qualifié d'attaques «barbares» contre les fidèles de la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem. Par ailleurs, elle a fait savoir qu'elle entendait accentuer la pression de la communauté internationale.

La Jordanie, gardienne des sites musulmans et chrétiens de Jérusalem, estime qu'Israël est tenu de respecter les fidèles ainsi que le droit international qui préserve les droits des Arabes.

Le roi Abdallah II a dénoncé ces violations. Il dit refuser les tentatives des autorités israéliennes qui visent à bouleverser la donne démographique à Jérusalem-Est, ainsi que toutes les mesures qui tentent de dénaturer le statut historique et juridique de la ville. En outre, le roi a exhorté Israël à se conformer au droit international ainsi qu’au droit humanitaire international.

Le roi Abdallah s'est entretenu par téléphone avec le président palestinien, Mahmoud Abbas, et il a assuré que la Jordanie continuerait à protéger les Lieux saints islamiques et chrétiens ainsi qu’à préserver leur identité arabe et islamique. Il a également lancé un appel à une coordination entre les pays arabes en faveur de la cessation des violations commises par Israël à Jérusalem-Est et dans la mosquée Al-Aqsa.

«Les violations commises par la police et les forces spéciales israéliennes, qu'il s'agisse de violations contre la mosquée ou d'attaques contre des fidèles, constituent un [comportement] barbare, inacceptable et qu’il faut dénoncer», affirme un communiqué du gouvernement.

Le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi, précise que la Jordanie fera de son mieux pour défendre les droits des Palestiniens face aux revendications territoriales des colons juifs.

«En tant que force d'occupation, Israël se doit de garantir les droits des Palestiniens dans leurs foyers», explique M. Safadi dans des commentaires diffusés par les médias officiels.

Seul membre arabe du Conseil de sécurité des Nations unies, la Tunisie a appelé, en concertation avec la Palestine, à une session qui se tiendrait ce lundi afin d’évoquer cette escalade inquiétante de la violence et les pratiques israéliennes agressives dans les territoires palestiniens.

Par ailleurs, cette demande est appuyée par le Niger, la Norvège, l'Irlande, le Vietnam, Saint-Vincent-et-les-Grenadines ainsi que par la Chine, actuelle présidente du Conseil de sécurité.

La session en question abordera non seulement les agressions israéliennes contre les Palestiniens, mais aussi leur obstination à pratiquer des politiques expansionnistes, notamment en ce qui concerne les projets de colonisation, la démolition et la dépossession de maisons, le déplacement de familles palestiniennes, la saisie de terres ainsi que la dénaturation de l'identité historique et civilisationnelle de la ville de Jérusalem, fait savoir le ministère tunisien des Affaires étrangères.


«Ces pratiques constituent une violation flagrante du droit international, une menace pour la paix et la sécurité internationales, et elles sapent les efforts qui sont entrepris en faveur d’une paix juste et globale dans la région», ajoute le ministère.


Les ministres des Affaires étrangères des pays de la Ligue arabe ont annoncé qu’une réunion d'urgence se tiendrait mardi à la demande de la Palestine; cette demande est soutenue par plusieurs pays.

Dans un communiqué, le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, Hossam Zaki, précise que «la réunion portera sur les crimes et les agressions israéliennes qui visent la ville occupée de Jérusalem ainsi que les sanctuaires islamiques et chrétiens, en particulier la mosquée Al-Aqsa. Elle évoquera également les attaques brutales d'Israël et ses projets qui consistent à confisquer les maisons des familles palestiniennes dans le quartier de Sheikh Jarrah en vue de dépeupler la ville et de déplacer ses habitants».

Selon M. Zaki, il a été décidé que cette rencontre réunirait des ministres plutôt que des ambassadeurs, en raison de la «gravité des attaques israéliennes». En effet, «[ces dernières] relèvent de la politique systématique du régime sioniste, qui entend judaïser Jérusalem et altérer son actuel statut juridique et historique, ainsi que celui de ses lieux de culte».

De son côté, le Parlement arabe a annoncé la tenue d'une session d'urgence le 19 mai au Caire afin d’évoquer ces mêmes problèmes.

Le président du Parlement arabe, Adel ben Abdelrrahman al-Assoumi, souligne qu'Israël doit impérativement mettre un terme aux crimes qu'il commet contre le peuple palestinien et respecter tous ses droits, notamment celui qui consiste à créer un État palestinien indépendant, avec Jérusalem-Est pour capitale.

Pour sa part, l'Organisation de la coopération islamique (OCI) prévoit également de tenir une session d'urgence mardi.

En effet, des dizaines de Palestiniens ainsi que des policiers israéliens ont été blessés ces derniers jours lors des affrontements qui se sont déroulés à Jérusalem-Est, dans le quartier de Sheikh Jarrah, qui fait l'objet d'un conflit foncier de longue date et qui se situe à proximité de Lieux saints particulièrement sensibles.

Le conflit remonte à une époque antérieure à la création de l'État d'Israël, lorsqu'une petite communauté juive vivait à Sheikh Jarrah. Après l'indépendance d'Israël et la guerre de 1948, qui l'a opposé à ses voisins arabes, Jérusalem-Est est passée sous le contrôle de la Jordanie. Ainsi, de nombreux réfugiés se sont installés dans le quartier de Sheikh Jarrah après avoir fui les forces sionistes dans d'autres parties du pays qu’on appelle désormais «Israël». Israël s'est ensuite emparé de Jérusalem-Est lors de la guerre des Six-Jours, en 1967, avant de l'annexer.

Plus tôt cette année, la Cour du district de Jérusalem a statué en faveur des colons juifs qui revendiquaient la propriété de terres dans le quartier de Sheikh Jarrah, où vivent aujourd'hui une trentaine de Palestiniens, qui appartiennent à quatre familles.

Les Palestiniens soutiennent que les lois discriminatoires les empêchent de réclamer leurs propriétés à l'intérieur du territoire qui constitue aujourd'hui Israël.

L'avocat des familles palestiniennes, Hosni Abou Hussein, accuse lui aussi les colons de fraude.

«Les terres ont été inscrites au nom de l'association de colonisation par un procédé frauduleux et trompeur, de connivence avec le commissariat aux biens publics et le registre des terres israéliennes», déclare-t-il à l'AFP.

Le différend concerne un emplacement stratégique proche de la vieille ville de Jérusalem. Il a ravivé les tensions dans les environs de la mosquée Al-Aqsa, la troisième mosquée la plus sacrée de l'islam, pendant le mois sacré du ramadan. 


Dans la bande de Gaza, le Hamas a menacé de lancer des attaques contre Israël si cette affaire très médiatisée ne donnait pas raison aux familles palestiniennes.

 

 

(Avec Reuters et AFP)

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


Le Koweït dit avoir déjoué une tentative d'«infiltration» de Gardiens de la Révolution iraniens

Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran. (AFP)
Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran. (AFP)
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  • Les quatre hommes, deux colonels de la marine, un capitaine et un lieutenant de vaisseau, ont avoué avoir été chargés par l'armée idéologique de la République islamique d'Iran "d'infiltrer l'île de Bubiyan"
  • Lors d'échanges de tirs avec les forces armées koweïtiennes stationnées sur l'île, un militaire koweïtien "a été blessé" et deux membres du groupe des Gardiens de la Révolution sont parvenus à "prendre la fuite", selon la même source

KOWEIT: Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran.

Les quatre hommes, deux colonels de la marine, un capitaine et un lieutenant de vaisseau, ont avoué avoir été chargés par l'armée idéologique de la République islamique d'Iran "d'infiltrer l'île de Bubiyan", a indiqué le ministère de l'Intérieur du Koweït dans un communiqué publié par l'agence nationale Kuna.

Ils ont tenté d'atteindre cette île, la plus grande du Koweït, proche des côtes iraniennes, "le vendredi 1er mai à bord d'un bateau de pêche spécialement affrété pour mener des actions hostiles contre le Koweït", précise le communiqué.

Lors d'échanges de tirs avec les forces armées koweïtiennes stationnées sur l'île, un militaire koweïtien "a été blessé" et deux membres du groupe des Gardiens de la Révolution sont parvenus à "prendre la fuite", selon la même source.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a jugé de son côté "absolument infondées" les "allégations formulées par le Koweït, selon lesquelles l'Iran planifierait de mener des actions hostiles contre le Koweït". Et il a demandé dans un communiqué à pouvoir s'entretenir avec ses ressortissants détenus ainsi que "leur libération immédiate".

Le ministère des Affaires étrangères du Koweït a annoncé de son côté avoir convoqué l'ambassadeur iranien dans le pays, Mohammad Toutounji, "à qui une lettre de protestation a été remise à la suite de l'infiltration sur l'île de Bubiyan d'un groupe armé appartenant aux Gardiens de la Révolution et de son engagement dans des affrontements avec les forces armées koweïtiennes".

Le ministère, qui dénonce un "acte hostile" iranien et une "atteinte flagrante" à sa souveraineté, affirme que le Koweït se réserve pleinement "le droit de se défendre".

Il s'agit de la quatrième convocation de M. Toutounji depuis que l'Iran a commencé à viser les pétromonarchies du Golfe alliées des Etats-Unis en représailles à l'attaque israélo-américaine déclenchée le 28 février.

Le 3 mai, le ministère de la Défense du Koweït avait indiqué avoir appréhendé quatre personnes tentant de rejoindre le Koweït par la mer.

Depuis le début de la guerre, les autorités du Koweït ont multiplié les opérations contre des personnes ou organisations soupçonnées d'être liées à la République islamique ou de la soutenir.

Mi-avril, 24 personnes ont été arrêtées au Koweït pour financement d'entités "terroristes", selon le ministère de l'Intérieur de cette monarchie du Golfe, une source de sécurité précisant que cinq anciens parlementaires faisaient partie des mis en cause.

En mars, le Koweït avait arrêté six personnes soupçonnées de liens avec le Hezbollah libanais, dans le cadre d'une enquête sur des projets "d'assassinats" dans le pays.

Le mouvement islamiste pro-iranien a déjà démenti plusieurs fois toute présence au Koweït.


Tunisie: peine de trois ans et demi de prison confirmée contre deux journalistes 

La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus, dans un procès dénoncé par l'ONG Reporters sans frontières comme "du harcèlement judiciaire". (AFP)
La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus, dans un procès dénoncé par l'ONG Reporters sans frontières comme "du harcèlement judiciaire". (AFP)
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  • La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus
  • En janvier, les deux journalistes avaient été condamnés en première instance à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale"

TUNIS: La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus, dans un procès dénoncé par l'ONG Reporters sans frontières comme "du harcèlement judiciaire".

"Nous sommes très déçus de ce verdict" qui confirme la peine de première instance, a réagi à l'AFP l'avocat des deux accusés, Sami Ben Ghazi.

En janvier, les deux journalistes avaient été condamnés en première instance à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale".

En début d'audience mardi, le juge a posé de nombreuses questions à MM. Zeghidi et Bsaies, sur leurs biens, leurs sources de revenus et les impôts versés, selon une journaliste de l'AFP.

"Zéro, niente, je n'ai ni biens immobiliers, ni bijoux, ni grosses voitures", a répondu Mourad Zeghidi.

Le magistrat l'a questionné à propos des rétributions tirées de chaque média et chaque émission (radio et télévision) où il apparaissait, sur la gestion de sa société, sur des virements reçus en Tunisie et depuis l'étranger.

Il a aussi demandé à M. Bsaies pourquoi il avait quitté son métier d'enseignant, la profession de son épouse et avec quels moyens elle avait lancé une école.

Dans sa plaidoirie, l'avocat des deux accusés, Sami Ben Ghazi, s'est demandé pourquoi "des déclarations fiscales (jugées) insuffisantes se sont transformées en (une accusation de) blanchiment d'argent".

Avant l'annonce du verdict, le défenseur et d'autres avocats avaient demandé le non-lieu et la libération des accusés.

Des diplomates représentant la France, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l'Union européenne ont assisté à l'audience.

"Acharnement judiciaire" 

Les deux chroniqueurs avaient été emprisonnés en mai 2024 pour des déclarations à la radio et à la télévision considérées comme critiques du président Kais Saied.

Alors qu'ils étaient libérables en janvier 2025 après avoir purgé huit mois de prison, de nouvelles poursuites avaient été lancées pour des malversations financières présumées.

A la veille du procès, le directeur régional de RSF Oussama Bouagila a affirmé dans un communiqué qu'"après 23 mois d'enquête, aucun élément sérieux n'a été établi: ni flux suspect, ni actif caché, ni preuve crédible".

"Cet acharnement judiciaire ne doit pas faire oublier l'essentiel: c'est leur travail journalistique qui est à l'origine de ces poursuites", a-t-il dit.

Un autre journaliste de renom, Zied el-Heni, a été condamné le 7 mai à un an de prison ferme, pour "atteinte à autrui", après de virulentes critiques contre des décisions judiciaires visant des collègues journalistes.

L'ONG Al Khatt, maison-mère du média indépendant d'investigation Inkyfada, risque de disparaître, sous le coup d'une demande de dissolution demandée par le gouvernement à la justice tunisienne.

Les opposants et défenseurs des droits tunisiens ainsi que plusieurs ONG internationales ont dénoncé un recul des droits fondamentaux en Tunisie depuis un coup de force du président Saied à l'été 2021, par lequel il s'est octroyé les pleins pouvoirs.

Dans un communiqué lundi, l'organisation Amnesty International, basée à Londres, a accusé le pouvoir tunisien de "tentatives d'utiliser les moyens judiciaires pour éliminer purement et simplement les ONG".


L'Iran écarte tout compromis après le rejet de sa proposition par Trump

L'impasse diplomatique se prolonge au Moyen-Orient: le pouvoir iranien a écarté mardi l'idée d'amender ses propositions pour mettre durablement fin à la guerre, qui sont jugées par le président Donald Trump comme bonnes "à mettre à la poubelle". (AFP)
L'impasse diplomatique se prolonge au Moyen-Orient: le pouvoir iranien a écarté mardi l'idée d'amender ses propositions pour mettre durablement fin à la guerre, qui sont jugées par le président Donald Trump comme bonnes "à mettre à la poubelle". (AFP)
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  • "Il n'y a pas d'autre choix que d'accepter les droits du peuple iranien, tels qu'établis dans la proposition en 14 points. Toute autre approche serait infructueuse et ne mènerait qu'à une succession d'échecs"
  • Le contenu de la proposition américaine initiale n'a pas été rendu public

TEHERAN: L'impasse diplomatique se prolonge au Moyen-Orient: le pouvoir iranien a écarté mardi l'idée d'amender ses propositions pour mettre durablement fin à la guerre, qui sont jugées par le président Donald Trump comme bonnes "à mettre à la poubelle".

"Il n'y a pas d'autre choix que d'accepter les droits du peuple iranien, tels qu'établis dans la proposition en 14 points. Toute autre approche serait infructueuse et ne mènerait qu'à une succession d'échecs", a écrit sur X le négociateur en chef de la République islamique, Mohammad Bagher Ghalibaf, plus d'un mois après l'instauration d'une trêve précaire.

Celui qui est aussi président du Parlement a interpellé les négociateurs américains, estimant que "plus ils traîneront les pieds, plus les contribuables américains en paieront le prix", au moment où les cours du pétrole évoluent à des niveaux toujours élevés.

Ces déclarations sonnent comme une réponse à Donald Trump qui avait dénigré la veille les propositions iraniennes et assimilé le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril à un malade "sous assistance respiratoire", avec "1% de chances" de survie.

"Donner une leçon" 

Le contenu de la proposition américaine initiale n'a pas été rendu public.

Selon certains médias, elle contient un protocole d'accord pour mettre fin aux combats, qui ont fait des milliers de morts depuis le début de la guerre le 28 février, et établir un cadre de négociations sur le dossier du nucléaire iranien.

Dans sa réponse, l'Iran appelle à une fin immédiate des hostilités dans la région, y compris au Liban où les tirs d'Israël et du Hezbollah pro-iranien ne cessent pas en dépit d'un autre cessez-le-feu. Mardi, deux secouristes sont morts dans une frappe israélienne dans le sud, selon la Défense civile libanaise.

Téhéran demande également l'arrêt du blocus de ses ports par la marine américaine et le dégel des avoirs iraniens détenus à l'étranger, selon le ministère des Affaires étrangères.

"Si l'ennemi ne se plie pas aux exigences légitimes et définitives de la nation iranienne sur le terrain diplomatique, il doit s'attendre à voir ses défaites se répéter sur le champ de bataille", a prévenu le porte-parole du ministère iranien de la Défense, Reza Talaei-Nik, cité par l'agence Irna.

Pression américaine sur Pékin 

Côté américain, Donald Trump a brandi la menace d'une relance de son opération de protection des navires pour franchir le détroit d'Ormuz, verrouillé par l'Iran.

Une situation qui désespère Maryam, une peintre téhéranaise de 43 ans: elle raconte à une journaliste de l'AFP basée à Paris "vivre au jour le jour" car "le futur est très incertain".

Les regards sont désormais tournés vers la visite à Pékin prévue à partir de mercredi du président Trump, qui doit rencontrer son homologue Xi Jinping.

Selon l'administration américaine, il entend faire pression pour que la Chine, principal importateur du pétrole iranien, use de son influence sur l'Iran.

Donald Trump a dit s'attendre à une "longue conversation" avec Xi sur la guerre.

La quasi paralysie du détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, fait à nouveau grimper les cours de l'or noir mardi, à plus de 107 dollars le baril (+3,25%) pour le Brent de la mer du Nord, référence internationale, vers 14H00 GMT.

"L'Iran ne devrait pas utiliser le détroit comme une arme pour faire pression", a dénoncé cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, Premier ministre du Qatar, en première ligne face à ce blocage.

29 milliards de dollars 

"Le levier d'Ormuz est essentiel", analyse Thomas Juneau, professeur à l'Université d'Ottawa, pour qui Téhéran estime que Donald Trump perdra patience face à la hausse des prix à la pompe, avant les élections de mi-mandat en novembre. D'autant que le Pentagone vient de réévaluer à la hausse le coût de cette guerre à près de 29 milliards de dollars.

L'ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a par ailleurs révélé, au détour d'une conférence, qu'Israël avait envoyé aux Emirats arabes unis des systèmes de défense antiaérienne pendant cette guerre où les pays du Golfe ont été ciblés par l'Iran quasi-quotidiennement.

Au Liban, un nouveau bilan du ministère de la Santé libanais fait état de 380 morts dans des frappes israéliennes depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 17 avril.

De nouvelles discussions censées ouvrir la voie à des négociations de paix doivent se tenir jeudi et vendredi à Washington entre les deux pays.

Mais le chef du Hezbollah Naïm Qassem a affirmé mardi que la question du désarmement de sa formation, exigé par Israël, ne faisait pas partie des "négociations avec l'ennemi" auxquelles le mouvement chiite est opposé.