Nucléaire iranien: sans doute pas d'accord cette semaine, affirme Téhéran

«A titre personnel, je ne pense pas que nous puissions parvenir à une conclusion cette semaine», a déclaré le négociateur en chef de l'Iran, alors que les Iraniens élisent leur président le 18 juin. (Photo, AFP)
«A titre personnel, je ne pense pas que nous puissions parvenir à une conclusion cette semaine», a déclaré le négociateur en chef de l'Iran, alors que les Iraniens élisent leur président le 18 juin. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 13 juin 2021

Nucléaire iranien: sans doute pas d'accord cette semaine, affirme Téhéran

  • Pour plusieurs analystes, la perspective d'une entente permettant de relancer l'accord torpillé par Trump apparaissait peu probable avant la tenue de la présidentielle
  • Le gouvernement modéré-réformateur de Rohani a promis aux Iraniens la levée des sanctions avant la fin de son mandat

VIENNE : Le négociateur en chef de l'Iran a déclaré samedi soir "ne pas "penser que les négociations" sur le nucléaire "puissent parvenir à une conclusion cette semaine", alors que les Iraniens élisent leur président le 18 juin. 

"A titre personnel, je ne pense pas que nous puissions parvenir à une conclusion cette semaine", a déclaré Abbas Araghchi au diffuseur public iranien à la suite de la reprise du sixième round de négociations à Vienne.

À la sortie de la réunion dans la capitale autrichienne, le représentant russe Mikhaïl Oulianov a aussi estimé que les négociateurs avaient besoin "de quelques semaines supplémentaires pour toiletter le texte existant", selon une déclaration sur Twitter. 

Les Iraniens sont appelés aux urnes pour désigner le successeur du président Hassan Rohani, principal architecte, côté iranien, de cet accord conclu en juillet 2015 avec les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et l'Allemagne.

Pour plusieurs analystes, la perspective d'une entente permettant de relancer ce pacte torpillé par Washington en 2018 apparaissait peu probable avant la tenue du scrutin.

Le "plan d'action global commun" (JCPOA, selon son acronyme anglais) offre à l'Iran un allègement des sanctions en échange d'une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous un strict contrôle de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Mais l'ancien président Donald Trump a rétabli les sanctions américaines que l'accord avait permis de lever et a lancé une campagne de "pression maximale" contre l'Iran à coups de sanctions supplémentaires.

En riposte, l'Iran a fait sauter depuis mai 2019 la plupart des limites qu'il avait consenties sur son programme nucléaire.

Joe Biden, qui a succédé à M. Trump en janvier, dit vouloir réintégrer les États-Unis à l'accord de Vienne.

Engageant l'Iran et les autres États encore parties au pacte, ainsi que, indirectement, les États-Unis, les négociations en cours à Vienne tendent vers ce but.

Le gouvernement modéré-réformateur de M. Rohani a promis aux Iraniens la levée des sanctions avant la fin de son mandat. Il espère un compromis à Vienne avant de passer la main, en août, au prochain président.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.