HRW dénonce les poursuites contre des activistes des droits de l’Homme en Turquie

Un agent de sécurité ajuste les barrières devant un tribunal à Istanbul (Photo, AP).
Un agent de sécurité ajuste les barrières devant un tribunal à Istanbul (Photo, AP).
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Publié le Mardi 22 février 2022

HRW dénonce les poursuites contre des activistes des droits de l’Homme en Turquie

  • Ozturk Turkdogan, coprésident de l'Association des droits de l'homme, pourrait être condamné à plus de dix ans de prison
  • Selon HRW, «Un ordre politique supérieur serait à l'origine de ces procédures pénales»

ANKARA: Les poursuites engagées contre un défenseur des droits de l'homme reflètent la politique du gouvernement d'Erdogan qui consiste à «porter des accusations criminelles injustifiées contre des personnes impliquées dans des activités légitimes et pacifiques de la société civile», a déclaré l’Observatoire des droits de l’homme (HRW) aujourd’hui.
Ozturk Turkdogan, coprésident de l'Association des droits de l'homme, le groupe de défense des droits de l'homme le plus ancien en Turquie, est accusé «d'appartenir à une organisation terroriste» et sera jugé mardi à Ankara.
S'il est déclaré coupable, il risque cinq à dix ans d'emprisonnement.
Turkdogan sera également confronté à des procès séparés pour avoir «insulté» le ministre de l'Intérieur, «la nation turque, la République de la Turquie ainsi que les institutions et les organismes de l'État.»
Chacune de ces peines pourrait lui valoir deux ans de prison supplémentaires.
Selon Hugh Williamson, directeur de la division Europe et Asie centrale à HRW, «les poursuites engagées contre Ozturk Turkdogan, coprésident de longue date de l'Association des droits de l'homme, constituent une tentative de criminaliser le travail humanitaire légitime et le droit à la liberté d'expression.»
Toutes les inculpations à son encontre ont été préparées en décembre 2021.
«Le fait que les procureurs d'Ankara ont préparé trois actes d'accusation contre Turkdogan en un seul mois pour des propos qu'il a prononcés depuis plusieurs années et qui ne prêchent pas la violence porte à croire qu'un ordre politique supérieur serait à l'origine de ces procédures pénales», a déclaré Williamson.
D'après l’Observatoire, les preuves contenues dans l'acte d'accusation qui incrimine Turkdogan et l'accuse «d'appartenir à une organisation terroriste» – l'accusation la plus grave à laquelle il ait fait face – sont fondées sur des déclarations qu'a faites Turkdogan en tant que coprésident de l'Association des droits de l'homme.
Parmi ces preuves figurent des paroles prononcées pendant des émissions diffusées par des médias kurdes, à travers lesquelles il a demandé que l’on mette fin à l'isolement prolongé d'Abdullah Ocalan, le chef emprisonné du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
L'acte d'accusation contient par ailleurs trois photographies trouvées sur l'ordinateur portable de Turkdogan montrant des bannières préparées par l'Association des droits de l'homme.
Deux d'entre elles protestent contre l'isolement carcéral et revendiquent le traitement des prisonniers malades, tandis qu'une troisième réclame la reconnaissance de la campagne Anfal menée par Saddam Hussein au Kurdistan irakien dans les années 1980 comme un génocide contre les Kurdes.
«Les autorités turques doivent veiller à ce que toutes les accusations portées contre Ozturk Turkdogan soient immédiatement abandonnées», a affirmé Williamson.
Et d’ajouter: «Le gouvernement doit arrêter de harceler les défenseurs des droits de l'homme et faire en sorte qu'ils mènent leurs activités légitimes sans crainte de représailles, d'arrestations et de procédures pénales abusives.»


Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Bahreïn dénonce une "agression flagrante" après des frappes iraniennes

Des véhicules circulent sur une route dans la capitale du Bahreïn, Manama, le 11 mars 2026. (AFP)
Des véhicules circulent sur une route dans la capitale du Bahreïn, Manama, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Bahreïn affirme avoir intercepté sept missiles tirés lors de frappes iraniennes visant son territoire et le Koweït, qu’il qualifie d’attaque contre sa souveraineté
  • Téhéran a revendiqué des tirs de missiles en représailles à des frappes américaines, ciblant notamment une base aérienne au Koweït et un site militaire américain à Bahreïn

MANAMA: Bahreïn, déjà ciblé en début de semaine, a dénoncé samedi les frappes menées par l'Iran contre son territoire et le Koweït voisin, disant avoir intercepté sept missiles.

"Le ministère des Affaires étrangères condamne fermement ces nouvelles attaques", a-t-il écrit dans un communiqué. "Cette agression flagrante constitue une violation manifeste de la souveraineté des deux pays", a-t-il ajouté.

Les Gardiens de la Révolution iraniens avaient dit dans la nuit avoir tiré, en représailles à des frappes américaines, des missiles balistiques vers la base aérienne Ali Al-Salem au Koweït, où sont stationnés des appareils américains, et le quartier général de la Ve flotte américaine à Bahreïn.


L'Iran n'a pas à "intervenir au Liban", dit le président libanais

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  • Le président libanais Joseph Aoun a appelé l’Iran à cesser toute ingérence au Liban, affirmant la souveraineté du pays dans une interview à CNN
  • Il a également exhorté le Hezbollah à privilégier la diplomatie et la négociation comme seule voie pour résoudre le conflit avec Israël

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a sommé l'Iran de ne plus "intervenir" dans son pays, dans une interview à la chaîne CNN diffusée vendredi, et affirmé au Hezbollah soutenu par Téhéran que la diplomatie était la seule solution au conflit avec Israël.

"Ce n'est pas votre pays, c'est le nôtre (...) Vous n'avez pas à intervenir dans notre pays", a lancé le dirigeant libanais à l'adresse de l'Iran.

"Le Hezbollah doit comprendre qu'il (n'y a pas) d'autre solution que de s'asseoir et de parler, pas d'autre moyen (...) de sauver ce qu'il reste sauf à travers la négociation et la diplomatie", a-t-il ajouté.


Liban: sept morts dans des frappes israéliennes sur Tyr, selon la défense civile

Un médecin dans un laboratoire endommagé de l’hôpital Jabal Amel, à la suite de la frappe aérienne israélienne de lundi qui a touché un bâtiment voisin, dans la ville portuaire de Tyr, au sud du Liban. (AP)
Un médecin dans un laboratoire endommagé de l’hôpital Jabal Amel, à la suite de la frappe aérienne israélienne de lundi qui a touché un bâtiment voisin, dans la ville portuaire de Tyr, au sud du Liban. (AP)
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  • Des frappes israéliennes nocturnes à Tyr, dans le sud du Liban, ont fait au moins sept morts et plusieurs blessés, touchant notamment des zones proches d’un hôpital et des quartiers résidentiels
  • Israël annonce de nouvelles attaques contre le Hezbollah au nord du fleuve Litani et ordonne des évacuations, tandis que le conflit continue de provoquer de lourdes pertes civiles et des déplacements massifs

BEYROUTH: Des frappes nocturnes israéliennes sur la ville millénaire de Tyr, dans le sud du Liban, dont l'une près d'un hôpital, ont tué sept personnes, a indiqué vendredi à l'AFP une source au sein de la défense civile.

L'armée israélienne a annoncé de son côté qu'elle allait attaquer le Hezbollah dans trois localités au nord du fleuve Litani, à une quarantaine de km de la frontière, ordonnant à leur population d'évacuer.

Le mouvement pro-iranien avait rejeté jeudi un accord de cessez-le-feu annoncé la veille à Washington après des négociations entre le Liban et Israël, réclamant un retrait total des forces israéliennes qui occupent une partie du sud du pays.

A Tyr, une frappe tard jeudi soir a fait quatre morts et sept blessés, selon la Défense civile. Elle a dévasté le siège d'une banque et endommagé légèrement l'hôpital Jabal Amel, l'un des trois que compte la ville, a constaté le correspondant de l'AFP.

Une autre frappe sur un quartier résidentiel de la ville a tué trois personnes et en a blessé cinq autres dont deux enfants, selon la Défense civile.

Lundi, une frappe près de l'hôpital Jabal Amel avait tué quatre personnes et blessé 127 autres, dont 39 membres du personnel, selon le ministère de la Santé.

La ville côtière, qu'une partie de ses habitants refuse d'évacuer malgré les avertissements israéliens, est régulièrement pilonnée.

Des habitants s'étaient réfugiés dans le quartier chrétien exigu de la Vieille ville, épargné par les avertissements isaréliens, dormant dans leurs voitures ou sous des tentes.

Mais ils l'ont fui après qu'Israël a menacé mardi le quartier, accusant des membres du Hezbollah de s'y cacher, selon le correspondant de l'AFP.

Une frappe avait également visé mercredi soir les abords d'un parc où campent des dizaines de réfugiés syriens, selon le correspondant de l'AFP qui n'a pas fait état de victime.

Dans ce contexte, une pétition, appelant à exclure toute présence armée à Tyr - où le Hezbollah est fortement implanté - autre que celle de l'armée libanaise, a recueilli près de 250 signatures selon les organisateurs.

Une pétition similaire concernant Nabatiyé - autre grande ville du sud à majorité chiite - pratiquement désertée du fait des bombardements israéliens, a recueilli plus de 500 signatures.

Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait 3.526 morts depuis le début du conflit le 2 mars, et ont déplacé plus d'un million de personnes, selon les autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.