L'Elysée dément toute intervention dans le rachat de Suez par Veolia

Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal « dément formellement » l'information de Mediapart selon laquelle le secrétaire général de l'Elysée aurait demandé aux deux représentants de la CFDT au conseil d'administration d'Engie de ne pas prendre part au vote qui a donné le feu vert à la vente des actions que le groupe possède à Veolia, malgré l'opposition de deux représentants de l'Etat (Photo, AFP-TV)
Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal « dément formellement » l'information de Mediapart selon laquelle le secrétaire général de l'Elysée aurait demandé aux deux représentants de la CFDT au conseil d'administration d'Engie de ne pas prendre part au vote qui a donné le feu vert à la vente des actions que le groupe possède à Veolia, malgré l'opposition de deux représentants de l'Etat (Photo, AFP-TV)
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Publié le Jeudi 08 octobre 2020

L'Elysée dément toute intervention dans le rachat de Suez par Veolia

  • « Je démens formellement, c'est totalement faux, le secrétaire général de l'Élysée n'est pas intervenu »
  • L'intersyndicale de Suez a dénoncé « un scandale d'Etat » et demandé « l'annulation de la délibération du conseil d'administration d'Engie »

PARIS : Le porte-parole du gouvernement a « démenti formellement » mercredi l'information de Mediapart sur une intervention de l'Elysée dans le rachat de Suez par Veolia, face à l'opposition et aux syndicats qui exigent « la lumière » sur cette affaire.

« Je démens formellement, c'est totalement faux, le secrétaire général de l'Élysée n'est pas intervenu », a assuré le porte-parole, Gabriel Attal, lors du compte-rendu du conseil des ministres, interrogé sur les conditions dans lesquelles l'énergéticien Engie a décidé lundi de vendre ses parts de Suez à Veolia.

Selon Mediapart, le secrétaire général de l'Elysée, Alexis Kohler, aurait appelé les deux représentants de la CFDT au conseil d'administration d'Engie pour leur demander de ne pas prendre part au vote qui a donné le feu vert à la vente des actions, malgré l'opposition de deux représentants de l'Etat.

M. Attal a réitéré les propos tenus la veille par le Premier ministre Jean Castex à l'Assemblée nationale: « la ligne du gouvernement sur ce dossier (est) la question de l'emploi et de la souveraineté » et « ce rapprochement doit se faire à l'amiable: c'est la position que les représentants de l'État ont défendue dans le cadre du conseil d'administration d'Engie lundi soir par leur vote contre ».

Commission d'enquête ?

Les révélations de Mediapart ont suscité de fortes réactions de l'opposition, à l'image de Jean-Luc Mélenchon qui a exigé « la vérité et la punition des comploteurs » sur Twitter. 

Sur Franceinfo, le numéro deux de LFI, Adrien Quatennens, a quant à lui réclamé une commission d'enquête.  

« Nous, nous allons nous en donner les moyens, y compris indépendamment s'il le faut à la France insoumise, d'une commission d'enquête », a-t-il expliqué. « Nous avons besoin de lumière dans cette affaire », a-t-il affirmé, soulignant que si les informations de Mediapart s'avéraient exactes « l'affaire Benalla à côté, c'est du pipi de chat ».

« Je ne suis pas sûre qu'une commission d'enquête soit la bonne cartouche », a toutefois affirmé la présidente de la commission des Affaires économiques du Sénat, Sophie Primas (LR). A ce stade, elle envisage plutôt des « auditions » des acteurs concernés.

La cheffe de file socialiste à l'Assemblée Valérie Rabault a dénoncé une « humiliation » pour l'Etat, qui détient environ 22% du capital d'Engie et qui n'a pas été en mesure d'empêcher le feu vert du conseil d'administration à la vente à Veolia de sa participation de 29,9% chez Suez pour 3,4 milliards d'euros. 

Sur les révélations de Mediapart, en revanche, elle a dit avoir « du mal à croire à cette hypothèse, parce que organiser son impuissance est un double aveu d'impuissance (...). Cela serait un vrai sabordage ».

Une source proche du dossier s'est également dite surprise qu'une « personne aussi haut placée que M. Kohler ait téléphoné directement aux deux représentants de la CFDT ». 

Elle opte pour un scénario distinct: le président d'Engie, Jean-Pierre Clamadieu, « n'aurait pas eu confiance sur le vote favorable de l'administrateur de la CFE-CGC et aurait cherché à sécuriser le résultat en demandant aux deux représentants de la CFDT de quitter la réunion ».

Philippe Portier, secrétaire national de la CFDT, a assuré que son secrétaire général Laurent Berger « n'a pas contacté les (deux) admninistrateurs ni par écrit, ni par oral ».

« La confédération n'intervient pas dans ce qui relève du rôle des fédérations », a-t-il ajouté.

Sur Twitter, le député (LR) Olivier Marleix, qui avait présidé la commission d'enquête sur la vente de la branche énergie d'Alstom à General Electric (GE) en 2014, a accusé l'Etat d'avoir « organisé lui-même cette pantalonnade ». 

« Il était évidemment favorable à l'opération sinon elle n'aurait pas été votée », a ajouté celui qui a saisi le parquet de Paris il y a deux ans sur les circonstances de la vente d'Alstom à GE, soupçonnant un « pacte de corruption ».

Du côté des représentants du personnel, l'intersyndicale de Suez a dénoncé « un scandale d'Etat » et demandé « l'annulation de la délibération du conseil d'administration d'Engie ». 

Lundi soir, le conseil d'administration d'Engie, actionnaire principal de Suez, a décidé d'accepter l'offre de Veolia, qui expirait à minuit, et de lui vendre l'essentiel de ses parts dans son concurrent Suez pour 3,4 milliards d'euros, passant outre l'opposition de l'Etat, qui possède 23,6% d'Engie.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
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  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.