Frankly Speaking: un responsable de l'UE affirme que les Syriens ont été traités comme les Ukrainiens

Michael Koehler, directeur général adjoint des opérations européennes de protection civile et d'aide humanitaire (ECHO).
Michael Koehler, directeur général adjoint des opérations européennes de protection civile et d'aide humanitaire (ECHO).
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Publié le Lundi 03 octobre 2022

Frankly Speaking: un responsable de l'UE affirme que les Syriens ont été traités comme les Ukrainiens

  • Un éminent responsable humanitaire de l'UE estime qu'il est injuste de comparer l'accueil réservé aux Ukrainiens avec des situations antérieure
  • Il insiste sur le fait que la crise humanitaire en Syrie n'a pas été oubliée

DJEDDAH : L'Europe ne peut pas être accusée de ne pas avoir accueilli des réfugiés « par millions et par millions » au cours des dernières années, a déclaré à Arab News Michael Koehler, le directeur général adjoint des opérations européennes de protection civile et d'aide humanitaire (ECHO), ajoutant que « la loi s'applique à tous » et que l'Europe dispose de lois pour « régler la situation des réfugiés. »

Ces lois sont basées sur la Quatrième Convention de Genève parmi d'autres accords internationaux, a-t-il dit, et du point de vue de l'Europe, « il n'y a absolument aucune différence entre un réfugié et un demandeur d'asile d'une nation africaine, d'une nation du Moyen-Orient ou d'Ukraine. »

Koehler a nié que l'Europe ait fait preuve de racisme, de politique de deux poids deux mesures et d’hypocrisie avec des réfugiés ukrainiens fuyant leur pays en raison de la guerre avec la Russie et d’autres du Moyen-Orient. « La seule différence que je vois est que les réfugiés d'Ukraine ont, sur la base d'une décision des ministres européens de l'intérieur, immédiatement obtenu des permis de travail », a-t-il dit à Katie Jensen, l'animatrice de l'émission « Frankly Speaking » d'Arab News. « Mais à part cela, le traitement n'est pas différent de celui des réfugiés d'autres régions du monde ».

« Frankly Speaking » présente des entretiens avec des décideurs politiques et des chefs d'entreprise de premier plan, plongeant au cœur des plus grands titres de l'actualité au Moyen-Orient et dans le monde. Lors de son passage dans l'émission, M. Koehler s'est exprimé sur un certain nombre de sujets, notamment sur ce que l'avenir réserve aux Ukrainiens déplacés et sur la question de savoir si l'UE envisage de retirer des fonds des zones de crise du Moyen-Orient pour combler le déficit d'aide humanitaire.

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 M. Koehler a déclaré qu'il fallait revenir sur l'arrivée des Syriens et des Irakiens en 2015 et 2016, lorsque des nombres légèrement plus comparables de réfugiés affluaient en Europe. « Le million de Syriens qui s'est déversé en Allemagne a été très bien accueilli », a-t-il déclaré. « Il n'est pas tout à fait juste, d'une certaine manière, de comparer l'accueil que reçoivent maintenant les Ukrainiens deux mois après le début de la crise, avec la situation d'autres réfugiés qui sont en Europe depuis quatre ans, cinq ans, six ans ou sept ans, et certains problèmes qui en découlent. »

« Nous n'en sommes absolument pas encore là dans la crise ukrainienne, mais c'est un phénomène très général. D'un point de vue structurel, c'est un phénomène très connu », a-t-il déclaré, évoquant des cas où l'accueil initial chaleureux réservé aux réfugiés par la population fait place à des problèmes qui « conduisent parfois à des réactions populistes. »

Néanmoins, Koehler a regretté des commentaires tels que ceux du Premier ministre bulgare Kiril Petkov (« Ce ne sont pas les réfugiés auxquels nous sommes habitués, ces gens sont des Européens, des gens intelligents et éduqués »), et l'allusion au droit des pays de choisir les réfugiés en fonction de leur race, de leur religion ou de leur politique.

« Non, absolument pas. Absolument pas », a-t-il déclaré. « Il est cependant, bien sûr, normal que si vous êtes un voisin direct d'un pays qui est dans la situation dans laquelle se trouve l'Ukraine, il y ait peut-être plus d’empathie. Il y a une disposition un peu plus grande du secteur privé à aider, mais nous avons vu la même chose dans d'autres configurations. »

Faisant allusion aux remarques insensibles des politiciens européens, Koehler a déclaré : « Nous ne devons pas considérer les déclarations de tel ou tel homme politique comme la ligne politique des États membres et de l'UE. Les politiciens peuvent exprimer leurs opinions personnelles, mais cela ne signifie pas que l'ordre juridique qui régit la manière dont les réfugiés sont accueillis, le soutien qu'ils reçoivent et ainsi de suite, soit modifié. »

Koehler n'est pas d'accord avec l'idée qu'avec la crise humanitaire ukrainienne qui tient le devant de la scène, la tragédie de la Syrie, où 6,2 millions de personnes restent déplacées à l'intérieur du pays, a été oubliée. « Non, ils n'ont pas été oubliés », a-t-il répondu. « En fait, j'ai partagé via Twitter une partie de la réunion ministérielle sur la Syrie dans la région que nous accueillons ici à Bruxelles pour la sixième fois. C'est la réunion annuelle de la communauté internationale ».

« Hier, la communauté internationale s’est engagée à un don record : 6,4 milliards d'euros pour 2022-2023, soit un demi-milliard de plus que la promesse équivalente de l'année dernière. Donc, ce que cela nous dit, c'est qu'il n'y a pas de lassitude au sein de la communauté internationale lorsqu'il s'agit d'aider les Syriens. Les donateurs sont là, ils ne sont pas fatigués et les organisations internationales sont mobilisées. »

Mais qu'en est-il des agences humanitaires qui se plaignent de manquer d'argent ? Koehler dit qu'il ne nie pas le « manque de donateurs ».

« Si vous comptabilisez la quantité d'argent mobilisée chaque année pour l'aide humanitaire, vous constaterez une augmentation du montant. C'est totalement dépassé par les besoins, parce que chaque année, nous avons plus de crises. Les crises existantes ne disparaissent malheureusement pas et le nombre de personnes qui souffrent ne cesse d'augmenter. »

Interrogé sur la manière de combler le déficit de financement de l'aide humanitaire, M. Koehler a répondu que la solution comprend plusieurs volets, pour commencer un plus grand nombre de donateurs, notamment ceux de l'UE. « Les clubs des pays riches ont 38 membres de l'OCDE ou du G20 », a-t-il déclaré. « Tous ces pays n'ont pas encore fourni de l'aide humanitaire. Certains le font, mais pas de manière très régulière. Parfois ils débloquent beaucoup d'argent, et d'autres fois, ils sont un peu plus économes avec leurs ressources. »

Parmi les nombreux aléas que peut subir le Moyen-Orient à cause de la guerre en Ukraine, il y a le fait que la Russie a laissé entendre qu'elle opposerait son veto au renouvellement du mandat qui permet à l'ONU d'utiliser le point de passage de Bab Al-Hawa, dans le nord de la Syrie, lorsqu'il expirera le 9 juillet. Cela signifie que l'aide de l'UE pourrait devoir passer par Damas et se trouver ainsi sous le contrôle du régime d'Assad. « Si Bab Al-Hawa était fermé, il y aurait un énorme problème d'approvisionnement et nous avons déjà vu ce que cela signifie dans le nord-est de la Syrie », a déclaré Koehler.

« Cependant, nous sommes aussi très favorables à la coopération transfrontalière, donc nous n'avons aucun problème à apporter de l'aide de Damas au nord-est, par exemple, ou au nord-ouest. Malheureusement, cela ne se produit qu'à petite échelle, ce qui est lié à des problèmes politiques mais aussi logistiques. »

Selon Koehler, il existe un nouveau système pour acheminer l’aide par le biais de partenaires spécialisés, pas par les gouvernements, « ainsi, acheminer de l'aide, par exemple dans la partie de la Syrie qui est contrôlée par les autorités de Damas, ne signifie pas donner de l'argent au gouvernement Assad. »

« Elle est mise en œuvre par le biais d'organisations propriétaires spécialisées, d'ONG, d'agences des Nations unies, etc. Pour cela, nous avons un suivi, nous avons des audits, nous avons des audits indépendants par des tiers », a-t-il déclaré. « Nous avons nos bureaux sur le terrain. ECHO a un bureau à Damas qui peut surveiller ce qui se passe, et dès qu'il y a le moindre soupçon de détournement d'aide, nous arrêtons. Nous arrêtons, nous enquêtons et nous ne reprenons l'aide qu'une fois que nous sommes suffisamment, disons, rassurés sur la façon dont l'aide est mise en œuvre. »

Koehler a déclaré qu'ECHO utilisait le même modus operandi en Afghanistan. « Comme je l'ai dit précédemment, nous ne travaillons jamais par l'intermédiaire des gouvernements. Nous travaillons donc avec les ONG locales. Nous travaillons avec le Croissant-Rouge, nous collaborons, par exemple, avec l'UNICEF et d'autres organisations et nous nous assurons que cet argent profite directement à la population concernée », a-t-il déclaré.

Il a toutefois reconnu qu'avec les nouvelles restrictions annoncées par les talibans, dont beaucoup visent les femmes, « nous sommes franchement déçus de la manière dont les choses évoluent en Afghanistan. »

En avril dernier, l'UE a promis 525 millions d'euros d'aide humanitaire à l'Afghanistan, et selon Koehler, en conséquence des développements en Afghanistan depuis la prise de contrôle du pays par les talibans l'année dernière, la communauté internationale, et en particulier l'UE, ont intensifié le financement humanitaire.

« Les talibans ont donné un certain nombre d'assurances concernant, par exemple, l'éducation des filles et les droits des femmes. Cependant, nous constatons aujourd'hui que nombre de ces assurances se sont révélées discutables, voire formellement révoquées, ce qui crée bien sûr des problèmes majeurs. »

Passant à un autre point chaud de l'actualité humanitaire, Koehler a minimisé les craintes d'un arrêt du financement de l'aide humanitaire, malgré un avertissement des Nations unies ce mois-ci, selon lequel plus de cinq millions et demi de réfugiés palestiniens pourraient ne plus avoir accès aux services de base tels que la nourriture, l'éducation et les soins de santé en raison d'une baisse des contributions des États membres, l'UE en particulier.

« Nous soutenons l'UNRWA et nous poursuivons notre assistance », a-t-il déclaré, en faisant référence à l'agence des Nations unies qui soutient les secours et le développement humain des réfugiés palestiniens.

En ce qui concerne la contribution de l'UE, il a déclaré qu'il ne s'agissait « pas de réduire le financement mais de négocier les conditions pour les versements de 2021-2022. »

Il a ajouté : « Ce qui s'est arrêté pour un court moment, ce n'est pas l'aide humanitaire mais les transferts financiers directs que l'aide au développement de l'UE mettait à disposition au profit de l'Autorité nationale palestinienne. Et ce n'est pas un arrêt définitif, mais il s'agit de convenir d'un certain nombre de conditions, dans lesquelles cet argent serait mis à disposition. »

Mais dans un contexte d'inquiétude quant à une éventuelle fermeture de l'UNRWA, quelle est la position de l'UE sur le droit au retour ? « L'UE a une position de principe à cet égard et nous sommes toujours en faveur de la solution à deux États. Nous voulons une solution négociée entre les parties », a précisé M. Koehler. « Nous considérons que l'occupation de la Palestine doit prendre fin, conformément aux résolutions pertinentes des Nations unies, sur la base de négociations bilatérales que nous sommes prêts à encourager et à soutenir autant que possible. »

Koehler a conclu en disant que les agences d'aide et les donateurs doivent s'unir et « parler d'une même voix » pour des efforts d'aide humanitaire efficaces dans les zones de crise. « Partout où la communauté internationale, les donateurs des États-Unis au Royaume-Uni, à l'UE, à la Suède, à l'Allemagne, au Royaume d'Arabie saoudite, partout où les donateurs parlent d'une même voix, cette voix unique a un effet », a-t-il déclaré, citant l'exemple de la tentative ratée en 2020 par la milice houthie soutenue par l'Iran d'imposer une taxe de 2 % sur les livraisons d'aide humanitaire au Yémen.

« La communauté internationale a dit « pas question ». Le Programme alimentaire mondial a également dit « pas question ». Nous avons dit, si c'est ce que vous voulez faire, nous allons simplement cesser nos opérations sur le territoire que vous contrôlez. »

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Iran: le détroit d'Ormuz restera fermé tant que Washington n'aura pas satisfait les exigences de Téhéran

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
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  • Téhéran maintient la fermeture du détroit jusqu’au respect des engagements américains
  • Les négociations avancent, mais la méfiance et les tensions restent fortes

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique au coeur du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, restera fermé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord de juin, a annoncé mardi le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le détroit d'Ormuz "ne sera pas ouvert tant que les engagements américains stipulés dans le protocole d'accord (...) ne seront pas mis en oeuvre", a déclaré M. Ghalibaf, également chef du Parlement, dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Il a cité parmi ces conditions "la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l'embargo pétrolier" contre Téhéran, ainsi que "la fin des opérations militaires sur tous les fronts".

Après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, Téhéran a riposté par des frappes sur les pays voisins alliés de Washington et verrouillé le détroit, voie de transit majeur des hydrocarbures, faisant s'envoler les cours du pétrole.

Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un protocole d'accord en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats après avoir brièvement permis une réouverture du détroit.

Si les hostilités ont récemment baissé en intensité, les efforts diplomatiques menés par les médiateurs marquent le pas.

L'émissaire américain et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, a toutefois qualifié lundi de "très positives et animées" les tractations dans le but de conclure un accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

S'il a admis sur Fox News qu'il n'y avait pas "beaucoup de confiance" entre les deux parties, il a précisé qu'elles "s'impliquaient très sérieusement".

"Le président Trump va se montrer très patient, il n'aime pas se précipiter pour conclure un accord. Il conclura le bon accord quand celui-ci sera prêt", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, l'Iran et Oman mènent depuis plusieurs semaines des discussions pour trouver un accord sur le passage des navires dans le détroit d'Ormuz, situé entre leurs côtes, dont Téhéran revendique le contrôle.

"Si Oman se met en travers de notre chemin, on va leur bombarder la gueule", a déclaré lundi l'imprévisible  président américain, interrogé sur ces discussions par le journaliste de Fox News Trey Yingst.


Désarmement du Hamas à Gaza: Kushner dit espérer des "progrès" d'ici 30 jours

La feuille de route approuvée par le Hamas le 30 juillet prévoyait que la mise hors service des armes serait supervisée par la Force internationale de stabilisation, une unité en cours de création qui doit se déployer à Gaza si la situation s’apaise. (AFP)
La feuille de route approuvée par le Hamas le 30 juillet prévoyait que la mise hors service des armes serait supervisée par la Force internationale de stabilisation, une unité en cours de création qui doit se déployer à Gaza si la situation s’apaise. (AFP)
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  • Kushner vise un début de désarmement du Hamas sous 30 jours, sous supervision américaine
  • Israël conditionne toute reconstruction de Gaza au désarmement total du Hamas

WASHINGTON: L'émissaire américain Jared Kushner a dit lundi espérer un début de désarmement du Hamas d'ici "30 jours", qui se ferait sous supervision d'un général américain, après avoir rencontré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Nous pourrions constater des progrès d'ici à peine 30 jours, avec, espérons-le, le début du retrait d'une partie des armes, et, espérons-le également, le comblement de certains tunnels au cours des 60 à 90 prochains jours", a-t-il déclaré depuis Tel Aviv à la chaîne américaine Fox News.

"Des progrès pourraient donc intervenir assez rapidement, mais cela nécessite la coopération des deux parties, et nous espérons bien sûr surmonter cette épreuve", a ajouté le gendre de Donald Trump.

Selon un responsable israélien, Israël et les États-Unis sont convenus lundi de charger un général américain de superviser le désarmement du Hamas.

Un tel accord vise à satisfaire Israël, après que M. Netanyahu, confronté à une difficile campagne de réélection, a rejeté publiquement le dernier volet d'un plan américain de sortie de guerre dans la bande de Gaza.

"On a eu une très, très bonne réunion aujourd'hui. On a passé près de quatre heures avec lui et son équipe à passer en revue tous les détails (...) et à dissiper certains malentendus", a affirmé M. Kushner, qui avait rencontré la veille des responsables du Hamas.

Le mouvement islamiste palestinien avait donné son accord fin juillet à ce plan américain prévoyant son désarmement et le retrait israélien du territoire palestinien, occupé à plus de 60% par Israël.

Dimanche, M. Kushner avait rencontré des membres de la direction du Hamas, insistant, selon des sources proches des négociations, sur le désarmement du mouvement et appelant à des mesures "vérifiables".

"Ils ont dit tout ce qu'il fallait mais, à l'évidence, il est très très difficile de leur faire confiance", a dit l'émissaire américain à Fox News au sujet de sa rencontre avec le Hamas.

- "Hors service" -

MM. Netanyahu et Kushner "sont convenus qu'aucun redéploiement ni aucune reconstruction n'auraient lieu dans la bande de Gaza avant que le Hamas ne soit désarmé dans l'ensemble" du territoire, a affirmé à l'AFP un haut responsable israélien.

"Il a également été convenu que la première étape vers la démilitarisation de Gaza consisterait à demander au Hamas de remettre ses armes afin qu'elles soient mises hors service sous la supervision d'un général américain", a ajouté ce responsable.

M. Kushner était accompagné de membres du "Conseil de paix" de Donald Trump, notamment l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair.

Selon un responsable de cet organe, qui n'a pas confirmé l'implication d'un général américain, "chaque arme collectée sera entièrement mise hors service".

- Pressions -

L'administration Trump a déjà nommé le général américain Jasper Jeffers à la tête de la Force internationale de stabilisation (ISF) appelée à se déployer à Gaza aux termes du plan du président américain, avalisé par l'ONU, qui a conduit à un cessez-le-feu, précaire, en octobre 2025.

Telle que rendue publique par le "Conseil de Paix" en juillet, la feuille de route prévoit que le désarmement du Hamas aille de pair avec le retrait israélien et soit supervisé par le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), un organe de technocrates palestiniens censé gérer provisoirement le territoire.

En rejetant ce texte, M. Netanyahu avait exigé un désarmement "véritable" du Hamas, dont l'attaque sans précédent du 7 octobre 2023 en Israël a déclenché la guerre à Gaza.

Au pouvoir dans ce territoire depuis 2007, le mouvement a annoncé en juillet dissoudre son administration civile et vouloir transférer ses responsabilités au NCAG.

M. Kushner avait insisté dimanche sur l'absence de tout rôle futur du Hamas dans la gouvernance de Gaza, selon les mêmes sources proches des négociations.

Le mouvement palestinien avait de son côté appelé à exercer des pressions sur M. Netanyahu pour débloquer la mise en oeuvre de la feuille de route, avait indiqué un responsable du Hamas à l'AFP.

Pendant des années, les Etats-Unis ont refusé tout contact avec le Hamas, qu'ils classent comme terroriste.

Le Hamas et Israël s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté et en demande d'aide humanitaire.

Au moins 1.265 Palestiniens y ont été tués depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé du territoire, dont l'ONU juge les chiffres fiables.

Dans le même temps, Israël y a recensé cinq soldats et un contractuel du ministère de la Défense tués.


Niger: plusieurs soldats tués dans des attaques d'un groupe rebelle dans le Nord

Le Premier ministre du Gouvernement d'unité nationale (GNU) de Libye, basé à Tripoli, Abdulhamid Dbeibah, reçoit le Premier ministre du Niger, Ali Mahamane Lamine Zeine, au siège du GNU à Tripoli, le 15 juin 2026. (Photo : Mahmud Turkia / AFP)
Le Premier ministre du Gouvernement d'unité nationale (GNU) de Libye, basé à Tripoli, Abdulhamid Dbeibah, reçoit le Premier ministre du Niger, Ali Mahamane Lamine Zeine, au siège du GNU à Tripoli, le 15 juin 2026. (Photo : Mahmud Turkia / AFP)
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  • Des attaques ont "visé tôt vendredi des postes de sécurité mixtes de Séguédine", a indiqué dimanche à l'AFP une source sécuritaire dans le nord du Niger
  • "Il y a eu plusieurs morts et des dégâts", a précisé la même source, sans plus de détails

ABIDJAN: Plusieurs soldats ont été tués dans des attaques menées vendredi par un groupe rebelle contre des positions des forces nigériennes à Séguédine, dans l'extrême nord désertique du pays, a appris l'AFP dimanche de sources sécuritaire et locale.

Séguédine est une petite localité-oasis située dans l'extrême nord-est du Niger, un point de transit pour les flux migratoires vers la Libye et l'Europe.

Des attaques ont "visé tôt vendredi des postes de sécurité mixtes de Séguédine", a indiqué dimanche à l'AFP une source sécuritaire dans le nord du Niger.

"Il y a eu plusieurs morts et des dégâts", a précisé la même source, sans plus de détails.

Dimanche après-midi, les autorités nigériennes n'avaient pas encore communiqué sur ces attaques.

Un habitant de Bilma, le département qui administre Séguédine, a déclaré à l'AFP que ces attaques ont "fait des morts et une partie du camp militaire et des véhicules ont été incendiés" par les assaillants.

Les attaques ont été revendiquées samedi par les rebelles du Mouvement patriotique pour la liberté et la justice (MPLJ), qui ont affirmé avoir fait "15 victimes dans les rangs des FDS" (Forces de défense et de sécurité) nigériennes, dans un communiqué publié samedi sur sa page Facebook.

L'AFP n'a pas pu confirmer dans l'immédiat ce bilan de sources indépendantes.

Le MPLJ est un groupe rebelle qui soutient le président Mohamed Bazoum, renversé par un coup d'Etat en juillet 2023 et détenu depuis.

Selon ce mouvement, ses "forces ont mené une opération contre le camp de la Garde nationale" et un "poste mixte de la police, de la gendarmerie et de la douane" de Siguédine.

Le MPLJ souligne que "les affrontements" avec l'armée "ont occasionné d'importants dégâts matériels" et dit avoir "emporté du matériel roulant et une quantité d'armes et des munitions".

Ce groupe mène depuis deux ans des attaques sporadiques contre l'oléoduc long de 2.000 km qui achemine le pétrole brut nigérien vers le Bénin, pays côtier voisin.

En février, l'armée nigérienne avait repoussé vers le Tchad une attaque du MPJL visant cet oléoduc dans le nord-est qui abrite des puits de pétrole.

Le MPLJ et son leader Moussa Konaï, qualifiés de "terroristes" par Niamey, réclament notamment le retour à l'ordre constitutionnel au Niger, dirigé par le général Abdourahamane Tiani.