La menace de Daech augmente malgré les pertes dans les rangs des dirigeants, avertit l’ONU

Vladimir Voronkov s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité pour discuter du 15e rapport du secrétaire général de l’ONU sur la menace que fait peser Daech sur la paix et la sécurité sur le plan international. (AFP)
Vladimir Voronkov s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité pour discuter du 15e rapport du secrétaire général de l’ONU sur la menace que fait peser Daech sur la paix et la sécurité sur le plan international. (AFP)
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Publié le Mercredi 10 août 2022

La menace de Daech augmente malgré les pertes dans les rangs des dirigeants, avertit l’ONU

  • Les personnes affiliées à Daech continuent d’exploiter les conflits et les inégalités sociales pour inciter aux troubles et planifier des attaques terroristes
  • En Irak et en Syrie, Daech conserve sa capacité à organiser des opérations complexes, comme l’attaque du 20 janvier contre la prison de Ghwaryan à Al-Hasakah, en Syrie

NEW YORK: Malgré les défaites territoriales et les pertes dans les rangs de ses dirigeants, la menace de Daech augmente et se précise depuis le début de la pandémie de Covid-19, ce qui rappelle combien il est important de mettre en œuvre des mesures non militaires pour lutter contre le terrorisme, a déclaré mardi l’ONU.

Les personnes affiliées à Daech continuent d’exploiter les conflits et les inégalités sociales pour inciter aux troubles et planifier des attaques terroristes, ajoute l’organisation. Les restrictions liées à la pandémie et le passage à l’espace numérique ont permis au groupe d’intensifier ses efforts de recrutement et d’attirer davantage de financements. Depuis un an, l’organisation terroriste utilise de plus en plus de drones dans ses attaques, comme on le voit dans le nord de l’Irak.

Vladimir Voronkov, secrétaire général adjoint à la lutte contre le terrorisme et chef du Bureau des nations unies contre le terrorisme, affirme devant le Conseil de sécurité que la montée en puissance de Daech a été en partie possible grâce à l’adoption par le groupe d’une structure interne décentralisée basée sur une «direction générale des provinces» et des «bureaux» associés. Ces derniers sont conçus pour gérer et financer des opérations terroristes dans le monde entier – de l’Afrique centrale, australe et occidentale à l’Europe en passant par l’Afghanistan – et indiquent clairement que le groupe terroriste a des objectifs et des aspirations à long terme, poursuit-il.

«Une meilleure compréhension et une surveillance continue de cette structure sont indispensables pour contrer et prévenir la menace incarnée par Daech», affirme M. Voronkov.

Il a tenu ces propos lors d’une réunion du Conseil de sécurité pour discuter du 15e rapport du secrétaire général de l’ONU sur la menace que fait peser Daech sur la paix et la sécurité sur le plan international. Le rapport soutient que cette menace reste particulièrement élevée dans les zones de conflit. Cependant, il prévient qu’elle pourrait bientôt toucher des zones plus stables où le groupe extrémiste et ses mandataires tentent «de semer la peur et d’imposer leur force», alors qu’ils s’efforcent constamment d’exploiter «les failles de sécurité et les conditions propices à la propagation du terrorisme pour organiser et exécuter des attaques complexes».

La situation, ajoute le rapport, est exacerbée par le ralentissement de l’économie mondiale et par la hausse de l’inflation, ainsi que par les mesures adoptées par les gouvernements pour y faire face.

«Résoudre les conflits dans lesquels Daech et son ancêtre Al-Qaïda s’épanouissent est nécessaire pour mettre en place les conditions nécessaires à leur défaite», précise M. Voronkov.

«Mais si nous voulons nous débarrasser de ce fléau, nous devons également nous attaquer aux vulnérabilités, aux inégalités et aux griefs sociaux exploités par le groupe en premier lieu, en plus de promouvoir et de protéger les droits de l’homme et l’État de droit.»

En Irak et en Syrie, Daech conserve sa capacité à organiser des opérations complexes, comme l’attaque du 20 janvier contre la prison de Ghwaryan, à Al-Hasakah, en Syrie. M. Voronkov soutient que jusqu’à 10 000 combattants opèrent dans la zone le long de la frontière entre les deux pays, à partir de laquelle le groupe a lancé en avril une campagne mondiale pour venger les hauts dirigeants tués lors d’opérations antiterroristes.

Daech a essuyé des pertes importantes au sein de ses dirigeants dans les deux pays, notamment avec la mort de Maher al-Agal, le chef du groupe en Syrie, tué par l’armée américaine.

Malgré ces pertes, cependant, le rapport de l’ONU note qu’il n’y a eu «aucun changement de direction significatif pour le groupe ou ses activités» en Irak et en Syrie.

M. Voronkov a soulevé une fois de plus la question des combattants présumés de Daech en provenance d’autres pays qui sont détenus dans le nord-est de la Syrie, ainsi que leurs femmes et leurs enfants, dont la situation s’est «détériorée encore plus». Des dizaines d’assassinats ont été perpétrés dans des camps et des prisons, souligne-t-il, alors que des informations font état d’une augmentation de la violence et des meurtres dans le camp d’Al-Hol.

Selon l’ONU, environ 30 000 enfants détenus dans le nord-est de la Syrie ont moins de 12 ans et ils risquent d’être endoctrinés par Daech, notamment dans le cadre de son programme «Lionceaux du califat».

M. Voronkov insiste sur l’importance du rapatriement volontaire, des poursuites judiciaires, de la réhabilitation et de la réintégration de ces combattants, ainsi que de leurs femmes et de leurs enfants, par les autorités de leur pays d’origine. Il se dit profondément préoccupé par les «progrès limités» à ce niveau.

«Des dizaines de milliers d’individus, dont plus de 27 000 enfants en provenance d’Irak et d’une soixantaine d’autres pays, qui n’ont pas choisi d’être là, demeurent privés de leurs droits fondamentaux et sont exposés à un véritable risque de radicalisation et de recrutement», soutient M. Voronkov devant les membres du Conseil.

«Il est indispensable que les États membres examinent de toute urgence les implications à long terme de l’absence de mobilisation rapide pour faire face à cette situation dangereuse.»

Le rapport du secrétaire général estime également que Daech contrôle 25 millions de dollars (1 dollar = 0,98 euro) de fonds et qu’il possède la capacité d’acheminer de l’argent vers ses mandataires à travers le monde.

«La diversité des sources, à la fois licites et illicites, utilisées par Daech pour financer les activités terroristes et exercer un contrôle sur les groupes affiliés ainsi que sur les combattants met en évidence l’importance d’efforts soutenus pour lutter contre le financement du terrorisme», conclut M. Voronkov.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La Jordanie dit avoir intercepté un drone sur son territoire

L'armée jordanienne a dit mardi avoir détruit un drone qui survolait la partie orientale et désertique de son territoire, sans préciser sa provenance. (AFP)
L'armée jordanienne a dit mardi avoir détruit un drone qui survolait la partie orientale et désertique de son territoire, sans préciser sa provenance. (AFP)
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  • "Le drone a été abattu avec succès dans le désert oriental, sur le territoire du Royaume", a-t-il indiqué, sans préciser la provenance du drone
  • Mardi, l'armée israélienne a également annoncé avoir intercepté un drone près de la frontière avec la Jordanie, à l'ouest, avant qu'il ne pénètre dans l'espace aérien israélien, après en avoir intercepté deux autres lundi, dans le même contexte

AMMAN: L'armée jordanienne a dit mardi avoir détruit un drone qui survolait la partie orientale et désertique de son territoire, sans préciser sa provenance.

"L'armée de l'air royale jordanienne a neutralisé un drone qui avait violé l'espace aérien jordanien à l'aube mardi matin", a indiqué son porte-parole dans un communiqué.

"Le drone a été abattu avec succès dans le désert oriental, sur le territoire du Royaume", a-t-il indiqué, sans préciser la provenance du drone.

Mardi, l'armée israélienne a également annoncé avoir intercepté un drone près de la frontière avec la Jordanie, à l'ouest, avant qu'il ne pénètre dans l'espace aérien israélien, après en avoir intercepté deux autres lundi, dans le même contexte.

La Jordanie a été prise pour cible à plusieurs reprises lors de la reprise des frappes réciproques entre l'Iran et les États-Unis début juillet.


Washington confirme de nouvelles discussions entre le Liban et Israël à Rome

Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani. (Photo d'archives Reuters)
Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani. (Photo d'archives Reuters)
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  • Les États-Unis confirment des pourparlers Israël-Liban à Rome (4-6 août) sur les zones pilotes, la frontière et un accord de sécurité
  • L'armée libanaise affirme que les opérations israéliennes entravent son déploiement dans le sud, malgré l'accord de juin

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont confirmé lundi la tenue de nouveaux pourparlers entre Israël et le Liban, à Rome du 4 au 6 août, dans le cadre de la création de "zones pilotes" avec l'armée libanaise.

"À Rome, les groupes techniques s'attacheront à faire progresser la mise en œuvre intégrale de l'accord-cadre", a déclaré un responsable du département d'Etat sous couvert d'anonymat, citant l'extension du processus des "zones pilotes", le règlement de toutes les questions frontalières en suspens et l'élaboration d'un accord global de paix et de sécurité.

"L'expérience tirée des premières zones nous aidera à perfectionner la mise en œuvre des zones pilotes afin qu'elle puisse s'étendre de manière progressive", a-t-il ajouté.

L'armée libanaise a condamné dimanche la poursuite des opérations militaires d'Israël dans le sud du Liban, qui l'empêche selon elle de s'y déployer comme prévu par l'accord signé en juin entre les deux pays à Washington.

Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, avait annoncé il y a quelques jours la tenue de ces pourparlers.

L'accord conclu en juin prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe toujours une partie du sud du pays - sous réserve d'un désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Malgré l'accalmie dans les combats, l'armée israélienne continue de mener des frappes intermittentes dans le sud.


L'armée saoudienne intercepte des drones provenant d'Irak

Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense. (SPA)
Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense. (SPA)
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  • Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak
  • Ceux-ci visaient des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense

RIYAD: Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense.

"Des attaques terroristes ont été lancées depuis le territoire irakien par des milices terroristes soutenues par l'Iran", a affirmé le ministère dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Riyad appelle l'Irak à empêcher les attaques 

L'Arabie saoudite a exhorté lundi le gouvernement de Bagdad à empêcher les attaques de drones lancées depuis son territoire, après avoir accusé des groupes armés pro-Iran basés en Irak, d'avoir ciblé le royaume.

Le royaume "réaffirme la nécessité pour le gouvernement irakien de prendre toutes les mesures nécessaires afin d'empêcher que son territoire ne serve de point de départ à une agression", peut-on lire dans un communiqué des autorités publié par une chaîne de télévision officielle saoudienne.