Une nouvelle lune de miel pour les liens Turquie-Israël pourrait débuter par un échange d'émissaires

La Turquie et Israël, autrefois alliés régionaux, ont expulsé leurs ambassadeurs en 2018 lorsque des dizaines de Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes au cours de manifestations le long de la frontière de Gaza. (AP/File)
La Turquie et Israël, autrefois alliés régionaux, ont expulsé leurs ambassadeurs en 2018 lorsque des dizaines de Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes au cours de manifestations le long de la frontière de Gaza. (AP/File)
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Publié le Vendredi 19 août 2022

Une nouvelle lune de miel pour les liens Turquie-Israël pourrait débuter par un échange d'émissaires

  • Le Premier ministre israélien, Yaïr Lapid, a salué cette percée diplomatique comme un «atout important pour la stabilité régionale»
  • Le timing coïncide avec les efforts des deux pays pour établir des relations dans la région, dit un analyste à Arab News

ANKARA: Israël et la Turquie ont annoncé le renforcement de leurs relations diplomatiques et le retour de leurs ambassadeurs et de leurs consuls généraux après des années de liens tendus entre les deux nations.  

Le Premier ministre israélien, Yaïr Lapid, a salué cette percée diplomatique comme un «atout important pour la stabilité régionale et une nouvelle économique très importante pour les citoyens d'Israël». 

Selon le Dr Nimrod Goren, président de l'Institut Mitvim et cofondateur de Diplomeds – le Conseil pour la diplomatie méditerranéenne –, l'annonce de ce renforcement des liens marque un succès diplomatique. 

«C'est l'aboutissement d'un processus graduel qui s'est déroulé sur plus d'un an au cours duquel Israël et la Turquie se sont efforcés de rétablir la confiance, d’ouvrir de nouveaux canaux de dialogue, d'adopter un agenda positif, de redynamiser la coopération, de faire face aux défis sécuritaires et de trouver des moyens d’intégrer les différences», a déclaré M. Goren à Arab News. 

«Sur la base de ces développements positifs, le rétablissement des relations au niveau des ambassadeurs est maintenant considéré comme une étape naturelle, peut-être même comme une étape attendue depuis longtemps», a-t-il ajouté. 

«Il était important de sceller ce geste avant que la politique interne ne s'en mêle, alors que les élections dans les deux pays approchent», a précisé M. Goren. 

Ce dernier a ajouté que le moment choisi «coïncide également avec les efforts déployés par Israël et la Turquie pour améliorer et approfondir leurs diverses relations dans la région». 

La Turquie et Israël, autrefois alliés régionaux, ont expulsé leurs ambassadeurs en 2018 lorsque des dizaines de Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes au cours de manifestations qui se sont déroulées le long de la frontière de Gaza. 

Les relations ont été complètement gelées après la mort de neuf militants turcs après un raid israélien, en 2010, sur le navire turc Mavi Marmara, qui se dirigeait vers Gaza. 

Depuis, de nombreuses tentatives ont été faites pour rétablir les liens, notamment dans le secteur de l'énergie, du commerce et du tourisme, axes de coopération stratégiques.  

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, et le président israélien, Isaac Herzog, se sont entretenus au téléphone à plusieurs reprises et M. Herzog s'est rendu à Ankara en mars dernier.  

Dans le cadre des efforts de renforcement de la confiance mutuelle, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, s'est également rendu à Jérusalem en mai, ce qui ne s’était pas produit depuis quinze ans. M. Lapid, qui était alors le ministre israélien des Affaires étrangères, lui a rendu sa visite au mois de juin. 

Les deux pays ont également coopéré dans la lutte contre le terrorisme à la suite de complots iraniens qui visaient à assassiner un homme d'affaires turco-israélien ainsi que des touristes israéliens à Istanbul. La Turquie a pris des mesures pour limiter les mouvements du Hamas sur son territoire. 

Les deux pays ont également signé un accord sur l'aviation civile le mois dernier.  

Gokhan Cinkara, un expert de l'université Necmettin Erbakan, pense que les changements dans la géopolitique régionale sont les principaux déterminants des nouveaux efforts de normalisation de la Turquie.  

«La compétition entre le statu quo et le révisionnisme dans la région est terminée. Par conséquent, chaque pays possède des alternatives et peut être remplacé, ce qui est également le cas de la Turquie. En raison de la crise économique et de l'impasse géopolitique que traverse le pays, il était inévitable que la Turquie cherche de nouvelles options», a-t-il déclaré à Arab News. 

«La nomination de diplomates permettra aux relations bilatérales de continuer à fonctionner selon une routine institutionnelle.» 

L'ambassadeur en Israël devrait être nommé prochainement. Les deux pays doivent également tenir une réunion de la commission économique conjointe au mois de septembre.  

Mevlut Cavusoglu a toutefois déclaré qu'Ankara continuerait à soutenir la cause palestinienne. 

«Malgré le nouveau chapitre des relations, Israël et la Turquie ont toujours des divergences d'opinion sur des questions politiques clés, notamment sur les relations israélo-palestiniennes et sur la Méditerranée orientale», a déclaré M. Goren. 

«Ces différences ne disparaîtront pas, mais Israël et la Turquie sont conscients de la nécessité de faire preuve de sensibilité dans leur manière de les aborder et de mettre en place des mécanismes bilatéraux pour s'engager régulièrement sur ces questions», a ajouté M. Goren. 

«Si Israël et la Turquie peuvent, d'une manière ou d'une autre, se soutenir mutuellement sur la voie de la résolution des conflits avec des pays tiers (par exemple, la Turquie avec l'Égypte, Israël avec les Palestiniens), ce sera un avantage majeur du nouveau chapitre de ces liens.» 

Alors que les relations bilatérales évoluent dans une trajectoire positive depuis la visite du président israélien, Isaac Herzog, à Ankara, Selin Nasi, représentante londonienne de l’Ankara Policy Center et chercheuse respectée sur les relations turco-israéliennes, a souligné le timing de l'échange d'émissaires.  

«La partie israélienne a pris son temps avant de comprendre qu’Ankara était sincère dans ses efforts de rapprochement», a-t-elle confié à Arab News. 

La «réponse calme et mesurée d'Ankara face aux tensions à Jérusalem et à Gaza au cours des deux derniers mois et sa pleine coopération avec les services de renseignement israéliens contre les complots iraniens qui visaient des citoyens israéliens en Turquie ont apparemment rassuré les inquiétudes d'Israël», a-t-elle ajouté. 

Mme Nasi estime que l'échange d'ambassadeurs montre la volonté de la Turquie et d'Israël de donner un cadre formel au processus de normalisation ainsi que leur volonté de passer à la phase suivante. 

«Compte tenu des élections à venir en Israël en novembre, la normalisation des liens diplomatiques est susceptible de constituer un bouclier contre l'ingérence dans la politique intérieure», a-t-elle précisé.  

Bien que la Turquie et Israël aient réussi à tourner une nouvelle page de leurs relations bilatérales, Mme Nasi pense qu'il est tout aussi important de voir ce qu'ils vont écrire dans ce nouveau chapitre. 

«Les deux pays ont beaucoup à gagner en développant leur coopération à un moment où les États-Unis déplacent leur attention et leur énergie vers la région du Pacifique et où l'Iran est sur le point de devenir une puissance nucléaire», a-t-elle fait savoir. 

«D'autre part, l'invasion russe de l'Ukraine a remis la sécurité énergétique au centre des préoccupations. Elle a ravivé l'espoir que le projet de gazoduc qui transporterait le gaz naturel israélien via la Turquie pourrait finalement se concrétiser», a-t-elle poursuivi. «Bien la question chypriote soit irrésolue, ce qui reste un obstacle de taille, tout dépend du rétablissement de la confiance politique entre les parties. Nous pourrions donc constater quelques ouvertures à l'avenir.» 

M. Goren pense qu'une relance du dialogue stratégique israélo-turc et la reprise de contacts réguliers à haut niveau aideront également les pays à atténuer les préjugés mutuels – notamment, par exemple, les liens d'Israël avec les Kurdes et les liens de la Turquie avec l'Iran – ainsi qu’à éviter les écarts d'attentes. 

«Israël et la Turquie doivent s'assurer que cette fois, contrairement à ce qui s'est passé au cours de la décennie précédente, le renforcement de leurs liens sera durable», a déclaré M. Goren. 

L'échange d'ambassadeurs a également été salué par les États-Unis. 

«L'annonce faite aujourd'hui selon laquelle Israël et la Turquie rétablissent pleinement leurs relations diplomatiques apportera davantage de sécurité, de stabilité et de prospérité à leurs peuples ainsi qu'à la région», a écrit sur Twitter Jake Sullivan, conseiller à la sécurité nationale à la Maison Blanche.  

Mme Nasi a également souligné que les relations de la Turquie avec Israël avaient «toujours constitué un élément de ses relations avec l'Occident et avec les États-Unis en particulier». Dans le contexte de la guerre en cours en Ukraine, Ankara s'est frayé un chemin avec la Russie. » 

Selon Mme Nasi, «la normalisation des liens avec Israël peut contribuer à envoyer un message au Congrès américain, dont l'avis favorable et le soutien à la modernisation des F-16 sont précieux». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


« Les calculs à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien

« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
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  • Ibrahim Olabi déclare au Conseil de sécurité de l’ONU qu’Israël a frappé la base aérienne d’Abu Al-Duhur à huit reprises et que les incursions et les « actes d’agression » se poursuivent, notamment les enlèvements, les bombardements et d’autres violations
  • La Syrie se trouve « à un moment charnière » alors que des millions de personnes déplacées rentrent enfin chez elles, a déclaré le coordinateur adjoint des secours d’urgence de l’ONU, mais « ce retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », a-t

NEW YORK : Les frappes militaires et les incursions israéliennes poussent la région vers la catastrophe, a déclaré jeudi au Conseil de sécurité de l’ONU le représentant permanent de la Syrie auprès de l’ONU, Ibrahim Olabi. 

« La région tout entière se trouve au seuil d’une guerre régionale qui n’épargnerait personne », a-t-il déclaré, en raison des « calculs électoraux étroits du Premier ministre israélien ». 

Ses remarques interviennent alors que de hauts responsables de l’ONU ont informé le Conseil de la situation humanitaire en Syrie et de l’avancement de la transition politique post-Assad. 

Israël a mené huit frappes aériennes contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, a poursuivi ses incursions sur le territoire syrien et a persisté dans des « actes d’agression, notamment des enlèvements, des bombardements et des violations » qui « ne cessent pas », a déclaré M. Olabi. 

Il a critiqué « l’attitude irresponsable » du ministre israélien de la Défense, Israel Katz, qui s’est rendu cette semaine auprès des troupes israéliennes du côté syrien du mont Hermon et a déclaré qu’elles y resteraient indéfiniment, qualifiant cela de « défi flagrant à la légitimité internationale et aux résolutions de ce Conseil ». 

Il a indiqué que la Syrie s’engageait sérieusement dans les efforts diplomatiques menés sous l’égide des États-Unis visant à désamorcer l’escalade, mais a averti que « tous les efforts internationaux et régionaux déployés depuis des mois pour assurer la sécurité et la stabilité dans la région risquent désormais d’être réduits à néant par les illusions qui n’existent que dans l’imagination d’un gouvernement imprudent et extrémiste ». 

Les attaques israéliennes « ne nous feront pas changer de cap », a ajouté M. Olabi, ni « le choix de la Syrie en faveur de la stabilité », qui, selon lui, ne peut être réalisé que si Israël met fin à ses attaques, cesse ses incursions, se conforme pleinement à l’accord de désengagement de 1974 et se retire des territoires qu’il occupe depuis le 8 décembre 2024. 

Abordant la question du Golan occupé, M. Olabi a cité la résolution 497 du Conseil de sécurité, adoptée en 1981, et en a rappelé la conclusion selon laquelle la « décision d’Israël d’imposer ses lois, sa juridiction et son administration dans le Golan syrien occupé » était « nulle et non avenue, et sans effet juridique international ». 

Il a noté qu’une résolution de l’Assemblée générale adoptée ce mois-ci, réaffirmant ce principe, avait recueilli le soutien de 123 États, contre 97 auparavant. 

M. Olabi a exposé sa vision de ce qu’il a qualifié de tournant pour la Syrie. Il a notamment mis en avant trois événements marquants survenus ce mois-ci. Premièrement, la visite du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à Damas, qui, selon lui, a mis fin à « une ère de tensions entre les Nations unies et la Syrie » au profit d’« une nouvelle phase […] placée sous le signe du partenariat ». 

Deuxièmement, la visite du Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, qui a marqué ce qu’il a qualifié de fin de « l’ère des déplacements et des réfugiés » et le début d’une ère de « retour », plus de 3 millions de Syriens étant déjà rentrés chez eux. 

Et troisièmement, la visite de Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui, selon lui, a ouvert «une nouvelle phase de coopération plus large» après «l’ère de l’ambiguïté». 

M. Olabi s’est également félicité de la décision prise cette semaine par les États-Unis de retirer la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme après 47 ans, et a remercié le président Donald Trump. 

Il a évoqué le réchauffement des relations avec la Russie, la Chine et le Pakistan, et a souligné que l’intégration et la dissolution complètes des Forces démocratiques syriennes au sein de l’Armée arabe syrienne constituaient la preuve d’« un véritable processus d’intégration nationale […] fondé sur l’égalité entre les citoyens et non sur des quotas sectaires ». 

Il a cité une série de signes de reprise économique en Syrie : la reprise des vols internationaux vers l’Allemagne ; de nouveaux systèmes de paiement électronique ; les préparatifs en vue de sortir de la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI), qui recense les pays présentant des faiblesses reconnues dans leurs efforts de lutte contre le blanchiment d’argent et d’autres crimes financiers ; et la réouverture du salon commercial de la Foire internationale de Damas. 

Pour les Syriens, « le rétablissement d’un vol direct ou l’ouverture d’un compte bancaire… ce ne sont pas des détails mineurs ; ce sont au contraire des signes du retour à la vie elle-même », a déclaré M. Olabi. 

Il a également noté que les tribunaux avaient rendu des jugements à l’encontre de l’ancien président syrien, Bachar al-Assad, de son frère Maher et d’autres membres de l’ancien régime pour des crimes commis contre des citoyens syriens, et a remercié le Liban d’avoir extradé un ancien officier recherché. 

Moment charnière

Lors d’un point d’information au Conseil sur la situation humanitaire en Syrie, Indrika Ratwatte, secrétaire général adjoint par intérim et coordinateur adjoint des secours d’urgence, a déclaré que le pays se trouvait « à un moment charnière », avec près de 2 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et plus de 1,7 million de réfugiés ayant regagné leur foyer depuis la chute du régime d’Assad en décembre 2024. 

Il a toutefois averti que « le retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », soulignant que plus de 5,5 millions de personnes restent déplacées à l’intérieur du pays, dont 833 000 vivent dans plus de 1 200 camps. 

Il a indiqué que les engins explosifs avaient fait plus de 2 400 victimes, dont 865 morts, depuis décembre 2024, et que l’appel humanitaire international en faveur de la Syrie n’était financé qu’à hauteur de 30 %. 

« C’est précisément le moment où les investissements peuvent transformer des progrès fragiles en une reprise durable », a déclaré M. Ratwatte, appelant à un financement soutenu, à un soutien aux rapatriés et à des efforts pour « empêcher la Syrie d’être entraînée dans un conflit régional ». 

S’exprimant depuis Damas, le représentant spécial adjoint pour la Syrie, Claudio Cordone, s’est félicité de la décision américaine de lever la désignation de la Syrie comme «État soutenant le terrorisme », et a cité une projection du Fonds monétaire international prévoyant «une croissance à deux chiffres en 2026» pour le pays. 

Il a toutefois averti que « la pauvreté généralisée et la recrudescence de l’inflation signifient que les conditions restent très difficiles pour la plupart des Syriens ». 

M. Cordone a également fait part de ses inquiétudes concernant la poursuite des opérations militaires israéliennes dans le sud de la Syrie, « notamment les incursions terrestres répétées, les perquisitions domiciliaires et la destruction de biens privés et agricoles », et a déclaré que la présence d’Israël à l’est de la ligne de cessez-le-feu « violait la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie ». 

Il a condamné la frappe israélienne du 18 août contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, dans le gouvernorat d’Idlib, et s’est félicité des « récents contacts directs entre Israël et la Syrie et des pourparlers en Jordanie », ainsi que des efforts de médiation américains. Il a également soulevé un certain nombre de préoccupations d’ordre national, notamment des informations faisant état de décès en détention et de disparitions, et a exhorté les autorités syriennes à instaurer « un moratoire sur toutes les exécutions ».


Syrie: le président Chareh fait du chef kurde Mazloum Abdi l'un de ses conseillers

Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
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  • M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI)
  • Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat

DAMAS: Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas.

"Moustafa Khalil Abdi est nommé conseiller auprès de la présidence de la République", indique le décret signé par M. Chareh et publié par l'agence de presse officielle Sana.

M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat.

L'accord d'intégration représente une victoire majeure pour M. Chareh, mais met fin aux espoirs d'autonomie des Kurdes.

"Absolument historique": l'envoyé spécial américain en Syrie, également ambassadeur en Turquie, Tom Barrack, s'est félicité mardi de cette décision qui "ressemble à une véritable intégration (...) visant à renforcer la souveraineté de la Syrie".

"Sacrifices consentis"

"Garantir des rôles de premier plan à nos précieux partenaires", y compris M. Abdi au sein du gouvernement, "témoigne du respect dû à leur leadership, aux sacrifices consentis par nos partenaires kurdes et à la contribution constructive qu'ils ont apportée à la stabilité régionale", avait ajouté M. Barrack, sans préciser quel rôle l'ex-chef des FDS était appelé à occuper.

Les FDS ont été formées en 2015 à l'initiative des Etats-Unis, impressionnés par les combattants kurdes qui avaient vaincu l'EI à Kobané, dans le nord de la Syrie, et qui cherchaient un partenaire fiable dans la lutte en cours contre les jihadistes.

A leur apogée, elles comptaient environ 100.000 combattants, kurdes et arabes, et contrôlaient de vastes zones du nord et du nord-est de la Syrie, des régions riches en pétrole.

Mais Mazloum a adhéré à l'accord d'intégration à la suite des affrontements de janvier dernier, au cours desquels les Kurdes ont perdu de vastes portions de territoire au profit des troupes gouvernementales, alors même que Washington, soutien de longue date des Kurdes, se rapprochait des nouvelles autorités de Damas.

M. Chareh a de son côté signé un décret consacrant les droits nationaux des Kurdes et reconnaissant le kurde comme langue nationale – une mesure sans précédent depuis l'indépendance de la Syrie en 1946.

M. Abdi a annoncé la semaine dernière que l'intégration de l'administration kurde à l'Etat syrien était achevée, ajoutant "notre combat se poursuivra afin d'inscrire les droits de notre peuple dans la Constitution."


Tunisie: pour les coupures d'eau et électricité, le président dénonce des «actes prémédités»

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
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  • Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics
  • Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés"

TUNIS: Le président tunisien Kais Saied, doté des pleins pouvoirs depuis l'été 2021, a dénoncé des "actes prémédités" visant à "attiser les tensions" pour expliquer les coupures d'eau et d'électricité qui rythment le quotidien des Tunisiens depuis le début de l'été.

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics.

Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés".

M. Saied s'est exprimé après une réunion avec sa cheffe de gouvernement, les ministres concernés et les dirigeants des deux entreprises publiques, Steg (électricité) et Sonède (eau).

Dans son communiqué, M. Saied, coutumier des déclarations à caractère complotiste, affirme que "les enquêtes ont démontré" que les coupures "dans plusieurs zones ne résultaient pas de pannes ordinaires".

Selon lui, il s'agit "d'actes prémédités visant à enflammer la situation par tous les moyens, à répandre mensonges et rumeurs afin de semer la confusion" et à "maltraiter les citoyens jusque dans les services les plus élémentaires".

Comme en juillet, la Steg a recommencé à publier des avis de "délestages", destinés à soulager son réseau sous forte tension, en listant les villes concernées ainsi que les quartiers de Tunis, une agglomération d'environ trois millions d'habitants sur 12 millions.

Les Tunisiens subissent aussi de fréquentes coupures d'eau, car une bonne partie de l'approvisionnement en eau courante nécessite un pompage.

La production de bouteilles d'eau minérale, dont les Tunisiens sont de gros consommateurs, a en outre été perturbée par ces coupures d'électricité et une pénurie de bouteilles en plastique. Dans les supermarchés, l'eau est rationnée à un pack de six par personne et est devenue introuvable dans les épiceries.

"Les ennemis de la patrie et ceux qui les soutiennent sont désormais démasqués aux yeux du peuple tunisien", a poursuivi M. Saied, prévoyant "un échec" pour ces "tentatives de provocation" et "ces plans criminels, d'où qu'ils viennent" tant que le pays restera "soudé".

En juillet 2021, M. Saied avait limogé son Premier ministre et gelé le Parlement, réduit depuis à un rôle de chambre d'enregistrement.

Plusieurs ONG tunisiennes et étrangères, dont Human Rights Watch et Amnesty International, l'ont accusé de dérive autoritaire à travers une restriction des droits et libertés et l'emprisonnement des principaux leaders de l'opposition, de dizaines de journalistes, avocats et militants.