Tunisie: 12 policiers condamnés à deux ans de prison pour la mort d'un supporter de foot

Une vue générale montre le tribunal de l'Ariana près de la capitale tunisienne Tunis (Photo d'illustration, AFP)
Une vue générale montre le tribunal de l'Ariana près de la capitale tunisienne Tunis (Photo d'illustration, AFP)
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Publié le Jeudi 03 novembre 2022

Tunisie: 12 policiers condamnés à deux ans de prison pour la mort d'un supporter de foot

  • Selon des témoins cités par Me Mrabet, Omar Laabidi, 19 ans, a crié aux policiers qu'il ne savait pas nager avant de sauter dans l'eau pour leur échapper
  • Le corps du jeune homme avait été repêché le lendemain à environ trois kilomètres du stade de Radès. Son frère a accusé les policiers de l'avoir poussé à se jeter à l'eau

TUNIS: Douze policiers tunisiens ont été condamnés jeudi à deux ans de prison pour homicide involontaire après le décès d'un jeune supporter de foot, mort noyé après un match en mars 2018, une affaire considérée comme symbolique d'un usage excessif de la force.

Deux autres policiers poursuivis dans cette affaire, ont obtenu un non-lieu, a indiqué à l'AFP l'avocat Ghazi Mrabet ajoutant que la famille de la victime va interjeter appel.

"C'est une mascarade de justice", a-t-il dénoncé.

Au total 14 policiers, tous en état de liberté, étaient accusés d'avoir poursuivi jusqu'à un petit cours d'eau proche du stade de Radès, en périphérie sud de Tunis, un groupe de fans du Club africain, l'une des principales équipes tunisiennes, impliqués dans des échauffourées avec d'autres supporteurs.

Selon des témoins cités par Me Mrabet, Omar Laabidi, 19 ans, a crié aux policiers qu'il ne savait pas nager avant de sauter dans l'eau pour leur échapper.

La police s'est contentée, selon les mêmes sources, de lui dire: "tu n'as qu'à apprendre à nager", une formule reprise depuis sur les réseaux sociaux et dans les stades de football pour critiquer les exactions policières.

Le corps du jeune homme avait été repêché le lendemain à environ trois kilomètres du stade de Radès. Son frère a accusé les policiers de l'avoir poussé à se jeter à l'eau.

Selon des témoins, le jeune homme aurait été frappé par des policiers puis poussé vers le cours d'eau.

"Le rapport médico-légal préliminaire fait état de deux hématomes majeurs relevés sur le corps de la victime, l'un à la cuisse et l'autre au thorax. Ces deux hématomes étaient manifestement la conséquence de coups de matraque", avaient rapporté 16 ONG tunisiennes et internationales dont Amnesty International.

Ces organisations avaient appelé les autorités tunisiennes à réformer "en profondeur" les services de sécurité, dénonçant de graves violations des droits humains commises par des policiers et restées impunies.

Le drame avait eu lieu le 31 mars après un match entre le Club africain et l'Olympique de Médenine (1-1). La violence est récurrente dans et autour des stades en Tunisie.

Selon la Ligue tunisienne des droits de l'Homme qui a dénoncé une "impunité" de la police, 14 jeunes ont été tués ces dernières années lors d'affrontements avec les forces de l'ordre.

Des ONG et l'opposition ont accusé les services de sécurité de recourir à des méthodes rappelant celles de l'Etat policier sous la dictature de Zine el Abidine ben Ali, depuis que le président Kais Saied s'est arrogé les pleins pouvoirs en juillet 2021.

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Liban: le bilan de la guerre s'élève à 570 morts depuis début mars 

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  • 84 personnes ont été tuées au cours de la seule journée de mardi
  • A l'aube, une frappe a touché un immeuble du quartier de Aïcha Bakkar à Beyrouth, selon l'agence de presse officielle Ani

BEYROUTH: Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 570 personnes, dont 86 enfants et 45 femmes, depuis que le pays a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, a annoncé mercredi le ministère de la Santé.

Selon la même source, 84 personnes ont été tuées au cours de la seule journée de mardi.

 

 


L'armée iranienne dit vouloir désormais frapper des cibles économiques dans la région

L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran. (AFP)
L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran. (AFP)
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  • "L'ennemi nous a donné carte blanche pour cibler les centres économiques et banques" appartenant aux Etats-Unis et à Israël dans la région, a déclaré le quartier général central de Khatam al-Anbiya
  • Selon les médias locaux, la frappe israélo-américaine de la nuit a "tué des employés" d'une banque de la capitale qui travaillaient "exceptionnellement" pour préparer le paiement des salaires du mois

TEHERAN: L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran.

"L'ennemi nous a donné carte blanche pour cibler les centres économiques et banques" appartenant aux Etats-Unis et à Israël dans la région, a déclaré le quartier général central de Khatam al-Anbiya, affilié aux Gardiens de la Révolution, selon un communiqué diffusé par la télévision d'Etat.

Selon les médias locaux, la frappe israélo-américaine de la nuit a "tué des employés" d'une banque de la capitale qui travaillaient "exceptionnellement" pour préparer le paiement des salaires du mois.

 

 


Erdogan: "Il faut mettre fin à cette guerre avant qu'elle n'embrase complètement la région"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime après une réunion du cabinet à Ankara, en Turquie, le 9 mars 2026. (Reuters)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime après une réunion du cabinet à Ankara, en Turquie, le 9 mars 2026. (Reuters)
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  • Le président Recep Tayyip Erdogan appelle à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient avant qu’elle n’embrase toute la région et affirme que la diplomatie peut encore ramener les parties à la table des négociations
  • Le président turc met aussi en garde Iran contre des actions « provocatrices », après l’interception d’un second missile tiré depuis son territoire et entré dans l’espace aérien turc

ANKARA: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé mercredi à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient "avant qu'elle n'embrase complètement la région", lors d'un discours devant son groupe parlementaire.

"Il faut mettre fin à cette guerre avant qu'elle ne s'aggrave et n'embrase complètement la région. Si la diplomatie a une chance, c'est tout à fait possible. Nous poursuivons patiemment nos efforts pour ramener les parties à la table des négociations", a affirmé le chef de l'Etat turc.

"Nous sommes tous conscients que si cette guerre insensée, anarchique et illégale se poursuit, les pertes humaines et matérielles s'aggraveront, et le coût pour l'économie mondiale ne fera que croître", a-t-il ajouté.

"En tant que peuples de la région, nous ne devons pas laisser un conflit dont nous sommes déjà victimes nous infliger de nouvelles souffrances", a-t-il souligné.

En revanche, lundi, le président turc avait mis en garde l'Iran contre toute "action provocatrice" après l'interception d'un second missile tiré depuis l'Iran dans l'espace aérien turc.

"Malgré nos avertissements clairs, des actions extrêmement inappropriées et provocatrices continuent d'être entreprises, mettant en péril l'amitié de la Turquie" envers l'Iran, avait-il  affirmé.