Au Maroc, l'envolée des prix déprime les ménages modestes avant le ramadan

Sur cette photo prise le 23 février 2023, des acheteurs achètent des produits frais au marché de Sidi Moussa dans la ville de Sale, sur la côte atlantique du Maroc, au nord de la capitale. (AFP).
Sur cette photo prise le 23 février 2023, des acheteurs achètent des produits frais au marché de Sidi Moussa dans la ville de Sale, sur la côte atlantique du Maroc, au nord de la capitale. (AFP).
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Publié le Mardi 28 février 2023

Au Maroc, l'envolée des prix déprime les ménages modestes avant le ramadan

  • «Tout est plus cher, ça fait trois semaines que j'achète moins de légumes et de viande qu'à l'habitude», se plaint Khadija El Asri, une habitante du quartier populaire de Sidi Moussa, où cette sexagénaire fait ses courses
  • Des dizaines de charrettes et de caisses de légumes s'étalent le long de la rue

SALÉ : De bon matin, sur un marché à Salé, près de Rabat, les clients négocient âprement les prix de chaque denrée, gonflés par une inflation qui s'envole à l'approche du mois sacré du ramadan, quand les dépenses alimentaires explosent.

"Tout est plus cher, ça fait trois semaines que j'achète moins de légumes et de viande qu'à l'habitude", se plaint Khadija El Asri, une habitante du quartier populaire de Sidi Moussa, où cette sexagénaire fait ses courses.

Des dizaines de charrettes et de caisses de légumes s'étalent le long de la rue.

Avec les mobylettes qui pétaradent en bruit de fond, les transactions animent le souk et nombreux sont les habitués de ce marché longeant l'océan Atlantique qui partagent le sentiment de Khadija.

L'inflation au Maroc navigue autour de 8% en rythme annuel, alimentée par les répercussions de la guerre en Ukraine, notamment sur le coût des carburants et le transport de marchandises, selon le dernier rapport de la Banque mondiale.

En janvier, la hausse des prix à la consommation (IPC) s'est accélérée à 8,9% sur un an, tirée par une flambée des prix alimentaires (+16,8%).

Spéculation

"Huit dirhams (près d'un euro) le kilo de patates! Achetez vos patates à huit dirhams", lance un marchand.

Mais pour Abdessalam El Mahdaoui, un retraité de 63 ans, les prix sont "exorbitants".

"Avant, 100 dirhams (près de dix euros) suffisaient pour le panier de légumes. Aujourd'hui, même 300 dirhams ne suffisent pas, c'est presque une réduction de 200% du pouvoir d'achat des citoyens", calcule-t-il, dans un pays où le salaire minimum mensuel plafonne à environ 250 euros (2 800 dirhams).

Les hausses touchent principalement les légumes (+3,3%) et les fruits (+2,6%).

"Les tomates se vendent aussi huit dirhams le kilo aujourd'hui, mais elles étaient à 12 il y a deux jours", témoigne un vendeur de primeurs, incapable d'expliquer cette fluctuation.

Ces dernières semaines, la flambée des prix a été vivement critiquée par les partis d'opposition, les syndicats et jusque dans certains médias locaux.

La grogne s'est exprimée à travers des rassemblements, d'ampleur limitée et souvent entravés par les autorités, dans plusieurs grandes villes.

Sur la défensive, le gouvernement attribue les récentes augmentations à la fraude, aux pratiques monopolistiques, à la spéculation et à une "manipulation des prix".

Selon son porte-parole, Mustapha Baitas, les autorités ont mené, du 1er janvier au 22 février, plus de 64 000 opérations de surveillance, recensant plus de 3 000 infractions sur les prix et la qualité des denrées alimentaires.

Parmi les autres facteurs inflationnistes: la pire sécheresse depuis 40 ans et une récente vague de froid.

"La sécheresse a poussé des agriculteurs à renoncer à cultiver leurs terres cette saison", affirme Abderrahim Handouf, chercheur en politiques agricoles, qui souligne aussi le coût élevé des semences et des engrais, dont l'Ukraine et la Russie étaient de gros fournisseurs.

«Vendre à perte»

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE), une institution constitutionnelle indépendante, préconise une réforme des circuits de commercialisation des produits agricoles caractérisés par "une intermédiation excessive et peu contrôlée qui favorise la spéculation".

À même le sol, Mohammed Hamali, un détaillant de 53 ans, dépose ses six caisses d'avocats pleines qu'il peine à vendre "tellement c'est cher": "Il m'arrive de vendre à perte pour éviter qu'ils ne pourrissent".

Il réclame du gouvernement des aides directes aux familles modestes, comme la sienne, qui "souffrent d'une importante dégradation de leur qualité de vie".

Pour atténuer les effets de l'inflation sur les ménages, le gouvernement a octroyé des subventions sur certains produits de première nécessité (sucre, farine, gaz), auxquelles s'ajoutent des aides sur les carburants pour les professionnels du transport, renouvelées depuis neuf mois.

Un mécanisme pour remplacer ces subsides par des allocations ciblées est prévu mais n'a pas encore été mis en oeuvre.

Le Maroc, dont le PIB dépend pour 14% de l'agriculture et de ses exportations, a également suspendu l'envoi de légumes vers l'Afrique de l'Ouest depuis deux semaines.

"Malgré ces mesures, ce sont les ménages modestes et vulnérables qui continuent de souffrir le plus de l'impact de la poussée inflationniste des prix alimentaires" entre autres, souligne la Banque mondiale.


Pentagone: Le Koweït a abattu «par erreur» des avions de combat américains

Les trois avions de combat américains qui se sont écrasés au Koweït ont été abattus "par erreur" par sa défense aérienne, a indiqué l'armée américaine lundi, alors que plusieurs sites ont été visés dans ce pays du Golfe.
Les trois avions de combat américains qui se sont écrasés au Koweït ont été abattus "par erreur" par sa défense aérienne, a indiqué l'armée américaine lundi, alors que plusieurs sites ont été visés dans ce pays du Golfe.
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  • Dimanche soir, "au cours d'une confrontation intense, comprenant des attaques d'avions iraniens, de missiles balistiques et de drones", des avions de combat américains "ont été abattus par erreur par la défense aérienne koweïtienne"
  • Les six membres d'équipage se sont éjectés et sont sains et saufs, a-t-il précisé dans un communiqué

KOWEIT: Les trois avions de combat américains qui se sont écrasés au Koweït ont été abattus "par erreur" par sa défense aérienne, a indiqué l'armée américaine lundi, alors que plusieurs sites ont été visés dans ce pays du Golfe.

L'Iran mène des frappes contre les riches Etats du Golfe depuis samedi, en riposte à la mort de l'ayatollah Ali Khamenei tué dans une attaque israélo-américaine.

Dimanche soir, "au cours d'une confrontation intense, comprenant des attaques d'avions iraniens, de missiles balistiques et de drones", des avions de combat américains "ont été abattus par erreur par la défense aérienne koweïtienne", a annoncé le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, Centcom.

Les six membres d'équipage se sont éjectés et sont sains et saufs, a-t-il précisé dans un communiqué.

Les autorités koweïtiennes avaient plus tôt indiqué avoir "immédiatement lancé", après le crash, "les opérations de recherche et de sauvetage, et procédé à l'évacuation des équipages et à leur transfert vers l'hôpital".

Le Koweït a indiqué avoir intercepté des drones visant son territoire, où l'armée iranienne a affirmé avoir ciblé la base aérienne américaine d'Ali Al-Salem.

"Menace persistante" 

Du côté de l'ambassade américaine, une épaisse fumée noire s'est élevée en matinée, a rapporté un journaliste de l'AFP.

L'ambassade n'a pas dit si son bâtiment avait été touché, mais elle a publié un communiqué appelant à "ne pas venir à l'ambassade", en faisant état de "menace persistante d'attaques de missiles et de drones".

Le personnel de l'ambassade est "confiné sur place", a-t-elle ajouté.

De la fumée s'élevant au-dessus d'une centrale électrique dans le nord du pays a également été observée par trois témoins.

La compagnie pétrolière nationale, Kuwait National Petroleum Company, a indiqué que des débris étaient tombés sur la raffinerie de Mina Al-Ahmadi, l'une des plus importantes du pays, blessant deux travailleurs, sans toutefois perturber les opérations.

Dana Abbas, une résidente de Koweït City et ingénieure, s'est dit inquiète face à cette escalade, en affirmant à l'AFP s'être précipitée pour fait le plein de sa voiture et constituer des stocks de produits de première nécessité.

Six personnes ont été tuées dans le Golfe depuis samedi, toutes de nationalités étrangères : une au Koweit, trois aux Emirats, une à Bahreïn et une au large d'Oman, dans l'attaque d'un pétrolier.

Dimanche, les Emirats arabes unis ont annoncé que des débris avaient touché, lors de leur chute, la façade des Etihad Towers, qui abritent des ambassades diplomatiques, dont celle d'Israël, blessant légèrement une femme et un enfant.

Lundi matin, de nouvelles explosions ont été entendues à Dubaï, Abou Dhabi, Doha et Manama.

Les frappes iraniennes, qui ont visé des bases militaires, mais aussi des infrastructures civiles, notamment des immeubles d'habitation, des hôtels, des aéroports et des ports maritimes, ont ébranlé une région longtemps considérée comme un havre de paix et de sécurité au Moyen-Orient.

 

 


Liban: le gouvernement interdit les activités militaires du Hezbollah, exige qu'il remette ses armes

Le gouvernement libanais a décidé d'interdire les activités militaires du Hezbollah pro-iranien et exige qu'il remette ses armes à l'Etat, a annoncé lundi le Premier ministre Nawaf Salam à l'issue d'une réunion extraordinaire du cabinet. (AFP)
Le gouvernement libanais a décidé d'interdire les activités militaires du Hezbollah pro-iranien et exige qu'il remette ses armes à l'Etat, a annoncé lundi le Premier ministre Nawaf Salam à l'issue d'une réunion extraordinaire du cabinet. (AFP)
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  • "L'Etat libanais proclame son refus absolu (..) de toutes actions militaires ou sécuritaires à partir du Liban en dehors du cadre de ses institutions légales", a déclaré le chef du gouvernement
  • Le Hezbollah armé et financé par Téhéran est représenté au Parlement et au gouvernement et dispose d'un vaste réseau d'institutions civiles

BEYROUTH: Le gouvernement libanais a décidé d'interdire les activités militaires du Hezbollah pro-iranien et exige qu'il remette ses armes à l'Etat, a annoncé lundi le Premier ministre Nawaf Salam à l'issue d'une réunion extraordinaire du cabinet.

Cette décision inédite intervient après que le Hezbollah a lancé des roquettes sur Israël lundi, entraînant le Liban dans la guerre régionale avec l'Iran.

"L'Etat libanais proclame son refus absolu (..) de toutes actions militaires ou sécuritaires à partir du Liban en dehors du cadre de ses institutions légales", a déclaré le chef du gouvernement, ajoutant que "la décision de guerre ou de paix était du seul ressort" de l'Etat.

Il a annoncé "l'interdiction immédiate de toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah", exigeant que la formation "remette ses armes à l'Etat libanais" et se limite à l'action politique.

Le Hezbollah armé et financé par Téhéran est représenté au Parlement et au gouvernement et dispose d'un vaste réseau d'institutions civiles.

En riposte à une attaque de la formation pro-iranienne contre Israël visant à "venger" la mort du guide iranien Ali Khamenei, des frappes israéliennes massives sur les bastions du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, le sud et l'est du Liban ont tué 31 personnes lundi.

C'est la première fois que le Hezbollah attaque Israël depuis le cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à une guerre meurtrière.

Un mécanisme qui regroupe, outre le Liban et Israël, l'Onu, les Etats-Unis et la France surveille la trêve.

"Le gouvernement libanais demande aux Etats garants du cessez-le-feu d'obtenir un engagement clair et définitif de la part de la partie israélienne de cesser toutes les hostilités sur l'ensemble du territoire libanais", a ajouté Nawaf Salam.

"Il proclame son entière disposition à reprendre les négociations" avec Israël "avec une participation civile et sous parrainage international".

 


Ras Tanura: Incendie limité maîtrisé grâce à des débris de drones interceptés

Vue générale de l'usine de production de pétrole de Ras Tannura, près de Dammam, dans la province orientale de l'Arabie saoudite, le 27 décembre 2004. (AFP)
Vue générale de l'usine de production de pétrole de Ras Tannura, près de Dammam, dans la province orientale de l'Arabie saoudite, le 27 décembre 2004. (AFP)
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  • Aucun blessé ni impact sur les approvisionnements n'ont été signalés après l'incendie limité à la raffinerie de Ras Tanura, selon une source officielle du ministère de l'Énergie
  • Certaines unités opérationnelles de la raffinerie ont été arrêtées par mesure de précaution, sans impact sur l'approvisionnement en produits pétroliers des marchés locaux

RIYAD: Une source officielle du ministère saoudien de l'énergie a déclaré qu'à 7h04 lundi, la raffinerie de pétrole de Ras Tanura a subi des dommages limités en raison de débris provenant de l'interception de deux drones dans son voisinage.

L'incident a provoqué un incendie limité, qui a été immédiatement maîtrisé par les équipes d'intervention d'urgence. Aucun blessé ni mort n'est à déplorer.

Certaines unités opérationnelles de la raffinerie ont été arrêtées par mesure de précaution, sans impact sur l'approvisionnement en produits pétroliers des marchés locaux.