Otages en Syrie en 2013: Procès requis pour cinq hommes, dont Mehdi Nemmouche

Mehdi Nemmouche, 37 ans, surnommé Abou Omar a été condamné en Belgique à la perpétuité pour l'attentat contre le musée juif de Bruxelles en 2014 (Photo, AFP).
Mehdi Nemmouche, 37 ans, surnommé Abou Omar a été condamné en Belgique à la perpétuité pour l'attentat contre le musée juif de Bruxelles en 2014 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 29 mars 2023

Otages en Syrie en 2013: Procès requis pour cinq hommes, dont Mehdi Nemmouche

  • Le parquet antiterroriste français requiert un procès pour notamment séquestration, actes de tortures et de barbarie, en bande organisée et en relation avec une entreprise terroriste ou complicité
  • Les journalistes français Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torres avaient été enlevés en juin 2013

PARIS: Dix ans après la séquestration ponctuée de sévices et privations de sept Occidentaux dont quatre journalistes français en Syrie, le Parquet antiterroriste (Pnat) a requis le renvoi de cinq hommes, dont Mehdi Nemmouche, devant la cour d'assises spéciale.

Dans son réquisitoire définitif de fin d'instruction du 22 mars et révélé par l'Obs, le Pnat requiert un procès, notamment pour séquestration, actes de tortures et de barbarie en bande organisée et en relation avec une entreprise terroriste, ou complicité.

Parmi eux figurent Mehdi Nemmouche, 37 ans, surnommé Abou Omar et condamné en Belgique à la perpétuité pour l'attentat contre le musée juif de Bruxelles en 2014, le Français Abdelmalek Tanem, 33 ans, condamné pour avoir rejoint la Syrie en 2012, et le Syrien Kais Al-Abdallah, 39 ans, en détention provisoire depuis 2019.

Les trois sont soupçonnés d'avoir été des geôliers des otages.

Abdelmalek Tanem a contesté les faits.

"Notre client a toujours contesté les faits et cela n'a pas changé", ont indiqué les avocats d'Al-Abdallah, Me Raphaëlle Rischmann et Alexandra Brossin De Méré. L'instruction "n'a pas permis de rassembler les éléments permettant selon nous de maintenir ces accusations contre lui", ont-ils estimé.

Deux autres suspects qui auraient été tués en Syrie en 2017 sont visés par le réquisitoire du Pnat : Salim Benghalem, considéré comme le chef de détention, et le Belge Oussama Atar, chargé de la gestion des otages et condamné par défaut en juin 2022 à la perpétuité pour avoir commandité les attentats du 13 novembre 2015.

Les réquisitions du Pnat varient en fonction des actes reprochés aux cinq hommes.

"Nous réserverons nos observations, nos contestations et nos moyens de défense pour le procès", a réagi auprès de l'AFP Me Francis Vuillemin, avocat de Mehdi Nemmouche.

Le Pnat a demandé que le volet concernant l'implication du Français Guillaume Kapo, emprisonné depuis 2019 dans le nord-est de la Syrie, soit disjoint pour que les investigations le concernant se poursuivent.

Il revient désormais au juge d'instruction chargé de l'enquête d'ordonner un procès ou non devant la cour d'assises spéciale.

«Systématisation des sévices»

En préambule de ce réquisitoire de 332 pages dont l'AFP a eu connaissance, le Pnat souligne que "de manière systématique à compter d'avril 2013 et l'apparition de l'État islamique en Irak et au Levant", des journalistes ou des humanitaires ont été enlevés dans cette zone.

"Cette stratégie" avait pour objectifs "de chasser les Occidentaux 'mécréants'", "disposer d'une monnaie d'échange" et "terroriser".

L'organisation État islamique (EI) va alors mettre en place "un Guantanamo à l'envers", avec "sévices" et "tortures imposées aux captifs (qui) va frapper les esprits", écrit le réquisitoire.

"Entre le 22 novembre 2012 et le 2 janvier 2014, vingt-cinq otages européens et nord-américains avaient été enlevés dans le nord de la Syrie par l'EI", dont treize journalistes et onze humanitaires, rappelle le Pnat. Huit d'entre eux ont été assassinés, trois ont disparu.

Les journalistes français Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torres avaient été enlevés en juin 2013.

Ils ont partagé leur détention avec deux humanitaires de l'ONG Acted, l'Italien Federico Motka et le Britannique David Haines, ainsi que le journaliste espagnol Marcos Marginedas Izquierdo, enlevés également en 2013.

Tous ont été libérés courant 2014 sauf David Haines, assassiné le 13 septembre 2014. Sa famille s'est constituée partie civile dans l'information judiciaire française.

Les anciens otages ont raconté au cours de l'enquête les coups, sévices, privations, pressions psychologiques constantes et simulacres d'exécutions infligés par leurs geôliers.

Leurs témoignages ont été décisifs pour identifier les suspects.

Ainsi, dès l'arrestation de Mehdi Nemmouche après l'attaque de Bruxelles, ils avaient reconnu en lui un de leurs gardiens. Le djihadiste s'était vanté d'être "un ancien délinquant reconverti dans le nettoyage ethnique islamique", selon Nicolas Hénin qui l'a décrit comme "sadique, lunatique et narcissique".

Cette information judiciaire a été "particulièrement minutieuse et ne laisse place à aucun doute", ont salué Mes William Bourdon et Vincent Brengarth, avocats de Nicolas Hénin.

"Un travail d'orfèvre" a abondé Me Jean Tamalet, l'avocat de Didier François, qui a souligné "la solidité du réquisitoire du Pnat".


Un défilé «massif» et européen pour le dernier 14-Juillet d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron préside mardi pour la dernière fois le traditionnel défilé militaire du 14-Juillet, une édition 2026 voulue "massive" et qui mettra à l'honneur l'Ukraine et ses alliés, essentiellement européens. (AFP)
Emmanuel Macron préside mardi pour la dernière fois le traditionnel défilé militaire du 14-Juillet, une édition 2026 voulue "massive" et qui mettra à l'honneur l'Ukraine et ses alliés, essentiellement européens. (AFP)
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  • Pour la présidence française, c'est un "symbole fort de l'Europe qui prend conscience de la dangerosité du monde et qu'il faut prendre en main son destin"
  • Cette coalition, initiée par la France et le Royaume-Uni et composée essentiellement d'Européens, s'est engagée à soutenir militairement l'Ukraine, y compris par l'envoi de soldats sur le terrain une fois un cessez-le-feu conclu

PARIS: Emmanuel Macron préside mardi pour la dernière fois le traditionnel défilé militaire du 14-Juillet, une édition 2026 voulue "massive" et qui mettra à l'honneur l'Ukraine et ses alliés, essentiellement européens.

Près de 6.700 troupes à pied, 98 avions, 31 hélicoptères et 315 véhicules: jamais autant de militaires n'auront défilé sur les Champs-Elysées afin d'illustrer "le réarmement de la France, l'autonomie stratégique de la France et le réveil stratégique européen", selon l'Elysée.

Au lendemain d'un nouveau sommet dans la capitale française des 37 pays de la "coalition des volontaires" pour l'Ukraine, la France met à l'honneur des contingents de chacun de ces pays -500 défilants au total- ainsi que 25 militaires ukrainiens qui défileront à leur suite.

Pour la présidence française, c'est un "symbole fort de l'Europe qui prend conscience de la dangerosité du monde et qu'il faut prendre en main son destin", alors que la Russie menace la sécurité du continent et que les Etats-Unis de Donald Trump sont perçus comme imprévisibles.

Cette coalition, initiée par la France et le Royaume-Uni et composée essentiellement d'Européens, s'est engagée à soutenir militairement l'Ukraine, y compris par l'envoi de soldats sur le terrain une fois un cessez-le-feu conclu, afin de dissuader la Russie de toute nouvelle offensive. "Une coalition d'illuminés et de va-t-en-guerre", a réagi lundi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky ainsi que 24 chefs d'Etat ou de gouvernement européens, parmi lesquels l'Allemand Friedrich Merz, le Britannique Keir Starmer, le Polonais Donald Tusk ou encore la Danoise Mette Frederiksen, doivent assister au défilé.

"Le message que nous envoyons au monde est le suivant: oui, la paix est notre but, oui, nous chérissons la liberté et le droit. Et oui, nous nous tenons prêts à combattre pour les défendre toujours et au prix du sang s'il le faut", a déclaré le chef de l'Etat lors de son traditionnel discours aux Armées à la veille de la fête nationale.

"Signalement stratégique" 

Le défilé sera ouvert par la Patrouille de France suivie de deux Mirage 2000 français, avec à leur bord des copilotes ukrainiens formés en France. Des avions de dix pays européens y participeront également.

Pour son dernier défilé en tant que chef des Armées, Emmanuel Macron, qui avait invité le président américain Donald Trump pour son premier en 2017, entend aussi montrer la remontée en puissance des armées sous sa présidence, au cours de laquelle le budget de défense aura doublé.

"L'engagement a été tenu, les faits sont là et l'histoire jugera", a-t-il fait valoir lundi.

La loi de programmation militaire, dont l'actualisation a été approuvée le 1er juillet par le Parlement, prévoit 436 milliards d'euros sur la période 2024-2030, soit 36 milliards de plus que dans sa version adoptée en 2023.

Selon l'Elysée, "il faut concevoir ce défilé comme un signalement stratégique, c'est-à-dire un message que la France envoie, celui d'armées puissantes qui sont capables d'entrer en premier dans un conflit, de combattre".

La France entend donc montrer ses muscles avec des avions qui voleront au-dessus des Champs-Elysées avec des maquettes d'armements sous les ailes, une première pour un 14-Juillet, ou encore des hélicoptères qui défileront "au-dessus des chars, de façon à reproduire un petit peu ce qui se passe sur le champ de bataille", explique-t-on à l'Elysée, qui entend montrer "une armée modernisée prête au combat".

Au cours du défilé seront également mis à l'honneur les militaires français déployés sur le flanc Est de l'Europe, notamment en Estonie et en Roumanie, ainsi que la Marine nationale qui célèbre ses 400 ans.


14 juillet : dans un Golfe en transformation, la France mise sur des partenariats de long terme

De gauche à droite : Sheikh Faisal Al Rawas, président de la Chambre de commerce et d'industrie d'Oman ; Emmanuel Macron, président de la République française ; Gérard Wolf, MEDEF International ; et Lionel Rabin, président du Conseil d'affaires conjoint Oman-France. (Fournie)
De gauche à droite : Sheikh Faisal Al Rawas, président de la Chambre de commerce et d'industrie d'Oman ; Emmanuel Macron, président de la République française ; Gérard Wolf, MEDEF International ; et Lionel Rabin, président du Conseil d'affaires conjoint Oman-France. (Fournie)
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  • Les pays du Golfe redéfinissent leurs partenariats autour de la sécurité, de l’innovation et de la création de valeur à long terme, au-delà des seuls échanges commerciaux
  • La France, grâce à son ancrage historique et à une coopération diversifiée, reste un partenaire stratégique pour des pays comme Oman et les Émirats arabes unis

DUBAÏ: Le 14 juillet ne se limite pas à la célébration de l’histoire et des valeurs françaises. Il offre aussi un regard sur la place de la France auprès de ses partenaires internationaux. Dans le Golfe, où les équilibres économiques et géopolitiques évoluent rapidement, les attentes en matière de coopération changent. Les États de la région ne recherchent plus uniquement des fournisseurs ou des investisseurs, mais des partenaires capables de s’inscrire dans la durée.

Sécurité, diversification économique, innovation technologique, souveraineté industrielle et développement des compétences sont désormais au cœur des relations entre les pays du Golfe et leurs partenaires internationaux. Dans un environnement régional en mutation rapide, les questions de défense et de sécurité sont de plus en plus liées aux enjeux économiques.

La relation entre la France et Oman illustre cette évolution. Pour Lionel Rabin, fondateur et Managing Director de Haltiqa – Bridging Energies et président du Oman–France Joint Business Council, « la relation avec la France illustre ce qui définit aujourd’hui un partenariat stratégique de long terme : la confiance, la continuité et la capacité à contribuer concrètement aux priorités nationales ».

Selon lui, la coopération franco-omanaise s’est progressivement étendue « à la défense, à l’énergie, à la logistique, aux infrastructures, à l’industrie, aux technologies et à l’intelligence artificielle », avec l’objectif de transformer le dialogue politique en projets économiques concrets.

Cette évolution concerne également les Émirats arabes unis, où la relation avec la France s’est renforcée autour de secteurs stratégiques. Agnès Lopez Cruz, directrice de la CCI France-Émirats, souligne que ce partenariat repose sur « la qualité et la continuité du dialogue », mais aussi sur une coopération élargie à « l’énergie, l’innovation, les technologies de pointe et, de plus en plus, l’intelligence artificielle ».

Face aux incertitudes régionales et à la volonté des pays du Golfe de diversifier leurs économies, la France conserve plusieurs atouts : une présence historique, un dialogue stratégique établi et une coopération qui dépasse désormais les secteurs traditionnels.

À l’occasion du 14 juillet, l’enjeu est donc moins de dresser le bilan d’une relation historique que d’observer sa transformation. Dans un Golfe qui cherche à construire de nouveaux équilibres, les partenariats se mesurent désormais à leur capacité à accompagner les ambitions nationales sur le long terme.


Iran: pas de levée de sanctions «tant que» Téhéran ne renonce pas à son programme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
  • "Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques"
  • Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région.

"Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques dont certains pourraient un jour être en capacité de viser l'Europe", a déclaré Jean-Noël Barrot sur BFM TV/RMC.

"Et tant qu'il n'aura pas rendu aux Iraniens la liberté de construire leur propre avenir", a-t-il ajouté.

Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris.

"Le constat, c'est qu'il y a un accord qui a été trouvé et qui permet des choses très simples, c'est-à-dire l'arrêt des hostilités, la réouverture du détroit d'Ormuz et le démarrage d'une négociation pour encadrer strictement le programme nucléaire iranien", a-t-il dit.

Il a de nouveau appelé toutes les parties à revenir "au protocole de négociation qui a été fixé par cet accord parce que (...) elles n'ont aucun intérêt à l'escalade".

Les Etats-Unis ont encore bombardé l'Iran, Téhéran ripostant lundi en visant des pays de la région alliés de Washington, des frappes d'une ampleur sans précédent des deux côtés depuis le cessez-le-feu du 8 avril.