Tunisie: L'opposant Ghannouchi sous mandat de dépôt, Saied rejette les critiques

Le leader du parti Ennahdha, Rached Ghannouchi, s'adresse aux médias (Photo, AP).
Le leader du parti Ennahdha, Rached Ghannouchi, s'adresse aux médias (Photo, AP).
Short Url
Publié le Vendredi 21 avril 2023

Tunisie: L'opposant Ghannouchi sous mandat de dépôt, Saied rejette les critiques

  • Selon ses avocats, un juge d'instruction a décidé d'émettre un mandat de dépôt tôt jeudi pour formellement incarcérer le chef islamiste
  • Cette grave crise politico-économique pousse de nombreux Tunisiens à essayer de gagner clandestinement l'Europe par la mer

TUNIS: Le chef du parti islamo-conservateur Ennahdha, Rached Ghannouchi,  principal opposant au président Kais Saied en Tunisie, a été placé sous mandat de dépôt jeudi, trois jours après son arrestation.

M. Ghannouchi, 81, avait été interpellé lundi soir sur la base de déclarations dans lesquelles il avait affirmé que la Tunisie serait menacée d'une "guerre civile" si les partis de gauche ou ceux issus de l'islam politique comme Ennahdha y étaient éliminés.

Selon ses avocats, un juge d'instruction a décidé d'émettre un mandat de dépôt tôt jeudi pour formellement incarcérer le chef islamiste à l'issue d'un interrogatoire de plus de 9 heures.

Le Front de salut national (FSN), coalition d'opposition dont fait partie Ennahdha, a affirmé que le juge a invoqué notamment le motif de "complot contre la sécurité de l'État" pour écrouer M. Ghannouchi.

Le FSN a dénoncé "un effondrement des libertés dans le pays", soulignant que M. Ghannouchi n'avait fait qu'émettre "une opinion dans un séminaire organisé par le FSN". Pour le FSN, le pouvoir "a fini par criminaliser la liberté d'expression et d'activité politique pacifique, preuve de son échec à préparer un dossier judiciaire sérieux".

Dans un communiqué, Ennahdha a rejeté toute intention de M. Ghannouchi d'appeler à la guerre civile, disant "condamner fermement une décision injuste qui a pour but de couvrir l'échec total du pouvoir à améliorer les conditions économiques des citoyens".

M. Ghannouchi est l'opposant le plus en vue à être arrêté depuis le coup de force du président Kais Saied qui s'est emparé des pleins pouvoirs en juillet 2021.

Les États-Unis ont dénoncé mercredi soir "une escalade inquiétante" en Tunisie, où, outre M. Ghannouchi, une vingtaine d'opposants ainsi que de personnalités dont des hommes d'affaires et le directeur de la radio la plus écoutée du pays ont été arrêtés depuis début février.

L'Union européenne avait exprimé sa grande "inquiétude" dès mardi après le placement en garde à vue de M. Ghannouchi, rappelant l'importance du "principe fondamental du pluralisme politique".

La France avait pour sa part noté que cette interpellation "s'inscrit dans une vague d'arrestations préoccupantes", rappelant son "attachement à la liberté d'expression et au respect de l'état de droit".

«Ingérence flagrante»
M. Saied a fermement rejeté ces critiques dans une vidéo diffusée par la présidence jeudi soir.

"Certaines capitales ont exprimé leur inquiétude. Pourquoi le font-ils alors qu'il s'agit d'un appel à la guerre civile et la loi a été appliquée par des juges honnêtes", a-t-il dit.

"Cette ingérence flagrante dans nos affaires est inacceptable. Nous sommes un pays indépendant et souverain et nous n'acceptons pas qui quiconque s'ingère dans nos affaires", a-t-il averti. "Nous ne sommes ni un État colonisé ni sous mandat".

La veille, le ministère des Affaires étrangères avait affirmé que les critiques "ne peuvent qu'affecter les efforts intenses du pays pour redresser une situation économique et financière sous grande tension du fait, en grande partie, de la mauvaise gouvernance et de l'amateurisme ayant caractérisé la décennie écoulée", pendant laquelle le parti de M. Ghannouchi a été le faiseur de rois de presque toutes les coalitions gouvernementales.

Outre la crise politique déclenchée par le coup de force de M. Saied, les Tunisiens voient leurs conditions économiques se dégrader du fait d'une inflation galopante, supérieure à 10% sur un an.

Cette grave crise politico-économique pousse de nombreux Tunisiens à essayer de gagner clandestinement l'Europe par la mer au risque de leur vie.

Pour renflouer les caisses d'un État très endetté (à environ 80% du PIB), le gouvernement négocie depuis des mois un crédit de près de 2 milliards de dollars du Fonds monétaire international, susceptible de débloquer d'autres aides étrangères.

Début avril, Kais Saied a dit rejeter les "diktats" du Fonds qui a conditionné l'octroi de ce nouveau prêt à une série de réformes économiques dont la restructuration des entreprises publiques et la levée de subventions étatiques sur certains produits de base.


Liban: une frappe israélienne endommage un site protégé par l'Unesco à Tyr

 Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
Short Url
  • Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban
  • Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés

TYR: Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes.

"Je lance un appel pour éviter de cibler les sites archéologiques du pays (..) en particulier les ruines de Tyr qui sont dans le patrimoine commun de l'humanité", a déclaré Ghassan Salamé à l'AFP.

Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban.

Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés.

Cette ville est la cible d'une campagne de frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah le 2 mars.

L'armée israélienne avait émis un nouvel ordre d'évacuation dimanche pour une zone qui inclut l'un des deux sites, comprenant des vestiges romains, avant de mener des frappes.

Des correspondants de l’AFP ont pu voir une partie de la zone proche des colonnes antiques recouverte de débris, fragments de métal tordu, branches d’arbres brisées.

Des gravats de béton et de métal parsèment un escalier de pierre menant à l’intérieur du site.

"L'ampleur des débris et des dégâts dans le site est importante", selon Ali Badaoui.

Les frappes se sont abattues sur des bâtiments avoisinants et l'une a touché un bureau administratif du site, rapporte le responsable.

"Certains artéfacts archéologiques ont été endommagés lorsque des gravats les ont atteints, car une pluie de débris est tombée sur un vaste périmètre", visant "colonnes, chapiteaux, bases de colonnes, mosaïques", énumère-t-il.

Ghassan Salamé a souligné que que les autorités évalueraient les dégâts "dès qu'un cessez-le-feu aura lieu ou que nous pourront avoir accès aux ruines sans mettre en danger la vie de nos archéologues".

Il a souligné qu'Israël "ne respecte pas" la Convention de la Haye qui oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé, ni les "Boucliers bleus", un emblème symbolique mis en place par un comité lié à l'Unesco pour protéger le site de Tyr.

Depuis une précédente guerre entre Israël et le Hezbollah en 2023-2024, l’Unesco a placé plus de 70 sites patrimoniaux au Liban, dont Tyr, sous " protection renforcée provisoire".

Le site de Tyr "est un site civil, un site inscrit au patrimoine mondial, ce n’est absolument pas un site militaire, et il n’y a aucune activité militaire sur place", a assuré M. Badaoui.

L’autre site protégé de Tyr, El‑Bass, a aussi été endommagé depuis le début de la guerre le 2 mars, a-t-il ajouté.


L'armée israélienne dit qu'elle poursuivra ses opérations «dans tout le Liban»

L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
Short Url
  • "Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin
  • "Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah"

JERUSALEM: L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth.

"Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin.

"Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah", a-t-il ajouté, "nous ne permettrons pas la poursuite de tirs visant les citoyens de l'Etat d'Israël".


L'armée israélienne annonce un nouveau barrage de missiles iraniens

Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
Short Url
  • L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien
  • "Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace"

JERUSALEM: L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien.

"Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace", a écrit l'armée sur Telegram.